LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2211720

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2211720

vendredi 21 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2211720
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre
Avocat requérantCARRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 5 décembre 2022, le 7 mars 2023 et le 31 août 2023, M. A B et la SCI C et C, représentés par Me Carré, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 avril 2022 par lequel le maire de Saint-Thibault-des-Vignes a délivré à M. et Mme E un permis de construire une maison individuelle et deux places de stationnement sur la parcelle cadastrée section BB n° 235 située 11 rue de Lagny, l'arrêté du 5 juillet 2022 par lequel le maire de Saint-Thibault-des-Vignes a délivré à M. et Mme E un permis de construire modificatif du permis de construire du 11 avril 2022, ensemble les décisions implicites et expresses du 3 octobre 2022 et du 4 octobre 2022 rejetant leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge solidaire de la commune de Saint-Thibault-des-Vignes et de M. et Mme E une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête n'est pas tardive ;

- les conditions posées par les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ont été respectées ;

- ils ont intérêt à agir au sens des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;

- les exigences des dispositions de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme sont remplies ;

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet dès lors que la notice architecturale ne comporte pas l'ensemble des informations exigées par les dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ;

- il est incomplet dès lors que le plan de masse, le document graphique et les documents photographiques sont insuffisants au regard des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article UA 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Thibault-des-Vignes en ce qui concerne l'accès au projet ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA 4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Thibault-des-Vignes en ce qui concerne le raccordement du projet aux réseaux publics ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA 4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Thibault-des-Vignes en ce qui concerne la gestion des eaux pluviales ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA 6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Thibault-des-Vignes dès lors qu'il prévoit une construction au-delà de la bande de constructibilité de 17 mètres générée par la rue de Lagny ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Thibault-des-Vignes en ce qui concerne l'implantation de la construction par rapport d'une part à l'une des deux limites séparatives aboutissant à l'espace de desserte et d'autre part par rapport aux autres limites séparatives ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Thibault-des-Vignes dès lors que le projet prévoit une toiture-terrasse ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Thibault-des-Vignes en ce qui concerne l'aspect des menuiseries :

- il méconnaît les dispositions de l'article UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Thibault-des-Vignes dès lors, d'une part, qu'aucune information n'est donnée sur les caractéristiques de la végétation et la quantité de végétaux et, d'autre part, que de nombreuses essences de végétaux sont situées hors de l'emprise au sol de la construction et ne sont pourtant pas maintenues ou remplacées par des plantations d'essences indigènes adaptées aux conditions bioclimatiques en nombre et en surface au moins équivalents ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA 15 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Thibault-des-Vignes en ce qui concerne le respect des engagements de performance énergétique ou environnementale.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 9 janvier 2023 et le 4 avril 2023, M. C et Mme D E concluent au rejet de la requête.

Ils soutiennent que :

- les requérants n'ont pas intérêt à agir au sens des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;

- la requête est tardive ;

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée à la commune de Saint-Thibault-des-Vignes qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par une lettre du 28 mars 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 6 mai 2024.

Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 31 octobre 2024.

Les parties ont été informées, le 5 décembre 2024, qu'en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, le tribunal était susceptible de surseoir à statuer pendant un délai de quatre mois pour les motifs suivants :

- incomplétude du dossier de demande de permis de construire dès lors que la notice architecturale ne comporte pas l'ensemble des informations exigées par les dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ;

- incomplétude du dossier de demande de permis de construire dès lors que le plan de masse, le document graphique et les documents photographiques sont insuffisants au regard des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ;

- méconnaissance des dispositions de l'article UA 4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Thibault-des-Vignes en ce qui concerne la gestion des eaux pluviales ;

- méconnaissance des dispositions de l'article UA 6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Thibault-des-Vignes dès lors qu'il prévoit une construction au-delà de la bande de constructibilité ;

- méconnaissance des dispositions de l'article UA 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Thibault-des-Vignes en ce qui concerne l'implantation de la construction par rapport d'une part à l'une des deux limites séparatives aboutissant à l'espace de desserte et d'autre part par rapport aux autres limites séparatives ;

- méconnaissance des dispositions de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Thibault-des-Vignes dès lors que le projet prévoit une toiture-terrasse ;

- méconnaissance des dispositions de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Thibault-des-Vignes en ce qui concerne l'aspect des menuiseries ;

- méconnaissance des dispositions de l'article UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Thibault-des-Vignes dès lors, d'une part, qu'aucune information n'est donnée sur les caractéristiques de la végétation et la quantité de végétaux et, d'autre part, que de nombreuses essences de végétaux sont situées hors de l'emprise au sol de la construction et ne sont pourtant pas maintenues ou remplacées par des plantations d'essences indigènes adaptées aux conditions bioclimatiques en nombre et en surface au moins équivalents ;

- méconnaissance de l'article UA 15 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Thibault-des-Vignes en ce qui concerne le respect des engagements de performance énergétique ou environnementale.

Des observations ont été reçues et communiquées pour M. et Mme E les 8 et 14 décembre 2024.

Des observations ont été reçues et communiquées pour les requérants le 11 décembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Dutour, conseillère,

- les conclusions de Mme Blanc, rapporteure publique,

- les observations de Me André, substituant Me Carré, représentant les requérants, et les observations de Mme E.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 11 avril 2022, le maire de Saint-Thibault-des-Vignes a délivré à M. et Mme E un permis de construire une maison individuelle et deux places de stationnement sur la parcelle cadastrée section BB n° 235 située 11 rue de Lagny. Par un arrêté du 5 juillet 2022, le maire de Saint-Thibault-des-Vignes a ensuite délivré un permis de construire modificatif du permis de construire du 11 avril 2022. M. B et la SCI C ET C, propriétaires de parcelles immédiatement voisines du terrain d'assiette du projet, ont formé contre ces arrêtés des recours gracieux. Ces recours ont été implicitement puis explicitement rejetés par des décisions des 3 et 4 octobre 2022. Par le présent recours, M. B et la SCI C ET C demandent l'annulation des arrêtés des 11 avril 2022 et 5 juillet 2022, ainsi que des décisions de rejet de leurs recours gracieux.

Sur les fins-de-non-recevoir opposées en défense :

2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'État, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".

3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous les éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

4. Il ressort des pièces du dossier que M. B et la SCI C ET C sont propriétaires de biens situés à proximité immédiate du terrain d'assiette du projet contesté et ont, à ce titre, la qualité de voisins immédiats de la parcelle qui constitue le terrain d'assiette du projet des pétitionnaires. Ils soutiennent que le projet, qui est situé en hauteur par rapport à leurs maisons, sera desservi par la même voie privée ce qui y aggravera le trafic et engendrera des nuisances sonores, que le projet occasionnera des vues sur leurs propriétés, une perte d'intimité, de luminosité et d'ensoleillement et affectera leurs conditions d'occupation pendant les travaux. De plus, la SCI C ET C soutient que l'absence de précisions dans le dossier de permis de construire quant à la gestion des eaux pluviales risque de générer un risque d'inondation important pour leurs parcelles, compte tenu de la configuration en pente des terrains concernés. Dans ces conditions, au regard de la nature du projet autorisé et de la configuration des parcelles des pétitionnaires et des requérants, M. B et la SCI C ET C justifient d'un intérêt pour le contester. Par suite, cette fin de non-recevoir opposée en défense ne saurait être accueillie.

5. En second lieu, aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ". La mention relative au droit de recours, qui doit figurer sur le panneau d'affichage du permis de construire en application de l'article A. 424-17 du code de l'urbanisme, permet aux tiers de préserver leurs droits. Toutefois, l'exercice par un tiers d'un recours administratif ou contentieux contre un permis de construire montre qu'il a connaissance de cette décision et a, en conséquence, pour effet de faire courir à son égard le délai de recours contentieux, alors même que la publicité concernant ce permis n'aurait pas satisfait aux exigences prévues par l'article A. 424-17 du code de l'urbanisme.

6. Les pétitionnaires font valoir que la requête est tardive dès lors que leurs voisins ont formé leur recours après l'expiration du délai de deux mois et qu'ils ont affiché leur permis de construire initial le 11 avril 2022. Toutefois, ils ne produisent aucune pièce établissant l'affichage du permis de construire contesté et sa continuité pendant une période continue de deux mois. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en ce sens par les pétitionnaires doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

7. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ".

8. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

9. Il ressort des pièces du dossier que la notice architecturale ne précise pas l'état initial du terrain dès lors qu'elle ne précise pas qu'il y a une construction existante sur le terrain, en méconnaissance du a) de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme, information qui n'apparaît pas davantage sur les plans de masse de l'état existant ou de l'état projeté. En outre, la notice indique que les véhicules stationneront au sein du garage et devant celui-ci avec la création d'une place de stationnement, mais ne précise pas davantage l'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement en méconnaissance du f) des dispositions de l'article précité et ces informations ne ressortent pas davantage des autres pièces du dossier de permis de construire. Enfin, si la notice précise que la parcelle est couverte de buissons décoratifs et qu'ils seront déplacés et complétés et que le reste du terrain est engazonné, le traitement des plantations à conserver ou à créer n'y est, toutefois, décrit que de manière très sommaire. L'ensemble de ces éléments ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. Par suite, ce moyen doit être accueilli.

10. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".

11. Les requérants soutiennent que le document graphique joint au dossier ne permet pas d'apprécier l'aspect et les couleurs des matériaux utilisés en façade et en toiture, ni le traitement des espaces libres, qu'il n'est pas établi en cohérence avec le plan de masse, qui ne fait état d'aucun revêtement du cheminement piéton, et que les informations relatives aux plantations créées ne sont pas cohérentes entre le document graphique et le plan de masse de l'état projeté. Enfin, ils ajoutent que ni le plan de situation, ni les plans de masse ne comportent d'indication quant à l'angle de prise de vue des photographies PC7 et PC8, contrairement aux exigences de l'article R. 431-10 précité. Il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire que le document graphique et les documents photographiques ne répondent pas aux exigences de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme. Par suite, ce moyen doit être accueilli.

12. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article UA 4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Thibault-des-Vignes : " Les aménagements réalisés sur un terrain ne doivent pas faire obstacle au libre écoulement des eaux pluviales. Les infiltrations d'eaux pluviales à proximité des fondations seront évitées. / Les aménagements sur le terrain doivent garantir leur évacuation dans le réseau collectif quand il existe tout en privilégiant la rétention et l'infiltration des eaux pluviales à la parcelle. / Si un rejet au réseau est nécessaire, les eaux pluviales seront régulées sur la parcelle afin de limiter le débit de leur rejet à 1 l/s/ha. / La récupération, le stockage et l'utilisation des eaux pluviales destinées au jardin et/ou à l'habitat est autorisée selon la réglementation en vigueur. / Pour les aires de stationnement de plus de 250 m2, un équipement de prétraitement est exigé ".

13. Les requérants soutiennent que le projet ne permet pas de garantir l'évacuation de ces eaux pluviales dans un réseau collectif ou une régularisation de ces eaux pluviales par un dispositif de stockage ou d'infiltration et que cette situation est aggravée par la forte déclivité du terrain. Il ressort des pièces du dossier que la notice architecturale fait état de " descentes d'eaux pluviales " qui " seront en aluminium ou en zinc " mais sans précision sur l'évacuation ensuite de ces eaux pluviales. Si la notice indique qu'un " recueil des EP sur le terrain est prévu ", cette mention ne suffit pas à regarder les dispositions de l'article UA 4 précitées comme remplies. Ce moyen doit être accueilli.

14. En quatrième lieu, aux termes des dispositions de l'article UA 6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Thibault-des-Vignes : " Les constructions* s'implanteront à l'intérieur d'une bande de 17 mètres (terrasses, saillies et balcons inclus) mesurée à partir de l'alignement* actuel ou futur des voies de desserte. / () ". Il résulte de ces dispositions que la bande de constructibilité de 17 mètres doit être calculée à partir de l'alignement des voies de desserte, ces voies de desserte ne pouvant être que les voies publiques.

15. D'une part, il ressort des pièces du dossier que, si le terrain d'assiette du projet est bordé par la parcelle cadastrée section BB n° 238 constituant une voie privée fermée par un portail, la voie de desserte publique à partir de laquelle doit être calculé la bande de constructibilité est la rue de Lagny. D'autre part, il est constant que la construction projetée se situe au-delà de cette bande de 17 mètres. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 6 du règlement du plan local d'urbanisme doit être accueilli.

16. En cinquième lieu, aux termes de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Saint-Thibault-des-Vignes : " () Les toitures seront à deux versants symétriques avec faîtage parallèle à la plus grande dimension du bâtiment, ou d'une forme dérivée de cette configuration de base (les croupes seront admises sur les bâtiments en longueur). / Elles auront des pentes comprises entre 35° et 45° et seront sans débordement en pignons, la saillie à l'égout n'excédant pas 20 centimètres. () / Les menuiseries seront d'aspect bois peint ou d'aspect métal ".

17. Il ressort des pièces du dossier que la construction projetée présente une toiture-terrasse et des menuiseries en PVC blanc. Il en résulte qu'elle ne respecte pas les dispositions précitées de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, ce moyen doit être accueilli dans ses deux branches.

18. En sixième lieu, aux termes des dispositions de l'article UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme de Saint-Thibault-des-Vignes : " Les plantations existantes avant le dépôt du permis de construire et en dehors de l'emprise au sol du projet de construction, notamment les arbres de haute tige, seront maintenues ou remplacées par des plantations d'essences indigènes adaptées aux conditions bioclimatiques en nombre et en surface au moins équivalents ".

19. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier des photographies jointes au dossier de demande de permis de construire, que le terrain d'assiette du projet est engazonné et comporte de la végétation et que le dossier ne comporte pas d'information sur lesquelles seront supprimées ou maintenues. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les plantations existantes seront remplacées par des plantations d'essence indigènes adaptées aux conditions bioclimatiques en nombre et en surface au moins équivalents. Par suite, ce moyen doit être accueilli.

Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

20. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".

21. Il résulte de ces dispositions qu'un vice entachant le bien-fondé d'une autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé dans les conditions qu'elles prévoient, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

22. Il ressort des pièces du dossier que les pétitionnaires ne pourraient pas revoir le projet pour régulariser le vice tiré de la méconnaissance de l'article UA 6 du règlement du plan local d'urbanisme eu égard à l'implantation de la construction projetée, en second rang, au-delà de la bande de constructibilité calculée depuis la rue de Lagny.

23. Aux termes de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'elle annule pour excès de pouvoir un acte intervenu en matière d'urbanisme (), la juridiction administrative se prononce sur l'ensemble des moyens de la requête qu'elle estime susceptibles de fonder l'annulation (), en l'état du dossier ". Pour l'application de ces dispositions, aucun des autres moyens de la requête n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation des décisions des 11 avril et 5 juillet 2022 par lesquelles le maire de Saint-Thibault-des-Vignes a délivré à M. et Mme E un permis de construire et un permis de construire modificatif.

24. Il résulte de tout ce qui précède que les décisions des 11 avril et 5 juillet 2022 et les décisions de rejet des recours gracieux du maire de Saint-Thibault-des-Vignes sont annulées.

Sur les frais liés au litige :

25. Il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Saint-Thibault-des-Vignes la somme de 1 500 euros à verser aux requérants au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Les arrêtés des 11 avril 2022 et 5 juillet 2022 et les décisions de rejet des recours gracieux du maire de Saint-Thibault-des-Vignes sont annulés.

Article 2 : La commune de Saint-Thibault-des-Vignes versera à M. B et à la SCI C et C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, désigné représentant unique pour l'ensemble des requérants, à M. C et Mme D E et à la commune de Saint-Thibault-des-Vignes.

Délibéré après l'audience du 31 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Mullié, présidente,

Mme Senichault de Izaguirre, conseillère,

Mme Dutour, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2025.

La rapporteure,

L. DUTOURLa présidente,

N. MULLIE

La greffière,

V. GUILLEMARD

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions