Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2300297

mardi 29 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2300297
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantNUNES

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a constaté que la requête de M. B, qui demandait l’annulation du refus implicite de la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour autorisant à travailler, était devenue sans objet. En effet, l’administration a délivré en cours d’instance le récépissé sollicité, puis la carte de séjour temporaire elle-même. En application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, l’État a été condamné à verser 1 000 euros au conseil du requérant, sous réserve de renonciation à l’aide juridictionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 janvier 2023, M. A B, représenté par Me Nunes, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision de rejet née du silence gardé pendant deux mois par la préfète du Val-de-Marne sur la demande, déposée le 17 octobre 2022, tendant à la délivrance d'un second récépissé de sa demande de renouvellement de son titre de séjour l'autorisant à travailler ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer le récépissé demandé sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Par une décision du 15 février 2023, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative et la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / / 3' Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; / / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".

2. Il ressort des pièces du dossier que la préfète du Val-de-Marne a délivré en cours d'instance non seulement le renouvellement du récépissé demandé, qu'elle a d'ailleurs encore renouvelé en cours d'instance, mais même, le 4 mai 2023, la carte de séjour temporaire dont l'instruction avait donné lieu à la demande de récépissé initialement insatisfaite. Par suite, la requête de M. B est devenue sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

3. M. B ayant obtenu satisfaction après l'enregistrement de sa requête, il y a lieu, en l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement au conseil du requérant de la somme de 1000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B à fin d'annulation et d'injonction.

Article 2 : L'Etat versera à Me Nunes, conseil de M. B, la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Nunes renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Article 3 : Le surplus des conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont rejetées.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Nunes et à la préfète du Val-de-Marne.

Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle et au ministre de l'intérieur.

Fait à Melun, le 29 octobre 2024.

Le président de la 8ème chambre,

X. POTTIER

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,