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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2210825

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2210825

mardi 7 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2210825
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème chambre
Avocat requérantMOREAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 novembre 2022, Mme C A veuve B, représentée par Me Moreau, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer une carte de résident longue durée ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer la carte de résident de longue durée UE dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous une astreinte de 15 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme B veuve A soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention franco-camerounaise, signée à Yaoundé le 24 janvier 1994 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Avirvarei, conseillère.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A veuve B, née le 22 juin 1951, est entrée en France le 14 mai 2014 munie d'un visa délivré par les autorités consulaires françaises à Yaoundé. Le 26 janvier 2022, elle a sollicité la délivrance d'une carte de résident portant la mention " longue durée-UE " sur le fondement de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par la préfète du Val-de-Marne sur sa demande.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui justifie d'une résidence régulière ininterrompue d'au moins cinq ans en France au titre d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident, de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins et d'une assurance maladie se voit délivrer, sous réserve des exceptions prévues à l'article L. 426-18, une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " d'une durée de dix ans. / () Les ressources mentionnées au premier alinéa doivent atteindre un montant au moins égal au salaire minimum de croissance. / () " .

3. Il ressort des pièces du dossier que Mme A veuve B est entrée en France le 14 mai 2014 munie d'un visa délivré par les autorités consulaires françaises au Cameroun et qu'elle s'est vu remettre des cartes de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " entre 2015 et 2017, et depuis 2016, des cartes de séjour pluriannuelles. Il ressort également des pièces du dossier qu'elle a disposé, au cours des années 2017 à 2021, soit les

cinq années précédant l'année d'introduction de sa demande de carte de résident, de revenus constitués d'une pension retraite d'environ 2 500 euros chaque mois, soit des revenus supérieurs au salaire minimum de croissance, et qu'elle justifie d'une assurance maladie depuis au moins le 16 février 2016, date à laquelle sa carte vitale a été émise. En conséquence, à la date de sa demande de délivrance d'une carte de résident, en mars 2022, elle justifiait d'une résidence régulière et non interrompue en France depuis plus de cinq années, de ressources stables, régulières et suffisantes et d'une assurance maladie.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme A veuve B est fondée à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer une carte de résident portant la mention " longue durée-UE ".

En ce qui concerne les conclusions à fin d'injonction :

5. Compte tenu du motif d'annulation retenu, il y a lieu d'enjoindre à la préfète du

Val-de-Marne, ou à tout préfet territorialement compétent, de délivrer à Mme A veuve B une carte de résident portant la mention " longue durée-UE " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

En ce qui concerne les frais liés au litige :

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à Mme A veuve B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision implicite par laquelle la préfète du Val-de-Marne a rejeté la demande de carte de résident portant la mention " longue durée-UE "de Mme A veuve B est annulée.

Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne, ou à tout préfet territorialement compétent, de délivrer à Mme A veuve B une carte de résident portant la mention " longue durée-UE " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 000 euros à Mme A veuve B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A veuve B et à la préfète du Val-de-Marne.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 30 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Xavier Pottier, président,

Mme Andreea Avirvarei, conseillère,

Mme Lina Bousnane, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.

La rapporteure,

A. Avirvarei

Le président,

X. PottierLa greffière,

C. Mahieu

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

No 2210825

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