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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2210599

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2210599

mercredi 25 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2210599
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET SEBAN & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 novembre 2022, M. A et Mme B G, représentés par Me Dutat, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 8 juin 2022 par lequel le maire de Fontenay-sous-Bois a délivré à M. E un permis de construire valant permis de démolir à fin d'édification d'une maison d'habitation sise 67 rue Edouard Maury, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cet arrêté ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Fontenay-sous-Bois une somme de

5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils présentent un intérêt leur donnant qualité à agir dès lors qu'ils sont voisins immédiats du projet, que la construction litigieuse aura une hauteur de 9 mètres et sera implantée contre leur pignon, de sorte que les conditions de jouissance de leur bien vont être affectées ;

- la condition d'urgence est satisfaite eu égard aux dispositions de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ;

- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée aux motifs que :

- leur accord aurait dû être sollicité dès lors que la construction litigieuse sera implantée contre leur pignon privatif ;

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet dès lors que le plan de masse n'est pas coté, que les retraits n'apparaissent pas conformes, que les dimensions en hauteur sont manquantes, que les cotations altimétriques ne correspondent pas à celles des façades, qu'il n'est pas possible de calculer la surface végétalisée, que la végétation existante est présentée de manière incomplète ;

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet dès lors que, alors que la commune est classée à fort risque de retrait/gonflement des sols argileux, le projet ne mentionne pas les mesures spécifiques envisagées en ce qui concerne les fondations ;

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet dès lors que, alors que le projet mentionne un puits d'infiltration des eaux de pluie situé au ras de l'immeuble des requérants, ce dispositif reste " imprécis " et ne garantit pas que les eaux de pluie ne s'infiltreront pas sur leur parcelle ;

- il existe des inexactitudes dans le dossier de permis de construire concernant la superficie du terrain d'assiette du projet, la superficie de l'emprise au sol de la maison projetée, la superficie de l'emprise au sol du garage conservé, le plan de masse des existants du garage, la superficie des espaces végétalisés, la largeur de la façade sud, la largeur de la toiture et les numéros de parcelles de part et d'autre de la façade sud ;

- l'arrêté litigieux a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme compte tenu de la largeur du portail, de l'existence d'un stockage avant ramassage des conteneurs poubelles et de l'impossibilité pour les véhicules de faire demi-tour sur le terrain d'assiette du projet ;

- l'arrêté litigieux a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;

- l'arrêté litigieux a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article 12 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- l'arrêté litigieux a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article UC 7 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que la partie de la façade ouest en retrait ne respecte pas la règle de retrait prévue par cette disposition.

Par un mémoire en défense, enregistrés le 23 novembre 2022, la commune de

Fontenay-sous-Bois, représentée par Seban et associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête au fond est irrecevable dès lors que la formalité prévue par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme n'a pas été respectée ;

- il n'y a pas de moyen de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 1er août 2022 sous le numéro 2207551 par laquelle M. G demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme D pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Aubret, greffière d'audience, Mme D a lu son rapport et entendu :

- les requérants, représentés par Me Coche, substituant Me Dudat, concluent aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens et précisent que :

- s'agissant de la recevabilité, des éléments sur le respect de la formalité prévue par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme seront produits ultérieurement et les requérants présentent un intérêt leur donnant qualité à agir,

- s'agissant du fond, en ce qui concerne la complétude du dossier de demande de permis de construire, ils s'en rapportent aux écritures, le moyen tiré de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision compte tenu de la dangerosité de la sortie sur la rue, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme est fondé compte tenu de l'allure des constructions alentours, il n'y a pas assez de places de stationnement et la façade devrait être implantée avec un retrait plus important avec les limites séparatives ;

- la commune de Fontenay-sous-Bois, représentée par Me Roulette, conclue aux mêmes fins que son mémoire en défense, par les mêmes moyens et précise que :

- la requête au fond est irrecevable dès lors que la formalité prévue par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme n'a pas été respectée ;

- la requête est mal fondée car il n'y a pas de doute sérieux quant à la légalité du permis de construire : le permis de construire est complet et ne souffre pas d'imprécisions de nature à fausser à l'appréciation du service instructeur, il n'y a pas de méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors qu'il faut distinguer l'accès au terrain et à la construction, que cet accès est existant et n'a pas été modifié par l'autorisation litigieuse, que les véhicules de secours et d'incendie peuvent accéder au terrain et l'article 3 du règlement du plan local d'urbanisme est respecté, les places de stationnement sont accessibles, les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme sont respectées dès lors que le projet n'est pas visible depuis l'espace public et il n'y a pas de qualité architecturale particulière pour le site, les constructions alentours étant hétérogène, les 2 places de stationnement sont d'une dimension suffisante et pas de méconnaissance des règles relatives au retrait par rapport aux limites séparatives ;

- M. E soutient que :

- les requérants ne présentent pas un intérêt leur donnant qualité pour agir dès qu'ils ont fait un projet qui limite l'impact sur la construction sur les requérants et qu'il n'y a pas de perte d'ensoleillement compte tenu de la végétation existante qui sera supprimée ;

- il n'y a pas de doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué aux motifs que l'accès prévu est suffisant car il existe déjà aujourd'hui et les voitures rentrent en marche arrière, que les règles relatives aux places de stationnement sont respectées, que le projet s'insère dans son environnement urbain et paysager et que les règles relatives aux distance par rapport aux limites séparatives sont respectées.

La clôture de l'instruction a été différée au 1er décembre 2022 à 12 h 00.

Par un mémoire enregistré le 29 novembre 2022, M. et Mme G, représentés par Me Dutat, concluent aux mêmes fins que leurs précédentes écritures, par les mêmes moyens.

Par un mémoire enregistré le 30 novembre 2022, la commune de Fontenay-sous-Bois, représentée par Me Seban et associés, concluent aux mêmes fins que ses précédentes écritures, par les mêmes moyens.

Une note en délibéré présentée par M. C E a été enregistrée le 9 décembre 2022. Elle n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. M. E est propriétaire d'une parcelle sise 67, rue Edouard Maury à

Fontenay-sous-Bois. Le 22 décembre 2021, il a sollicité la délivrance d'un permis de construire à fin d'édification d'une maison d'habitation. Par un arrêté du 8 juin 2022 du maire de

Fontenay-sous-Bois, ce permis de construire lui a été délivré. Les requérants demandent la suspension de l'exécution de cet arrêté.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

3. Les requérants soutiennent que leur accord aurait dû être sollicité dès lors que la construction litigieuse sera implantée contre leur pignon privatif, que le dossier de demande de permis de construire est incomplet dès lors que le plan de masse n'est pas coté, que les retraits n'apparaissent pas conformes, que les dimensions en hauteur sont manquantes, que les cotations altimétriques ne correspondent pas à celles des façades, qu'il n'est pas possible de calculer la surface végétalisée, que la végétation existante est présentée de manière incomplète, que le dossier de demande de permis de construire est incomplet dès lors que, alors que la commune est classée à fort risque de retrait/gonflement des sols argileux, le projet ne mentionne pas les mesures spécifiques envisagées en ce qui concerne les fondations, que le dossier de demande de permis de construire est incomplet dès lors que, alors que le projet mentionne un puits d'infiltration des eaux de pluie situé au ras de l'immeuble des requérants, ce dispositif reste " imprécis " et ne garantit pas que les eaux de pluie ne s'infiltreront pas sur leur parcelle, qu'il existe des inexactitudes dans le dossier de permis de construire concernant la superficie du terrain d'assiette du projet, la superficie de l'emprise au sol de la maison projetée, la superficie de l'emprise au sol du garage conservé, le plan de masse des existants du garage, la superficie des espaces végétalisés, la largeur de la façade sud, la largeur de la toiture et les numéros de parcelles de part et d'autre de la façade sud, que l'arrêté litigieux a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme compte tenu de la largeur du portail, de l'existence d'un stockage avant ramassage des conteneurs poubelles et de l'impossibilité pour les véhicules de faire demi-tour sur le terrain d'assiette du projet, que l'arrêté litigieux a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, qu'il a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article 12 du règlement du plan local d'urbanisme et que l'arrêté litigieux a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article UC 7 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que la partie de la façade ouest en retrait ne respecte pas la règle de retrait prévue par cette disposition. En l'état de l'instruction, aucun des moyens n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Fontenay-sous-Bois, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. et Mme G demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. et Mme G une somme de 1 000 euros à verser à la commune de Fontenay-sous-Bois.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. et Mme G est rejetée.

Article 2 : M. et Mme G verseront à la commune de Fontenay-sous-Bois la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A et Mme B G, à la commune de Fontenay-sous-Bois et à M. C E.

Fait à Melun, le 25 janvier 2023.

La juge des référés,

Signé : Nathalie D

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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