jeudi 12 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2212020 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GUILLOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 décembre 2022, M. B D, représenté par
Me Guillou, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, et jusqu'il soit statué sur sa légalité :
1°) de suspendre la décision en date du 2 novembre 2022 par laquelle le préfet de
Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français,
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne, sur le fondement de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer durant cet examen un récépissé de première demande de titre de séjour l'autorisant à travailler conformément à l'article R.431-14 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, injonction assortie d'une astreinte fixée à 100 euros par jour de retard, en application de l'article L. 911-3 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat (préfet de Seine-et-Marne), une somme de
1.000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il indique qu'il est entré en France en 2017, qu'il a eu un enfant le 29 octobre 2021 avec une ressortissante française avec qui il vit à Saint-Soupplets (Seine-et-Marne), qu'il a sollicité du préfet de Seine-et-Marne (sous-préfecture de Meaux) une première carte de séjour en qualité de parent d'enfant français mais que, par une décision du 2 novembre 2022, sa demande a été rejetée.
Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'il a répondu à l'ensemble des demandes de l'administration et que son dossier est complet, et, sur le doute sérieux, que la décision en litige a été signée par une personne ne disposant pas d'une délégation régulière, qu'elle a été prise sans examen approfondi de sa situation car il a répondu aux demandes de l'administration portant au surplus sur des pièces qui ne sont pas exigées pour l'instruction de la demande, qu'elle est entachée d'une erreur de fait ainsi que d'une erreur manifeste d'appréciation et qu'elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3 § 1 de la convention internationale sur les droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 décembre 2022, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la décision est une décision de refus d'enregistrement de la demande de titre de séjour et non une décision de rejet ainsi que l'a relevé le juge des référés dans son ordonnance du 9 décembre 2022.
Vu
- la décision attaquée,
- les autres pièces du dossier.
Vu
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
-le code des relations entre le public et l'administration,
-le code de justice administrative.
M. D a présenté une requête, enregistrée le 5 décembre 2022 sous le numéro 2211735, demandant l'annulation de la décision attaquée.
La présidente du Tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 5 janvier 2023, présenté son rapport en présence de Mme Aubret, greffière d'audience, en l'absence du requérant et du préfet de
Seine-et-Marne ou de leurs représentants, dûment convoqués.
Considérant ce qui suit :
1 Le 8 septembre 2022, M. D, ressortissant tunisien né le 22 janvier 1997 à
Ben Guerdane (Gouvernorat de Médenine), a déposé une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à la suite de la naissance de son enfant, le 29 octobre 2021, né de sa relation avec une ressortissante française avec qui il réside à Saint-Soupplets (Seine-et-Marne). Par une lettre du
2 novembre 2022, le préfet de Seine-et-Marne (sous-préfecture de Meaux) l'a informé que son dossier était incomplet et ne pouvait être enregistré car il y manquait une pièce d'identité nationale de l'enfant ainsi que des éléments tendant à démontrer qu'il assurait son entretien et son éducation. Par une requête enregistrée le 5 décembre 2022, il a demandé au présent tribunal l'annulation de cette décision en considérant qu'elle révélait une décision de refus de séjour. Une requête en référé suspension présentée le 7 décembre 2022 a été rejetée par le juge des référés du présent tribunal le 9 décembre 2022 sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, considérant qu'une telle lettre révélait une décision de refus d'enregistrement et non une décision de refus de séjour. Par une nouvelle requête en référé enregistrée le
14 décembre 2022, M. D demande à nouveau la suspension de l'exécution de la lettre du
2 novembre 2022, en considérant que celle-ci révélait bien une décision de refus de séjour dès lors qu'elle est fondée sur une insuffisance de justificatifs de l'entretien et de l'éducation de l'enfant, au demeurant non définis, et qu'il est dans l'impossibilité de fournir plus d'éléments que ceux déjà produits.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2 Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
Sur l'urgence :
3 Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
4 En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. D est le père d'un enfant de nationalité française, née de sa relation avec une ressortissante française, qui se déclare sans emploi, avec qui il vit et qui atteste de sa présence au foyer et de sa participation à l'entretien et à l'éducation de leur enfant. Par suite, la condition d'urgence doit être considérée comme satisfaite.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
5 Aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article
L. 412-1. ".
6 Aux termes de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration : " Lorsqu'une demande adressée à l'administration est incomplète, celle-ci indique au demandeur les pièces et informations manquantes exigées par les textes législatifs et réglementaires en vigueur. Elle fixe un délai pour la réception de ces pièces et informations.
Le délai mentionné à l'article L. 114-3 au terme duquel, à défaut de décision expresse, la demande est réputée acceptée ne court qu'à compter de la réception des pièces et informations requises. Le délai mentionné au même article au terme duquel, à défaut de décision expresse, la demande est réputée rejetée est suspendu pendant le délai imparti pour produire les pièces et informations requises. Toutefois, la production de ces pièces et informations avant l'expiration du délai fixé met fin à cette suspension. La liste des pièces et informations manquantes, le délai fixé pour leur production et la mention des dispositions prévues, selon les cas, au deuxième ou au troisième alinéa du présent article figurent dans l'accusé de réception prévu à l'article L. 112-3. Lorsque celui-ci a déjà été délivré, ces éléments sont communiqués par lettre au demandeur ".
7 Par la décision contestée du 2 novembre 2022, le préfet de Seine-et-Marne a indiqué au requérant que son dossier était incomplet, qu'il ne pouvait donc l'enregistrer, car il lui fallait justifier de la nationalité française de son enfant en produisant une pièce nationale d'identité et que les éléments démontrant qu'il participait à son entretien et à son éducation étaient insuffisants.
8 Toutefois, d'une part, la carte nationalité d'identité de la jeune A D a été jointe à la présente requête et, d'autre part, le préfet de Seine-et-Marne ne précise pas la nature des pièces permettant à son sens de considérer comme suffisantes les preuves de participation à l'entretien et à l'éducation de celle-ci par le requérant, mettant ainsi ce dernier dans l'impossibilité de répondre utilement à la demande qui lui était faite. Par suite, la décision en cause, par son imprécision sur ce dernier point, ne peut qu'être considérée que comme une décision de refus de titre de séjour et non, comme le soutient le préfet de Seine-et-Marne, une décision de refus d'enregistrement qui a, au demeurant, pour l'intéressé, les mêmes conséquences qu'une décision de refus de séjour au regard de la régularité de son séjour sur le territoire français.
9 Par suite, dès lors, ainsi qu'il l'a été dit plus haut, que M. D justifie qu'il est bien le père d'un enfant français et qu'il réside bien avec la mère de celui-ci, laquelle atteste de sa présence continue au foyer familial et de sa participation à l'entretien et à l'éducation de sa fille, il est fondé à demander la suspension de l'exécution de la décision du 2 novembre 2022 en ce qu'elle refuse d'enregistrer sa demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant français et, par voie de conséquence, refuse son admission au séjour sur le territoire français, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête.
Sur l'injonction :
10 Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ". Si, pour le cas où l'ensemble des conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative est rempli, le juge des référés peut suspendre l'exécution d'une décision administrative et prescrire par la même décision juridictionnelle que l'auteur de la décision prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, de telles mesures doivent, ainsi que l'impose l'article L. 511-1 du même code, présenter un " caractère provisoire ". Il ne peut dès lors, sans excéder sa compétence, ordonner une mesure qui aurait des effets en tous points identiques à ceux qui résulteraient de l'exécution par l'autorité administrative d'un jugement annulant la décision administrative contestée.
11 Aux termes de l'article L.911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
12 Si les conditions posées à l'octroi de la suspension d'une décision retirant un avantage sont remplies, il appartient donc au juge administratif d'assortir le prononcé de cette suspension de l'indication des obligations qui en découleront pour l'administration et qui pourront consister à réexaminer les droits de l'intéressé à cet avantage dans un délai déterminé ou, le cas échéant, à prendre toute mesure conservatoire utile prescrite par le juge compte tenu de l'objet du litige, du moyen retenu et de l'urgence.
13 La suspension des effets de l'exécution de la décision ainsi ordonnée implique que, en l'absence de tout autre motif y faisant obstacle, le préfet de Seine-et-Marne procède au réexamen de la demande de titre de séjour présentée par M. D, en lui précisant, le cas échéant, et, à supposer que l'attestation de la mère de l'enfant jointe au dossier ne lui semblerait pas, à elle seule, suffisante, la nature exacte des justificatifs sollicités de la participation du requérant à l'entretien et à l'éducation de son enfant, et que ce réexamen ainsi que la décision afférente interviennent dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur les frais du litige :
14 Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
15 Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfet de Seine-et-Marne) une somme de 800 euros qui sera versée à M. D, en application de ces dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision en date du 2 novembre 2022 par laquelle le préfet de Seine-et-Marne (sous-préfecture de Meaux) a refusé d'enregistrer la demande de titre de séjour déposée par M. D sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, par voie de conséquence, lui a refusé son droit au séjour, est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Seine-et-Marne de réexaminer la situation de M. D et de prendre une nouvelle décision sur la demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'Etat (préfet de Seine-et-Marne) versera une somme de 800 euros à M. D en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B D at au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée au préfet de Seine-et-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2212020
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026