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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2210963

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2210963

jeudi 4 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2210963
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation9ème chambre
Avocat requérantMULAND DE LIK

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 14 et 29 novembre 2022,

Mme B C, représentée par Me Muland De Lik, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 octobre 2022 en tant que le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite d'office ;

2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer une carte de séjour temporaire, sur le fondement de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jours de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable.

S'agissant des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :

- elles sont insuffisamment motivées ;

- le préfet de Seine-et-Marne n'a pas procédé à un examen approfondi de sa situation personnelle.

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle méconnaît les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle est fondée à se prévaloir des dispositions des articles L. 425-9 et l'article L. 611-3 de ce code, lesquelles font obstacle à ce qu'une décision portant obligation de quitter le territoire français soit prise à son encontre ; elle ne peut bénéficier de soins appropriés dans son pays d'origine ; le préfet de Seine-et-Marne ne produit aucun élément sur sa capacité à prendre en charge les soins qui lui sont nécessaires en cas de retour dans son pays d'origine ; elle ne peut attendre aucun secours de la part de sa famille ;

- elle est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle au regard de son état de santé ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 décembre 2022, le préfet de

Seine-et-Marne, qui transmet les pièces utiles du dossier, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ressortissante congolaise née le 30 octobre 1970 à Kinshasa (République démocratique du Congo), entrée sur le territoire français, sans visa, en 2020 selon ses déclarations, a sollicité le 10 février 2022 un titre de séjour en qualité d'étranger malade sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 14 octobre 2022, le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite d'office. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal d'annuler cet arrêté en tant que le préfet de

Seine-et-Marne l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite d'office.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " I. - L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () ; / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / (). ". Aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. () ". Il résulte de ces dispositions que lorsque l'obligation de quitter le territoire français, qui ressortit des catégories de décisions devant être motivées en droit et en fait, vise un étranger faisant l'objet d'un refus de titre de séjour, la motivation de cette mesure se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, par conséquent, dès lors que ce refus est lui-même motivé, de motivation spécifique.

3. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". La décision par laquelle le préfet fixe le pays à destination duquel sera reconduit l'étranger qui n'a pas satisfait à l'obligation de quitter le territoire français, laquelle constitue une décision distincte de la mesure d'éloignement, constitue une mesure de police qui doit, en principe, être motivée.

4. D'une part, la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont celles du 3° de l'article L. 611-1, qui en constituent son fondement, n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de la décision par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a refusé de délivrer à Mme C un titre de séjour dès lors que cette décision de refus de séjour est suffisamment motivée, ce qui n'est d'ailleurs pas contesté, en ce qu'elle précise les considérations de droit sur lesquelles elle est fondée ainsi que les éléments principaux de la situation personnelle de la requérante et relate le contenu de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 25 août 2022. Il suit de là que la décision portant obligation de quitter le territoire français comporte une motivation en droit et en fait suffisamment précise, qui ne se confond pas avec le bien-fondé de ses motifs.

5. D'autre part, la décision qui fixe le pays à destination duquel Mme C est susceptible d'être reconduite d'office vise les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, précise la nationalité congolaise de la requérante et relève qu'elle n'allègue pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Il suit de là que cette décision comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.

6. Il résulte de ce qui a été dit aux points 4. et 5. du présent jugement que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions attaquées ne peut qu'être écarté.

7. En second lieu, il ne ressort ni des termes des décisions contestées ni des pièces du dossier que le préfet de Seine-et-Marne n'aurait pas procédé à un examen approfondi de la situation de la requérante.

En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant obligation de quitter le territoire français :

8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. / () ". Aux termes de l'article L. 611-3 du même code : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () ; / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. / (). ".

9. Il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage de refuser la délivrance d'un titre de séjour à un étranger qui en fait la demande au titre des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de vérifier, au vu de l'avis émis par le médecin mentionné à l'article R. 425-11 du même code, que cette décision ne peut avoir de conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de l'intéressé et, en particulier, d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la nature et la gravité des risques qu'entraînerait un défaut de prise en charge médicale dans le pays dont l'étranger est originaire. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans son pays d'origine. Si de telles possibilités existent mais que l'étranger fait valoir qu'il ne peut en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à la généralité de la population, eu égard notamment aux coûts du traitement ou à l'absence de modes de prise en charge adaptés, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier si l'intéressé peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine.

10. Pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par Mme C, le préfet de Seine-et-Marne s'est notamment fondé sur l'avis du collège des médecins de l'OFII du 25 août 2022 selon lequel, si l'état de santé de la requérante nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité pour l'intéressée, celle-ci peut cependant bénéficier dans son pays d'origine d'un traitement approprié et son état de santé lui permet de voyager sans risque vers ce pays.

11. Mme C soutient que le préfet de Seine-et-Marne a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. A cet égard, elle allègue qu'elle ne pourrait avoir d'accès effectif aux soins nécessaires à son état de santé dans son pays d'origine. Toutefois, la requérante, qui ne produit au demeurant aucune pièce médicale de nature à démontrer les soins qui lui sont nécessaires compte tenu des problèmes d'obésité, de lombalgie et de gonalgie qu'elle présente, et qui a déjà bénéficié en France de l'opération chirurgicale qui lui était nécessaire, se borne à produire au soutien de son argumentation un article extrait d'internet daté du 29 mai 2017 retraçant l'histoire d'une jeune mutilée de guerre ayant bénéficié de la pose d'une prothèse de jambe en République démocratique du Congo. Par ailleurs, ses allégations générales et non circonstanciées selon lesquelles le système médical congolais serait classé parmi les derniers au monde par l'Organisation mondiale de la santé, que la population congolaise ne bénéficie pas de couverture médicale et que sa situation personnelle d'indigence ne lui permettrait pas d'assumer les frais liés aux soins ne sont assorties d'aucun élément propre à les étayer. Dans ces conditions, la requérante, qui ne contredit pas utilement l'avis du collège des médecins de l'OFII sur lequel s'est fondé le préfet de Seine-et-Marne, n'est pas fondée à soutenir que ce dernier a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'obligeant à quitter le territoire français. Pour les mêmes motifs, Mme C, qui ne peut utilement invoquer les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais repris à l'article L. 425-9, ne remplit pas les conditions pour se voir délivrer de plein droit un titre de séjour sur le fondement des dispositions de cet article L. 425-9 et n'est pas fondée à prétendre qu'elle ne pouvait légalement faire l'objet d'une mesure d'éloignement.

12. En deuxième lieu, compte tenu des considérations qui viennent d'être énoncées au point ci-dessus, Mme C n'est pas fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle au regard de son état de santé.

13. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

14. Mme C soutient que le préfet de Seine-et-Marne, qui n'a pas cherché à connaître ses liens personnels et amicaux en France, a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en prenant la décision attaquée. Toutefois, Il appartient à l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France d'apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine. Si la requérante soutient qu'elle serait isolée dans son pays d'origine n'ayant " ni enfant, ni époux, ni famille ", elle n'apporte aucun élément à l'appui de son argumentation. Or, ainsi que l'indique le préfet de Seine-et-Marne, dans la décision attaquée, Mme C ne justifie pas être dépourvue de liens personnels et familiaux dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à quarante-neuf ans et s'y est nécessairement forgé des attaches personnelles et sociales. Dans ces circonstances, compte tenu de la durée de son séjour en France, la requérante ayant déclaré être entrée en France au cours de l'année 2020, et des conditions de son séjour, elle n'est pas fondée à soutenir que le préfet de Seine-et-Marne aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision contestée a été prise. Il ne peut donc être reproché au préfet de Seine-et-Marne d'avoir méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne le moyen propre à la décision fixant le pays de destination :

15. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes du cinquième alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable à la date de la décision attaquée et reprenant le cinquième alinéa de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

du 4 novembre 1950 ".

16. Mme C soutient que l'absence de traitement disponible dans le pays de destination fixé par l'autorité préfectorale, qui l'expose ainsi à des conséquences d'une exceptionnelle gravité, constitue un traitement inhumain et dégradant au sens des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle se prévaut à cet égard de ce qu'elle risquerait d'être handicapée à vie en retournant au Congo. Toutefois, pour les mêmes motifs que ceux développés au point 11. du présent jugement, la requérante, qui n'établit pas qu'elle n'aurait pas effectivement accès aux traitements nécessaires à son état de santé dans son pays d'origine, n'est pas fondée à soutenir que le préfet de Seine-et-Marne aurait méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les dispositions précitées de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

17. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 14 octobre 2022 en tant que le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite d'office. Il y a donc lieu de rejeter ses conclusions aux fins d'annulation et, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au préfet de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Bonneau-Mathelot, présidente,

Mme Réchard, première conseillère,

Mme Luneau, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mai 2023.

La rapporteure,

J. RECHARD

La présidente,

S. BONNEAU-MATHELOT La greffière,

S. SCHILDER

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2210963

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