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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2211241

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2211241

mardi 8 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2211241
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation7ème chambre
Avocat requérantMAUJEUL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 novembre 2022, Mme A E et M. D C représentés par Me Maujeul, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 avril 2022 par lequel le maire de la commune d'Arcueil a accordé un permis de construire à la société Arcueil Immobilier pour la démolition de constructions existantes et la construction d'un immeuble de sept logements sur un terrain sis 93­95 rue Marius Sidobre à Arcueil, ensemble la décision par laquelle la commune a rejeté leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Arcueil la somme de 2 000 euros pour l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;

- il est irrégulier dès lors que le dossier de permis de construire était incomplet ;

- il est irrégulier dès lors qu'il a été obtenu par fraude ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- il méconnait les dispositions du paragraphe 1 a) du chapitre 2 du plan local d'urbanisme de la commune d'Arcueil ;

- il méconnait les dispositions du paragraphe 1 c) du chapitre 2 du plan local d'urbanisme de la commune d'Arcueil ;

- il est entaché d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et du paragraphe 2 du chapitre 2 du plan local d'urbanisme de la commune d'Arcueil.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 octobre 2023, la société Arcueil Immobilier représentée par la SELARL Attique Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que la requête est irrecevable et que les moyens de la requête sont infondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2024, la commune d'Arcueil représentée par Me Aaron, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une ordonnance du 13 juin 2024 la clôture de l'instruction a été fixée au 1er juillet 2024.

Les requérants ont produit un mémoire le 12 septembre 2024, qui n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Combier ;

- les conclusions de M. Grand, rapporteur public ;

- les observations de Me Pensalfini pour la commune d'Arcueil ;

- et les observations de Me Barbat du Closel pour la société Arcueil immobilier.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 26 avril 2022, le maire de la commune d'Arcueil a délivré à la société Arcueil Immobilier un permis de construire à fin de démolition des constructions existantes et de construction d'un ensemble immobilier de sept logements, sur un terrain sis 91­93 rue Marius Sidobre. Mme A E et M. D C demandent l'annulation de cet arrêté, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.

Sur les conclusions en annulation :

En ce qui concerne l'insuffisance de motivation :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. () ". Les requérants ne sauraient utilement soutenir que le permis accordé est insuffisamment motivé, les dispositions précitées prescrivant seulement la motivation des refus d'autorisation.

3. D'autre part, aux termes de l'article R. 424-5 du code de l'urbanisme : " Si la décision comporte rejet de la demande, si elle est assortie de prescriptions ou s'il s'agit d'un sursis à statuer, elle doit être motivée. () ".

4. Il ressort de l'article 2 de l'arrêté attaqué que le : " permis est assorti des prescriptions énoncées dans les avis ci-annexés ". Les prescriptions assortissant le permis attaqué étaient ainsi motivées par référence à ces avis, visés par l'arrêté de permis de construire dont il n'est pas contesté qu'ils étaient annexés à la décision. Les prescriptions étaient donc suffisamment motivées au regard des dispositions citées ci-dessus.

En ce qui concerne les insuffisances du dossier de demande de permis de construire :

5. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ". L'article R. 431-9 du même code dispose que :" Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. ". L'article R. 431-10 du même code précise enfin que" Le projet architectural comprend également : () / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. "

6. Il ressort des pièces du dossier, que, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la notice jointe au dossier de demande de permis de construire comprend un paragraphe abordant le parti pris retenu pour assurer l'intégration du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages. Celui-ci reprend l'ensemble des mentions prévues par les alinéas a) à f) du 2° de l'article R. 431-8 précité et décrit avec une précision suffisante les partis pris architecturaux du projet. Il ressort également des pièces du dossier et en particulier de la pièce du dossier de demande intitulée " PC 02-B plan de masse et VRD projet " que le dossier de demande comporte un plan de masse sur lequel sont mentionnés les raccordements aux réseaux publics. Par ailleurs, le dossier de demande comporte trois photographies de l'environnement proche du projet, dont l'une représente notamment la façade sur rue de la propriété des requérants, ainsi que trois photographies de l'environnement lointain du projet. De plus, le dossier comporte trois photographies de l'environnement lointain ainsi qu'un photomontage représentant la perspective du projet dans son environnement proche. Au surplus, les huit photographies produites représentant les bâtiments à démolir permettent incidemment d'appréhender l'environnement proche.

7. En second lieu, aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : () / n) Dans le cas prévu par l'article L. 556-1 du code de l'environnement, un document établi par un bureau d'études certifié dans le domaine des sites et sols pollués, ou équivalent, attestant que les mesures de gestion de la pollution au regard du nouvel usage du terrain projeté ont été prises en compte dans la conception du projet ; () " Aux termes de l'article L. 551-6 du code de l'environnement : " Sans préjudice des articles L. 512-6-1, L. 512-7-6 et L. 512-12-1, sur les terrains ayant accueilli une installation classée mise à l'arrêt définitif et régulièrement réhabilitée pour permettre l'usage défini dans les conditions prévues par ces mêmes articles, lorsqu'un usage différent est ultérieurement envisagé, le maître d'ouvrage à l'initiative du changement d'usage doit définir des mesures de gestion de la pollution des sols et les mettre en œuvre afin d'assurer la compatibilité entre l'état des sols et la protection de la sécurité, de la santé ou de la salubrité publiques, l'agriculture et l'environnement au regard du nouvel usage projeté. / Ces mesures de gestion de la pollution sont définies en tenant compte de l'efficacité des techniques de réhabilitation dans des conditions économiquement acceptables ainsi que du bilan des coûts, des inconvénients et avantages des mesures envisagées. Le maître d'ouvrage à l'initiative du changement d'usage fait attester de cette prise en compte par un bureau d'études certifié dans le domaine des sites et sols pollués, conformément à une norme définie par arrêté du ministre chargé de l'environnement, ou équivalent. Le cas échéant, cette attestation est jointe au dossier de demande de permis de construire ou d'aménager. () "

8. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de demande comporte une attestation du cabinet SEMOFI du 6 avril 2022, répondant aux prescriptions légales et réglementaires précitées, permettant de vérifier que le maître d'ouvrage a pris en compte les mesures de gestion de la pollution des sols nécessaires du projet de construction. Par ailleurs le dossier demande comporte une annexe intitulée " gestion des pollutions " qui décrit les mesures d'évaluation supplémentaires de la pollution qui seront menées après la démolition des constructions existantes, et les mesures spécifiques de gestion de la pollution qu'impliquent le processus de démolition et les constructions projetés.

9. Il résulte de tout ce qui précède que le moyen tiré des insuffisances du dossier de demande de permis de construire doit être écarté en toutes ses branches.

En ce qui concerne le moyen tiré de la fraude :

10. L'autorité administrative saisie d'une demande de permis de construire peut relever les inexactitudes entachant les éléments du dossier de demande relatifs au terrain d'assiette du projet, notamment sa surface ou l'emplacement de ses limites séparatives, elle n'a pas à vérifier l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les dispositions des articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation.

11. Si les requérants soutiennent qu'ils ont les plus grands doutes sur la régularité des limites des parcelles au niveau des murs mitoyens que le pétitionnaire n'a pas fait borner en se prévalant de l'attestation de géomètre du pétitionnaire qui reconnait que les limites de propriété sont incertaines, le procès-verbal de bornage ne figure pas parmi les pièces obligatoires prévues par l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que les plans de masse produits à l'occasion de l'instruction de la demande de permis de construire mentionnent que les mesures de la limite séparative mitoyenne entre le terrain d'assiette du projet et le terrain propriété des requérants ne sont pas garanties. En outre, ces mêmes plans mentionnent dans un cartouche que " la limite reportée devra faire l'objet d'un procès-verbal de reconnaissance de limites après démolition des bâtiments, les cotes et surfaces ne sont pas garanties. " Dans ces conditions aucune intention dolosive de la société pétitionnaire ne saurait être caractérisée. Au demeurant, l'autorisation de construire est délivrée sous réserve du droit des tiers.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :

12. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. " Il résulte de ces dispositions que lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.

13. D'une part, en se bornant à se prévaloir d'un arrêté du préfet du Val-de-Marne n° 2019/03153 du 8 octobre 2019 relatif à l'information des acquéreurs et des locataires de biens immobiliers sur les risques naturels et technologiques majeurs dans la commune d'Arcueil révélant que la commune d'Arcueil est couverte par un plan de prévention des risques de " mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols dans le département du Val-de-Marne ", les requérants ne démontrent pas l'existence d'un risque d'inondation ou de mouvement de terrains, alors que les défendeurs font valoir, sans être sérieusement contestés, que le terrain d'assiette du projet litigieux ne se situe pas dans l'une des zones de risques de mouvement de terrain identifiées.

14. D'autre part, si le projet emporte démolition d'un atelier de réparation de véhicules à moteur, qui répond à la rubrique 2390 de la nomenclature des installation classées pour la protection de l'environnement, en l'espèce un atelier de réparation de deux-roues, le dossier de demande comporte une annexe intitulée " gestion des pollutions " qui révèle que le pétitionnaire a tenu compte de l'existence de ce risque pour l'élaboration de son projet et les requérants n'apportent pas d'élément démontrant qu'en délivrant l'autorisation contestée l'autorité administrative aurait commis une erreur manifeste d'appréciation.

15. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté en toutes ses branches.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 1 a) du chapitre 2 du PLU relatif à la zone UD

16. Aux termes du paragraphe 1 a) du chapitre 2 de la partie relative à la zone UD du PLU dans sa version alors applicable : " Dans la zone UDb, l'emprise au sol maximale des constructions est fixée à 60 % de la surface de l'unité foncière ". Le lexique du PLU définit l'emprise au sol comme " la projection verticale du volume de la construction, tous débords et surplombs inclus, y compris les terrasses à plus de 0,60 m du sol "

17. Si les requérants soutiennent que le coefficient d'emprise au sol de la construction autorisée dépassera 60 %, ils ne le démontrent pas, ce qui ne ressort pas non plus des pièces du dossier.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 1 c) du chapitre 2 du PLU relatif à la zone UD

18. Aux termes du paragraphe 1 c) du chapitre 2 de la partie relative à la zone UD du PLU dans sa version alors applicable : " () Distance en cas de retrait : () En zone UDb : () / par rapport aux limites séparatives de fond de parcelle : / o La distance ne peut pas être inférieure à 2/3 de la hauteur de la construction mesurée à l'égout du toit ou à l'acrotère en cas de toiture terrasse avec un minimum de 6 m, lorsque la façade comporte une ou plusieurs baies. () " Le lexique du PLU définit les limites séparatives de fond de parcelle comme : " Les limites séparatives situées en fond de parcelles qui sont opposées aux voies et chemins publics ou privés et emprises publiques ". Ce même lexique définit l'égout du toit comme " la limite basse d'un pan de couverture vers laquelle ruisselle les eaux de pluie (gouttière) " et la hauteur de construction sauf mention contraire du règlement comme : " mesurée à partir du sol naturel existant avant les travaux d'exhaussement ou d'affouillement du sol nécessaires pour la réalisation du projet à la date d'application du présent règlement (27/06/17) jusqu'au faîtage dans le cas d'un toit en pente ou de l'acrotère dans le cas d'une toiture terrasse, les cheminées, antennes, ouvrages techniques et autres superstructures nécessaires au fonctionnement du bâtiment sont exclus du calcul de la hauteur. " Enfin, le lexique du PLU définit le retrait comme : " la partie non constructible qui se mesure du point de la façade nue, hors balcon notamment, au regard des limites séparatives, elle est mesurée en tout point de la façade, au nu de la façade ". Les requérants, qui se bornent à soutenir que la construction autorisée " n'est pas située sur toute la longueur de la construction à une distance de plus de 8 mètres en retrait de la limite séparative de fond de terrain ", ne démontrent pas que le projet méconnaitrait les dispositions précitées. S'il ressort par ailleurs des pièces du dossier, et notamment du plan de masse et du plan de la façade sur jardin joints à la demande de permis de construire, que le bâtiment projeté est composé, à l'arrière, de plusieurs façades au sens des dispositions précitées, il ressort de ces mêmes pièces, qui sont cotées et à l'échelle, que les façades s'implantent à une distance au moins égale aux 2/3 de leur hauteur en chaque point de la construction avec un éloignement de la limite de fond de parcelle d'au moins six mètres. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'erreur d'appréciation dans l'application des dispositions du paragraphe 2 du chapitre 2 du PLU relatif à la zone UD et de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme :

19. En premier lieu, l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme dispose que: " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Aux termes du paragraphe 2 du chapitre 2 de la partie relative à la zone UD du PLU : " Règles générales : / Les constructions, par leur situation, leur volume, leur aspect, le rythme ou la coloration des façades, doivent être conçues de manière à assurer une bonne insertion dans leur environnement naturel ou urbain, et cela quel que soit le type d'architecture (traditionnelle ou moderne) utilisé. / L'autorisation de bâtir pourra être refusée si les constructions par leur situation, leurs dimensions ou l'aspect extérieur sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, ou ne contribuent pas à une meilleure cohérence du paysage urbain environnant. / Les terrains non bâtis et les constructions de toute nature doivent être aménagés et entretenus de façon à ne porter atteinte ni à l'hygiène, ni à la bonne tenue de l'agglomération ou à l'harmonie des paysages. ()" Ces dernières dispositions ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée. En conséquence, le juge exerce un contrôle normal sur la conformité à ces dispositions de la décision attaquée. Par ailleurs, il résulte de ces dispositions que, si les constructions projetées portent atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains, ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales, l'autorité administrative compétente doit refuser de délivrer l'autorisation d'urbanisme sollicitée ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel ou urbain de nature à fonder une décision d'opposition à déclaration préalable ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de l'autorisation d'urbanisme, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel ou urbain sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.

20. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le projet se situe au sein de la zone UDb, que le plan local d'urbanisme décrit comme étant " à dominante d'habitat individuel pouvant accueillir ponctuellement de petits immeubles collectifs ", et que la construction projetée s'inscrit au sein d'un quartier de la commune où sont édifiés des pavillons individuels et de petits immeubles collectifs. Il ressort notamment des photographies de l'environnement proche et lointain du dossier de demande qu'à proximité immédiate du projet sont implantés des petits immeubles en R+2 et R+3. D'autre part, si le projet est d'architecture moderne, il consiste en une construction en R+3 à toit en pente dont les façades seront traitées en briquettes rouges. La notice jointe à la demande de permis, qui n'est pas contredite par les autres pièces du dossier mentionne que le bâtiment projeté se compose comme une succession de trois volumes à l'échelle de l'habitat individuel, créant une séquence bâtie proche de l'existant. Dans ces conditions, et contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ne ressort pas des pièces du dossier que la construction projetée portera atteinte à l'environnement bâti, qui ne présente pas d'intérêt particulier. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation dans l'application des dispositions du paragraphe 2 du chapitre 2 du règlement de la partie relative à la zone UD du PLU doit être écarté.

21. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, que Mme E et M. C ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision qu'ils contestent.

Sur les frais liés au litige :

22. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de la justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. () "

23. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme globale de 750 euros à verser à la société Arcueil Immobilier d'une part, et de 750 euros à verser à la commune d'Arcueil au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de la commune d'Arcueil, qui n'est pas, dans cette instance, la partie perdante.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme E et de M. C est rejetée.

Article 2 : Mme E et M. C verseront une somme globale de 750 euros à la société Arcueil immobilier et une somme de 750 euros à la commune d'Arcueil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E, à M. D C, à la société Arcueil immobilier et à la commune d'Arcueil.

Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Gougot, présidente,

M. Duhamel, premier conseiller,

M. Combier, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 octobre 2024.

Le rapporteur,

D. COMBIER

La présidente,

I. GOUGOT

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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