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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2211507

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2211507

vendredi 3 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2211507
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre
Avocat requérantTOMAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 23 novembre 2022, le président de la 6ème section du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. A.

Par une requête enregistrée le 17 novembre 2022, M. B A, représenté par Me Tomas, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission d'attribution des logements de la société Immobilière 3F a rejeté sa demande de logement social ;

2°) d'enjoindre à la société Immobilière 3F de procéder au réexamen de sa demande, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la société Immobilière 3F la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable dès lors que le délai de recours ne lui était pas opposable puisqu'il n'avait pas reçu d'accusé de réception de sa demande de logement social ; le délai de recours contentieux était d'un an à compter de la preuve d'envoi de son dossier de demande de logement ;

- la décision attaquée est insuffisamment motivée dès lors que ses motifs ne lui ont pas été communiqués malgré sa demande ;

- la décision est entachée d'un défaut d'examen particulier de situation ;

- la décision méconnait les articles L. 441 et L. 441-1 du code de la construction et de l'habitation ;

- cette décision méconnait les stipulations des articles 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 janvier 2023, la société Immobilière 3F, représentée par Me Kacem, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable en tant qu'elle est dirigée contre la société Immobilière 3F ;

- la requête est irrecevable en l'absence de décision ;

- la demande de réexamen de la situation de M. A est irrecevable ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une lettre du 21 novembre 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 5 décembre 2023 sans information préalable.

Une ordonnance portant clôture immédiate de l'instruction a été émise le 22 février 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Senichault de Izaguirre, conseillère,

- les conclusions de Mme Morisset, rapporteure publique,

- et les observations de Me Kacem, représentant de la société Immobilière 3F.

Considérant ce qui suit :

1. M. A est demandeur de logement social. Sa candidature a été proposée à la société 3F Seine-et-Marne pour l'attribution d'un logement dans une résidence neuve située 2 allée Millepertuis à Torcy qui devait être livrée en juin 2022. M. A a accepté le logement proposé le 2 mai 2022. En l'absence de réponse dans un délai de deux mois, M. A a considéré que la commission d'attribution des logements de la société Immobilière 3F avait implicitement rejeté sa demande de logement social par une décision née le 2 juillet 2022. Il demande l'annulation de cette décision implicite.

Sur la fin de non-recevoir opposé en défense :

2. Aux termes de l'article L. 441 du code de la construction et de l'habitation : " L'attribution des logements locatifs sociaux participe à la mise en œuvre du droit au logement, afin de satisfaire les besoins des personnes de ressources modestes et des personnes défavorisées. / () / Les bailleurs sociaux attribuent les logements locatifs sociaux dans le cadre des dispositions de la présente section () / L'État veille au respect des règles d'attribution de logements sociaux ". Aux termes de l'article L. 441-2 du même code : " I.- Il est créé, dans chaque organisme d'habitations à loyer modéré, une commission d'attribution des logements et d'examen de l'occupation des logements. () II.- La commission attribue nominativement chaque logement locatif. () ". Enfin, aux termes de l'article L. 441-2-2 du même code : " Tout rejet d'une demande d'attribution doit être notifié par écrit au demandeur, dans un document exposant le ou les motifs du refus d'attribution. / () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que M. A a accepté le 2 mai 2022 le logement social situé 2 allée Millepertuis à Torcy, n°B132L-3111 de type T2 proposé le 28 avril 2022 par la société 3F Seine-et-Marne. Toutefois, et sans que cela ne soit contesté par le requérant, le groupe immobilier a informé Action logement du retard dans la livraison de la résidence par un mail du 10 juin 2022 et a demandé de lui indiquer si les candidatures parvenues étaient maintenues ou annulées. Par un courriel du 27 juillet 2022, Action logement a indiqué que les candidats positionnés sur le logement n°B132L-3111 se désistaient. Dans ces conditions, la commission d'attribution des logements et d'examen de l'occupation des logements n'a pas statué sur les candidatures et n'a pas attribué ou refusé un logement à M. A. Les conclusions à fin d'annulation de la présente requête, qui sont dirigées contre une décision inexistante, sont irrecevables et doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction.

Sur les frais liés à l'instance :

4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Immobilière 3F, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme demandée par la société Immobilière 3F au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la société Immobilière 3F tendant au versement d'une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la société Immobilière 3F.

Délibéré après l'audience du 12 avril 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Mullié, présidente,

Mme Senichault de Izaguirre, conseillère,

Mme Dutour, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mai 2024.

La rapporteure,

J. SENICHAULT DE IZAGUIRRELa présidente,

N. MULLIE

La greffière,

V. GUILLEMARD

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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