lundi 9 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2212289 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | OFFICIO AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 décembre 2022 sous le n° 2212289, Mme C E G, demeurant 775 A avenue de l'Europe à Moissy-Cramayel (77550), représentée par
Me Callon, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 20 octobre 2022 par laquelle le centre hospitalier intercommunal de Créteil (CHIC) a prononcé la fin de son stage et sa radiation des cadres ;
2°) d'enjoindre au CHIC de la titulariser ;
3°) de mettre à la charge du CHIC la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme E G soutient que :
* la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision en litige préjudice de manière grave et immédiate à sa situation puisqu'elle la prive de tout revenu, étant précisé qu'étant en congé maladie lors de la fin de son stage elle ne peut s'inscrire à Pôle Emploi et n'a plus aucune ressource ;
* il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors que :
- elle est entachée d'un vice de forme tiré de ce qu'elle n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure tiré de l'absence de procédure contradictoire préalable ; elle n'a en effet jamais été informée qu'une telle décision pouvait être prise, elle n'a pas davantage été informée de la réunion de la commission administrative paritaire locale (CAPL), ni du contenu de son dossier ou des éléments qui allait être examinés lors de la CAPL, et n'a pas été invitée à présenter ses observations ni auprès de sa direction ni auprès de la CAPL ;
- elle est entachée d'incompétence de son auteur en ce qu'il ressort de ses termes qu'elle a été prise par la CAPL et non par le directeur de l'établissement hospitalier ;
- enfin, elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à sa supposée insuffisance professionnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 janvier 2023, le CHIC, représenté par
Me Cochereau, conclut, à titre principal au non-lieu à statuer, à titre subsidiaire au rejet de la requête et en conséquence à la mise à la charge de Mme E G de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en faisant valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que lui a été remise une attestation Pôle Emploi lui permettant de faire valoir ses droits aux allocations chômage d'aide au retour à l'emploi (ARE) dès le mois de novembre 2022 ; de plus, elle n'apporte au soutien de ses écritures aucune pièce lui permettant d'attester de la réalité et du montant de ses charges mensuelles ; enfin, il ressort de l'avis d'imposition fourni par la requérante que le foyer de la requérante se compose d'un second déclarant, M. A E, lequel est rémunéré en moyenne 1 750 euros par mois ;
- il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de la décision querellée qui et a été signée pour M. B, directeur des ressources humaines de l'établissement, par son adjoint,
M. D ; de plus, la décision portant refus de titularisation de la requérante ne reposant sur aucune faute disciplinaire, elle n'avait pas à être motivée ; pour les mêmes raisons, le CHIC n'était pas tenu d'inviter la requérante à consulter son dossier administratif ou à faire valoir ses observations ; en outre, cinq encadrants de Mme E G ont confirmé, de manière concordante, les difficultés et lacunes de la requérante, ainsi que ses conséquences sur l'organisation et la bonne marche du service.
Vu :
- la décision litigieuse en date du 20 octobre 2022 ;
- la requête à fin d'annulation de cette décision enregistrée sous le n° 2212300 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Freydefont, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 4 janvier 2023 en présence de Mme Aubret, greffière d'audience, M. F a lu son rapport et entendu :
- les observations Me Cochereau, représentant le CHIC, qui reprend les conclusions de son mémoire en défense par les mêmes moyens en faisant valoir, en outre, que Mme E G a été recrutée en mars 2018 pour des besoins de remplacement essentiellement ; au cours d'une première période de stage, ses compétences ont été jugées insuffisantes et la commission administrative paritaire locale (CAPL) du 6 avril 2022 a émis un avis favorable à la prolongation de son stage ; l'intéressée a fait l'objet d'un nouveau tutorat mais à l'issue de sa seconde période de stage, force a été de constater qu'elle était toujours jugée insuffisante sur le plan professionnel et la CAPL a cette fois émis un avis de non titularisation à l'unanimité de ses membres ; l'urgence n'est pas caractérisée car la requérante peut faire valoir ses droits à l'allocation chômage d'aide de retour à l'emploi (ARE) ; en outre, son époux perçoit 1 750 euros nets par mois et il n'est pas démontré que ce serait insuffisant pour subvenir aux charges du ménage ; il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée qui n'avait pas à être motivée puisqu'elle n'est fondée que sur des faits d'insuffisance professionnelle et non de faute disciplinaire ; pour les mêmes raisons, la requérante n'avait pas à consulter son dossier ni à faire valoir ses observations préalables ; de plus, la décision est signée par une autorité compétente, même si elle a été prise au visa de l'avis de la CAPL ; enfin, aucune erreur manifeste d'appréciation ne saurait être reprochée au CHIC compte tenu des nombreuses insuffisances relevées à l'encontre de la requérante : lenteur dans l'apprentissage de ses taches, nombreuses erreurs, manque d'efficacité, difficulté à travailler en équipe, omission dans la prise de certains rendez-vous de patients.
Mme E G, requérante, n'est ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 12 heures 10.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " ; aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. " ; enfin, aux termes du premier alinéa de l'article
R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. Il résulte de l'instruction que Mme C E G, née le 13 avril 1982, et embauchée au sein du centre hospitalier intercommunal de Créteil (CHIC) en 2018 en tant que contractuelle en contrat à durée déterminée comme secrétaire médicale au service de
gynécologie-obstétrique au poste de secrétaire en programmation opératoire, s'est vu notifier une décision du 20 octobre 2022 par laquelle il est mis fin à son stage et qui la radie des cadres du personnel de l'établissement hospitalier à compter du 1er novembre 2022. Par la requête susvisée, Mme E G demande, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision.
3. Pour justifier de l'existence d'un doute sérieux quant à l'existence de la décision contestée, Mme E G soutient que cette décision est entachée d'un vice de forme tiré de ce qu'elle n'est pas motivée ; de plus, elle fait valoir qu'elle est entachée d'un vice de procédure tiré de l'absence de procédure contradictoire préalable ; elle n'a en effet jamais été informée qu'une telle décision pouvait être prise, et elle n'a pas davantage été informée de la réunion de la commission administrative paritaire locale (CAPL), ni du contenu de son dossier ou des éléments qui allait être examinés lors de la CAP, et n'a pas été invitée à présenter ses observations ni auprès de sa direction ni auprès de la CAP ; en outre, la requérante soutient que la décision litigieuse est entachée d'incompétence de son auteur en ce qu'il ressort de ses termes qu'elle a été prise par la commission administrative paritaire et non par le directeur de l'établissement hospitalier ; enfin, Mme E G soutient que la décision querellée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à sa supposée insuffisance professionnelle.
4. Toutefois, en l'état actuel de l'instruction, ces moyens doivent tous être écartés soit comme manquant en fait (incompétence), soit comme inopérants (vice de forme et vice de procédure), soit comme infondés (erreur manifeste d'appréciation). Par suite, aucun d'eux n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du CHIC du 20 octobre 2022.
5. Il en résulte que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence, il convient de rejeter les conclusions à fin de suspension de cette décision présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du même code. Par voie de conséquence, il convient également de rejeter les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur les frais de l'instance :
6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. " D'une part, ces dispositions font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge du CHIC, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande Mme E G au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ; d'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de Mme E G le versement d'une somme de 600 euros au CHIC sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de Mme E G est rejetée.
Article 2 : Mme E G versera au centre hospitalier intercommunal de Créteil (CHIC) la somme de 600 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C E G et au ministre de la santé et de la prévention.
Copie dématérialisée en sera adressée au centre hospitalier intercommunal de Créteil (CHIC).
Fait à Melun, le 9 janvier 2023.
Le juge des référés,
Signé : C. F
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2212289
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026