vendredi 9 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2210032 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SCP SAIDJI & MOREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 octobre 2022 et le 10 avril 2023, Mme A B, représentée par Me Porte, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'avis à tiers détenteur émis à son encontre le 18 mai 2022 par le directeur du Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de Créteil tendant au paiement d'une somme de 4 866,72 euros, ensemble la décision implicite rejetant son recours administratif préalable formé à l'encontre de cet avis ;
2°) de lui restituer la somme de 2 999,08 euros prélevée sur son compte bancaire ;
3°) de mettre à la charge du CROUS de Créteil une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la créance est prescrite ;
- le montant demandé est incompréhensible ;
- toutes les sommes dues ont été réglées par chèques par sa grand-mère.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 novembre 2022, le CROUS de Créteil, représenté par Me Moreau, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la créance de la requérante a été actualisée ;
- sa dette n'a pas été apurée en intégralité par les paiements de la grand-mère de la requérante.
Par une ordonnance du 21 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 11 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs et portant modification de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Senichault de Izaguirre, conseillère,
- les conclusions de Mme Blanc, rapporteure publique,
- et les observations de Me Stefanova, représentant le CROUS de Créteil.
Une note en délibéré présentée pour le CROUS de Créteil, représentée par Me Moreau, a été enregistrée le 21 avril 2025. Elle n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été admise à occuper un logement étudiant au sein de la résidence universitaire Guynemer à Saint-Denis à compter du 1er octobre 2011. A la suite de son départ de ce logement le 3 août 2015, un titre exécutoire a été émis à son encontre le 21 janvier 2016 par le directeur du CROUS de Créteil au titre des dégradations constatées à la suite de l'état des lieux. Un deuxième titre exécutoire, émis le 10 octobre 2016, s'est substitué au titre émis le 21 janvier 2016. Par un jugement n° 1602460 et 1609473 du 4 avril 2017, le tribunal administratif de Montreuil a annulé le titre exécutoire émis le 10 octobre 2016 en raison de son illégalité. Par un arrêt n° 17VE01710 du 28 mars 2019, la cour administrative d'appel de Versailles a rejeté l'appel formé par le CROUS de Créteil après avoir considéré, par l'effet dévolutif de l'appel, que le titre exécutoire était signé par le directeur général du CROUS qui n'était pas compétent pour ce faire. Le CROUS de Créteil a émis le 26 avril 2019 un nouveau titre exécutoire au titre des dégradations. Par un jugement n° 1905550 du 30 décembre 2021, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté la requête de Mme B. Le 18 septembre 2020, Mme B a été destinataire d'une mise en demeure en raison de redevances impayées pour un montant de 10 251,22 euros allant du 5 octobre 2011 au 7 juin 2015. Le CROUS de Créteil a émis un titre exécutoire avec mise en demeure de payer le 14 janvier 2022 tendant au paiement de la somme totale de 4 866,72' euros correspondant à des redevances locatives et des indemnités d'occupation. Le 18 mai 2022, le CROUS de Créteil a notifié à la requérante une saisie à tiers détenteur au titre de ces créances sur son compte bancaire. Une saisie d'un montant de 2 999,08 euros a été réalisée. Mme B demande au tribunal d'annuler l'avis à tiers détenteur du 18 mai 2022, ensemble la décision implicite rejetant son recours administratif préalable formé à l'encontre de cet avis et de lui restituer la somme de 2 999,08 euros prélevée sur son compte bancaire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs et portant modification de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986 modifiée par la loi du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové : " Toutes actions dérivant d'un contrat de bail sont prescrites par trois ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'exercer ce droit. () ". Aux termes de l'article 40 de la même loi : " VIII.- Les 4°, 7°, 8°, 9° et dernier alinéa de l'article 3, les articles 3-1, 8, 10 à 11-1, 15, 17, 17-2, 18, les sixième à dernier alinéas de l'article 23 et le II de l'article 17-1 ne sont pas applicables aux logements des résidences universitaires définies à l'article L. 631-12 du code de la construction et de l'habitation et régies par une convention conclue en application de l'article L. 831-1 du même code. Toutefois, les treizième à vingt-troisième alinéas du I de l'article 15 sont applicables lorsque le congé émane du locataire. Les articles 3-1, 8, 10 à 11-1 et les sixième à dernier alinéas de l'article 23 ne sont pas applicables aux logements des résidences universitaires définies audit article L. 631-12 ". Il résulte de ces dispositions combinées que les dispositions de l'article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989 sont applicables à la convention de mise à disposition d'un logement conclue entre les résidences universitaires et ses occupants.
3. Il résulte de l'instruction que, le 16 décembre 2014, le CROUS de Créteil a assigné Mme B en justice afin de la déclarer occupante sans droit ni titre du logement, d'autoriser son expulsion et de la condamner à payer des sommes au titre d'indemnités d'occupation du logement situé dans la résidence étudiante Guynemer à Saint-Denis qu'elle a occupé à compter du 1er octobre 2011. Par un jugement du 29 juin 2015, le tribunal d'instance de Saint-Denis a constaté l'expiration de la convention de mise à disposition du logement au profit de Mme B à effet du 17 novembre 2014, l'a déclarée occupante sans droit ni titre à effet de cette date, a autorisé son expulsion et l'a condamnée à payer au CROUS la somme de 7 429,28 euros correspondant aux redevances impayées du 1er septembre 2013 au 30 mai 2015 ainsi qu'à lui verser une indemnité d'occupation mensuelle de 455,68 euros à compter du 11 mai 2015 et jusqu'à la libération des lieux. En application des dispositions citées au point 2 du présent jugement, le délai de prescription de l'action en recouvrement au titre des redevances locatives et des indemnités d'occupation a commencé à courir, au plus tard à compter du 29 juin 2015, date à laquelle le CROUS de Créteil a connu ou aurait dû connaitre les faits lui permettant d'exercer ce droit. Dans ces conditions, Mme B est fondée à soutenir que l'action en recouvrement de la créance était prescrite le 18 mai 2022, lorsque le comptable public du CROUS de Créteil a émis l'avis à tiers détenteur litigieux, et que la créance n'était pas exigible pour cette raison.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, qu'il y a lieu d'annuler l'avis de saisie administrative à tiers détenteur du 18 mai 2022 ainsi que la décision implicite rejetant son recours administratif préalable formé à l'encontre de cet avis.
Sur les conclusions à fin de restitution de la somme saisie :
5. Il y a lieu d'enjoindre au CROUS de Créteil de restituer la somme de 2 999,08 euros à Mme B sous réserve que cette somme ne lui ait pas déjà été restituée.
Sur les frais du litige :
6. Il y a lieu de mettre à la charge du CROUS de Créteil une somme de 1 500 euros à verser à Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
7. En revanche, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la requérante, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que demande le CROUS de Créteil au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'avis de saisie à tiers détenteur émis par l'agent comptable du CROUS de Créteil du 18 mai 2022, ainsi que la décision implicite rejetant le recours administratif préalable formé à son encontre sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au CROUS de Créteil de restituer à Mme B la somme de 2 999,08 euros, sous réserve que cette somme ne lui ait pas déjà été restituée.
Article 3 : Le CROUS de Créteil versera une somme totale de 1 500 euros à Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par le CROUS de Créteil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au Centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Créteil.
Délibéré après l'audience du 18 avril 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Senichault de Izaguirre, conseillère,
M. Collen-Renaux, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2025.
La rapporteure,
J. SENICHAULT DE IZAGUIRRELa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
V. GUILLEMARD
La République mande et ordonne à la ministre d'État, ministre de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026