mercredi 21 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2212432 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SERHANE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Serhane, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 novembre 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un titre de séjour, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
M. B soutient que les décisions attaquées sont entachées d'une erreur d'appréciation dès lors d'une part, que son contrat de travail n'a pas été renouvelé en raison de la crise sanitaire liée à la covid-19 et que le préfet n'a pas pris en compte ses recherches d'emploi et, d'autre part, qu'il réside en France depuis l'année 2015 où il a établi le centre de ses intérêts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2023, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 21 juillet 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 21 août 2023 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Bourdin a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant algérien entré en France le 13 septembre 2015, sous couvert d'un visa de long séjour étudiant, a été mis en possession d'un certificat de résidence algérien portant la mention " travailleur temporaire " le 4 janvier 2021 et valable jusqu'au 3 janvier 2022. Le 26 janvier 2022, il a sollicité le renouvellement de son certificat de résidence sur le fondement des stipulations du e) de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par arrêté du 25 novembre 2022, le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai trente jours et a fixé le pays de destination. Par la requête susvisée, M. B demande l'annulation de l'arrêté du 25 novembre 2022 en tant qu'il refuse de faire droit à sa demande de renouvellement de titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes des stipulations de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968: " Les dispositions du présent article et celles de l'article 7 bis fixent les conditions de délivrance du certificat de résidence aux ressortissants algériens autres que ceux visés à l'article 6 nouveau, ainsi qu'à ceux qui s'établissent en France après la signature du premier avenant à l'accord : () /e) Les ressortissants algériens autorisés à exercer à titre temporaire, en application de la législation française, une activité salariée chez un employeur déterminé, reçoivent un certificat de résidence portant la mention " travailleur temporaire ", faisant référence à l'autorisation provisoire de travail dont ils bénéficient et de même durée de validité ;() ". Aux termes de l'article R. 5221-1 du code du travail : " I.- Pour exercer une activité professionnelle salariée en France, les personnes suivantes doivent détenir une autorisation de travail lorsqu'elles sont employées conformément aux dispositions du présent code : /1° Etranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse ; () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B a bénéficié d'un certificat de résidence algérien l'autorisant à exercer à titre temporaire une activité salariée chez un employeur déterminé valable du 4 janvier 2021 au 3 janvier 2022. Si le requérant produit un contrat de travail à durée déterminée en date du 3 septembre 2019 pour un emploi de gestionnaire de pièces de rechanges sous SAP qu'il devait occuper du 16 septembre 2019 au 31 mai 2020, il est constant que ce contrat de travail n'a pas été renouvelé à son échéance. De même, si M. B soutient que le non renouvellement de ce contrat est lié à la seule crise sanitaire, il ne produit aucun élément attestant de cette allégation et la seule temporalité du contrat ne saurait suffire à l'établir. Par ailleurs, le requérant ne justifie d'aucun contrat de travail, ni d'aucune autorisation provisoire de travail depuis cette date, de sorte qu'il ne remplissait pas les conditions précitées du paragraphe e) de l'article 7 de l'accord franco-algérien à la date de la décision en litige. En outre, le seul fait de produire quelques courriels datant des mois de septembre et décembre 2022 relatifs à des candidatures à des offres d'emplois qui sont demeurées infructueuses à la date de la décision attaquée ne saurait caractériser que le préfet de Seine-et-Marne a commis une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées ou une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de la situation professionnelle du requérant.
4. Aux termes du paragraphe 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : /() 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; () ".
5. M. B fait valoir qu'il a établi l'ensemble de ses intérêts personnels en France où il réside depuis l'année 2015, dispose d'un logement et est titulaire d'un diplôme dans un domaine pour lequel il existe une forte demande de spécialiste. Toutefois, ces seules circonstances sont insuffisantes pour établir une atteinte à sa vie privée et familiale. Outre le fait que le requérant ne justifie pas du diplôme dont il se prévaut, il ressort des pièces du dossier que celui-ci a été admis à séjourner sur le territoire national sous couvert d'un visa de long séjour étudiant ne lui donnant pas vocation à demeurer en France, qu'il n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine qu'il a quitté à l'âge de 24 ans et où il s'est rendu au regard des mentions qu'il indique dans son courriel du 23 septembre 2022, dans le courant du mois de septembre de cette même année. Le requérant est par ailleurs célibataire et n'apporte aucun élément sur les attaches personnelles et familiales qu'il aurait pu nouer en France. Par suite, les décisions attaquées ne sont pas entachées d'une erreur d'appréciation au regard de son droit à mener une vie privée et familiale normale.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée ainsi en toutes ces conclusions, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de Seine-et-Marne.
Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Ledamoisel, présidente,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Rehman-Fawcett, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2024.
La rapporteure,
S. BOURDIN
La présidente,
C. LEDAMOISELLa greffière,
Y. SADLI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026