mercredi 12 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2210957 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | YESILBAS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance datée du 10 novembre 2022, le président du tribunal administratif de Besançon a transmis au greffe du tribunal administratif de Melun le dossier de la requête, enregistrée le 8 novembre 2022, par laquelle M. B A, demeurant 11 rue Saint-Exupéry à Nangis (77370), représenté par Me Yesilbas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 14 octobre 2022 par lequel le préfet du Doubs :
- l'a obligé à quitter le territoire français ;
- a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet du Doubs de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'expiration de ce délai ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer le temps de ce réexamen une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les dépens de la présente instance et ses suites.
M. A soutient que :
- les décisions contestées sont entachées d'insuffisance de motivation en droit et en fait en violation des articles 1er et 3 de la loi du 11 juillet 1979 ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen attentif et sérieux de sa situation ;
- elle méconnaît le principe du contradictoire en violation de l'article L. 121-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des arrêts de la Cour de justice de l'Union européenne ;
- elles sont constitutives d'une erreur de droit dans la mesure où une mesure d'éloignement ne serait être opposée à un étranger sans qu'il ait été entendu sur sa situation personnelle, professionnelle, familiale et sur les risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine ;
- elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- elles portent une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense et des pièces, enregistrés le 21 novembre 2022, le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête en faisant valoir à titre principal que la requête est irrecevable car tardive, l'arrêté ayant été notifié le 8 novembre 2022 à 16 heures 40 à l'intéressé qui avait donc 48 heures pour le contester, et à titre subsidiaire, que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- l'arrêté litigieux du préfet du Doubs en date du 14 octobre 2022 ;
- les pièces, enregistrées le 12 juin 2023, présentées pour M. A ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 portant application de cette loi ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Freydefont pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-10 et suivants du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique tenue le 12 juin 2023 en présence de Mme Riellant, greffière d'audience :
- M. Freydefont, magistrat désigné, qui a présenté son rapport ;
- les observations de Me Yesilbas, représentant M. A, requérant présent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en soutenant, de plus, qu'il n'a pris connaissance de l'arrêté litigieux que tardivement et qu'il ne peut donc lui être opposé une quelconque tardiveté de sa requête ; l'arrêté est entaché d'un défaut d'examen de sa situation puisqu'il est d'origine kurde engagé dans le militantisme pro-kurde ; il a fui la Turquie pour construire un autre projet de vie en France ; sa cellule familiale et amicale s'est construite en France et il n'a gardé que très peu de contacts en Turquie ; sa grande sœur et son grand frère résident en France en situation régulière ; enfin, il a des perspectives d'intégration professionnelle en France dans le secteur de la menuiserie.
Le préfet du Doubs, défendeur, n'est ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 11 heures 20.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () " ; aux termes de l'article L. 614-1 du même code : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. " ; aux termes de l'article L. 614-6 dudit code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. "
2. Par un arrêté en date du 14 octobre 2022 notifié le même jour à 16 heures 40, le préfet du Doubs a, sur le fondement des 1° et 4° de l'article L. 611-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, obligé M. B ou B A, ressortissant turc né le 6 janvier 1996 à Eleskirt, à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par la requête susvisée, enregistrée le 8 novembre 2022, M. A demande l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français contenue dans cet arrêté préfectoral.
Sur la fin de non-recevoir soulevée par le préfet du Doubs en défense :
3. Aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. " ; aux termes du I de l'article R. 776-2 du même code : " () / Conformément aux dispositions du I bis de l'article L. 512-1 du même code, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application des 1°, 2°, 4° ou 6° du I de l'article L. 511-1 du même code, fait courir un délai de quinze jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour notifiées simultanément. Cette notification fait courir ce même délai pour demander la suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement dans les conditions prévues à l'article L. 743-3 du même code. " ; aux termes du II de l'article R. 776-5 de ce code : " Les délais de quarante-huit heures mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-4 et les délais de quinze jours mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-3 ne sont susceptibles d'aucune prorogation. "
4. Ainsi qu'il a été dit au point 2, l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai a été notifié à M. A le 14 octobre 2022 à 16 heures 40, ainsi qu'il ressort tant de la page 7/8 de l'arrêté que du procès-verbal du 14 octobre 2022 à 16 heures 30 produit en défense de fin de retenue de M. A assisté de Mme C D, interprète en langue turque ; de plus, ledit arrêté comportait en page 6/8 mention des voies et délais de recours ; par suite, en application de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le requérant disposait d'un délai de 48 heures à compter de cette notification pour introduire sa requête, soit jusqu'au 16 octobre 2022 à 16 heures 40, ce délai de 48 heures n'étant pas un délai franc et n'étant donc susceptible d'aucune prorogation. Or, la requête n'a été enregistrée que le 8 novembre 2022, soit plus de trois semaines après l'expiration du délai de recours, sans que l'intéressé ne s'explique, ni en cours d'instruction, ni à l'audience publique du 12 juin 2023 sur les raisons de ce retard. Il s'ensuit qu'elle est tardive et qu'elle doit donc être rejetée comme irrecevable, comme le fait justement valoir le préfet du Doubs en défense.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur les différents moyens soulevés, les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté préfectoral du 14 octobre 2022 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées les conclusions à fin d'injonction sous astreinte ainsi que celles relatives aux dépens, le requérant ne justifiant pas en tout état de cause que la présente instance aurait donné lieu à des mesures d'instruction mentionnées à l'article R. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Doubs.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
Signé : C. FreydefontLa greffière,
Signé : N. Riellant
La République mande et ordonne au préfet du Doubs, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2210957
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026