jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2212298 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | CABOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 21 décembre 2022 et 7 juin 2024, M. B A, représenté par Me Cabot, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 août 2022 par laquelle le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a refusé de lui reconnaître la qualité d'apatride ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides de lui reconnaître la qualité d'apatride dans le délai de deux mois à compter du jugement à intervenir, ou, à défaut, de réexaminer sa demande sous la même condition de délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides la somme de 1 500 euros, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreurs de faits et méconnaît l'autorité de la chose jugée dès lors que la Cour nationale du droit d'asile a admis qu'il n'était " titulaire ni de la nationalité irakienne, ni d'aucune autre nationalité " ;
- méconnaît les stipulations de l'article 1er de la Convention de New York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides et les dispositions de l'article L. 582-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 février 2024, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
En application des dispositions de l'article R. 613-2 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience.
M. B A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de New York du 28 septembre 1954 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Massengo,
- et les conclusions de M. Gauthier-Ameil, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. M. A a formé une demande de reconnaissance de la qualité d'apatride le 17 février 2022. Par une décision du 23 août 2022, le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a refusé de faire droit à sa demande. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a bénéficié d'un entretien de près d'une heure et demi devant l'OFPRA pour les seuls besoins de l'examen de sa demande d'apatridie, lors duquel il a pu livrer l'ensemble des informations utiles à l'examen de sa situation. Ainsi, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni des termes de la décision que le directeur général de l'OFPRA n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de sa demande. Le moyen tiré du défaut d'un tel examen ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée énonce les dispositions légales applicables ainsi que les faits qui en constitue le fondement. Par suite, et dès lors que la motivation d'une décision administrative ne se confond pas avec le bien-fondé de ses motifs, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, M. A soutient que la décision est entachée d'erreurs de fait et méconnaît l'autorité de la chose jugée dès lors qu'elle contient des énoncés qui contredisent les motifs de la décision de la Cour nationale du droit d'asile le 23 novembre 2022, confirmant le rejet de sa demande d'asile par l'OFPRA le 12 février 2020. S'il ressort des termes de cette décision que la Cour nationale du droit d'asile a considéré que M. A n'était titulaire " ni de la nationalité irakienne, ni d'aucune autre nationalité ", ce motif de la décision ne signifie pas pour autant que l'intéressé remplissait les conditions légales pour obtenir la qualité d'apatride. Dès lors qu'il n'entrait pas dans l'office de cette juridiction de se prononcer sur la question de l'apatridie, et que les motifs d'une décision juridictionnelle ne sont revêtus de l'autorité de la chose jugée que lorsqu'ils ont le caractère de soutien nécessaire du dispositif, ce qui n'est pas le cas en l'espèce, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision de l'OFPRA portant rejet de sa demande de reconnaissance de la qualité d'apatride est entachée d'erreurs de fait et méconnaît l'autorité de la chose jugée.
5. En quatrième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 1er de la convention de New York du 28 septembre 1954 : " Aux fins de la présente Convention, le terme ''apatride'' désigne une personne qu'aucun État ne considère comme son ressortissant par application de sa législation ". Et aux termes de l'article L. 582-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La qualité d'apatride est reconnue à toute personne qui répond à la définition de l'article 1er de la convention de New York, du 28 septembre 1954, relative au statut des apatrides. Ces personnes sont régies par les dispositions applicables aux apatrides en vertu de cette convention ".
6. Il incombe à toute personne se prévalant de la qualité d'apatride d'apporter la preuve qu'en dépit de démarches répétées et assidues, le ou les Etats de la nationalité desquels elle se prévaut, ont refusé de donner suite à ses démarches.
7. Pour rejeter la demande de reconnaissance de la qualité d'apatride à M. A, le directeur général de l'OFPRA a considéré qu'il ne produisait pas suffisamment d'éléments permettant d'attester de sa trajectoire personnelle et de l'accomplissement de diligences sérieuses afin de clarifier sa situation administrative auprès des autorités irakiennes et iraniennes.
8. Il ressort des déclarations de M. A qu'il serait né en Irak au sein d'une famille bédouine, sans que sa naissance ne soit déclarée aux autorités irakiennes. Il se serait installé avec sa mère en Iran en 1991 alors qu'il était mineur, près de la frontière irakienne, et y aurait vécu de manière irrégulière jusqu'en 2016 sans parvenir à clarifier sa situation administrative auprès des autorités irakiennes et iraniennes. Entré en France en 2018 après un parcours migratoire de deux ans, il a formé une demande d'asile, rejetée par l'OFPRA le 12 février 2020 puis par la CNDA le 23 novembre 2021. Pour justifier de l'accomplissement de démarches vaines auprès des autorités irakiennes et iraniennes afin d'établir sa nationalité, M. A produit, d'une part, un courriel envoyé par son avocate à l'ambassade d'Irak en France le 2 février 2022 afin que cet Etat le reconnaisse comme son ressortissant, resté sans réponse. S'il produit, d'autre part, des documents justifiant de son déplacement le 23 janvier 2024 à l'ambassade d'Irak et au consulat iranien, un document du ministère de l'intérieur de l'Etat irakien en date du 12 mars 2023 attestant que sa nationalité irakienne ne pouvait être établie, et une attestation de résidence établie par un conseil de village iranien, permettant de justifier de sa résidence en Iran de 1991 à 2016, l'ensemble de ces démarches et pièces sont postérieures à la décision attaquée. Dans ces conditions, M. A ne peut être regardé comme justifiant, à la date de la décision attaquée, de démarches répétées et assidues n'ayant pas permis de se voir reconnaître la nationalité irakienne ou iranienne. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision aurait méconnu les stipulations et dispositions précitées.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'OFPRA, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse au conseil de M. A, sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, la somme de 1 500 euros au titre des frais qu'il aurait exposés s'il n'avait pas bénéficié de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Cabot et à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
Mme Massengo, conseillère,
Mme Bourrel Jalon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
La rapporteure
C. MASSENGOLa présidente,
I. BILLANDONLa greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026