vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2210240 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | FOURCADE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 octobre 2022, M. B A, représenté par Me Delatouche, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 septembre 2022, par laquelle l'inspecteur du travail a autorisé la société C et A France à le licencier pour motif disciplinaire ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision en litige a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il n'a pas été confronté aux salariés le mettant en cause devant le comité social et économique ;
- la décision en litige a été prise en méconnaissance du caractère contradictoire de la procédure ;
- c'est à tort que l'inspecteur du travail a considéré que les faits qui lui sont reprochés sont établis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mars 2023, la société C et A France, représentée par Me Fourcade, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juillet 2023, le directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Héloïse Mathon, conseillère,
- les conclusions de Mme Félicie Bouchet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Fouquoire, substituant Me Fourcade et représentant la société C et A.
Considérant ce qui suit :
1. Le 12 juillet 2022, la société C et A France a sollicité auprès de l'administration l'autorisation de licencier pour motif disciplinaire M. B A, salarié protégé. Par une décision du 5 septembre 2022, dont M. A demande l'annulation, l'inspecteur du travail a autorisé son licenciement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe de la décision attaquée :
2. Aux termes de l'article R. 2421-4 du code du travail : " L'inspecteur du travail procède à une enquête contradictoire au cours de laquelle le salarié peut, sur sa demande, se faire assister d'un représentant de son syndicat. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, après avoir été saisi d'une demande du requérant en ce sens le 2 août 2022, l'inspecteur du travail a porté à la connaissance de M. A, le compte rendu du comité social et économique " logistique " du 8 juillet 2022 et le témoignage de l'une des collaboratrices à l'origine du signalement et l'a invité à présenter ses observations dans un délai de dix jours. Il ressort également des pièces du dossier que le même jour, une attestation rédigée par une collègue de M. A, un récépissé de déclaration de plainte enregistrée le 29 juillet 2022 et un compte rendu de l'entretien préalable du 5 juillet 2022, ont été portés à la connaissance de la société C et A France, qui a présenté ses observations en réponse le
12 août 2022. En outre, l'inspecteur du travail a entendu, les 5, 16 et 29 août 2022, l'ensemble des salariés ayant été auditionnés dans le cadre de l'enquête interne menée par la société C et A France et ayant produit une attestation de témoin. Enfin, l'inspecteur a également rencontré le
16 août 2022 le secrétaire du CSE et le référent harcèlement de la société C et A France. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée n'aurait pas été précédée de l'enquête contradictoire prévue par l'article R. 2421-4 du code du travail, ni que sa plainte n'aurait pas été prise en compte dans le cadre de l'enquête contradictoire.
En ce qui concerne la matérialité des faits :
4. Il ressort des pièces du dossier, en particulier des six témoignages transmis par l'employeur, ainsi que des éléments recueillis lors de l'enquête contradictoire par l'inspecteur, que M. A a tenu des propos à connotation sexuelle, de manière répétée et insistante, auprès de plusieurs salariées de la société qui ont exprimé leur malaise vis-à-vis de ce comportement et manifesté, en vain, leur souhait que le requérant cesse de tenir de tels propos. Il ressort de ces mêmes pièces que M. A a eu des gestes inadaptés à plusieurs reprises envers certaines salariées. Si le requérant conteste la valeur probante des déclarations des salariés de la société C et A France, qui lui sont défavorables au motif qu'il s'agirait de calomnies, ces témoignages sont précis et concordants et d'autre part, que le requérant n'apporte aucun élément de nature à les réfuter. Dans ces conditions, alors même qu'il a nié avoir tenu les propos qui lui sont reprochés et a déposé une plainte à l'encontre de l'une des auteurs de ces attestations, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la matérialité des faits retenus par l'inspecteur du travail n'est pas établie.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de l'inspecteur du travail du 5 septembre 2022.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que demande M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
7. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant une somme de 500 euros à verser à la société C et A France au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera à la société C et A France une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la société C et A France est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la société C et A France et à la ministre du travail et de l'emploi.
Copie en sera transmise au directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Marine Robin, conseillère,
Mme Héloïse Mathon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
La rapporteure,
H. Mathon
Le président,
T. GallaudLa greffière,
G. Aumond
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026