jeudi 4 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2209964 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | HADDAD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 23 décembre 2021 et transmise au tribunal administratif de Melun par ordonnance n° 2128297/12-1 du 4 octobre 2022, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 27 avril et 6 juin 2023, M. A B, représenté par Me Haddad, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du conciliateur fiscal du Val-de-Marne du 8 novembre 2019 portant annulation de sa décision du 1er octobre 2019 qui lui accordait une remise de frais de poursuites sous conditions de règlement d'un solde de 8 823,56 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- la décision du 8 novembre 2019 est entachée d'un défaut de motivation ;
- cette décision doit être considérée comme inexistante, dès lors qu'elle est entachée d'incompétence rationae temporis ;
- elle méconnaît les principes de sécurité juridique et de confiance légitime ;
- elle méconnaît les articles L. 242-1 et L. 242-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- cette décision est un acte inexistant dont l'annulation peut être décidée à tout moment.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 mars 2022 et 30 mai 2023, le directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens développés ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, le 15 mars 2024, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité de la requête en tant que celle-ci a été introduite au-delà du délai raisonnable mentionné par la décision du Conseil d'Etat n° 387763 du 13 juillet 2016.
M. B a présenté des observations sur le moyen d'ordre public précité, le 18 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Meyrignac ;
- les conclusions de M. Freydefont, rapporteur public ;
- et les observations de Me Haddad, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 2 septembre 2019, M. B a saisi le conciliateur fiscal du Val-de-Marne afin d'obtenir des délais de paiement pour le règlement du reliquat d'une cotisation supplémentaire d'impôts sur le revenu de l'année 1994. Par décision du 1er octobre 2019, ce conciliateur fiscal lui a indiqué qu'il restait redevable de 82 857,96 euros dont 74 036,40 euros de frais de poursuites et qu'à titre exceptionnel, il a été décidé d'accorder la remise de ces frais de poursuites, sous réserve du paiement de la somme de 8 823,56 euros avant le 19 novembre 2019. Par courrier du 11 octobre suivant, l'intéressé a sollicité des délais de paiement sur dix mois pour le règlement de cette somme, ce qui a été refusé par courrier du conciliateur du 6 novembre suivant. Par un courrier rectificatif du 8 novembre 2019, le conciliateur a indiqué au requérant que le montant des frais de poursuite dont il restait redevable s'élevait en réalité à 26 884,97 euros et que la remise de ces frais et des majorations de recouvrement de 10 % lui serait accordée sous réserve du paiement du solde des droits restant à sa charge, soit 48 126,83 euros, à régler en dix mensualités à compter du 1er décembre 2019. Par la requête susvisée, M. B demande l'annulation de cette décision du 8 novembre 2019.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Aux termes de l'article R. 421-5 de ce même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Il résulte de ces dispositions que lorsque la notification ne comporte pas les mentions requises, ce délai n'est pas opposable.
3. Toutefois, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
4. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 8 novembre 2019 par laquelle le conciliateur fiscal départemental du Val-de-Marne a remis en cause sa décision du 1er octobre précédent ne comportait pas de délais et voies de recours, de sorte que le délai de deux mois fixé par les dispositions de l'article R. 421-1 n'était pas opposable au requérant, mais que cette décision, qui n'a pas le caractère d'un acte inexistant, a bien été reçue par M. B avant le 19 novembre 2019, ainsi qu'il le confirme dans ses écritures. Les seules circonstances, invoquées dans les dernières écritures du requérant, selon lesquelles, d'une part, le directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne a indiqué que la décision du 8 novembre 2021 rejetant le recours de M. B du 6 juillet 2021 contre la décision du 8 novembre 2019 pouvait être contestée dans un délai de deux mois devant le tribunal et, d'autre part, la présente requête a été enregistrée dans le délai ainsi défini sont sans influence sur l'existence d'un délai raisonnable pour contester la décision du 8 novembre 2019. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de ladite décision, enregistrées au greffe du tribunal administratif de Paris le 23 décembre 2021, soit au-delà du délai raisonnable d'un an mentionné au point précédent, sont tardives et dès lors irrecevables.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 8 novembre 2019 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Le Broussois, président,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Jean, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2024.
Le rapporteur,
Signé : P. Meyrignac Le président,
Signé : N. Le Broussois
Le greffier,
Signé : G. Ngassaki
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026