jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2211539 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARM SMETH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 29 novembre 2022 et le 17 janvier 2023, M. A B, représenté par Me Samba, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 novembre 2022 par laquelle la préfète du Val-de-Marne a retiré son certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de restaurer la validité de sa carte de résidence de dix ans ;
3°) à titre subsidiaire d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un certificat de résidence d'une durée d'une année ou une autorisation provisoire de séjour sous peine d'astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;
4°) à titre très subsidiaire d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa situation ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision de retrait du certificat de résidence :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut de base légale ;
- elle est entachée d'un vice de procédure et d'un défaut de procédure contradictoire ;
- la préfète du Val-de-Marne ne démontre pas que le requérant aurait sollicité ou obtenu un certificat de résidence sur le fondement de l'article 7 bis b) de l'accord franco-algérien en qualité " d'ascendant algérien d'un français et de son conjoint qui sont à sa charge " ;
- il n'existe aucun élément laissant supposer qu'il serait concerné par la fraude commise en bande organisée au sein des services de la préfecture de Seine-et-Marne dont il est fait mention dans un jugement du 2 septembre 2022 du tribunal correctionnel d'Ajaccio ;
- la préfète du Val-de-Marne n'allègue même pas qu'un des agents de la préfecture de Seine-et-Marne condamnés par le tribunal correctionnel d'Ajaccio en septembre 2022 aurait eu à connaître de son dossier ;
- la préfète du Val-de-Marne ne se trouvait pas en situation de compétence liée ;
- la préfète du Val-de-Marne a commis une erreur de fait sur la situation du requérant qui a nécessairement entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ainsi que d'une erreur de droit ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les stipulations du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale en tant qu'elle se fonde sur la décision portant retrait de son certificat de résidence qui est elle-même illégale ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les stipulations du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la préfète du Val-de-Marne ne donne aucun fondement juridique pour justifier l'obligation de quitter le territoire.
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale en tant qu'elle se fonde sur la décision portant retrait de son certificat de résidence et sur une obligation de quitter le territoire français qui sont elles-mêmes illégales.
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Pradalié a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 19 janvier 1974 à El Kseur (Algérie) est entré régulièrement en France le 28 août 2016. Il a obtenu la délivrance par le préfet de Seine-et-Marne d'un certificat de résidence algérien de dix ans valable du 7 septembre 2018 au
6 septembre 2028. Le 17 juin 2019, il a sollicité une modification de son certificat de résidence auprès des services de la préfecture du Val-de-Marne, se prévalant d'un changement d'adresse. Par un arrêté en date du 3 novembre 2022, la préfète du Val-de-Marne a retiré son certificat de résidence, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Un acte administratif obtenu par fraude ne crée pas de droits et, par suite, peut être retiré ou abrogé par l'autorité compétente pour le prendre, alors même que le délai de retrait de droit commun serait expiré. Toutefois, dès lors que les délais encadrant le retrait d'un acte individuel créateur de droit sont écoulés, il appartient à l'administration d'établir la preuve de la fraude, tant s'agissant de l'existence des faits matériels l'ayant déterminée à délivrer l'acte que de l'intention du demandeur de la tromper, pour procéder à ce retrait.
3. En premier lieu, la préfète du Val-de-Marne s'est fondée, pour retirer le certificat de résidence de l'intéressé, sur la circonstance qu'il aurait été obtenu par fraude, ce dont attesterait la reconnaissance et la condamnation, par un jugement du tribunal correctionnel d'Ajaccio rendu le 2 septembre 2022, d'une fraude au sein des services de la préfecture de Seine-et-Marne, liée à des faits en bande organisée d'aide à l'entrée et au séjour irrégulier d'étrangers en France ou dans un État partie à la Convention Schengen et des faits de corruption, dont M. B aurait bénéficié pour l'obtention de son certificat de résidence algérien d'une durée de 10 ans. Toutefois, malgré une demande de pièces pour compléter l'instruction en date du 29 novembre 2023 adressée à la préfète du Val-de-Marne, lui demandant de bien vouloir verser au dossier le jugement du tribunal correctionnel d'Ajaccio du 2 septembre 2022 visé dans la décision contestée, la préfète du Val-de-Marne n'a versé au dossier ni ce document ni aucun autre élément de nature à justifier que le certificat de résidence retiré à M. B aurait été obtenu de manière frauduleuse par le requérant, ni que ce certificat aurait été délivré par un ou plusieurs agents concernés ou condamnés par le jugement précité du tribunal correctionnel d'Ajaccio. Par suite, la préfète du Val-de-Marne ne peut être regardée comme rapportant la preuve qui lui incombe que M. B a obtenu de manière frauduleuse son certificat de résidence. En décidant son retrait pour ce motif, la préfète du Val-de-Marne a par conséquent entaché sa décision d'illégalité.
4. En deuxième lieu, si l'arrêté attaqué indique que M. B a bénéficié d'un certificat de résidence en prétendant être " ascendant algérien d'un français et de son conjoint qui sont à sa charge ", alors qu'il est célibataire et sans enfant, il ne ressort pas des pièces du dossier que le certificat de résidence délivré à M. B a été obtenu sur ce motif. Par suite, à la supposée établie, la circonstance que M. B serait célibataire et sans enfant ne saurait constituer un motif de retrait de son certificat de résidence.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle la préfète du Val-de-Marne a retiré son certificat de résidence ainsi, par voie de conséquence, que les décisions par lesquelles elle lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Le présent jugement implique nécessairement, par application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, que la préfète du Val-de-Marne ou tout préfet territorialement compétent rétablisse la validité du certificat de résidence de l'intéressé dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État le versement à M. B de la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de la préfète du Val-de-Marne en date du 3 novembre 2022 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à l'Etat (préfète du Val-de-Marne ou tout autre préfet territorialement compétent) de rétablir la validité du certificat de résidence algérien de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de M. B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Lalande, président,
M. Dumas, premier conseiller,
M. Pradalié, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 11 juillet 2024.
Le rapporteur,
G. PRADALIELe président,
D. LALANDE
La greffière,
C. KIFFER
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026