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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2211977

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2211977

vendredi 20 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2211977
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantLLC ET ASSOCIES - BUREAU DE PARIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 décembre 2022, la société civile de construction vente L'Arquebuse, représentée par Me Lefort, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, et jusqu'il soit statué sur sa légalité :

1°) de suspendre la décision en date du 29 novembre 2022 par laquelle le maire de la commune de Villenoy a refusé d'abroger son arrêté n° 120/2021 en date du 23 novembre 2021 portant interdiction de la circulation aux véhicules de plus de 3,5 tonnes rue de l'Arquebuse ;

2°) par voie de conséquence, de suspendre l'exécution de cet arrêté ;

3°) d'enjoindre au maire de la commune de Villenoy de l'abroger sur le fondement des dispositions L. 911-1 et suivants du code de justice administrative dans un délai de 48 heures à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 5000 euros par jour de retard ;

4°) de condamner la commune de Villenoy à lui régler la somme de 5000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle indique qu'elle dispose de plusieurs permis de construire un immeuble de 27 logements sociaux sur un terrain situé au 32 de la rue de l'Arquebuse à Villenoy (Seine-et-Marne), qu'elle a adressé une déclaration d'ouverture de chantier le 4 octobre 2022 mais que la police municipale s'est opposée à l'accès des engins de chantier sur le site au motif de l'existence d'un arrêté municipal du 21 novembre 2021 interdisant la circulation des véhicules de plus de 3,5 tonnes sur la rue de l'Arquebuse et qu'elle a alors demandé au maire de la commune d'abroger cet arrêté, pris en raison de l'opposition affirmée des autorités municipales à son projet.

Elle soutient, sur la condition d'urgence, qu'elle est satisfaite car cet arrêté l'empêche de réaliser son projet et lui porte un préjudice grave et immédiat, notamment financier, alors qu'elle a engagé des frais importants pour celui-ci, et, sur le doute sérieux, que la décision en litige est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'un défaut de motivation quant à l'état de la chaussée à la date où il a été pris ainsi que d'un détournement de pouvoir dès lors qu'il est constant que la municipalité élue en mars 2020 s'est toujours opposée à son projet et a affirmé son opposition publiquement et à de multiples reprises.

Par un mémoire en défense enregistrée le 2 janvier 2023, la commune de Villenoy conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la société civile de construction vente l'Arquebuse d'une somme de 5000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Vu

- la décision contestée,

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de la voirie routière,

- le code de l'urbanisme,

- le code de justice administrative.

La société civile de construction vente l'Arquebuse a présenté une requête, enregistrée le 13 décembre 2022 sous le numéro 2211976, demandant l'annulation de la décision attaquée.

La présidente du Tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Après avoir, au cours de l'audience du 5 janvier 2023, présenté son rapport en présence de Mme Aubret, greffière d'audience, et entendu :

- les observations de Me Lefort, représentant la société civile de construction vente l'Arquebuse, qui rappelle qu'elle a obtenu plusieurs permis de construire, qu'elle exerce dans le domaine du logement social, qu'elle a tenu compte des risques hydrauliques existant qui ont été traités en accord avec les services de l'Etat, qu'au moment de l'ouverture du chantier, elle a découvert l'existence d'un arrêté d'interdiction de circulation pour les poids lourds de plus de 3,5 tonnes, que cet arrêté est concomitant aux permis de construire, qui maintient que la condition d'urgence est satisfaite car l'opération a nécessité l'engagement de frais importants et, sur le doute sérieux, que l'état de la voirie n'est pas en cause puisque l'opérateur est en tout état de cause tenu de réparer les dégâts éventuels qu'il y aurait causé,

- les observations de Me Gautier, représentant la commune de Villenoy, qui rappelle que plusieurs rues de la commune font déjà l'objet de limitations de circulation, que des inondations ont eu lieu dans cette rue en 2019 et 2021, qui maintient que la condition d'urgence n'est pas établie car la société a attendu longtemps avant d'attaquer l'arrêté, que la circulation est encadrée depuis longtemps, et que le détournement de pouvoir n'est pas établi car l'interdiction de circuler est justifiée par l'intérêt général.

Considérant ce qui suit :

1 La société civile de construction vente l'Arquebuse a déposé le 3 mai 2019 en mairie de Villenoy (Seine-et-Marne) une demande de permis de construire un ensemble de 27 logements sociaux sur un terrain situé 32 rue de l'Arquebuse. Ce permis lui a été accordé par un arrêté du maire de la commune de Villenoy du 16 septembre 2019. Il a été contesté par des riverains et, par un jugement en date du 19 février 2021, le présent tribunal a prononcé un sursis à statuer sur cette contestation dans l'attente de la notification au tribunal d'un permis de construire modificatif délivré à la société pétitionnaire régularisant le vice tenant au sous-dimensionnement de la micro station destinée au retraitement des eaux usées. La société avait toutefois, dès le 7 août 2020, déposé une demande de permis de construire modificatif portant notamment sur la suppression de cette micro station d'épuration pour les eaux usées et la création de branchements directs pour les eaux usées et la création d'un bassin de rétention pour les eaux pluviales. Cette demande a fait l'objet d'une décision de sursis à statuer du maire de la commune de Villenoy du 16 octobre 2020, dont l'exécution a été suspendue par une ordonnance du juge des référés du présent tribunal du 1er décembre 2020. La demande de permis modificatif a alors fait d'objet d'une décision de refus en date du 4 janvier 2021. A la suite du jugement du présent tribunal du 19 février 2021, la société pétitionnaire a déposé, le 16 mars 2021, une nouvelle demande de permis de construire modificatif, qui a fait l'objet d'une nouvelle décision de refus le 8 juin 2021, dont l'exécution a été à nouveau suspendue par une ordonnance du juge des référés du présent tribunal en date du 23 août 2021, qui a fait injonction au maire de la commune de Villenoy de réexaminer la demande de permis modificatif dans un délai d'un mois. Pour tenir compte de la décision de refus du 8 juin 2021, la société avait déposé une troisième demande de permis modificatif le 26 juillet 2021, qui a fait l'objet d'une troisième décision de refus le 13 octobre 2021, dont l'exécution a été suspendue par une nouvelle ordonnance du juge des référés du 1er décembre 2021 qui a également enjoint au maire de la commune de Villenoy, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, de délivrer à la société civile de construction vente l'Arquebuse le permis de construire modificatif en litige, par une décision provisoire. Ce permis a été accordé le 13 décembre 2021. Par un jugement du 29 juin 2022, devenu définitif, la légalité de l'autorisation de construire initiale, corrigée par le permis modificatif du 13 décembre 2021, a été constatée par le présent tribunal. Le 4 octobre 2022, la société pétitionnaire, qui disposait également d'un permis de construire tacite depuis le 27 octobre 2021, a déposé une déclaration d'ouverture de chantier et a souhaité entreprendre les premiers travaux de démolition de l'immeuble existant sur la parcelle. A cette occasion, il a été porté à sa connaissance d'un arrêté municipal, daté du 23 novembre 2021, donc pris entre la délivrance du permis tacite du 27 octobre 2021 et l'ordonnance du juge des référés du présent tribunal du 1er décembre 2021, interdisait toute circulation et stationnement, hors véhicules de service et de transport en commun, sur la rue de l'Arquebuse. Le 21 novembre 2022, par l'intermédiaire de son conseil, la société civile de construction vente l'Arquebuse a fait parvenir au maire de la commune de Villenoy une demande d'abrogation de cet arrêté, qui a fait l'objet d'une décision expresse de refus le 29 novembre 2022, dont il est demandé au juge des référés de prononcer la suspension de l'exécution.

Sur les conclusions aux fins de suspension :

2 Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

Sur l'urgence :

3 L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

4 Aux termes de l'article R. 424-10 du code de l'urbanisme : " La décision accordant ou refusant le permis ou s'opposant au projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est notifiée au demandeur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception postal. Il en est de même de l'arrêté fixant les participations exigibles du bénéficiaire d'un permis tacite ou d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable. () ". Aux termes de l'article R. 424-17 du même code : " Le permis de construire, d'aménager ou de démolir est périmé si les travaux ne sont pas entrepris dans le délai de trois ans à compter de la notification mentionnée à l'article R. 424-10 ou de la date à laquelle la décision tacite est intervenue. Il en est de même si, passé ce délai, les travaux sont interrompus pendant un délai supérieur à une année. ". Aux termes de l'article R. 424-19 du même code : " En cas de recours devant la juridiction administrative contre le permis ou contre la décision de non-opposition à la déclaration préalable ou de recours devant la juridiction civile en application de l'article L. 480-13, le délai de validité prévu à l'article R. 424-17 est suspendu jusqu'au prononcé d'une décision juridictionnelle irrévocable. Il en va de même, en cas de recours contre une décision prévue par une législation connexe donnant lieu à une réalisation différée des travaux dans l'attente de son obtention. ".

5 Il ressort des pièces du dossier que la décision contestée a pour conséquence sinon d'empêcher, du moins de la rendre plus difficile, la réalisation matérielle du chantier de la société civile de construction vente l'Arquebuse pour laquelle elle a obtenu des autorisations expresses ou tacites du maire de la commune de Villenoy et engagé des sommes importantes depuis plus de trois ans, menace également sa viabilité économique résultant de la hausse des prix des matières premières et l'obligation qui serait la sienne de le réaliser uniquement au moyen de véhicules d'un poids inférieur à 3,5 tonnes, au risque d'aggraver au surplus les nuisances pour le voisinage qui serait alors soumis à une circulation intensive de véhicules de plus faible tonnage, et l'expose enfin, s'il s'avérait que l'emploi de véhicules de faible tonnage n'était pas possible, au risque de voir frappées de caducité, la mesure contestée n'étant pas au nombre des législations connexes mentionnées à l'article R. 424-19 du code de l'urbanisme. Par suite, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :

6 En premier lieu, en raison de la permanence de l'acte réglementaire, la légalité des règles qu'il fixe, la compétence de son auteur et l'existence d'un détournement de pouvoir doivent pouvoir être mises en cause à tout moment, de telle sorte que puissent toujours être sanctionnées les atteintes illégales que cet acte est susceptible de porter à l'ordre juridique. Cette contestation peut prendre la forme d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre la décision refusant d'abroger l'acte réglementaire, comme l'exprime l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration aux termes duquel : " L'administration est tenue d'abroger expressément un acte réglementaire illégal ou dépourvu d'objet, que cette situation existe depuis son édiction ou qu'elle résulte de circonstances de droit ou de faits postérieures, sauf à ce que l'illégalité ait cessé ( ) ".

7 En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 2213-1 du code général des collectivités locales : " Le maire exerce la police de la circulation sur les routes nationales, les routes départementales et l'ensemble des voies publiques ou privées ouvertes à la circulation publique à l'intérieur des agglomérations, sous réserve des pouvoirs dévolus au représentant de l'Etat dans le département sur les routes à grande circulation. () ". Aux termes de l'article R. 141-3 du code de la voirie routière : " Le maire peut interdire d'une manière temporaire ou permanente l'usage de tout ou partie du réseau des voies communales aux catégories de véhicules dont les caractéristiques sont incompatibles avec la constitution de ces voies, et notamment avec la résistance et la largeur de la chaussée ou des ouvrages d'art ".

8 Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté dont l'abrogation a été demandé par la société requérante est motivé par " la conservation du domaine public " et par le fait que " l'état de la chaussée n'est pas en mesure de garantir cette conservation ". La commune fait valoir que d'autres rues de la commune sont grevées des mêmes prescriptions de voirie depuis plus longtemps, que le ru du Rutel est sujet à des débordements qui ont affecté la rue de l'Arquebuse en particulier en 2019 et 2021 qui ont fragilisé la chaussée et que d'ailleurs une fuite d'eau a été constatée sur le réseau d'eau enterré en décembre 2022 à la suite du passage d'un véhicule de plus de 3,5 tonnes.

9 Toutefois, malgré ces éléments, il est constant que l'arrêté en litige autorise, dans le même temps et notamment, le passage dans cette même rue des véhicules de transport en commun ainsi que des véhicules de collecte d'ordures ménagères, sans limitation de poids et sans qu'il soit établi que ces véhicules, dont la fréquence de passage est nécessairement plus importante que celle des autres véhicules lourds dans une rue qui n'est en tout état de cause pas de grande circulation, affecte moins gravement la conservation du domaine public que ceux nécessaires à la réalisation du chantier de la société requérante.

10 Par suite, et en l'état de l'instruction, la société requérante est fondée à soutenir que la décision en date du 29 novembre 2022, par laquelle le maire de la commune de Villenoy a refusé d'abroger son arrêté n° 120/2021 portant interdiction de la circulation aux véhicules de plus de 3,5 tonnes rue de l'Arquebuse en date du 23 novembre 2021, est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

11 En troisième lieu, l'arrêté du 21 novembre 2021, pris entre la délivrance d'un permis modificatif tacite à la société civile de construction vente l'Arquebuse, intervenue le 27 octobre 2021, et l'ordonnance du juge des référés du présent tribunal en date du 1er décembre 2021 suspendant l'exécution d'une décision de refus de délivrance d'un permis modificatif à la société pétitionnaire, et alors que le maire de la commune s'était déjà opposé aux deux autres demande de permis modificatif et qu'il n'est pas contesté qu'il ait à plusieurs reprises affirmé publiquement son opposition au projet accepté par son prédécesseur, a pour effet sinon d'empêcher de réaliser le chantier autorisé du moins de le rendre matériellement plus difficile et donc plus coûteux et susceptible d'affecter son équilibre économique. S'il était loisible à l'autorité compétente de réglementer pour des raisons liées à la sécurité et à la préservation du réseau routier communal la circulation sur cette voie, à la condition de la motiver par des constatations objectives, elle ne pouvait le faire dans le but déterminant d'empêcher la réalisation de ce chantier. Si la commune fait valoir en défense que l'état de la voie, endommagé notamment par les débordements récurrents du ru du Rutel, justifiait que la circulation des poids lourds y soit interdite, toutefois, eu égard à la concomitance entre l'adoption de cet arrêté et le litige opposant la commune à la société pétitionnaire et en l'absence surtout de toute justification quant à la nécessité, à cette date, de réglementer la circulation des poids lourds sur une voie dont ce n'est pas la fonction principale, le moyen tiré de ce que cet arrêté est entaché d'un détournement de pouvoir est également de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée du 29 novembre 2022 refusant de l'abroger.

12 Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision en date du 29 novembre 2022 par laquelle le maire de la commune de Villenoy a refusé d'abroger son arrêté n° 120/2021 portant interdiction de la circulation aux véhicules de plus de 3,5 tonnes rue de l'Arquebuse en date du 23 novembre 2021, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

13 La présente ordonnance implique que le maire de la commune de Villenoy délivre à la société civile de construction vente l'Arquebuse, à titre provisoire et dans l'attente de l'intervention du jugement au fond, ainsi qu'à toute société que celle-ci aura mandaté pour l'exécution du chantier en vue de la construction pour laquelle elle bénéficie d'un permis de construire, une dérogation à l'arrêté du 21 novembre 2021 leur permettant de circuler avec des véhicules de plus de 3,5 tonnes sur la rue de l'Arquebuse. Il y a lieu d'enjoindre au maire de la commune de Villenoy d'y procéder, dans le délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu d'assortir à ce stade cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés à l'instance :

14 En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Villenoy une somme de 1200 euros au titre des frais exposés la société civile de construction vente l'Arquebuse et non compris dans les dépens. Les mêmes dispositions font en revanche obstacle à ce que la société civile de construction vente l'Arquebuse, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse à la commune de Villenoy une somme quelconque au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : L'exécution de la décision en date du 29 novembre 2022 par laquelle le maire de la commune de Villenoy a refusé d'abroger son arrêté n° 120/2021 en date du 23 novembre 2021 portant interdiction de la circulation aux véhicules de plus de 3,5 tonnes rue de l'Arquebuse est suspendue jusqu'au jugement de l'affaire au fond.

Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Villenoy de délivrer à la société civile de construction vente l'Arquebuse, à titre provisoire et dans l'attente de l'intervention du jugement au fond, ainsi qu'à toute société que celle-ci aura mandaté pour l'exécution du chantier en vue de la construction pour laquelle elle bénéficie d'un permis de construire, une dérogation à l'arrêté du 21 novembre 2021 leur permettant de circuler avec des véhicules de plus de 3,5 tonnes sur la rue de l'Arquebuse, dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 3 : La commune de Villenoy versera à la société civile de construction vente l'Arquebuse une somme de 1200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Villenoy sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à la société civile de construction vente l'Arquebuse, à la commune de Villenoy et au préfet de Seine-et-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. A

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2211977

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