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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2209948

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2209948

vendredi 25 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2209948
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre
Avocat requérantLUDOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 octobre 2022, Mme B A demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 3 octobre 2022 par lequel le maire de Crécy-la-Chapelle s'est opposé à la déclaration préalable qu'elle a déposée le 5 septembre 2022 portant sur le changement des ossatures et des bois des façades et de la charpente d'une construction existante à la suite d'inondations sur un terrain situé 5 route de Serbonne ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Crécy-la-Chapelle une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché de l'incompétence de son signataire dès lors qu'il a été signé par le maire de la commune de Crécy-la-Chapelle le 3 octobre 2022 alors que ce dernier a démissionné le 26 septembre 2022 ;

- il fait état d'un jugement du tribunal judiciaire de Meaux du 1er février 2021 alors qu'il a été frappé d'appel et n'est donc pas définitif.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 septembre 2024, la commune de Crécy-la-Chapelle, représentée par AARPI Tejas Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requérante n'est plus propriétaire du bien, dès lors elle n'a plus capacité et intérêt pour agir à l'encontre de l'arrêté attaqué ;

- l'unique moyen soulevé par la requérante n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Dutour, conseillère,

- les conclusions de Mme Blanc, rapporteure publique,

- et les observations de Me Samonte, représentant la commune de Crécy-la-Chapelle.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a déposé le 5 septembre 2022 une déclaration préalable afin de changement des ossatures et des bois des façades et de la charpente d'une construction existante située 5 route de Serbonne. Le maire de Crécy-la-Chapelle s'est opposé à cette déclaration préalable par un arrêté du 3 octobre 2022. Par le présent recours, Mme A demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2122-15 du code général des collectivités territoriales : " La démission du maire ou d'un adjoint est adressée au représentant de l'État dans le département. Elle est définitive à partir de son acceptation par le représentant de l'État dans le département ou, à défaut de cette acceptation, un mois après un nouvel envoi de la démission constatée par lettre recommandée. / Le maire et les adjoints continuent l'exercice de leurs fonctions jusqu'à l'installation de leurs successeurs, sous réserve des dispositions des articles L. 2121-36, L. 2122-5, L. 2122-6, L. 2122-16 et L. 2122-17. / () ".

3. L'arrêté attaqué a été signé le 3 octobre 2022 par M. C D, maire de Crécy-la-Chapelle. A cette date, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de Seine-et-Marne avait accepté sa démission et qu'ainsi elle était devenue définitive. En outre, en tout état de cause, il a pu légalement continuer à exercer ses fonctions jusqu'à la désignation de son successeur en application du deuxième alinéa de l'article L. 2122-15 du code général des collectivités territoriales. Dès lors, le maire de Crécy-la-Chapelle demeurait compétent pour signer la déclaration de non opposition contestée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté.

4. En second lieu, si la requérante se prévaut de ce que la décision attaquée fait état d'un jugement du tribunal judiciaire de Meaux du 1er février 2021 alors qu'il a été frappé d'appel et n'est donc pas définitif, elle n'assortit pas ce moyen des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé.

5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative.

6. Il y a lieu de mettre à la charge de Mme A la somme de 1 500 euros à verser à la commune de Crécy-la-Chapelle au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Mme A versera à la commune de Crécy-la-Chapelle la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Crécy-la-Chapelle.

Délibéré après l'audience du 4 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Mullié, présidente,

Mme Dutour, conseillère,

M. Collen-Renaux, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.

La rapporteure,

L. DUTOURLa présidente,

N. MULLIE

La greffière,

V. GUILLEMARD

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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