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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2210109

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2210109

mercredi 18 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2210109
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
PublicationC
Formation14ème chambre, DALO
Avocat requérantBENIFLA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une lettre du 20 avril 2022, M. A B, représenté par Me Benifla, a saisi le tribunal administratif de Melun d'une demande tendant à obtenir l'exécution du jugement n° 2000626 du 21 juin 2021 du tribunal administratif de Melun qui avait condamné l'Etat à lui verser la somme de 7 000 euros en réparation du préjudice subi du fait de l'absence d'offre de logement adapté à ses besoins et mis à la charge de l'Etat la somme de 400 euros à verser à Me Benifla au titre des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il indique que le préfet de Seine-et-Marne n'a pas exécuté cette ordonnance.

La demande de M. B a été communiquée le 10 juin 2022 au préfet de Seine-et-Marne qui n'a présenté aucune observation.

Par une ordonnance du 19 octobre 2022 a été ouverte la phase juridictionnelle de la demande d'exécution du jugement du 21 juin 2021.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 décembre 2022, le préfet de Seine-et-Marne conclut au non-lieu à statuer et au rejet du surplus de la requête.

Il soutient que :

- ses services ont ordonné le virement de la somme due à M. B le 28 juillet 2022 ;

- ils n'ont en revanche pas pu procéder au paiement de la somme due à Me Benifla faute d'avoir reçu de cette dernière les documents nécessaires à la mise en paiement.

Par un mémoire enregistré le 16 décembre 2022, M. B, représenté par Me Benifla, indique que Me Benifla est dans l'attente d''une réponse à sa requête en rectification d'erreur matérielle effectuée en juillet 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a donné délégation à M. C D, premier

vice-président, en application de l'article R. 222-21-1 du code de justice administrative, pour exercer les attributions que la présidente du tribunal tient des dispositions figurant aux titres IV et V du livre III, au titre II du livre VI, à la section 4 du titre IV et au titre VI du livre VII et au titre II du livre IX du présent code.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, et en application de l'article L. 732-1 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu à l'audience publique, le rapport de M. D, les parties n'y étant

ni présentes ni représentées.

L'instruction a été clôturée après appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ". Aux termes de l'article R. 921-6 du même code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, () le président de la cour ou du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. () ".

2. Par un jugement n° 2000626 du 21 juin 2021, le tribunal administratif de Melun a condamné l'Etat à verser à M. B une somme de 7 000 euros en réparation du préjudice subi du fait de l'absence d'offre de logement adapté à ses besoins, assortie des intérêts au taux légal et mis

à sa charge une somme de 400 euros, à verser à Me Benifla, sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la part contributive à l'aide juridictionnelle.

3. D'une part, il résulte de l'instruction que les services du préfet justifient avoir émis,

le 28 juillet 2022, un ordre de virement des sommes dues à M. B, pour un montant

de 7 000 euros. M. B ne soutient ni même n'allègue n'avoir pas perçu cette somme, ni celle afférente aux intérêts au taux légal dont cette somme est assortie. Le préfet doit donc être réputé avoir exécuté le jugement du 21 juin 2021. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'exécution présentée par M. B sur ce point.

4. D'autre part, il résulte des écritures du préfet que ses services ont sollicité auprès de Me Benifla qu'elle produise les documents nécessaires au règlement des sommes qui lui étaient dues. La circonstance que Me Benifla ait formé une demande en rectification d'erreur matérielle

du jugement n° 2000626 du 21 juin 2021 sur le montant de la somme mise à la charge de l'Etat sur

le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et

de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, laquelle n'entrait au demeurant pas dans

le champ des dispositions de l'article R. 741-11 du code de justice administrative relative

aux rectifications d'erreurs matérielles, ne la dispensait pas de produire les documents nécessaires

en vue d'assurer son paiement. Dès lors, l'inexécution du jugement, à la supposer établie, n'est pas imputable à l'administration mais exclusivement au comportement du conseil du requérant qui

ne conteste pas n'avoir jamais transmis les documents nécessaires au paiement de sa créance.

Il s'ensuit que la demande tendant à l'exécution du jugement doit être rejetée sur ce point.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'exécution du jugement n° 2000626 du

21 juin 2021 en ce qui concerne la demande tendant au paiement des sommes dues à M. B.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au préfet de Seine-et-Marne

et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.

Le magistrat désigné,

O. D

Le greffier,

S. BONINE

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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