jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2212246 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | NGANGA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistré le 21 décembre 2022, M. A C, actuellement en zone d'attente de l'aéroport d'Orly, représenté par Me Nganga, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension des décisions du 19 décembre 2022 de refus d'entrée et de placement en zone d'attente de l'aéroport d'Orly ;
2°) d'enjoindre à l'administration de le libérer afin qu'il puisse bénéficier de sa liberté d'aller et venir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision de refus d'entrée :
- doit être regardée comme constituant une voie de fait et par voie de conséquence, une urgence ;
- méconnaît la liberté fondamentale que constitue la liberté d'aller et de venir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 décembre 2022, le ministre de l'Intérieur et des Outre-mer conclut au rejet de la requête en faisant valoir que :
- l'urgence n'est pas établie dès qu'il ne résidait pas sur le territoire français jusqu'à présent et s'y rendait à des seules fins touristiques ; en revanche, il y a urgence à maintenir le refus d'entrée litigieux afin d'empêcher le requérant de pénétrer sur le territoire national, ce dernier étant muni d'un passeport dont certaines pages ont été falsifiées ;
- aucun principe non plus qu'aucune règle de valeur constitutionnelle n'assure aux étrangers des droits de caractère général et absolu d'accès et de séjour sur le territoire national.
Vu :
- la décision de refus d'entrée de M. C en date du 19 décembre 2022 et celle de son placement en zone d'attente du même jour ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. Israël, premier conseiller, pour statuer en tant que juge des référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 22 décembre 2022 en présence de Mme Zdini, greffière d'audience, M. B a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Nganga représentant M. C, qui persiste en tous points dans les termes de sa requête.
- le ministère de l'intérieur et des outre-mer n'étant ni présent ni représenté ;
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que M. A C, ressortissant congolais né le 16 aout 1981 Brazzaville (République du Congo), a tenté de pénétrer sur le territoire métropolitain le 19 décembre 2022 en provenance de Casablanca (Maroc). Il s'est alors vu opposer une décision du 19 décembre 2022 notifiée à 22 heures 10 de refus d'entrée sur le territoire métropolitain, suivie d'une décision notifiée à 23 heures 23 de placement en zone d'attente. Par la présente requête, M. A C demande, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension des décisions de refus d'entrée et de placement en zone d'attente et de le remettre en liberté.
Sur la décision de placement en zone d'attente :
2. Aux termes de l'article L. 341-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le placement en zone d'attente est prononcé pour une durée qui ne peut excéder quatre jours par une décision écrite et motivée d'un agent relevant d'une catégorie fixée par voie réglementaire ". Aux termes de l'article L. 342-1 de ce code : " Le maintien en zone d'attente au-delà de quatre jours à compter de la décision de placement initiale peut être autorisé, par le juge des libertés et de la détention statuant sur l'exercice effectif des droits reconnus à l'étranger, pour une durée qui ne peut être supérieure à huit jours ". Dès lors que le requérant a été placé en zone d'attente aéroportuaire le 19 décembre 2022 pour une durée de quatre jours, il résulte de ces dispositions qu'à la date de la présente ordonnance, il n'appartient qu'au juge judiciaire de se prononcer, comme gardien de la liberté individuelle, sur son maintien en zone d'attente.
Sur la décision de refus d'entrée sur le territoire français :
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
En ce qui concerne les libertés fondamentales et l'office du juge :
4. En premier lieu, pour l'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la liberté d'aller et venir et le droit de chacun au respect de sa liberté personnelle, qui implique en particulier qu'il ne puisse subir de contraintes excédant celles qu'imposent la sauvegarde de l'ordre public ou le respect des droits d'autrui, la liberté d'exercice d'une profession, le droit au respect de la vie privée et familiale ou encore la liberté de se marier constituent des libertés fondamentales au sens des dispositions de cet article. Il revient, le cas échéant, au juge des référés de concilier ces libertés fondamentales pour apprécier si une atteinte grave et manifestement illégale résultant de l'action ou de la carence de la personne publique mise en cause justifie le prononcé de mesures conservatoires de sauvegarde. Il lui appartient de se prononcer en l'état de l'instruction devant lui et en fonction de la situation à la date à laquelle il rend sa décision, sans que les requérants puissent utilement invoquer d'hypothétiques atteintes futures à une liberté fondamentale qui pourraient résulter de mesures susceptibles d'être prises à l'avenir en raison de l'évolution des circonstances.
5. Ces libertés fondamentales s'exercent toutefois, en ce qui concerne le franchissement des frontières, dans les limites découlant de la souveraineté de l'Etat et des accords internationaux et n'ouvrent pas aux étrangers un droit général et absolu d'accès et de résidence sur le territoire français. Celui-ci est en effet subordonné au respect tant de la législation et de la réglementation en vigueur que des règles qui résultent des engagements européens et internationaux de la France.
6. En second lieu, lorsqu'il est saisi sur le fondement des dispositions citées ci-dessus et qu'il constate une atteinte grave et manifestement illégale portée par une personne morale de droit public à une liberté fondamentale, résultant de l'action ou de la carence de cette personne publique, il appartient au juge des référés de prescrire les mesures qui sont de nature à faire disparaître les effets de cette atteinte, dès lors qu'existe une situation d'urgence caractérisée justifiant le prononcé de mesures de sauvegarde à très bref délai. Le juge des référés peut notamment ordonner à l'autorité compétente de prendre, à titre provisoire, des mesures, dès lors qu'il s'agit de mesures d'urgence qui lui apparaissent nécessaires pour sauvegarder, à très bref délai, la liberté fondamentale à laquelle il est gravement, et de façon manifestement illégale, porté atteinte. Ces mesures sont indépendantes des décisions de prolongation du placement en zone d'attente que l'autorité judiciaire peut, le cas échéant, prononcer. A ce titre, le juge des référés peut notamment suspendre un refus d'autorisation d'entrée sur le territoire et enjoindre à l'autorité compétente de prendre les mesures nécessaires pour permettre cette entrée sur le territoire français.
En ce qui concerne les atteintes graves et manifestes à des libertés fondamentales :
7. Aux termes de l'article 14 du règlement (UE) 2016/399 du 9 mars 2016 : " L'entrée sur le territoire des Etats membres est refusée au ressortissant de pays tiers qui ne remplit pas l'ensemble des conditions d'entrée énoncées à l'article 6, paragraphe 1, et qui n'appartient pas à l'une des catégories de personnes visées à l'article 6, paragraphe 6. () ". Le I de l'article 6 de ce règlement mentionne, dans les conditions d'entrée sur le territoire de ressortissants tiers, la possession d'un visa en cours de validité ou d'un titre de séjour mais également, en son a), la " possession d'un document de voyage en cours de validité autorisant son titulaire à franchir la frontière " et l'article 8 de ce même règlement précise les vérifications aux frontières portant sur les ressortissants de pays tiers, en relevant qu'elles portent sur la validité du document et " ii) l'examen approfondi du document de voyage la recherche d'indices de falsification () ".
8. Il résulte d'une lecture combinée des dispositions précitées que l'entrée sur le territoire français nécessite de détenir un document de voyage valable, alors même que l'étranger possède un visa ou un titre de séjour.
9. Il ressort de l'instruction que l'entrée sur le territoire français a été refusée à M. C au motif que les pages 3 et 4 de son passeport biométrique congolais délivré à Pointe Noire le 22 novembre 2019 et valable jusqu'au 1er novembre 2024 ont été falsifiées. Le ministre de l'intérieur détaille à cet égard les falsifications apportées sur ces pages, visibles à l'œil nu, portant notamment sur le code de sécurité, un défaut d'alignement, ainsi qu'un filigrane fortement altéré dont le motif est illisible. Dès lors, en l'état de l'instruction, eu égard aux éléments d'irrégularité du document de voyage en résultant, qui l'invalident dans son ensemble et alors même qu'ils ne portent pas sur l'identité de M. C, le ministre de l'intérieur, en refusant son entrée sur le territoire pour ce motif, n'a pas porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir, qui est subordonnée, ainsi qu'il a été dit précédemment, au respect de la législation et de la réglementation en vigueur.
10. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que les conclusions de la requête, présentées sur le fondement de l'article
L. 521-2 du code de justice administrative, doivent être rejetées. Par voie de conséquence, il en va de même des conclusions tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer.
Copie dématérialisée en sera adressée au directeur de la police aux frontières (PAF) de l'aéroport d'Orly.
Le juge des référés,
Signé : D. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026