mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2210396 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | ANDRE-LUCAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 octobre 2022 et 7 février 2023, M. C A, représenté par Me Andre-Lucas demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 septembre 2022 du préfet de Seine-et-Marne en tant qu'il a refusé de renouveler son titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours à compter de la notification de la décision ;
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de renouveler son titre de séjour dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa demande sous la même condition de délai et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour :
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas eu connaissance de l'intention du préfet de Seine-et-Marne de refuser le renouvellement de son titre de séjour et n'a pas pu présenter d'observations sur sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 janvier 2023, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 2 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 mars 2023 à midi.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Massengo a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant ivoirien né en 1997, déclare être entré en France en 2008. Il a obtenu depuis 2017 plusieurs titres de séjour successifs au titre de sa vie privée et familiale, dont le dernier expirait le 28 mars 2022. Le 7 mars 2022, il a demandé le renouvellement de ce titre de séjour. Par un arrêté du 13 septembre 2022, le préfet de Seine-et-Marne a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours à compter de la notification de la décision et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné en cas d'inexécution. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision de refus de renouvellement du titre de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 432-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'étranger cesse de remplir l'une des conditions exigées pour la délivrance de la carte de séjour dont il est titulaire, fait obstacle aux contrôles ou ne défère pas aux convocations, la carte de séjour peut lui être retirée par une décision motivée. La décision de retrait ne peut intervenir qu'après que l'intéressé a été mis à même de présenter ses observations dans les conditions prévues aux articles L. 121-1 et L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée fait suite à une demande formulée par M. A le 7 mars 2022 en vue du renouvellement de son titre de séjour qui expirait le 28 mars 2022. Cette décision ne peut être regardée comme une décision de retrait soumise au respect d'une procédure contradictoire en vertu des dispositions de l'article L. 432-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précitées. Toutefois, dès lors que le préfet de Seine-et-Marne a mis en œuvre une telle procédure contradictoire, M. A peut utilement soulever le moyen tiré de l'irrégularité de cette procédure. Néanmoins, il ressort des pièces du dossier que le préfet de Seine-et-Marne établit avoir informé M. A par courrier du 13 juillet 2022 de son intention de procéder au retrait de son titre de séjour et de la possibilité de présenter des observations sur sa situation. Ce courrier, adressé au domicile du père de M. A où il résidait, a été avisé et non réclamé par l'intéressé ou par un mandataire de son choix. M. A n'est donc pas fondé à soutenir que la décision a été prise au terme d'une procédure irrégulière, la circonstance qu'il se trouvait en congé à l'étranger à la date d'envoi du courrier étant sans incidence.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. M. A soutient qu'en refusant de renouveler sa carte de séjour temporaire, le préfet de Seine-et-Marne a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au but poursuivi, dès lors qu'il est arrivé en France en 2008, que ses parents et tous les membres de sa fratrie résident régulièrement sur le territoire, qu'il est en couple avec une ressortissante française et qu'il travaille depuis plusieurs années en qualité d'intérimaire. Il ressort en effet des pièces du dossier que M. A est arrivé sur le territoire en 2008 et qu'il a été scolarisé en continu jusqu'en 2012, année au cours de laquelle il a démissionné de son certificat d'aptitude professionnelle. En outre, il établit la présence régulière sur le territoire français de son père qui l'héberge, ainsi que de celle de ses deux frères et de ses deux sœurs, dont l'une est de nationalité française. S'il soutient qu'il est en couple avec une ressortissante française, qui vit avec lui au domicile de son père, la seule production d'une attestation rédigée par cette dernière, non corroborée par celle de l'hébergeant, et d'une échographie mentionnant un état de grossesse à compter du 24 novembre 2022, ne permet pas d'établir la réalité et l'ancienneté du concubinage à la date de la décision attaquée. Par ailleurs, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de Seine-et-Marne a fondé le refus de renouvellement du titre de séjour sur les multiples condamnations pénales de M. A, caractérisant une menace à l'ordre public. En effet, il ressort des pièces du dossier que ce dernier a été condamné à neuf reprises entre le 20 février 2017 et le 5 juillet 2021 à des peines de deux à huit mois d'emprisonnement et à une peine de 300 euros d'amende, pour des infractions à la législation sur les stupéfiants systématiquement commises en état de récidive légale, pour violation de l'interdiction de paraitre dans les lieux où l'infraction a été commise, pour conduite sans permis et sans assurance, pour vol dans un local d'habitation ou dans un lieu d'entrepôt en récidive de tentative, pour refus de remettre aux autorités judiciaires ou de mettre en œuvre la convention secrète de déchiffrement d'un moyen de cryptologie et pour rébellion. Eu égard au nombre et au caractère récent des condamnations prononcées, le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation en considérant que la décision de refus de renouvellement du titre de séjour était nécessaire à la défense de l'ordre public et à la prévention des infractions pénales. Dans ces conditions, au regard de l'ensemble de la situation de M. A, celui-ci n'est pas fondé à soutenir que cette décision a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au vu du but poursuivi et le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
6. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux développés au point précédent, le préfet de Seine-et-Marne n'a entaché sa décision d'aucune erreur manifeste dans l'appréciation de la situation de M. A. Par suite, ce moyen doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour de M. A doivent être rejetées.
En ce qui concerne la légalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français :
8. En premier lieu, la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour n'étant entachée d'aucune illégalité, l'exception d'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision d'obligation de quitter le territoire français doit être écartée.
9. En second lieu, il résulte des constatations opérées au point 5 que la décision d'obligation de quitter le territoire français n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de M. A une atteinte disproportionnée au vu du but poursuivi, et n'est entachée d'aucune erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision d'obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de Seine-et-Marne du 13 septembre 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse au conseil de M. B, sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, la somme de 1 300 euros au titre des frais qu'il aurait exposés s'il n'avait pas bénéficié de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Andre-Lucas et au préfet de Seine-et-Marne.
Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
Mme Massengo, conseillère,
Mme Issard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.
La rapporteure
C. MASSENGO
La présidente,
I. BILLANDONLa greffière,
C. TRÉMOUREUX
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026