vendredi 31 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2211439 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LAUNOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 novembre 2022 et le 16 février 2024, M. A D, représenté par Me Launois, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 10 octobre 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a refusé de renouveler la carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " qui lui avait été délivrée, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné ;
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et dans cette attente lui fournir une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et dans cette attente lui délivrer un récépissé avec autorisation de travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
La décision portant refus de titre de séjour :
- est entachée d'incompétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'un vice de procédure en ce que l'avis défavorable du service de la main d'œuvre étrangère ne lui a pas été communiqué avec la décision ;
- est entachée d'un défaut d'examen, notamment au regard des dispositions desarticles L. 421-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 435-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'inexactitudes matérielles ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- doit être annulée en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
La décision fixant le pays de renvoi :
- doit être annulée en raison de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire ;
- est insuffisamment motivée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 décembre 2023, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une lettre du 23 avril 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce qu'il y a lieu de procéder à une substitution de base légale en ce qui concerne la décision portant refus de séjour, qui aurait dû être fondée sur les stipulations de l'article 3 de l'accord du 9 octobre 1987 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi , et non sur les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, inapplicables aux ressortissants marocains.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Félicie Bouchet, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant marocain, a sollicité, le 30 mai 2022, le renouvellement de la carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " dont il était titulaire. Par un arrêté du 10 octobre 2022, dont M. D demande l'annulation, le préfet de Seine-et-Marne a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
2. En premier lieu, l'arrêté en litige du 10 octobre 2022, a été signé par M. C B, sous-préfet de l'arrondissement de Meaux, qui bénéficiait à cet effet d'une délégation de signature du préfet de Seine-et-Marne en vertu d'un arrêt n° 22/BC/027 du 30 mars 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de Seine-et-Marne. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision de refus de séjour en litige doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les textes applicables et mentionne les éléments relatifs à la situation professionnelle et personnelle de M. D. Il comporte, ainsi, les considérations de fait et de droit qui constituent le fondement de la décision de refus de séjour en litige. Ainsi, alors que l'autorité administrative n'avait pas à mentionner de manière exhaustive l'ensemble des éléments de fait se rapportant à la situation de l'intéressé, cette décision est suffisamment motivée au regard des exigences de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
4. En troisième lieu, aucune disposition législative ou réglementaire ni aucun principe n'impose à l'autorité administrative de communiquer l'avis du service de la main d'œuvre étrangère. En tout état de cause, le préfet a transmis à M. D le courriel du service de la main d'œuvre étrangère l'avisant de la clôture automatique de son dossier.
5. En quatrième lieu, M. D soutient que sa demande de renouvellement de titre de séjour " salarié " était non seulement fondée sur l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mais également sur les articles L. 421-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si M. D se prévaut du contenu de sa demande de titre de séjour du 11 février 2021 lors du précédent renouvellement de son titre de séjour, il ne ressort pas des pièces du dossier que d'une part, le requérant ait formulé une telle demande à l'occasion de sa demande de renouvellement du 30 mai 2022 et que d'autre part, le préfet de Seine-et-Marne n'ait pas procédé à un examen particulier de sa situation avant l'édiction la décision portant refus de séjour.
6. En cinquième lieu, il résulte de ce qui précède que, alors qu'il n'établit pas qu'il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 421-23, L. 435-1 et L. 435-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mais uniquement sur les stipulations de l'article 3 de l'accord du 9 octobre 1987 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume du Maroc et que le préfet n'a pas examiné d'office si le requérant pouvait légalement bénéficier d'un titre de séjour sur un autre fondement, le requérant ne saurait utilement invoquer la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-2 de ce code.
7. En sixième lieu, l'article 3 de l'accord du 9 octobre 1987 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi stipule que : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable portant la mention " salarié " éventuellement assorties de restrictions géographiques ou professionnelles. / () ". L'article 9 du même accord stipule que : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord () ". L'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail ".
8. D'une part, dès lors qu'il prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 fait obstacle à l'application des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers lors de l'examen d'une demande d'admission au séjour présentée par un ressortissant marocain au titre d'une telle activité. Cet examen ne peut être conduit qu'au regard des stipulations de l'accord.
9. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, sous réserve d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.
10. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents qu'il y a lieu de substituer à la base légale erronée tirée de l'application des dispositions de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, celle tirée des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 dès lors que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'un ou l'autre de ces deux textes et que cette substitution de base légale n'a pour effet de priver l'intéressé d'aucune garantie.
11. D'autre part, l'accord franco-marocain renvoie ainsi, sur tous les points qu'il ne traite pas, à la législation nationale, en particulier aux dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du code du travail pour autant qu'elles ne sont pas incompatibles avec les stipulations de l'accord et nécessaires à sa mise en œuvre. Il en va notamment ainsi, pour le titre de séjour " salarié " mentionné à l'article 3 cité ci-dessus délivré sur présentation d'un contrat de travail " visé par les autorités compétentes ", des dispositions des articles R. 5221-17 et suivants du code du travail, qui précisent les modalités selon lesquelles et les éléments d'appréciation en vertu desquels le préfet se prononce, au vu notamment du contrat de travail, pour accorder ou refuser une autorisation de travail. Les dispositions de l'article R. 5221-34 du code du travail, qui ne sont toutefois applicables qu'au renouvellement des autorisations de travail et non à la première demande en vue de l'obtention d'un tel titre, en vertu desquelles le renouvellement d'une des autorisations de travail prévues par le code peut être refusé en cas de non-respect des termes de l'autorisation par l'étranger, sont également susceptibles de recevoir application à la demande d'un ressortissant marocain ayant bénéficié d'une autorisation de travail et d'un titre de séjour délivré sur le fondement de l'article 3 de l'accord franco-marocain.
12. Il ressort des pièces du dossier que, à la date de la décision attaquée, la demande de renouvellement de l'autorisation de travail sollicitée le 20 avril 2022 par l'employeur de M. D a été classée sans suite en raison d'une incohérence entre la demande portant sur un travail à temps plein et le contrat de travail à temps partiel produit par l'employeur et de l'absence de régularisation par l'employeur de sa demande. Enfin, malgré la demande de pièces qui lui a été adressée le 30 mai 2022, le requérant n'a pas produit d'autorisation de travail en cours de validité. Par suite, M. D n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le préfet de Seine-et-Marne a refusé de renouveler le titre de séjour portant la mention " salarié " dont il était titulaire.
13. En septième lieu, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige a retenu à tort qu'il était entré en France le 20 novembre 2017, en ce que cette date correspond à son entrée sur le territoire national muni d'un visa long séjour obtenu alors qu'il résidait dans son pays d'origine. Si, en revanche, l'arrêté attaqué retient, de manière erronée que M. D était célibataire et qu'il était titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée à temps partiel alors qu'à la date de la décision attaquée, il était remarié depuis quelques mois et avait un contrat de travail à temps complet, il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle n'avait pas commis ces erreurs.
14. En huitième et dernier lieu, M. D soutient qu'il a résidé irrégulièrement en France entre 2014 et 2017, qu'il est reparti vivre au cours de l'année 2017 dans son pays d'origine, que suite à son mariage à une ressortissante française, il est revenu en France en novembre 2017 sous couvert d'un visa de long séjour et a bénéficié d'un titre de séjour en qualité de conjoint de français jusqu'au 25 février 2021, que, à la suite de son divorce, il a obtenu un titre de séjour portant la mention " salarié " du 20 mai 2021 au 19 mai 2022, qu'il s'est remarié en mars 2022 avec une ressortissante marocaine, que le couple a eu un enfant en 2023, que plusieurs de ses frères et sœurs résident en France et qu'enfin, il est titulaire d'un contrat à durée indéterminée en qualité de mécanicien depuis le 1er janvier 2021. Toutefois, ces seuls éléments ne suffisent pas pour considérer que le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en s'abstenant de faire usage, à quelque titre que ce soit, de son pouvoir de régularisation à son endroit.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
15. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à se prévaloir de l'illégalité de la décision portant refus de séjour qui lui a été opposée.
16. En deuxième lieu, il résulte des termes mêmes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'obligation de quitter le territoire français prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du même code n'a pas à faire l'objet d'une motivation spécifique. Dans la mesure où l'arrêté attaqué vise ce dernier article, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée doit être écarté.
17. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
18. Il ressort des pièces du dossier que M. D est retourné résider au Maroc au cours de l'année 2017, que son épouse qui dispose d'un visa en qualité d'étudiante, est également ressortissante marocaine et que leur enfant est né postérieurement à la décision en litige. En outre, le requérant n'est pas dépourvu d'attache familiale dans son pays d'origine où il a vécu au moins jusqu'à l'âge de 28 ans. Dans ces conditions, le refus d'autoriser son séjour ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise. Par suite, cette décision ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
19. En quatrième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
20. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D serait dans l'impossibilité de reconstituer sa cellule familiale dans son pays d'origine, qui est le même que celui de la mère de son enfant qui, au demeurant, est né postérieurement à la date de la décision attaquée. Dans ces conditions, M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
21. En cinquième et dernier lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste commise par le préfet dans l'appréciation des conséquences que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français comporte sur la situation personnelle du requérant doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux qui ont été exposés aux points 14 et 18.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
22. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. D n'est pas fondé à se prévaloir de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour et de celle portant obligation de quitter le territoire français prises à son encontre.
23. En second lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision fixant le pays à destination duquel M. D est susceptible d'être éloigné, laquelle est, par suite, suffisamment motivée au regard des exigences de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
24. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles qui tendent à l'application des dispositions de de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet de Seine-et-Marne.
Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience 3 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Félicie Bouchet, première conseillère ;
M Dominique Binet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2024.
La rapporteure,
F. BouchetLe président,
T. Gallaud
La greffière,
L. Potin
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026