lundi 9 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2212164 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BENYAHIA |
Vu la procédure suivante :
A une requête introductive d'instance et un mémoire complémentaire, enregistrés les 19 et 27 décembre 2022 sous le n° 2212164, Mme B F épouse E et M. D E, demeurant 69 avenue Vladimir Ilitch Oulianov à Arcueil (94110), représentés A Me F, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 19 octobre 2022 A laquelle le recteur de l'académie de Créteil a refusé d'autoriser l'instruction en famille de leur enfant C E ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Créteil d'autoriser l'instruction en famille de l'enfant C E dans un délai de quinze jours sous astreinte de 100 euros A jour de retard ou, a minima, de réexaminer sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme F épouse E et M. E soutiennent que :
* leur requête est recevable car précédée du recours administratif préalable obligatoire prévu à l'article D. 131-11-10 du code de l'Education ;
* la condition d'urgence de l'article L. 521-1 du code de justice administrative est remplie puisque l'absence d'instruction en famille préjudicierait de manière grave et immédiate à la situation propre de C dès lors que ses besoins ne seraient plus pris en considération au sein d'un établissement scolaire ;
* il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors que :
- elle est entachée d'un vice de procédure tiré de l'irrégularité de la composition de la commission saisie du recours administratif préalable obligatoire ;
- elle retire illégalement une décision créatrice de droits ;
- elle est entachée d'erreur de droit ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
A un mémoire en défense, enregistré le 4 janvier 2023, le recteur de l'académie de Créteil conclut au rejet de la requête en faisant valoir que :
- l'urgence qu'il y aurait à suspendre la décision litigieuse n'est pas établie dans la mesure où les circonstances selon lesquelles C aurait besoin de beaucoup de calme autour d'elle et de repos, ferait preuve en outre d'une grande sensibilité émotionnelle, et dont le cerveau travaillerait de façon plus approfondie, qui ne sont A ailleurs étayées A aucune pièce, ne permettent pas d'établir le caractère propre de sa situation ; de plus, les requérants ne peuvent se prévaloir d'une situation irrégulière qu'ils ont eux-mêmes engendrée, dès lors qu'en l'absence d'autorisation d'instruction en famille, C aurait dû être inscrite dans un établissement scolaire depuis la rentrée de septembre 2022 ;
- il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse dès lors que la commission académique qui a pris la décision litigieuse était régulièrement composée ; cette décision n'a retiré aucune décision créatrice de droits puisqu'aucune décision d'acceptation de la demande d'instruction en famille n'a pu naître du silence gardé A le rectorat pendant plus de deux mois sur la demande des époux E ; en outre, la décision contestée n'est pas entachée d'erreur de droit ni d'erreur manifeste d'appréciation puisqu'aucun des éléments du dossier de C ne peut être regardé comme de nature à établir une " situation propre " à celle-ci ; enfin, elle ne porte pas atteinte à l'intérêt supérieur de C ni ne méconnaît le principe de la liberté d'enseignement.
A un mémoire en réplique, enregistré le 5 janvier 2023, les époux E concluent aux mêmes fins que la requête A les mêmes moyens en soutenant, de plus, que :
- il ne peut être sérieusement contesté que les besoins et le rythme particuliers d'un enfant hypersensible ne constitue pas une situation propre au sens du code de l'Education ;
- il ne saurait leur être reproché de s'être eux-mêmes placés dans la situation d'urgence qu'ils invoquent dès lors qu'ils n'ont jamais été destinataires du courrier A lequel le rectorat leur réclamait des documents complémentaires ;
- ni le code de l'Education, ni la jurisprudence ne chargent l'administration d'analyser les avantages et les inconvénients de l'instruction d'un enfant dans un établissement d'enseignement et en famille ; c'est pourtant ce que fait le recteur dans sa décision du 19 octobre 2022 qui est de ce fait entachée d'erreur de droit ;
- A ailleurs, elle est également entachée d'erreur de fait dès lors qu'un établissement scolaire ne pourra pas répondre aux besoins spécifiques de C.
Vu :
- le rejet du 19 octobre 2022 du recours administratif préalable obligatoire ;
- la requête à fin d'annulation enregistrée sous le n° 2212170 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le
26 janvier 1990 ;
- le code de l'Education ;
- la loi n° 2021-1109 du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République et des exigences minimales de la vie en société, et notamment son article 49 ;
- le décret n° 2022-183 du 15 février 2022 relatif à la commission devant laquelle sont formés les recours administratifs préalables obligatoires exercés contre les décisions de refus d'autorisation d'instruction dans la famille ;
- le décret n° 2022-849 du 2 juin 2022 modifiant l'article D. 131-11-10 du code de l'Education ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. G, premier-conseiller, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours des audiences publiques tenues les 4 et 5 janvier 2023 en présence de
Mme Aubret, greffière d'audience, M. G a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me F, représentant Mme F épouse E, requérante présente, qui conclut aux mêmes fins que la requête A les mêmes moyens en soutenant, de plus que la jeune C âgée de trois ans a débuté son instruction en famille à la rentrée de septembre 2022 ; le 28 septembre 2022, le recteur d'académie refusait la demande d'instruction en famille de la jeune C et ce rejet était confirmé A décision du 19 octobre 2022 prise suite au recours préalable obligatoire de l'article D. 131-11-10 du code de l'Education ; l'urgence est avérée car la décision litigieuse porte une atteinte grave et immédiate à la situation de C qui est déjà en instruction en famille depuis quatre mois maintenant ; il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée du 19 octobre 2022 dans la mesure où, d'une part, elle est entachée d'irrégularité quant à la composition de la commission académique ayant statué sur le recours préalable obligatoire ; d'autre part, elle est entachée d'erreur de droit dans la mesure où elle se fonde sur la circonstance que l'école maternelle peut prendre en considération les besoins spécifiques liés à la situation propre à la jeune C, ce qui n'est pas au nombre des éléments que l'autorité administrative doit contrôler avant de se prononcer ; au surplus, ce n'est pas le cas, puisque C souffre d'hypersensibilité établie A son médecin traitant, ce qui engendre chez elle des besoins particuliers que le système scolaire ne peut pas prendre en compte ; c'est en effet une fille fragile et vulnérable avec un rythme d'apprentissage différencié qui nécessite une instruction adaptée ; de plus, sa sœur aînée, Emna bénéficie de droit de l'instruction en famille ; enfin, le projet pédagogique est précis, complet et élaboré conformément à la situation propre à C.
Le recteur de l'académie de Créteil, défendeur, n'est ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience du 5 janvier à
14 heures 55.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin de suspension présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " ; aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () " ; aux termes de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. "
2. D'autre part, aux termes de l'article L. 131-1 du code de l'Education : " L'instruction est obligatoire pour chaque enfant dès l'âge de trois ans et jusqu'à l'âge de seize ans. " ; aux termes de l'article L. 131-2 du même code, dans sa version issue de l'article 49 de la loi n° 2021-1109 du 24 août 2021 : " L'instruction obligatoire est donnée dans les établissements ou écoles publics ou privés. Elle peut également, A dérogation, être dispensée dans la famille A les parents, A l'un d'entre eux ou A toute personne de leur choix, sur autorisation délivrée dans les conditions fixées à l'article L. 131-5. " ; aux termes de cet article L. 131-5, dans sa version issue de l'article 49 de la loi n° 2021-1109 du
24 août 2021 : " Les personnes responsables d'un enfant soumis à l'obligation scolaire définie à l'article L. 131-1 doivent le faire inscrire dans un établissement d'enseignement public ou privé ou bien, à condition d'y avoir été autorisées A l'autorité de l'Etat compétente en matière d'éducation, lui donner l'instruction en famille () / La présente obligation s'applique à compter de la rentrée scolaire de l'année civile où l'enfant atteint l'âge de trois ans. / L'autorisation mentionnée au premier alinéa est accordée pour les motifs suivants, sans que puissent être invoquées d'autres raisons que l'intérêt supérieur de l'enfant : / 1° L'état de santé de l'enfant ou son handicap ; / 2° La pratique d'activités sportives ou artistiques intensives ; / 3° L'itinérance de la famille en France ou l'éloignement géographique de tout établissement scolaire public ; / 4° L'existence d'une situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif, sous réserve que les personnes qui en sont responsables justifient de la capacité de la ou des personnes chargées d'instruire l'enfant à assurer l'instruction en famille dans le respect de l'intérêt supérieur de l'enfant. Dans ce cas, la demande d'autorisation comporte une présentation écrite du projet éducatif, l'engagement d'assurer cette instruction majoritairement en langue française ainsi que les pièces justifiant de la capacité à assurer l'instruction en famille. " ; enfin, aux termes du IV de l'article 49 de la loi n° 2021-1109 du 24 août 2021 : " Le présent article entre en vigueur à la rentrée scolaire 2022. / A dérogation, l'autorisation prévue à l'article L. 131-5 du code de l'éducation est accordée de plein droit, pour les années scolaires 2022-2023 et 2023-2024, aux enfants régulièrement instruits dans la famille au cours de l'année scolaire 2021-2022 et pour lesquels les résultats du contrôle organisé en application du troisième alinéa de l'article L. 131-10 du même code ont été jugés suffisants. "
3. Pour la mise en œuvre des articles L. 131-2 et L. 131-5 précités du code de l'Education dans leur rédaction issue de l'article 49 de la loi n° 2021-1109 du 24 août 2021, dont il résulte que les enfants soumis à l'obligation scolaire sont, en principe, instruits dans un établissement ou école d'enseignement, il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle est saisie d'une demande tendant à ce que l'instruction d'un enfant dans la famille soit, à titre dérogatoire, autorisée, de rechercher, au vu de la situation de cet enfant, quels sont les avantages et les inconvénients pour lui de son instruction, d'une part dans un établissement ou école d'enseignement, d'autre part, dans la famille selon les modalités exposées A la demande et, à l'issue de cet examen, de retenir la forme d'instruction la plus conforme à son intérêt.
4. En ce qui concerne plus particulièrement l'article L. 131-5 du code de l'Education prévoyant la délivrance A l'administration, à titre dérogatoire, d'une autorisation pour dispenser l'instruction dans la famille en raison de " l'existence d'une situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif ", ces dispositions, telles qu'elles ont été interprétées A la décision n° 2021-823 DC du Conseil constitutionnel du 13 août 2021, impliquent que l'autorité administrative, saisie d'une telle demande, contrôle que cette demande expose de manière étayée la situation propre à cet enfant motivant, dans son intérêt, le projet d'instruction dans la famille et qu'il est justifié, d'une part, que le projet éducatif comporte les éléments essentiels de l'enseignement et de la pédagogie adaptés aux capacités et au rythme d'apprentissage de cet enfant, d'autre part, de la capacité des personnes chargées de l'instruction de l'enfant à lui permettre d'acquérir le socle commun de connaissances, de compétences et de culture défini à l'article L. 122-1-1 du code de l'Education au regard des objectifs de connaissances et de compétences attendues à la fin de chaque cycle d'enseignement de la scolarité obligatoire.
5. Enfin, aux termes de l'article D. 131-11-10 du code de l'Education, dans sa version issue du l'article 1er du décret n° 2022-849 du 2 juin 2022 : " Toute décision de refus d'autorisation d'instruction dans la famille peut être contestée dans un délai de quinze jours à compter de sa notification écrite A les personnes responsables de l'enfant auprès d'une commission présidée A le recteur d'académie. " ; aux termes de l'article D. 131-11-12 du même code, dans sa version issue de l'article 1er du décret n° 2022-183 du 15 février 2022 : " La commission se réunit dans un délai d'un mois maximum à compter de la réception du recours administratif préalable obligatoire. / La décision de la commission est notifiée dans un délai de cinq jours ouvrés à compter de la réunion de la commission. " ; enfin, aux termes de l'article D. 131-11-13, de ce code dans sa version issue de l'article 1er du décret
n° 2022-183 du 15 février 2022 : " La juridiction administrative ne peut être saisie qu'après mise en œuvre des dispositions de l'article D. 131-11-10. "
6. Il résulte de l'instruction que Mme B F épouse E et son époux, M. D E ont souhaité, au titre de l'année scolaire 2022-2023, obtenir du rectorat de l'académie de Créteil l'autorisation prévue à l'article L. 131-2 du code de l'Education d'instruire leur jeune fille C, née le 4 mars 2019, et qui a donc trois ans et demi, en famille au motif de la situation propre à l'enfant en application de l'article L. 131-5 du même code, ce qui leur fut refusé A décision du 26 septembre 2022. Mme F épouse E et M. E ont alors introduit le recours administratif préalable obligatoire prévu à l'article D. 131-11-10 de ce code, auquel la commission de l'académie de Créteil a opposé un refus A décision du 19 octobre 2022. A la présente requête, Mme F épouse E et M. E demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 précité du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision du 21 juillet 2022.
En ce qui concerne la condition d'urgence :
7. D'une part, il résulte des dispositions précitées des articles L. 521-1 et R. 522-1 du code de justice administrative que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies A le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit s'apprécier objectivement et globalement et tenir compte du fait que le requérant ne se soit pas placé lui-même dans une situation qui ne lui permette pas d'invoquer utilement -ni sérieusement- la notion d'urgence ; il en est notamment ainsi lorsque la situation d'urgence découle directement de la négligence ou de la carence du requérant, ou de tout autre acte positif qui lui est directement imputable. Enfin, la condition d'urgence s'apprécie à la date de la présente ordonnance.
8. D'autre part, il résulte de ce qui a été développé aux points 3 et 4 que, pour justifier de l'urgence à suspendre la décision litigieuse, les parents qui souhaitent instruire en famille leur enfant au regard de l'existence d'une situation propre à celui-ci doivent, d'une part, expliciter et démontrer le caractère propre de la situation de leur enfant et, d'autre part, établir en quoi l'absence d'instruction en famille préjudicierait de manière suffisamment grave et immédiate à cette situation.
9. Pour justifier de cette condition d'urgence, Mme F épouse E et son époux soutiennent, d'une part, que les besoins de leur fille C ne seraient plus pris en considération au sein d'un établissement scolaire. Toutefois, ils n'apportent aucun élément probant de nature à démontrer que les besoins spécifiques et le rythme particulier de leur enfant hypersensible sur le plan émotionnel ne pourraient pas être pris en considération A l'institution scolaire. Ils ne le peuvent d'autant moins que, alors que la décision contestée date du 19 octobre 2022 et qu'elle leur a été notifiée à la fin de ce même mois, ils ont maintenu leur fille C en instruction en famille, s'empêchant ainsi de constater dans les faits et pare eux-mêmes l'inadéquation voire l'impossibilité alléguées d'une scolarisation de leur fille. D'autre part, la circonstance selon laquelle Emna, sœur ainée de la jeune C bénéficie avec succès de l'instruction en famille ne constitue pas en elle-même une situation propre à l'enfant dont la méconnaissance porterait gravement atteinte à ses intérêts. Quant à la rupture d'égalité alléguée entre les enfants des requérants, elle ne saurait être utilement invoquée dans la mesure où elle résulte de leur choix d'assurer l'instruction en famille de l'aînée de la jeune C. Enfin, et en tout état de cause, les requérants ne sauraient utilement se prévaloir d'une situation irrégulière qu'ils ont eux-mêmes contribué à créer dès lors qu'en l'absence d'autorisation d'instruction en famille, C aurait dû être inscrite dans un établissement scolaire dès la notification de la décision en cause, c'est-à-dire dès la fin du mois d'octobre 2022.
10. Il résulte de tout ce qui précède que l'urgence n'est au cas d'espèce pas établie. A suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'un doute sérieux, il convient de rejeter les conclusions à fin de suspension présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. A voie de conséquence, il convient également de rejeter les conclusions à fin d'injonction sous astreinte ainsi que celles tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme F épouse E et de M. E est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B F épouse E, à M. D E et au ministre de l'Education nationale et de la jeunesse.
Copie dématérialisée en sera adressée au recteur de l'académie de Créteil.
Fait à Melun, le 9 janvier 2023.
Le juge des référés,
Signé : C. G
La République mande et ordonne au ministre de l'Education nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026