vendredi 22 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2211969 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | NZALOUSSOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 décembre 2022, M. C B et Mme A D épouse B, représentés par Me Nzaloussou, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 mai 2022 par laquelle la préfète du Val-de-Marne a rejeté leur demande de regroupement familial formée au bénéfice de Mme A D épouse B et des trois enfants de cette dernière, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne d'autoriser le regroupement familial sollicité pour Mme A D épouse B et ses trois enfants ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que c'est à tort que la préfète a considéré que M. B ne présentait pas de ressources stables et suffisantes.
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une lettre du 9 novembre 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 8 décembre 2022 sans information préalable.
Une ordonnance portant clôture immédiate de l'instruction a été émise le 19 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Dutour a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant congolais, a sollicité le bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse, Mme D, et des trois enfants mineurs de cette dernière. Par une décision du 30 mai 2022, la préfète du Val-de-Marne a rejeté sa demande au motif qu'il ne justifie pas de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille. Par courrier du 9 août 2022, reçu le lendemain, M. B a formé un recours gracieux, implicitement rejeté par une décision du 10 octobre 2022 de la préfète du Val-de-Marne. Par la présente requête, M. B et Mme D épouse B demandent l'annulation de la décision initiale du 30 mai 2022 et de la décision implicite du 10 octobre 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 434-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial : / 1° Par son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans / 2° Et par les enfants du couple mineurs de dix-huit ans ". Aux termes de l'article L. 434-7 du même code : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : / 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille () ". Selon l'article L. 434-8 du même code : " Pour l'appréciation des ressources mentionnées au 1° de l'article L. 434-7 toutes les ressources du demandeur et de son conjoint sont prises en compte, indépendamment des prestations familiales, de l'allocation équivalent retraite et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles, à l'article L. 815-1 du code de la sécurité sociale et aux articles L. 5423-1 et L. 5423-2 du code du travail. / Ces ressources doivent atteindre un montant, fixé par décret en Conseil d'État, qui tient compte de la taille de la famille du demandeur et doit être au moins égal au salaire minimum de croissance mensuel et au plus égal à ce salaire majoré d'un cinquième () ". Aux termes de l'article R. 434-4 du même code : " Pour l'application du 1° de l'article L. 434-7, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à : () 3° Cette moyenne majorée d'un cinquième pour une famille de six personnes ou plus ".
3. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que le caractère suffisant du niveau de ressources du demandeur est apprécié sur la période de douze mois précédant le dépôt de la demande de regroupement familial, par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum interprofessionnel de croissance au cours de cette même période, majorée d'un cinquième pour une famille de six personnes ou plus, même s'il est toujours possible, pour le préfet, lorsque ce seuil n'est pas atteint au cours de la période considérée, de prendre une décision favorable en tenant compte de l'évolution des ressources du demandeur, y compris après le dépôt de la demande.
4. Pour refuser à M. B le bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse et des trois enfants de cette dernière, la préfète du Val-de-Marne s'est fondée sur la circonstance qu'il ne justifiait pas de ressources stables et suffisantes pour subvenir à leurs besoins au regard des dispositions de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Il ressort des pièces du dossier que, d'une part, M. B, qui déclare résider en France depuis 2000 et avoir à sa charge ses trois enfants mineurs depuis le décès de son épouse en 2014, exerce des missions d'intérim irrégulières qui ne constituent pas une ressource stable. D'autre part, son salaire mensuel net moyen au cours de la période de douze mois précédant l'enregistrement de sa demande de regroupement familial était inférieur au salaire minimum interprofessionnel de croissance net mensuel, sans compter la majoration requise pour une famille de six personnes ou plus. Si M. B soutient qu'il a bénéficié d'une amélioration de sa situation financière dans les douze mois précédant la date de la décision attaquée, il ressort toutefois des pièces du dossier que son salaire net moyen sur cette période s'est élevé à 1 030 euros, alors que le salaire minimum interprofessionnel de croissance net mensuel moyen s'élevait à 1 260 euros, sans compter la majoration requise pour une famille de six personnes ou plus. La circonstance que M. B ait bénéficié, en outre, au cours de cette période, de prestations familiales n'est pas, en tout état de cause, de nature à lui permettre de justifier de ressources suffisantes au sens de la réglementation applicable. Dans ces conditions, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation, en estimant que M. B ne remplissait pas la condition de ressources stables et suffisantes pour obtenir le bénéfice du regroupement familial en faveur de son épouse et des trois enfants mineurs de cette dernière.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des requérants doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées les conclusions à fin d'injonction ainsi que les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et Mme A D épouse B et à la préfète du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 1er mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Blanc, conseillère,
Mme Dutour, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mars 2024.
La rapporteure,
L. DUTOURLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
H. KELI
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026