jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2212275 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | PEREIRA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 décembre 2022, Mme A D, représentée par Me Pereira, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 décembre 2022 par lequel la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme B soutient que :
- le refus de titre de séjour méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
- l'obligation de quitter le territoire français emporte des conséquences excessives et disproportionnées sur sa situation personnelle ;
- cette obligation viole les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
La requête a été communiquée le 23 décembre 2022 à la préfète du Val-de-Marne, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Leconte a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A D, ressortissante congolaise née en 1984 à Pointe-Noire (république du Congo), est entrée en France le 9 février 2008 selon ses déclarations. Par un arrêté du 5 décembre 2022 dont elle demande l'annulation, la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", "travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 () ".
3. Mme B soutient être entrée en France le 9 février 2008 et y séjourner depuis plus de dix ans. Cependant, il ressort seulement des pièces versées aux débats la présence sur le sol national de Mme B en mai et juillet 2008, la délivrance au profit de son fils d'une carte nationale d'identité française en mai 2009, le bénéfice d'un titre de séjour du 27 mars 2017 au 26 mars 2018 et, pour la période postérieure, l'intéressée produit seulement un courrier du 28 mai 2019, un récépissé de demande de titre de séjour délivré le 8 janvier 2020 et trois certificats de scolarité pour son fils, des 7 et 16 septembre 2020 et 16 septembre 2021. Ces éléments sont insuffisants pour établir une résidence habituelle en France excédant dix ans au sens et pour l'application des dispositions précitées. Au demeurant, alors que l'obligation de saisine de la commission du titre de séjour prévue par ces dispositions s'applique dans le cas d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour, Mme B ne justifie ni même n'allègue avoir adressé aux services préfectoraux une demande sur ce fondement. En conséquence, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour, ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, Mme B se prévaut de sa situation familiale et en particulier de la circonstance que son fils, né en France le 29 mai 2008 et reconnu par un ressortissant français le 26 novembre 2008, a ainsi grandi jusqu'à ses onze ans en tant que Français, avant que la reconnaissance de paternité en cause soit annulée, au motif de son caractère frauduleux, par un jugement rendu le 18 novembre 2019 par la chambre du conseil du tribunal de grande instance de Beauvais. Cependant, tout d'abord, alors qu'il résulte des circonstances précitées que Mme B n'a pas la qualité de parent d'enfant français, la requérante, qui ne fait pas état d'une relation de couple qu'elle entretiendrait avec le ressortissant français en question, ne produit aucun élément au soutien de ses allégations selon lesquelles ce dernier aurait, dans les premières années de l'enfant, entretenu une relation avec celui-ci. Ensuite, il n'est pas davantage produit d'éléments relatifs à un hébergement de Mme B chez son propre père avec son fils, ni de la présence en France d'un des frères de la requérante. Enfin, l'intéressée ne justifie pas non plus des activités professionnelles qu'elle invoque avoir exercées, ni d'une résidence habituelle en France. Ce faisant, la requérante n'apporte pas d'éléments suffisants pour démontrer qu'elle aurait fixé le centre de ses intérêts privés sur le territoire national. Par ailleurs Mme B, qui déclare être arrivée en France à l'âge de 23 ans, ne conteste pas avoir conservé des attaches familiales au Congo, où vit un autre de ses enfants ainsi que sa mère, deux frères et deux sœurs. Dans ces conditions, alors que la requérante, qui invoque des conséquences excessives et disproportionnées de l'obligation de quitter le territoire français sur sa situation, peut être regardée à cet égard comme soulevant l'erreur manifeste d'appréciation dont cette décision serait entachée, ce moyen doit être écarté. Il en est de même, à supposer invoqué, d'un moyen tiré d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales entachant la même décision.
5. En dernier lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
6. Ainsi qu'il a été dit plus haut, la requérante ne produit aucun élément au soutien de ses allégations selon lesquelles son fils né en France vivrait avec elle chez son propre père et qu'ainsi l'enfant entretiendrait des liens particuliers avec son grand-père établi en France, de même qu'avec son oncle, frère de la requérante. De la même façon, si celle-ci soutient que l'enfant est scolarisé en France depuis dix ans, elle se borne à produire concernant celui-ci des certificats de scolarité pour les années 2019 à 2022. Dans ces conditions et compte tenu des constatations opérées au point 4, il ne ressort d'aucun élément un obstacle à ce que Mme B s'établisse avec son fils dans leurs pays d'origine, en sorte que la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français aurait porté atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant et ainsi méconnu les stipulations précitées. Ce moyen doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d'injonction et de celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, à la préfète du Val-de-Marne et à Me Pereira.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
Mme Leconte, première conseillère,
Mme Massengo, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 30 mai 2024.
La rapporteure,
S. LECONTELa présidente,
I. BILLANDONLa greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026