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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2300223

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2300223

mercredi 29 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2300223
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation7ème chambre
Avocat requérantBERNARDO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 janvier 2023, Mme B D et M. C D, représentés par Me Bernardo, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2022 par lequel la préfète du Val­de­Marne a accordé à la société Greencity Immobilier un permis de construire pour un immeuble comprenant vingt-six logements, un commerce en rez-de-chaussée et un parc de stationnement de trente-huit places sur les parcelles cadastrées section ER 9 et ER 10 en zone U.1.a, sises 24 avenue Saint-Louis à Saint-Maur-des-Fossés, ensemble le rejet de leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la société Greencity Immobilier la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la requête est recevable ;

- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que la demande de permis de construire ne comprend pas d'accord du gestionnaire du domaine public ;

- le projet n'est pas conforme aux dispositions de l'article 2.2.5 du plan de prévention des risques d'inondation (PPRI);

- la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme ;

- la décision contestée méconnait les dispositions des articles U.1-10, U1.12-2, et U.1.15-1 du règlement du PLU.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2023, la société Greencity Immobilier, représentée par la SCP Courrech et associés, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce qu'il soit fait droit à sa demande tendant à l'application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable :

* les requérants sont dépourvus d'un intérêt à agir ;

* il n'est pas justifié de la preuve de la notification du recours au pétitionnaire ;

- les moyens de la requête sont infondés.

Par un mémoire enregistré le 27 décembre 2024, le préfet du Val-de-Marne conclut à titre principal au rejet de la requête, et à titre subsidiaire à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.

Il fait valoir que les moyens de la requête sont infondés.

M. et Mme D ont produit un mémoire le 30 décembre 2024, il n'a pas été communiqué en application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.

Par un courrier du 7 janvier 2025, les parties ont été informées qu'en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, le tribunal était susceptible de surseoir à statuer pendant un délai de six mois sur les conclusions à fin d'annulation afin de mettre à même le pétitionnaire de solliciter un permis de construire modificatif régularisant les vices résultant de la méconnaissance de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme et de l'article 2.2.5 applicable en zone bleue du PPRI de la Seine et de la Marne dans le département du Val­de­Marne, et ont été invitées à présenter leurs observations.

Par un mémoire enregistré le 9 janvier 2025, des observations ont été présentées pour la société Greencity Immobilier et ont été communiquées.

Par un mémoire enregistré le 10 janvier 2025, des observations ont été présentées pour les requérants et ont été communiquées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- code des relations entre le public et l'administration

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Combier,

- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,

- les observations de Me Bernardo, représentant M. et Mme D, et celles de Me Verdier, représentant la société Greencity Immobilier.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 12 juillet 2022, la préfète du Val­de­Marne a délivré à la société Greencity Immobilier un permis de construire pour un immeuble collectif de vingt-six logements, un commerce en rez-de-chaussée et un parc de stationnement de trente-huit places sur les parcelles cadastrées section ER 9 et 10, sises 24 avenue Saint-Louis à Saint-Maur-des-Fossés, à l'intersection avec la rue du Moulin, en zone U.1.a du plan local d'urbanisme alors applicable. Les requérants ont formé un recours gracieux contre cet arrêté par un courrier du 22 septembre 2022 reçu en préfecture le même jour, resté sans réponse, de sorte qu'une décision implicite de rejet est née le 22 novembre 2022. Mme B D et M. C D demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2022, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.

Sur la recevabilité de la requête :

En ce qui concerne la fin de non-recevoir tirée de l'absence de notification des recours :

2. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de () recours contentieux à l'encontre () d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, () l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. () L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. / () ".

3. La société Greencity Immobilier fait valoir que les requérants ne justifient pas avoir satisfait aux obligations prévues par les dispositions précitées. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les requérants ont notifié, d'une part, leur recours gracieux à la société pétitionnaire par une lettre recommandée avec accusé de réception reçue le 22 septembre 2022, et d'autre part, une copie de leur recours contentieux respectivement à la préfète du Val­de­Marne et à la société pétitionnaire, par deux lettres recommandées avec accusé de réception reçues les 17 et 19 janvier 2023, soit dans le délai de quinze jours de l'enregistrement de leur requête du 10 janvier 2023. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée en défense doit être écartée.

En ce qui concerne la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. Le présent article n'est pas applicable aux décisions contestées par le pétitionnaire. ".

5. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous les éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat, justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

6. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme D sont propriétaires d'un appartement au deuxième étage d'un immeuble sis rue du Moulin et faisant face au projet autorisé. En outre, les requérants soutiennent, en produisant plusieurs pièces en ce sens, que l'immeuble collectif projeté aura, en raison de sa hauteur, pour effet de diminuer l'ensoleillement de leur appartement, et altérera la vue depuis leur balcon. Dans ces conditions ils justifient d'un intérêt à agir et la fin de non-recevoir opposée par la société pétitionnaire en défense doit être écartée.

Sur les conclusions en annulation :

En ce qui concerne le vice d'incompétence :

7. D'une part, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire () est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu () ". Aux termes de l'article L. 422-2 du code de l'urbanisme : " Par exception aux dispositions du a de l'article L. 422-1, l'autorité administrative de l'Etat est compétente pour se prononcer sur un projet portant sur : () / d) Les opérations de logement situées dans les secteurs arrêtés par le préfet en application du deuxième alinéa de l'article L. 302-9-1 du code de la construction et de l'habitation et appartenant aux catégories de constructions ou d'aménagements listées dans l'arrêté pris en application du même article L. 302-9-1, et les opérations ayant fait l'objet, pendant la durée d'application de cet arrêté, d'une convention prise sur le fondement du sixième alinéa dudit article L. 302-9-1 ". En outre, aux termes de l'article R. 422-2 du même code : " Le préfet est compétent pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable dans les communes visées au b de l'article L. 422-1 et dans les cas prévus par l'article L. 422-2 dans les hypothèses suivantes : () / g) Pour les constructions à usage de logement situées dans les secteurs arrêtés par le préfet en application du deuxième alinéa de l'article L. 302-9-1 du code de la construction et de l'habitation et appartenant aux catégories de constructions ou d'aménagements énumérées dans l'arrêté pris en application du même alinéa, et les opérations ayant fait l'objet, pendant la durée d'application de cet arrêté, d'une convention prise sur le fondement du sixième alinéa du même article ". En vertu de l'article L. 302-9-1 du code de la construction et de l'habitation le représentant de l'Etat peut prononcer la carence de la commune et prévoir aussi les secteurs dans lesquels le représentant de l'Etat dans le département est compétent pour délivrer les autorisations d'utilisation et d'occupation du sol pour des catégories de constructions ou d'aménagements à usage de logements listées dans l'arrêté.

8. D'autre part, aux termes de l'article L. 221-2 du code des relations entre le public et l'administration : " L'entrée en vigueur d'un acte réglementaire est subordonnée à l'accomplissement de formalités adéquates de publicité, notamment par la voie, selon les cas, d'une publication ou d'un affichage, sauf dispositions législatives ou réglementaires contraires ou instituant d'autres formalités préalables. Un acte réglementaire entre en vigueur le lendemain du jour de l'accomplissement des formalités prévues au premier alinéa, sauf à ce qu'il en soit disposé autrement par la loi, par l'acte réglementaire lui-même ou par un autre règlement. Toutefois, l'entrée en vigueur de celles de ses dispositions dont l'exécution nécessite des mesures d'application est reportée à la date d'entrée en vigueur de ces mesures ".

9. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 30 décembre 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 70 du 30 au 31 décembre 2020, le préfet du Val-de-Marne a prononcé la carence de la commune de Saint-Maur-des-Fossés et a décidé que " pour l'ensemble du territoire de la commune, la délivrance des permis de construire, pour les opérations de construction ou de changement de destination à destination d'habitation, relèveront de sa compétence, à l'exception des opérations créant 3 logements ou moins ", à compter du 15 janvier 2021. Pour l'application des dispositions de l'article L. 221-2 du code des relations entre le public et l'administration, cet arrêté est entré en vigueur le 1er janvier 2021. En outre, il ressort des pièces du dossier que le dossier demande de permis de construire a été déposé le 11 novembre 2021.

10. En second lieu, comme il a déjà été dit au point 1, le projet de la société pétitionnaire porte sur la construction d'un immeuble comportant plus de trois logements, de sorte qu'en application de l'arrêté de carence du 30 décembre 2020 la préfète du Val­de­Marne était compétente pour délivrer le permis de construire contesté. Par suite le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme :

11. Aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés. " Ces dispositions poursuivent notamment le but d'intérêt général d'éviter à la collectivité publique ou au concessionnaire d'être contraints, par le seul effet d'une initiative privée, de réaliser des travaux d'extension ou de renforcement des réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou d'électricité et de garantir leur cohérence et leur bon fonctionnement, en prenant en compte les perspectives d'urbanisation et de développement de la collectivité. Il en résulte qu'un permis de construire doit être refusé lorsque, d'une part, des travaux d'extension ou de renforcement de la capacité des réseaux publics sont nécessaires à la desserte de la construction projetée et, d'autre part, l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés, après avoir, le cas échéant, accompli les diligences appropriées pour recueillir les informations nécessaires à son appréciation.

12. En se bornant à soutenir que la demande de permis de construire aurait été instruite à tort au vu d'un avis ENEDIS se fondant sur un bilan électrique de 183 kVA, alors que le projet a un bilan de puissance non foisonné de 288 kVA, ce qui correspond à un bilan foisonné de 183 kVA ainsi qu'il ressort de la notice relative au bilan de puissance du projet incluse dans la demande d'autorisation, les requérants n'établissent pas que le projet nécessitait une extension ou un renforcement du réseau électrique. Et le moyen doit par suite être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme :

13. Aux termes de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet de construction porte sur une dépendance du domaine public, le dossier joint à la demande de permis de construire comporte une pièce exprimant l'accord du gestionnaire du domaine pour engager la procédure d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public. " Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'un projet de construction comprend des éléments en surplomb du domaine public, le dossier de demande de permis de construire doit comporter une pièce exprimant l'accord du gestionnaire du domaine public pour engager la procédure d'autorisation d'occupation temporaire de ce domaine.

14. Il ressort des pièces du dossier que les façades Nord et Est du bâtiment projeté implantées à l'alignement respectivement de l'avenue Saint-Louis et de la rue du Moulin comportent un bandeau et une corniche en béton surplombant ces voies communales. La circonstance que ces éléments de modénature ne sont pas pris en compte, en application de l'article U.1-6 du règlement du plan local d'urbanisme, pour la mise en œuvre des règles d'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques, est dépourvue de toute incidence sur l'application de l'article R. 431-13 précité du code de l'urbanisme qui concerne l'occupation du domaine du public. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le dossier de demande de permis de construire déposé par la société Greencity Immobilier comportait une pièce exprimant l'accord de l'autorité gestionnaire de la voirie publique pour engager la procédure d'autorisation d'occupation de cette dépendance du domaine public routier. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme doit être accueilli.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article 2.2.5 du PPRI

15. Aux termes de l'article 2.2.5 applicables aux zones bleues du Plan de Prévention du Risque Inondation de la Seine et de la Marne dans le département du Val-de-Marne (PPRI) : " Dans tous les cas, une issue de secours pouvant desservir l'ensemble de la construction à usage d'habitation sera située au-dessus de la cote des P.H.E.C. (une fenêtre est considérée comme une issue). "

16. Il est constant que le terrain d'assiette du projet se trouve en zone bleue du PPRI. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier et en particulier de la " note concernant le PPRI de la Marne " incluse dans le dossier de demande que le niveau Plus Hautes Eaux Connues (PHEC) retenu pour le projet se situe à la cote 36,415 du nivellement général de la France (NGF). Si la société pétitionnaire soutient en défense que la porte principale d'accès au bâtiment peut faire office d'issue de secours au sens des dispositions du PPRI précitées, il ressort du plan " PC5 - Élévation 2 - angle " joint au dossier de demande, que son seuil se situe à la cote 34,91 NGF. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une autre ouverture du bâtiment projeté pourrait être regardée comme une issue de secours au sens du PPRI. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 2.2.5 du PPRI doit également être accueilli.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article U .1-10-3 du règlement du PLU

17. Aux termes de l'article U.1-10-3 du règlement du PLU : " En zone U.1.a () : / la hauteur totale des constructions ne pourra pas dépasser treize mètres au faîtage ou à l'acrotère le plus haut ; / le traitement en comble, en comble mansardé ou en attique est obligatoire au-dessus de 10 mètres de hauteur de façade comptés depuis le niveau du terrain naturel avant travaux. Le retrait en attique est alors de deux mètres minimum. " Par ailleurs, la hauteur totale de construction est définie par le lexique du PLU comme calculée à partir du terrain naturel avant travaux et jusqu'au point le plus haut à l'acrotère en cas de toiture terrasse. En outre, le 7) de l'article U.1-10 du règlement du PLU dispose que : " Pour les terrains situés en zone inondable (PPRI), les hauteurs maximums sont majorées de la moitié de la hauteur des plus hautes eaux connues sur le terrain ".

18. Il ressort des pièces du dossier que le niveau des PHEC au-dessus du terrain naturel varie entre environ 1,4 mètres sur l'avenue Saint Louis et 1,8 mètres sur la rue du Moulin, de sorte que la hauteur maximale de construction autorisée par le règlement du PLU doit être majorée de 0,70 à 0,90 mètres. Il ne ressort pas des pièces du dossier et en particulier des plans de coupe et élévations joints au dossier de demande que la hauteur du bâtiment projeté dépasserait la hauteur de construction ainsi autorisée et ce, quelle que soit la façade considérée. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaitrait les dispositions de l'article U.1-10-3 du règlement du PLU, et le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article U .1-12-2 du règlement du PLU

19. Aux termes de l'article U.1-12-2 du règlement du PLU : " Des places de stationnement doivent être réalisées pour les deux-roues non motorisés. Elles doivent être : / - couvertes, exclusivement réservées aux vélos, sécurisées et équipées de dispositifs fixes d'accroche, facilitant la performance des systèmes d'antivols ; / - facilement accessibles depuis l'espace public et les accès aux constructions ; / - situées en rez-de-chaussée, ou à défaut en extérieur sur la parcelle ou au premier sous-sol ".

20. Les requérants, à qui il appartient d'établir le bien fondé des moyens qu'ils soulèvent, en se bornant à relever que " le dossier de demande de permis de construire ne démontre pas que ces locaux seront facilement accessibles " ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaitrait les dispositions du règlement du PLU citées au point précédent, et plus précisément il ne ressort pas des pièces du dossier que le local vélo projeté serait difficilement accessible. Par suite ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article U .1-15-1 du règlement du PLU

21. Aux termes de l'article U.1-15-1 du règlement du PLU : " Tout toit terrasse non accessible d'une superficie supérieure à 150 m² devra prévoir une végétalisation d'au moins 70 % de la superficie du toit terrasse. "

22. Les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaitrait ces dispositions, dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la végétalisation de 288,03 m² des 411,48 m² de surface totale de toiture terrasse ce qui correspond à 70 % de la surface totale. Par suite le moyen doit être écarté comme manquant en fait.

Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

23. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".

24. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d'une part, si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir, d'autre part, si le bénéficiaire de l'autorisation lui a indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

25. En l'espèce, les vices relevés, d'une part, au point 16, résultant de la méconnaissance de l'article 2.2.5 du PPRI de la Seine et de la Marne dans le département du Val­de­Marne applicable en zone bleue, et d'autre part, au point 14, résultant de la méconnaissance de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme, sont susceptibles d'être régularisés par la délivrance d'un permis de construire modificatif, la mesure de régularisation n'impliquant pas d'apporter au projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Les parties ayant été invitées à présenter leurs observations sur l'éventualité de la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, il y a lieu, dès lors, en application de cet article, d'impartir à la société Greencity Immobilier et au préfet du Val-de-Marne un délai de six mois, à compter de la notification du présent jugement, afin de notifier au tribunal les mesures de régularisation nécessaires.

D E C I D E :

Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête de M. et Mme D jusqu'à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement, imparti à la société Greencity Immobilier et au préfet du Val-de-Marne pour notifier au tribunal un permis de construire régularisant les vices résultant, d'une part, de la méconnaissance de l'article 2.2.5 du PPRI de la Seine et de la Marne dans le département du Val-de-Marne applicable en zone bleue, et d'autre part, de la méconnaissance de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme.

Article 2 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D et M. C D, à la société Greencity Immobilier, à la commune de Saint-Maur-des-Fossés et au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation.

Copie en sera adressée au préfet du Val-de-Marne.

Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Gougot, présidente,

M. Duhamel, premier conseiller,

M. Combier, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 janvier 2025.

Le rapporteur,

D. COMBIER

La présidente,

I. GOUGOT

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

la greffière,

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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