vendredi 6 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2210528 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre, JU |
| Avocat requérant | AMSELLEM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 octobre 2022, M. B A C, représenté par Me Amsellem, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 octobre 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant un an ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A C soutient :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français sans délai :
- que ces décisions sont signées par une autorité incompétente ;
- qu'elles sont entachées d'erreurs de fait et d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- qu'il est entré en France en dispense de visa de court séjour, donc de manière régulière, le 14 avril 2019 ;
- que ces décisions méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- qu'elles méconnaissent en outre les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour :
- qu'elle méconnaît les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2023, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés et susceptibles d'être soulevés à l'audience par M. A C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- l'accord franco-brésilien signé à Paris le 28 mai 1996 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. Pottier, président, en application des dispositions de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu les observations de M. A C, qui soutient qu'il est régulièrement entré en France en 2019 en étant dispensé de visa, qu'il est marié avec une compatriote avec un enfant scolarisé en France (autiste ; 13 ans), qu'il est venu pour travailler ; qu'il a cherché à demander un titre ; qu'il travaille dans le bâtiment comme maçon ; que cette activité est nécessaire pour subvenir aux besoins de sa famille ; qu'il ne représente aucune menace à l'ordre public et n'a fait usage de son faux titre d'identité portugais que pour un chantier isolé et à seule fin de travailler.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant brésilien né le 28 janvier 1980 à Taguantinga-To (Brésil), demande l'annulation de l'arrêté du 25 octobre 2022 par lequel le préfet de
Seine-et-Marne l'a obligé à quitter le territoire français, sur le fondement des dispositions du 1°, du 5° et du 6° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'a privé de délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant un an.
2. En premier lieu, aux termes de l'accord franco-brésilien du 28 mai 1996 : " 1. Les ressortissants de la République fédérative du Brésil auront accès au territoire européen de la République française sans visa, sur présentation d'un passeport national () ordinaire en cours de validité, pour des séjours d'une durée maximale de trois mois par période de six mois () ".
3. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de la copie du passeport brésilien de M. A C, que ce dernier justifie être entré en France muni de ce passeport en cours de validité, à l'aéroport d'Orly, le 14 avril 2019, et qu'il est ainsi régulièrement entré en France. Il s'ensuit que l'obligation de quitter le territoire prise à son encontre ne pouvait légalement être fondée sur le 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable à l'étranger " ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français ". Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de procéder d'office à la substitution du 2° au 1° du même article, laquelle n'a, d'ailleurs, pas été demandée par le préfet en défense. En outre, à défaut d'une telle substitution, l'illégalité mentionnée au point précédent ne saurait être neutralisée sans priver le requérant du bénéfice de la procédure contentieuse prévue à l'article L. 614-4, dès lors que les autres fondements légaux retenus par le préfet, le 5° et le 6° de l'article L. 611-1, relèvent de cette dernière procédure.
4. En deuxième lieu, et au surplus, il ressort des motifs de l'arrêté attaqué que le préfet de Seine-et-Marne a, d'abord à propos de la privation de tout délai de départ volontaire, puis de l'interdiction de retour, relevé que le requérant ne justifiait " d'aucune circonstance particulière " ou " d'aucune circonstance humanitaire particulière ", alors qu'il ressort du procès-verbal d'audition de l'intéressé par les services de police le 25 octobre 2022 que ce dernier avait indiqué avoir un enfant " qui a des besoins spéciaux ", et qu'en particulier, ce dernier était " autiste " et " inscrit à la MDPH " et à " l'école ". Il ressort en outre des motifs de l'arrêté que le préfet de Seine-et-Marne y a relevé que M. A C n'établissait pas contribuer à l'entretien et à l'éducation de son enfant - que le préfet mentionne ainsi allusivement sans faire état de son handicap -, alors qu'il ressort des éléments à la disposition du préfet que le requérant travaille depuis 2019 comme maçon avec un salaire de 2 500 euros par mois, qu'il est hébergé avec toute sa famille dans la maison d'une amie et que ses revenus constituent la ressource essentielle de son foyer. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen de l'ensemble de la situation de M. A C et que, ce défaut ayant porté sur des éléments essentiels de la situation personnelle et familiale de M. A C, il doit être regardé, dans les circonstances de l'espèce, comme étant de nature à entacher d'illégalité l'ensemble de l'arrêté attaqué.
5. Il résulte de ce qui précède que M. A C est fondé, pour l'un ou l'autre des motifs précédemment énoncés, à demander l'annulation de toutes les décisions attaquées.
6. Enfin, s'agissant plus particulièrement des décisions privant M. A C de délai de départ volontaire et lui interdisant de retourner en France pendant un an, l'usage isolé d'une fausse pièce d'identité, à seule fin d'accéder à un chantier particulier de deux jours, ne peut être regardé, dans les circonstances de l'espèce, comme une menace pour l'ordre public de nature à justifier l'une ou l'autre de ces deux décisions, alors qu'il ressort des pièces du dossier que le fils de M. A C, né en 2010, est autiste et reconnu invalide à un taux d'au moins 50 % par la maison départementale des personnes handicapées, et inscrit depuis le début de l'année scolaire 2019-2020 et au cours des années suivantes, dans un établissement scolaire en France, d'abord en cours moyen puis en classe de sixième.
7. Par ailleurs, le nouveau motif que fait valoir le préfet en défense, tiré de ce que le requérant ne justifierait pas de garanties de représentations effectives, alors qu'il justifie, par les pièces versées au dossier, d'un passeport valide, d'une attestation d'hébergement, d'un travail salarié, d'un enfant scolarisé et que le risque de soustraction à l'exécution d'une mesure d'éloignement ne saurait, dans de telles conditions, et eu égard à l'ensemble des circonstances de l'espèce, être tenu pour établi, est infondé.
8. Par ces motifs, spécifiques aux décisions de privation de délai de départ volontaire et d'interdiction de retour, le requérant est de surcroît fondé à demander l'annulation de ces deux dernières décisions.
9. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 25 octobre 2022 doit être annulé en toutes ses dispositions et qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, laquelle devra être versée, à défaut d'aide juridictionnelle, à M. A C et non à son conseil.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 25 octobre 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a obligé
M. A C à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant un an requête est annulé en toutes ses dispositions.
Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 200 euros à M. A C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C, au préfet de
Seine-et-Marne et à Me Amsellem.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2023.
Le magistrat désigné,
X. PottierLa greffière,
C. Mahieu
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026