mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2211501 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS SYLVAIN DROUVILLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 novembre 2022 et 30 juin 2023, Mme D E, M. I B, Mme H B et Mme A K, représentés par Me Moreau, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 juin 2022 par lequel le maire de Champigny-sur-Marne a délivré à M. G F un permis de construire un immeuble collectif comprenant cinq logements sur un terrain situé 9, rue du Verrou à Champigny-sur-Marne, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux née le 5 octobre 2022.
2°) de mettre à la charge de la commune de Champigny-sur-Marne une somme de 6 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt à agir ; la construction projetée est de nature à affecter les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leurs biens, dès lors qu'elle causera une perte d'ensoleillement et créera des vues directes sur leurs propriétés, situées en contrebas ; le projet dénaturera leur cadre de vie ;
- le dossier de demande de permis de construire comprend des insuffisances et des inexactitudes qui ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet aux règles du plan local d'urbanismes relatives à la hauteur maximale des constructions ; en effet, les reliefs réels du terrain naturel ne sont pas représentés dans les plans ; le plan de masse ne reporte pas les cotes NGF permettant de connaître les niveaux du terrain existant et la représentation du terrain d'assiette du projet en pente est erronée ;
- le projet méconnaît les dispositions de l'article II.1 du règlement du plan local du d'urbanisme (PLU) relatives à l'implantation des constructions par rapport aux voies publiques, dès lors que le projet sera implanté par rapport à l'alignement de la rue Robert Birou ;
- le projet méconnaît l'article II.3 du règlement du PLU de la commune de Champigny-sur-Marne prévoyant que l'emprise au sol maximale des constructions ne peut excéder 40 % de l'unité foncière en zone UP, dès lors que la surface de référence de l'unité foncière déclarée par le pétitionnaire est erronée, et qu'après prise en compte de l'emprise du parking dans l'emprise au sol de la construction, celle-ci représente 54,2 % de la superficie totale du terrain ;
- le projet méconnaît l'article II.3 du règlement du PLU dès lors qu'il excède le nombre de niveaux autorisés en zone UP ainsi que la hauteur maximale autorisée des constructions ;
- le projet ne respecte pas le coefficient de biotope de 0.5 prescrit par les dispositions de l'article II.5 du règlement du PLU : l'espace désigné comme une noue par le pétitionnaire est en réalité un espace végétalisé qui ne pouvait se voir appliquer un coefficient de pondération valorisé à 2 ; la surface attribuée aux haies diversifiées est trop importante et une surface de 2, 4 m2 ne pouvait être qualifiée de " pleine terre ".
- le projet méconnaît enfin les dispositions de l'article III.1 du règlement du plan local d'urbanisme relatives à la sécurité de l'accès et de la voie de desserte au terrain.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 avril 2023, M. G F, représenté par Me Drouvillé, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conclusions présentées par M. et Mme B et Mme K sont tardives, faute pour eux d'avoir formé un recours gracieux contre le permis de construire en litige ;
- la requête est irrecevable, faute pour les requérants de justifier d'un intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 novembre 2023, la commune de Champigny-sur-Marne, représentée par Me Sagalovitsch, conclut au rejet de la requête et demande qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par courrier du 10 septembre 2024, il a été demandé aux parties de produire, en application de l'article R. 611-8-7 du code de justice administrative, les plans originaux à l'échelle établis en version papier joints au dossier de demande de permis de construire.
Par un courrier du 17 septembre 2024, les parties ont été informées qu'en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, le tribunal était susceptible de surseoir à statuer pendant un délai de six mois sur les conclusions à fin d'annulation afin de mettre à même le pétitionnaire de solliciter un permis de construire modificatif pour régulariser le vice résultant de la méconnaissance de l'article II.4 des dispositions alors applicables à la zone UP du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Champigny-sur-Marne, relatif à la hauteur des constructions implantées sur des terrains en pente.
Par un mémoire enregistré le 20 septembre 2024, des observations ont été présentées pour les requérants et ont été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Prissette,
- les conclusions de M. Grand rapporteur public,
- et les observations de Me Richardeau pour la commune de Champigny-sur-Marne.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 30 juin 2022, le maire de Champigny-sur-Marne a délivré à M. F un permis de construire un immeuble collectif comprenant cinq logements sur un terrain situé 9 rue du Verrou à Champigny-sur-Marne. Par un courrier du 25 juillet 2022, réceptionné le 5 août suivant, Mme E et vingt-trois autres riverains, dont M. et Mme B et Mme K, ont formé un recours gracieux contre cet arrêté. Une décision implicite de rejet est née le 5 octobre suivant du silence gardé par le maire de Champigny-sur-Marne pendant deux mois sur ce recours. Les requérants demandent l'annulation de l'arrêté du 30 juin 2022, ensemble de la décision implicite du 5 octobre 2022 rejetant leur recours gracieux.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
En ce qui concerne la recevabilité des conclusions présentées par M. et Mme B et Mme K :
2. Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15. ". Aux termes de R. 600-1 du même code : " En cas () de recours contentieux à l'encontre () d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, () l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. () / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt () du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux. / () ". Il résulte de ces dispositions que l'auteur d'un recours contentieux doit notifier une copie du texte intégral de celui-ci, et non une simple lettre informant l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, le titulaire de l'autorisation, de l'existence d'un recours. L'auteur d'un recours administratif est tenu de le notifier dans les mêmes conditions que s'il s'agissait de l'exercice d'un recours contentieux. A défaut de l'accomplissement des formalités de notification prévues par les dispositions précitées, un recours administratif dirigé contre un permis de construire ne proroge pas le délai de recours contentieux.
3. Si le pétitionnaire soutient que les conclusions présentées par M. et Mme B et Mme K seraient tardives dès lors que seule Mme E a exercé un recours gracieux prorogeant le délai de recours contentieux à l'encontre de l'arrêté en litige, il ressort des pièces du dossier que le courrier réceptionné par le maire de Champigny-sur-Marne le 5 août 2022, s'il est signé " Mme E D et les riverains de la rue Robert Birou " était accompagné en pièce jointe d'une liste de cosignataires, sur laquelle figurent l'ensemble des requérants. En outre, M. F ne conteste pas que le courrier qui lui a été présenté le 12 août 2022, ainsi qu'en atteste l'accusé de réception produit à l'appui de la requête, contenait une copie intégrale du recours gracieux adressé moins de quinze jours avant au maire de Champigny-sur-Marne. Dans ces conditions, l'exercice de ce recours gracieux a prorogé le délai de recours contentieux à l'égard de l'ensemble des requérants et M. F n'est pas fondé à faire valoir que les conclusions présentées par M. et Mme B et Mme K seraient tardives. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée par le pétitionnaire doit être écartée.
En ce qui concerne l'intérêt à agir des requérants :
4. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. Le présent article n'est pas applicable aux décisions contestées par le pétitionnaire. ".
5. Il résulte de ces dernières dispositions qu'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous les éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat, justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme E, M. et Mme B et Mme K sont respectivement propriétaires des parcelles situées 8 rue Robert Birou, 6 rue Robert Birou et 38 rue du docteur J à Champigny-sur-Marne, à proximité immédiate du terrain d'assiette du projet. En outre, les requérants soutiennent, en produisant plusieurs pièces en ce sens, que l'immeuble collectif projeté aura, en raison de sa hauteur, pour effet de diminuer considérablement la luminosité et l'ensoleillement sur leurs terrains, que les appartements à construire comporteront des larges ouvertures et des balcons depuis lesquels les futurs occupants disposeront d'une vue directe et plongeante sur leurs propriétés et que le projet les impactera visuellement en dénaturant leur cadre de vie au sein d'un quartier essentiellement pavillonaire. Au regard de leur qualité de voisins immédiats et des caractéristiques du projet d'une certaine importance, de tels éléments suffisaient à justifier de leur intérêt à agir. Il suit de là que la fin de non-recevoir opposée par le pétitionnaire en défense doit être écartée.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne le contenu du dossier de demande de permis de construire :
7. Les requérants soutiennent que le dossier de demande de permis de construire comprend des inexactitudes et des insuffisances qui ont été de nature à fausser l'appréciation portée par le maire de la commune de Champigny-sur-Marne sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
8. En premier lieu, les requérants soutiennent que la représentation du terrain d'assiette du projet en pente par le plan de coupe longitudinale est erronée, dès lors qu'il est situé en contrebas de la rue du Verrou et présenterait ainsi un profil plat. Toutefois, il ressort tant des pièces du dossier que des informations librement accessibles depuis la plateforme Géoportail qu'il existe une différence entre le niveau du terrain naturel de la rue du Verrou et celui de la rue Robert Birou, différence de niveau qui se retrouve sur l'assiette du terrain de la construction projetée. Les requérants, qui se bornent à produire des photographies sans apporter aucune indication sur l'altimétrie du terrain d'assiette du projet, ne contestent pas sérieusement les représentations du terrain naturel en pente qui figurent tant sur le plan de coupe longitudinale que sur les plans de façades. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le dossier de demande du pétitionnaire serait entaché d'inexactitude à cet égard.
9. En second lieu, les requérants soutiennent que le dossier de demande de permis de construire était incomplet, en l'absence de précisions sur le niveau du terrain naturel, et notamment de cote altimétrique permettant d'en représenter le relief et que les plans n'auraient pas permis aux services instructeurs de s'assurer de la conformité du projet aux règles du plan local d'urbanisme alors applicable relatives à la hauteur des constructions.
10. D'une part, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords / () ". Aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. / () / ". Aux termes de l'article R. 431-10 de ce code : " Le projet architectural comprend également : () / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / () ". D'autre part, aux termes de l'article II.4 des dispositions du plan local d'urbanisme de la commune de Champigny-sur-Marne applicables à la zone UP : " la hauteur maximale des constructions ne pourra excéder respectivement 7 mètres à l'égout et 10 mètres à l'acrotère ou au faitage ". Le lexique du plan local d'urbanisme prévoit que " pour les terrains en pente, la hauteur est mesurée en tout point par rapport au niveau du terrain naturel. Dans le cas d'une façade ayant une longueur inférieure à 30 mètres, la hauteur est mesurée au milieu de ladite façade ".
11. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
12. En l'espèce, l'état initial du terrain et de ses abords est décrit avec précision dans la notice architecturale. Si celle-ci ne précise pas que ledit terrain présente une déclivité, elle fait mention, dans la rubrique " aménagement du terrain ", de " la différence [de niveau] entre les deux voies " qui permet d'accéder de plain-pied au niveau inférieur de la future construction. En outre, le maire fait explicitement mention de " la forte déclivité du terrain entre la rue du Verrou et la rue Birou " dans l'arrêté attaqué. Si, ainsi que le soutiennent les requérants, ni ce plan de coupe ni les élévations ne mentionnent les cotes NGF du terrain d'assiette, alors qu'il résulte des dispositions précitées qu'en cas de terrain en pente, la hauteur est mesurée en tout point par rapport au niveau du terrain naturel, le niveau de référence étant celui situé au milieu de la façade lorsque celle-ci est inférieure à 30 mètres, la hauteur de la construction projetée de 9, 76 mètres au faitage depuis le point le plus haut du sol naturel figure à la fois sur le plan de coupe longitudinale, le plan de coupe transversale et le plan de toiture. Or, le plan de coupe longitudinale PC3-A fait également apparaître le profil du terrain naturel, représenté en pente par une ligne pointillée rouge ainsi que la mention " TN ". Dès lors que ce plan possède une échelle, l'absence de mention des cotes NGF, au demeurant non requises s'agissant d'un projet qui ne se situe pas en zone inondable, ne faisait pas obstacle à ce que le service instructeur puisse apprécier la hauteur totale de la construction.
13. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le maire de Champigny-sur-Marne n'aurait pas été à même d'apprécier la conformité à la réglementation de la hauteur projetée de la construction, en l'absence de cote relative au niveau du terrain naturel. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la conformité du projet aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme :
S'agissant du moyen tiré de ce que le projet est implanté en méconnaissance des règles relatives à l'implantation des constructions par rapport aux voies publiques :
14. Aux termes de l'article II. 1 des dispositions alors applicables à la zone UP du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Champigny-sur-Marne : " les constructions devront être implantées dans une bande de 20 mètres de profondeur calculés à partir de l'alignement (actuel ou futur). Au-delà de cette bande de 20 mètres de profondeur, toute construction ou infrastructure est interdite ".
15. En l'espèce, si les requérants soutiennent que le projet est implanté, par rapport à l'alignement de la rue Robert Birou, en méconnaissance de ces dispositions, ils n'assortissent pas ce moyen des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que le projet, par sa situation, bénéficie du croisement de deux bandes de constructibilité délimitées par rapport aux rues du Verrou et Robert Birou, de sorte que l'intégralité du terrain se situe dans une bande de 20 mètres. Par suite, le moyen doit être écarté.
S'agissant du moyen tiré de ce que la construction projetée excéderait l'emprise maximale autorisée :
16. Aux termes de l'article II.3 des dispositions applicables à la zone UP du plan local d'urbanisme de la commune de Champigny-sur-Marne : " Pour toutes les constructions à destination de logement, pour les constructions à destination de " Commerces et activités de service " ainsi que " les autres activités des secteurs secondaire et tertiaire " autorisées dans la zone, l'emprise au sol maximale des constructions ne peut excéder 40 % de l'unité foncière ". Le lexique du plan local d'urbanisme définit l'emprise au sol comme " l'implantation du bâtiment sur l'ensemble, non compris les éléments en saillie et débord par rapport au gros œuvre. Elle est constituée de l'addition de tous les éléments bâtis figurant sur le terrain ainsi que de tous les ouvrages ou installations soumis à autorisation préalable (terrasses et émergences de parkings souterrains de plus de 0, 60 mètres par rapport au sol, piscines, etc.) ".
17. D'une part, les requérants soutiennent que l'emprise de référence de l'unité foncière serait de 321, 30 m2, et non de 330 m2 comme le pétitionnaire l'a indiqué dans le dossier de demande du permis en litige. Toutefois, contrairement à ce qu'ils soutiennent, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet comporterait une modification de l'alignement à la voie publique. Si le plan PC2-B fait apparaître une surface de 8,7 m2 désignée comme " alignement sur mitoyen pour élargissement trottoir ", cette surface, qui correspond à une bande de terrain légèrement décrochée par rapport à la parcelle contigüe, est située entre la voie publique et le futur immeuble. Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir que cette surface devrait être retranchée de la surface de l'unité foncière servant de référence au calcul de l'emprise maximale du projet.
18. D'autre part, Mme E, M. et Mme B et Mme K font valoir que l'emprise totale de la construction doit inclure, outre l'emprise de l'immeuble à construire, égale à 131, 9 m2, celle du parking, d'une surface de 174, 1 m2. Toutefois, en vertu des dispositions du lexique citées au point 16, seuls doivent être inclus dans la mesure de l'emprise au sol les émergences de parking souterrain de plus de 0, 60 mètres. Or, en l'espèce, l'emprise du parking n'excède pas celle de la construction du côté de la rue du Birou et, si elle excède effectivement celle de l'immeuble du côté de la rue du Verrou, comme cela ressort du plan PC2-B, ce parking ne présente toutefois aucune émergence par rapport au niveau du sol après travaux ainsi qu'en témoigne le plan de coupe PC3-A. Dans ces conditions, la surface du parking n'avait pas à être prise en compte dans le calcul de l'emprise au sol du projet et les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaîtrait les règles du plan local d'urbanisme fixant à 40 % de l'unité foncière l'emprise au sol maximale des constructions. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
S'agissant du moyen tiré de ce que la construction projetée excéderait la hauteur maximale autorisée :
19. Aux termes de l'article II.4 des dispositions alors applicables à la zone UP du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Champigny-sur-Marne, relatif à la hauteur des constructions : " la hauteur maximale des constructions ne pourra excéder respectivement 7 mètres à l'égout et 10 mètres à l'acrotère ou au faitage, soit R+1+C/A ".
20. En premier lieu, d'une part, le règlement du plan local d'urbanisme définit le niveau comme " l'espace compris entre le plancher et le plafond dans un bâtiment ". Il précise que " dans le cas de terrain en pente, le niveau R correspondra au niveau des accès principaux de chaque construction ".
21. Les requérants soutiennent que le projet de M. F excède le nombre de niveaux autorisé en zone UP, dès lors que le parking souterrain, qui comprend un accès principal à la construction, constitue un niveau à prendre en compte. Toutefois, il ressort des plans annexés au dossier de demande que le parking projeté se situera entièrement en dessous du niveau du terrain naturel du côté de la rue du Verrou, qui comprend un accès principal aux pièces habitables de la construction, et essentiellement en dessous du niveau de ce terrain naturel du côté de la rue Robert Birou, via laquelle sera aménagé un autre accès principal réservé aux véhicules.
22. D'autre part, le lexique du règlement du plan local d'urbanisme prévoit que " le dernier niveau peut être : soit en combles (C) en cas de toiture en pente, dans ce cas, l'étage n'est pas droit, mais compte quand même pour un niveau ; soit en attique (A) en l'absence de toiture en pente ". En outre, il définit les combles comme " le niveau de plancher sous une toiture en pente, occupant le volume compris entre le plancher haut et la toiture d'un bâtiment ". Par ailleurs, il résulte de l'article R. 156-1 du code de la construction et de l'habitation, anciennement codifié à l'article R. 111-2 du même code, que pour le calcul de la surface habitable d'un logement, il n'est pas tenu compte des parties de locaux d'une hauteur inférieure à 1,80 mètre, de sorte que ne constituent pas un niveau les parties de locaux mesurant moins que cette hauteur.
23. Les requérants soutiennent que le projet de M. F excède également le nombre de niveaux autorisé en zone UP, dès lors le dernier niveau de l'immeuble projeté ne pourrait être qualifié ni de comble, ni d'attique. Or, la notice du projet précise que l'immeuble à bâtir sera de volumétrie R + 1 + C et comprendra une toiture en double pente, et il ressort des plans de façades que le dernier espace représenté correspond effectivement au volume compris entre le plancher haut et le versant de toiture qui n'excède pas 1, 80 mètres de hauteur. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que cet espace ne pourrait pas être qualifié de comble et que le projet en litige excéderait la hauteur maximale autorisée telle qu'exprimée en niveaux.
24. En second lieu, les requérants soutiennent que le permis en litige méconnaît les dispositions du plan local d'urbanisme relatives à la hauteur des constructions, exprimée en mètres.
25. Ainsi qu'il a été dit au point 10 du présent jugement, s'agissant d'un terrain en pente, le lexique du règlement du plan local d'urbanisme indique que " la hauteur est mesurée en tout point par rapport au niveau du terrain naturel. Dans le cas d'une façade ayant une longueur inférieure à 30 mètres, la hauteur est mesurée au milieu de ladite façade ". En l'espèce, la façade du projet possède une longueur inférieure à 30 mètres, de sorte que la hauteur totale de la construction doit être calculée, conformément à ce que prévoit le règlement du plan local d'urbanisme, en prenant comme niveau de référence le niveau du terrain naturel situé au milieu de la façade. Or, s'il ressort du plan de coupe longitudinale PC3-A que la hauteur au faitage se situe à 9, 76 mètres au-dessus du niveau du terrain naturel au droit de la rue du Verrou, l'étude du même plan établi à l'échelle et produit en version papier sur demande du tribunal en application de l'article R.811-8-7 du code de justice administrative fait apparaître une hauteur supérieure à 10 mètres depuis le niveau du terrain naturel, représenté par la ligne pointillée rouge, pris au milieu de la façade. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que le projet méconnaît les dispositions de l'article II.4 des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme applicables à la zone UP qui fixent à 10 mètres la hauteur maximale des constructions mesurée au faîtage. Il suit de là que cette branche du moyen doit être accueillie.
S'agissant du moyen tiré de ce que le projet ne respecte pas le coefficient de biotope minimal :
26. Aux termes de l'article II.5 des dispositions applicables à la zone UP du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Champigny-sur-Marne, alors applicable : " le coefficient de biotope minimal est fixé à 0,5. ". Le lexique de ce règlement définit la noue comme " une sorte de fossé peu profond et large, végétalisé, qui recueille provisoirement de l'eau de ruissellement, soit pour l'évacuer via un trop-plein, soit pour l'évaporer ou pour l'infiltrer sur place permettant ainsi la reconstitution des nappes phréatiques ". Il définit les espaces de pleine terre comme permettant " d'éviter une trop forte imperméabilisation du sol, donc de limiter les ruissellements des eaux de pluie et de reconstituer les nappes phréatiques " et ajoute " à titre d'exemple, un parking réalisé en sous-sol et dépassant l'emprise de la construction, fait perdre la qualité de pleine terre au sol resté libre en surface. Les parties de pleine terre ne peuvent supporter des constructions en sous-sol ".
27. Les requérants soutiennent que le mode de calcul du coefficient de biotope par le pétitionnaire est erroné, dès lors qu'il ne pouvait pas appliquer le coefficient pondéré de 2 à l'espace qu'il désigne comme la noue, ni attribuer aux haies diversifiées une superficie de 17, 1 m2, ni inclure la surface qu'il désigne comme " pleine terre " dans le calcul. Il en résulte, selon eux, que le coefficient de biotope serait inférieur au coefficient minimal fixé par le règlement du plan local d'urbanisme.
28. En l'espèce, il ressort du plan des espaces verts qu'un coefficient pondéré à deux a été appliqué à une surface de 51 m2 qualifiée de noue par le pétitionnaire. Si les requérants contestent l'existence d'une noue, cet espace est décrit dans la notice architecturale comme un jardin de pluie végétalisé, conformément à la définition qu'en donne le lexique du plan local d'urbanisme alors applicable. En outre, les requérants, qui se bornent à soutenir qu'elle " est étonnement supérieure à celle des espaces " n'établissent pas que la superficie de 17, 1 m2 attribuée aux haies diversifiées serait erronée. Enfin, contrairement à ce que les requérants font valoir, la surface de 2,4 m2 pouvait être qualifiée de " pleine terre " dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle supporterait une construction en sous-sol, le pétitionnaire ayant au contraire pris le soin, comme il ressort du plan PC2-B, d'exclure de la qualification de " pleine terre " le sol resté libre en surface situé entre la surface végétalisée qualifiée de " pleine terre " et le nu de la façade, correspondant à l'emprise du parking dépassant celle du bâtiment. Par suite, c'est sans commettre d'erreur de droit que le service instructeur a pu considérer que le projet respectait bien, au regard des surfaces déclarées, les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme fixant à 0,5 le coefficient minimal de biotope. Il suit de là que le moyen doit être écarté.
S'agissant du moyen tiré de la méconnaissance des règles relatives à la sécurité de l'accès et de la voie de desserte du terrain :
29. Aux termes de l'article III.1 des dispositions alors applicables à l'ensemble des zones urbaines et à urbaniser du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Champigny-sur-Marne : " toute autorisation d'occupation du sol peut être refusée sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées permettant la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. Elle peut également être refusée ou soumise à des prescriptions particulières si les accès présentent un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. La desserte doit être appréciée compte tenu notamment, de la disposition des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic ".
30. En l'espèce, les requérants soutiennent que la réalisation d'un immeuble collectif comprenant cinq logements aggravera les difficultés de circulation et les risques pour les usagers de la voie publique. S'ils soutiennent que la rue du Verrou connait régulièrement des difficultés de circulation, il ressort des pièces du dossier que l'accès des véhicules au parking se fera via la rue Robert Birou, et il n'est pas démontré que l'accès présenterait un risque pour la sécurité des usagers. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
31. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".
32. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d'une part, si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir, d'autre part, si le bénéficiaire de l'autorisation lui a indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
33. En l'espèce, le vice relevé au point 25, résultant de la méconnaissance de l'article II.4 des dispositions applicables à la zone UP du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Champigny-sur-Marne alors applicable, relatif à la hauteur maximale des constructions, est susceptible d'être régularisé par la délivrance d'un permis de construire modificatif, la mesure de régularisation n'impliquant pas d'apporter au projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Les parties ayant été invitées à présenter leurs observations sur l'éventualité de la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, il y a lieu, dès lors, en application de cet article, d'impartir à M. F et à la commune de Champigny-sur-Marne un délai de six mois, à compter de la notification du présent jugement, afin de notifier au tribunal les mesures de régularisation nécessaires.
D E C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête de Mme E, M. et Mme B et Mme K jusqu'à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement, imparti à M. F et à la commune de Champigny-sur-Marne pour notifier au tribunal un permis de construire régularisant le vice résultant de la méconnaissance de l'article II.4 des dispositions applicables à la zone UP du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Champigny-sur-Marne alors applicable, relatif à la hauteur maximale des constructions
Article 2 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E, à M. I B et Mme H B, à Mme A K, à la commune de Champigny-sur-Marne et à M. G F.
Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gougot, présidente,
M. Duhamel, premier conseiller,
Mme Prissette, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 octobre 2024.
La rapporteure,
L. PRISSETTE
La présidente,
I. GOUGOTLa greffière,
M. C
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026