vendredi 3 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2210758 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | VUAGNOUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 7 novembre 2022, le 29 juin 2023 et le 28 juillet 2023, Mme D A, M. B et Mme C E, représentés par Me Carré, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 septembre 2022 par lequel le maire de Noisy-sur-Ecole a accordé à la société civile immobilière Belles Meulières 2 un permis de construire un immeuble d'habitat collectif de 16 logements sur un terrain situé 3 rue d'Auvers à Noisy-sur-Ecole ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Noisy-sur-Ecole et de la SCI Belles Meulières 2 une somme de 3 000 euros à verser à Mme A et une somme de 3 000 euros à verser à M. et Mme E en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur recours est recevable dès lors qu'ils disposent d'un intérêt à agir ;
- leur recours est recevable dès lors qu'ils ont respecté les prescriptions des articles R. 600-1, R. 600-2 et R. 600-4 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté du 8 septembre 2022 a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière au regard de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme dès lors que le service gestionnaire de la voirie aurait dû être consulté ;
- le dossier de permis de construire est incomplet au regard de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme en l'absence de notice architecturale ;
- le dossier de permis de construire est incomplet au regard de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme en l'absence de mention de nombreuses plantations existantes ;
- le dossier de permis de construire est incomplet dès lors que le document d'insertion ne répond pas aux exigences de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté méconnait l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme dès lors que la surface renseignée dans le CERFA de demande est de 1 089 m² alors que la surface de plancher autorisée par le permis de construire est de 1 345 m² ce qui créerait une confusion ;
- l'arrêté méconnait l'article UA 2.4 du règlement du plan local d'urbanisme aux motifs que, d'une part, il autorise trop de logements et que, d'autre part, il porte atteinte aux chaos rocheux situés sur le terrain à construire ;
- l'arrêté méconnait l'article UA 3 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le terrain n'est pas desservi par une voie publique répondant à l'importance et à la destination de la construction envisagée ;
- l'arrêté méconnait l'article UA 4 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'il valide le déversement des eaux pluviales hors de la parcelle, qu'il n'est pas possible de s'assurer que les ouvrages de rétention sont situés à une distance de 5 mètres par rapport aux limites séparatives, à la construction, ainsi qu'aux plantations d'arbres et d'arbustes et que le bassin existant ne serait pas suffisant pour recevoir l'ensemble des eaux pluviales et les infiltrer sur la parcelle ;
- l'arrêté méconnait l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le projet prévoit l'installation de portes-fenêtres en remplacement des fenêtres existantes qui seront implantées à moins de 5 mètres de la limite séparative en vis-à-vis au rez-de-chaussée du projet ;
- l'arrêté méconnait l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le nombre de places de stationnement en garage est insuffisant ;
- l'arrêté méconnait l'article UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le projet occasionne la suppression de nombreux arbres non identifiés au dossier de demande de permis de construire ;
- l'arrêté méconnait l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme dès lors que le terrain d'assiette du projet se situe dans le périmètre d'un site inscrit ; l'architecte des bâtiments de France n'a pas rendu son avis sur l'implantation de l'aire de stationnement en lieu et place d'espaces verts de pleine terre situés à proximité du bois ce qui porte atteinte au site protégé.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 27 mars 2023 et le 19 juillet 2023, la commune de Noisy-sur-Ecole, représentée par Me Vuagnoux, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 6 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté n'a pas été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que le gestionnaire de la voirie est la commune ;
- le dossier ne souffre d'aucune incomplétude ;
- l'article UA 2.4 du règlement du plan local d'urbanisme qui fixe un nombre de logements par unité foncière est illégal et devait être écarté par le maire de la commune ; les chaos rocheux sont préservés ;
- le projet est conforme aux dispositions de l'article UA 3 du règlement du plan local d'urbanisme, la rue d'Auvers répondant à l'importance et à la destination de la construction envisagée ;
- le projet ne méconnait pas les dispositions de l'article UA 4 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'il prévoit bien l'écoulement des eaux pluviales sur l'unité foncière ;
- les portes-fenêtres créées sur la façade sud-ouest respectent la distance de 5 mètres par rapport aux limites séparatives conformément aux dispositions de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme est inapplicable dès lors qu'il ne s'applique qu'aux habitations individuelles ;
- les surfaces du projet sont exprimées clairement dans les documents de la demande de permis de construire en conformité avec les dispositions de l'article R. 435-1 du code de l'urbanisme ;
- le projet ne méconnait pas l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme dès lors que l'architecte des bâtiments de France a rendu un avis favorable sur le projet, que le projet consiste en la réhabilitation d'un bâtiment et ne modifie pas sa structure et qu'il n'est pas porté atteinte à l'espace boisé.
Par trois mémoires en défense, enregistrés le 9 mars 2023, le 13 juillet 2023 et le 20 juillet 2023, la SCI Belles Meulières 2, représentée par Me Leparoux, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir ;
- le moyen tiré de ce que l'arrêté aurait été pris à l'issue d'une procédure irrégulière n'est pas suffisamment développé et repose sur des faits hypothétiques ;
- le dossier ne souffre d'aucune incomplétude ;
- l'article UA 2.4 du règlement du plan local d'urbanisme qui fixe un nombre de logements par unité foncière est illégal et devait être écarté par le maire de la commune ; les chaos rocheux sont préservés ;
- le projet est conforme aux dispositions de l'article UA 3 du règlement du plan local d'urbanisme, la rue d'Auvers répondant à l'importance et à la destination de la construction envisagée ;
- le projet ne méconnait pas les dispositions de l'article UA 4 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'il prévoit bien l'écoulement des eaux pluviales sur l'unité foncière ;
- les portes-fenêtres créées sur la façade sud-ouest respectent la distance de 5 mètres par rapport aux limites séparatives conformément aux dispositions de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme est inapplicable dès lors qu'il ne s'applique qu'aux habitations individuelles ;
- l'arrêté de permis de construire a seulement rappelé la surface utile du projet ;
- le projet ne méconnait pas l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme dès lors que l'architecte des bâtiments de France a rendu un avis favorable sur le projet, que le projet consiste en la réhabilitation d'un bâtiment et ne modifie pas sa structure et qu'il n'est pas porté atteinte à l'espace boisé.
Par une lettre du 1er juin 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 30 juin 2023 sans information préalable.
Une ordonnance de clôture immédiate de l'instruction a été prise le 9 novembre 2023.
Les parties ont été informées, le 21 novembre 2023, qu'en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, le tribunal était susceptible de surseoir à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 8 septembre 2022 pour le motif tenant à la méconnaissance des dispositions de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Noisy-sur-Ecole en ce que les portes-fenêtres implantées sur la façade sud-ouest du projet ne seraient pas implantées à au moins 5 mètres de la limite séparative de propriété.
Des observations ont été enregistrées et communiquées pour les requérants le 30 novembre 2023.
Des observations ont été enregistrées et communiquées pour la SCI Belles Meulières 2 le 1er décembre 2023.
Par deux mémoires enregistrés le 15 janvier 2024 et le 19 janvier 2024, la commune de Noisy-sur-Ecole conclut au non-lieu à statuer sur la requête dès lors que la SCI Belles Meulières 2 a abandonné le projet et qu'un arrêté du 19 janvier 2024 a retiré le permis de construire délivré le 8 septembre 2022.
Par un mémoire enregistré le 18 janvier 2024, les requérants ont maintenu leurs conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 8 septembre 2022 ainsi qu'à la mise à la charge de la commune de Noisy-sur-Ecole et de la SCI Belles Meulières 2 de la somme de 3 000 à verser à Mme A et 3 000 euros à verser à M. et Mme E, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Senichault de Izaguirre, conseillère,
- les conclusions de Mme Morisset, rapporteur publique,
- et les observations de Me André, substituant Me Carré, représentant de Mme A et de M. et Mme E.
Une note en délibéré présentée pour Mme A et M. et Mme E a été enregistrée le 12 avril 2024 et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 24 janvier 2022, la commune de Noisy-sur-Ecole a accordé à la SCI Belles Meulières 2 un permis de construire pour la création de 16 logements avec places de stationnement dans un bâtiment existant à usage d'artisanat au 3 rue d'Auvers sur les parcelles cadastrées section AB n°441, 442 et 445. A la demande de la SCI Belles Meulières 2, ce permis a été retiré par la commune le 14 mai 2022. Par un arrêté du 8 septembre 2022, la commune a accordé un nouveau permis de construire modifiant le projet et tendant à la réhabilitation d'un bâtiment d'activité existant en un bâtiment de 16 logements collectifs en R+1+C comportant 12 places de stationnement en sous-sol et 24 places extérieures dont 6 couvertes. Par la présente instance, Mme A et M. et Mme E demandent l'annulation de cet arrêté.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 8 septembre 2022 :
2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du recours dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution.
3. Par un arrêté du 19 janvier 2024, postérieur à l'introduction de la requête, le maire de Noisy-sur-Ecole a retiré l'arrêté du 8 septembre 2022, à la demande de la société pétitionnaire. Ce retrait est devenu définitif le 19 mars 2024. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 8 septembre 2022 sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les frais liés au litige :
4. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge des requérants la somme que demande la commune de Noisy-sur-Ecole ainsi que la SCI Belles Meulières 2 au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidaire de la commune de Noisy-sur-Ecole et de la SCI Belles Meulières 2 une somme totale de 1 500 euros à verser à Mme A et à M. et Mme E au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête des requérants tendant à l'annulation de l'arrêté du 8 septembre 2022.
Article 2 : La commune de Noisy-sur-Ecole et la SCI Belles Meulières 2 verseront solidairement à Mme A et à M. et Mme E une somme totale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Noisy-sur-Ecole présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Les conclusions de la SCI Belles Meulières 2 présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, désigné représentant unique pour l'ensemble des requérants, à la commune de Noisy-sur-Ecole et à la SCI Belles Meulières 2.
Délibéré après l'audience du 12 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Senichault de Izaguirre, conseillère,
Mme Dutour, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mai 2024.
La rapporteure,
J. SENICHAULT DE IZAGUIRRELa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
V. GUILLEMARD
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026