mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2209983 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DE CASTELBAJAC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 octobre 2022 sous le n° 2209983, M. G F, demeurant 2 rue Rodin à Champigny-sur-Marne (94500), représenté par Me de Castelbajac, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision en date du 1er septembre 2022 par laquelle le directeur du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) lui a refusé le renouvellement de sa carte professionnelle ;
2°) d'enjoindre au CNAPS de lui délivrer une carte professionnelle d'agent de sécurité privée dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa demande dans ce même délai ;
3°) de mettre à la charge du CNAPS la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. F soutient que :
* la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision litigieuse préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation puisque :
- son contrat à durée indéterminée signé le 3 janvier 2014 est subordonné à la détention d'une carte professionnelle d'agent de sécurité ; sans cette carte professionnelle, il ne peut exercer son emploi ainsi que le lui a rappelé son employeur par lettre du 6 octobre 2022 ;
- à compter du 25 octobre 2022, il ne pourra plus exercer son activité professionnelle laquelle constitue son unique moyen de subsistance ; en outre, en l'absence de carte professionnelle d'agent privé de sécurité, il va nécessairement être licencié dans les prochaines semaines ;
- âgé de 40 ans, il travaille dans le domaine de la sécurité depuis le 3 janvier 2014, soit depuis dix ans ; il est père d'une petite fille âgée de 9 ans et contribue à son entretien et éducation en versant mensuellement à sa mère la somme de 500 euros ;
* il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée dès lors que :
- elle est entachée d'incompétence de son signataire, M. A E, qui ne justifie d'aucune délégation de signature ;
- elle est entachée d'un vice de procédure tiré de ce que n'indique que l'agent qui a procédé à la consultation prévue par l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure bénéficiait de l'habilitation spéciale requise par la loi ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors qu'une mise en cause pour un fait de circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance ne constitue pas un agissement contraire à la probité ; de plus, ce fait unique et isolé ne peut justifier à lui seul un refus de renouvellement de carte professionnelle pour une personne titulaire d'une carte professionnelle d'agent de sécurité privée depuis 10 ans.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 novembre 2022, le CNAPS, représenté par
Me Cano, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge du requérant de la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en faisant valoir que :
- aucun élément de la requête ne permet de caractériser l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution de la décision litigieuse ; à supposer même que le requérant voit effectivement son contrat de travail rompu, il pourra percevoir une indemnité de licenciement et également un revenu de remplacement ; enfin, l'intéressé ne justifie pas qu'il ne pourrait pas exercer un emploi dans un autre domaine que celui de la sécurité privée qui ne nécessite pas la détention d'une carte professionnelle ;
- il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée dès lors que son signataire justifie bien d'une délégation de signature du directeur du CNAPS ; de plus, Mme B C de Cenival qui a réalisé l'enquête administrative, disposait bien d'une habilitation spéciale pour ce faire ; la matérialité des faits reprochés au requérant est établie dès lors qu'ils ressortent de l'extrait du traitement des antécédents judiciaires (TAJ) ; enfin, le comportement du requérant est manifestement incompatible avec les exigences de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure.
Par un mémoire en réplique, enregistré le 7 novembre 2022, M. F conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en soutenant, de plus, qu'âgé de 40 ans, il travaille dans le domaine de la sécurité depuis le 3 janvier 2014 ; à son âge, et compte tenu de son expérience unique dans le domaine de la sécurité privée, il ne peut pas retrouver un travail aussi simplement que le prétend le CNAPS ; le défaut d'assurance résulte uniquement d'une regrettable erreur, étant précisé que c'était son premier véhicule ; dès qu'il a eu connaissance de son défaut d'assurance le 28 janvier 2021, il a régularisé sa situation et son véhicule est assuré depuis le4 février 2021.
Vu :
- la décision litigieuse du CNAPS en date du 1er septembre 2022 ;
- la requête à fin d'annulation de la décision litigieuse enregistrée le 14 octobre 2022 sous le n° 2209987 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Freydefont, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 7 novembre 2022 en présence de Mme Zdini, greffière d'audience, M. D a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me de Castelbajac, représentant M. F, requérant présent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en soutenant, de plus, que l'urgence est avérée car la pérennité de son contrat à durée indéterminée qu'il a signé en janvier 2014 est conditionnée à la détention d'une carte professionnelle ; la décision litigieuse a pour conséquence qu'il peut être licencié et il a d'ailleurs reçu le 27 octobre dernier un courrier de suspension de son contrat de travail à compter du 28 octobre ; or, son travail dans le domaine de la sécurité privée est son unique source de revenu qui lui permet de subvenir aux besoins de sa fille ; il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée dès lors qu'elle est entachée d'erreur d'appréciation car les faits de conduite sans assurance qui lui sont reprochés sont sans rapport direct avec son activité professionnelle ; de plus, ils sont la conséquence d'une erreur de sa part ; en outre, ils remontent à près de deux ans ; enfin, il s'agit d'une infraction unique en près de dix ans d'exercice professionnel dans les métiers de la sécurité privée ;
- les observations de Me Doumichaud, substituant Me Cano, représentant le CNAPS, qui reprend les conclusions du mémoire en défense par les mêmes moyens en faisant valoir, en outre, qu'en cas de licenciement, M. F aura droit à une indemnité de licenciement légale et décrite par décret égale au quart d'un mois de salaire multiplié par année travaillée, soit au cas d'espèce à 1 450 euros, plus aux allocations chômage versées par l'Assedic ; par suite, le requérant ne sera pas sans revenu ; de plus, les charges alléguées par le requérant ne sont absolument pas démontrées ; il en est ainsi du versement de 500 euros à sa compagne pour subvenir à l'entretien de sa fille ; il en est de même des charges locatives qui ne ressortent d'aucune pièce du dossier ; il en est enfin ainsi des charges de la vie courante comme les frais alimentaires qui ne sont pas davantage établies ; en outre, M. F a contracté un emprunt en septembre 2022 alors qu'il savait depuis le 1er de ce mois que sa carte professionnelle ne serait pas renouvelée ; il résulte de tout ce qui précède que la condition d'urgence de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas démontrée ; les faits qui sont reprochés au requérant, à savoir la conduite d'un véhicule à moteur sans être assuré, ne sont pas anodins et auraient pu avoir des conséquences très graves en cas d'accident corporel ou pire mortel ; de plus, ce n'est que parce que l'intéressé a été contrôlé sans être assuré qu'il a régularisé sa situation ; par suite, ces faits sont contraires à l'honneur et à la probité au sens de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure ; par suite, c'est sans erreur d'appréciation que le CNAPS a pu refuser de renouveler la carte professionnelle de M. F.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience à 14 heures 55.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que M. G F, né le 29 octobre 1982, s'est vu refuser, par décision du 1er septembre 2022 du directeur du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) le renouvellement de sa carte professionnelle initialement délivrée le 24 septembre 2013, renouvelée une première fois le 25 octobre 2017 et arrivant à expiration le 25 octobre 2022. Par la requête susvisée, M. F demande, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision du 1er septembre 2022.
Sur les conclusions à fin de suspension présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " ; aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. " ; enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure : " Sont soumises aux dispositions du présent titre, dès lors qu'elles ne sont pas exercées par un service public administratif, les activités qui consistent : 1° A fournir des services ayant pour objet la surveillance humaine ou la surveillance par des systèmes électroniques de sécurité ou le gardiennage de biens meubles ou immeubles ainsi que la sécurité des personnes se trouvant dans ces immeubles ou dans les véhicules de transport public de personnes () / 3° A protéger l'intégrité physique des personnes () ". Les personnes qui exercent une activité privée de surveillance doivent, en vertu de l'article L. 612-20 du même code, être titulaires d'une carte professionnelle délivrée par le Conseil national des activités privées de sécurité. Cet article prévoit qu'un refus de carte ou de renouvellement de carte peut être opposé notamment lorsque l'intéressé " a fait l'objet d'une condamnation à une peine correctionnelle ou à une peine criminelle inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire pour des motifs incompatibles avec l'exercice des fonctions () " ou " s'il résulte de l'enquête administrative () que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées () ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
4. Il résulte des dispositions précitées des articles L. 521-1 et R. 522-1 du code de justice administrative que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit s'apprécier objectivement et globalement. Enfin, la condition d'urgence s'apprécie à la date de la présente ordonnance.
5. La décision litigieuse a pour effet de mettre M. F dans l'incapacité d'exercer son activité professionnelle à brève échéance, puisque son contrat à durée indéterminée, signé le 3 janvier 2014, est subordonné à la détention d'une carte professionnelle d'agent de sécurité ; sans cette carte professionnelle, il ne peut exercer son emploi ainsi que le lui a rappelé son employeur, la société Triomphe Sécurité, par lettre du 6 octobre 2022 ; l'intéressé a de surcroît reçu le 27 octobre dernier un courrier de son employeur l'informant que son contrat de travail sera suspendu à compter du 28 octobre. Si le CNAPS fait valoir qu'en cas de licenciement, le requérant pourra percevoir une indemnité de licenciement de 1 450 euros environ, ainsi que des allocations chômage, ces sommes qui ne sont pas pérennes dans le temps et dont les montants ne sont de toutes façons pas clairement calculées, ne compenseront pas dans la durée les revenus de l'intéressé issus de son activité professionnelle. De plus, il résulte de l'instruction que le requérant est père d'une petite fille âgée de 9 ans ; si le CNAPS remet en cause sa contribution mensuelle de 500 euros destinée à contribuer à l'entretien et à l'éducation de sa fille, il n'en reste pas moins que les revenus de l'intéressé issus de son activité professionnelle dans le domaine de la sécurité privée, les seuls dont il bénéficie, ne s'élèvent au mieux qu'à 900 euros, ce qui permet à l'intéressé de couvrir tout juste ses dépenses de la vie courante.
6. Il résulte de ce qui précède que c'est à bon droit que le requérant fait valoir que la décision litigieuse du CNAPS préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation, notamment financière ; par suite, la condition d'urgence de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être considérée, au cas d'espèce, comme démontrée.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
7. Il résulte des termes de la décision attaquée que le CNAPS l'a fondée sur la circonstance que le requérant a été mis en cause le 28 janvier 2021 pour des faits de conduite d'un véhicule terrestre à moteur sans assurance, ce qui révèle selon le CNAPS de la part de l'intéressé des agissements contraires à la parité, incompatibles avec l'exercice d'une activité privée de sécurité en application de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure.
8. Pour démontrer qu'il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, M. F soutient notamment que celle-ci est entachée d'erreur d'appréciation dès lors qu'une mise en cause pour un fait de circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance ne constitue pas un agissement contraire à la probité ; de plus, ce fait unique et isolé ne peut justifier à lui seul un refus de renouvellement de carte professionnelle pour une personne titulaire d'une carte professionnelle d'agent de sécurité privée depuis 10 ans. Le CNAPS fait au contraire valoir que les faits de conduite d'un véhicule à moteur sans assurance ne sont pas anodins et auraient pu avoir des conséquences très graves en cas d'accident corporel ou pire mortel ; de plus, ce n'est que parce que l'intéressé a été contrôlé sans être assuré qu'il a régularisé sa situation ; le CNAPS en déduit que ces faits sont contraires à l'honneur et à la probité au sens de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure et cite à cette fin un certain nombre de décisions de tribunaux administratifs ou de cours administratives d'appel allant en ce sens.
9. Toutefois, il résulte de toutes ces décisions que si le fait de conduire un véhicule sans être assuré peut fonder une décision de refus de carte professionnelle sur le fondement de l'article
L. 612-20 du code de la sécurité intérieure, c'est à la condition que ces faits soient réitérés dans le temps ou couplés avec d'autres infractions, notamment routières, comme la conduite sous l'empire d'un état alcoolique ou sous l'emprise de produits stupéfiants. Or, au cas d'espèce, les faits reprochés à M. F sont isolés puisqu'il s'agit d'une infraction unique en près de dix ans d'exercice professionnel du requérant dans les métiers de la sécurité privée ; par suite, c'est à bon droit que celui-ci soutient que la décision litigieuse est entachée d'erreur d'appréciation, moyen de nature à faire naître un doute sérieux quant à sa légalité.
10. Il résulte de ce qui précède que, les deux conditions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant réunies, il convient d'ordonner sur le fondement de ces dispositions la suspension de l'exécution de la décision du CNAPS en date du 1er septembre 2022.
Sur les conclusions accessoires :
11. En premier lieu, aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. " ; aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. " Compte tenu de ce qui précède, et notamment du caractère provisoire des mesures ordonnées par le juge des référés, il convient seulement d'enjoindre au directeur du CNAPS de procéder au réexamen de la situation de M. F dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.
12. En second lieu, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
13. D'une part, M. F n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions présentées par le CNAPS tendant à la mise à la charge du requérant de la somme de 500 euros au titre de l'article précité doivent être rejetées ; d'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il convient de mettre à la charge du CNAPS la somme de 800 euros à verser au requérant au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
O R D O N N E
Article 1er : L'exécution de la décision en date du 1er septembre 2022 par laquelle le directeur du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a refusé à M. F le renouvellement de sa carte professionnelle est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au directeur du CNAPS de procéder au réexamen de la situation de M. F dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.
Article 3 : Le CNAPS versera à M. F la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions du CNAPS tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. G F et au conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS).
Fait à Melun, le 8 novembre 2022.
Le juge des référés,
Signé : C. D
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2209983
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026