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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2300397

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2300397

vendredi 27 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2300397
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre
Avocat requérantPITON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 janvier et 3 mai 2023, M. C et Mme A D, représentés par Me Courrech, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2022 par lequel le maire d'Ozoir-la-Ferrière a délivré à la SCCV Le Domaine de Julia un permis de construire autorisant la démolition de deux maisons d'habitation et de leurs annexes et la construction d'un immeuble comprenant 48 logements sur un terrain situé 18 rue des Chantiers à Ozoir-la-Ferrière sur les parcelles cadastrées BE n° 211, n° 212 et n° 237, ensemble la décision du 22 novembre 2022 rejetant leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Ozoir-la-Ferrière une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. et Mme D soutiennent que :

- leur requête est recevable et, en particulier, ils ont intérêt à agir dès lors que le projet en litige est de nature à affecter les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leur bien puisqu'ils sont propriétaires d'un bien situé à seulement quinze mètres du projet, qu'ils subiront d'importantes vues sur leur propriété et une perte de valeur vénale de leur bien ;

- ils abandonnent le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article UA 3.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ozoir-la-Ferrière relatif aux hauteurs dès lors que, d'une part, il comporte un acrotère dont la hauteur excède douze mètres et, d'autre part, la hauteur maximale du projet au faîtage excède quinze mètres ;

- la fraude est caractérisée dès lors que la société pétitionnaire a volontairement arrangé les cotes de hauteur du projet pour assurer sa conformité à la réglementation d'urbanisme ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article UA 3.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ozoir-la-Ferrière en ce qui concerne l'implantation des constructions par rapport aux voies dès lors que plusieurs points du projet sont implantés en retrait de moins de quatre mètres des voies et emprises publiques ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA 3.6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ozoir-la-Ferrière dès lors que qu'il ne contient aucun élément relatif aux performances énergétiques ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA 4.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ozoir-la-Ferrière et de l'article R. 111-27 du code de l'environnement dès lors que le projet ne s'insère pas correctement dans son environnement et que les clôtures en barreaudages transparents dénotent dans le secteur ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA 4.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ozoir-la-Ferrière en ce qui concerne les volumes des constructions dès lors que le volume du projet en R+3+combles est beaucoup plus imposant que les constructions qui composent l'environnement existant ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA 4.4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ozoir-la-Ferrière en ce qui concerne la toiture terrasse qui n'est pas végétalisée, ne contient aucun dispositif de rétention des eaux pluviales ou aucun élément permettant la production d'énergie renouvelable ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA 4.4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ozoir-la-Ferrière en ce qui concerne les lucarnes dès lors qu'il comporte des lucarnes rampantes qui sont interdites par ces dispositions ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA 4.4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ozoir-la-Ferrière en ce qui concerne les toitures dès lors qu'elles sont traitées en zinc et n'ont ni la couleur ni l'aspect de la tuile vieillie ou de l'ardoise ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA 8.4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ozoir-la-Ferrière relatif à la gestion des eaux pluviales dès lors qu'il imperméabilise entièrement la parcelle en créant notamment deux niveaux de sous-sol occupant l'intégralité de l'unité foncière et ne propose aucune infiltration mais plutôt un rejet au réseau des eaux pluviales ;

- il est incompatible avec les orientations n°1 et n°2 de l'orientation d'aménagement et de programmation " Trame verte et bleue ".

Par des mémoires en défense, enregistrés les 6 mars et 30 mai 2023, la SCCV Le Domaine de Julia, représentée par Me Durand, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire au rejet de la requête, à titre infiniment subsidiaire au sursis à statuer ou à l'annulation partielle et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevables dès lors que les requérants n'établissent, conformément aux dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme, aucune atteinte effective du projet aux conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'ils possèdent ou qu'ils occupent ;

- les moyens soulevés par M. et Mme D ne sont pas fondés.

La requête a été communiqué à la commune d'Ozoir-la-Ferrière qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par une lettre du 5 mai 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 1er juin 2023 sans information préalable.

Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 22 février 2024.

Par un courrier du 12 juillet 2024, les parties ont été informées qu'en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, le tribunal était susceptible de surseoir à statuer pendant un délai de quatre mois pour les motifs suivants :

- le projet méconnaît les dispositions de l'article UA 3.2 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne la hauteur de l'acrotère de la toiture terrasse par rapport à la hauteur autorisée de 12 mètres à l'acrotère ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA 3.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ozoir-la-Ferrière en ce qui concerne l'implantation des façades ouest et sud ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA 4.4.5 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ozoir-la-Ferrière en ce qui concerne les caractéristiques de la toiture terrasse ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA 4.4.4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ozoir-la-Ferrière dès lors qu'il comporte des lucarnes rampantes en saillie dans la pente de la toiture au niveau des combles ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA 4.4.7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ozoir-la-Ferrière en ce qui concerne l'utilisation du zinc prépatiné avec une couleur anthra-zinc qui n'a pas l'aspect et la couleur de l'ardoise.

Des observations ont été enregistrées pour la commune d'Ozoir-la-Ferrière le 3 septembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Dutour, conseillère,

- les conclusions de Mme Blanc, rapporteure publique,

- et les observations de Me Roze représentant M. et Mme D, E, représentant la commune d'Ozoir-la-Ferrière, et de Me Laugier, représentant la SCCV Le Domaine de Julia.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 27 juillet 2022 le maire d'Ozoir-la-Ferrière a délivré à la SCCV Le Domaine de Julia un permis de construire autorisant la démolition de deux maisons d'habitation et de leurs annexes et la construction d'un immeuble de 48 logements sur un terrain situé 18 rue des Chantiers à Ozoir-la-Ferrière sur les parcelles cadastrées BE n° 211, n° 212 et n° 237. Par un courrier du 26 septembre 2022, M. et Mme D, voisins immédiats du projet, ont formé auprès du maire d'Ozoir-la-Ferrière un recours gracieux contre cet arrêté, rejeté explicitement par un courrier du 22 novembre 2022, notifié le 30 novembre 2022. Par la présente requête, ils demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2022 et la décision du 22 novembre 2022 de rejet de leur recours gracieux.

Sur la fin-de-non-recevoir opposée en défense :

2. Aux termes des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'État, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".

3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous les éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

4. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme D sont propriétaires d'un bien situé à proximité immédiate du projet en litige, sur la parcelle cadastrée section BC n°210 située 10 impasse du Vieux Moulin, en face du terrain d'assiette du projet, à une quinzaine de mètres, séparés par la rue de Chevry. Ils ont, par suite, la qualité de voisins immédiats du projet litigieux. Ils soutiennent que le projet, qui porte sur la réalisation d'un bâtiment de 48 logements en R+3+combles avec deux niveaux de sous-sol, 72 places de stationnements et 2 935 m2 de surface de plancher, est susceptible, compte tenu de son ampleur, de créer des vues directes sur leur propriété et de diminuer la valeur vénale de leur bien. Ils justifient ainsi d'un intérêt pour contester la légalité de la décision du maire d'Ozoir-la-Ferrière du 27 juillet 2022. Par suite la fin de non-recevoir opposée par la SCCV Le Domaine de Julia ne saurait être accueillie.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

5. En premier lieu, les requérants ont expressément renoncé à invoquer devant le tribunal le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué.

6. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article UA 3.2 du règlement du plan local d'urbanisme d'Ozoir-la-Ferrière : " 1- La hauteur des constructions est mesurée à partir du terrain naturel avant travaux. / 2- La hauteur des constructions se définit comme suit : - en UA : 15 mètres au faitage et 12 mètres à l'acrotère ; () 4- Les sommets des cheminées, les sorties d'escaliers, les pylônes, les supports de lignes électriques, les machineries d'ascenseur ainsi que tout édicule technique peuvent dépasser le volume du toit ".

7. D'une part, les requérants se prévalent de ce que la hauteur au faîtage est méconnue et contestent le point bas du terrain naturel qui a été retenu. S'ils se prévalent des mentions du profil altimétrique Géoportail en ce qui concerne la hauteur du terrain naturel, ils n'établissent pas que la hauteur qu'ils indiquent est celle prise au point le plus bas de l'emprise de la future construction. En outre, il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce qu'ils soutiennent, la construction projetée sera d'une hauteur de quinze mètres au faîtage. Ainsi, cette première branche du moyen ne peut qu'être écartée.

8. D'autre part, M. et Mme D soutiennent que le projet comporte une toiture terrasse dont l'acrotère dépasse la hauteur maximale de 12 mètres fixée par les dispositions précitées du plan local d'urbanisme. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier des plans de coupe et du plan de masse joints au dossier de demande de permis de construire, que si le projet en litige comporte une toiture à la Mansart avec des pentes, il contient bien également une terrasse " technique " d'une superficie totale de 140 m2 pour une surface totale de toiture de 375 m2. Ainsi, cette terrasse ne peut être considérée seulement comme un élément permettant l'entretien des différents " locaux et édicules techniques " présents sur le toit du projet ou le bon fonctionnement des pompes à chaleur comme le soutiennent la pétitionnaire et la commune dans ses observations. A supposer que la commune d'Ozoir-la-Ferrière ait entendu faire usage de la dérogation prévue à l'article L. 152-5-2 du code de l'urbanisme, celle-ci ne permet que de déroger à la règle de hauteur dans une limite de 2,5 mètres en tout point au-dessus de la hauteur de la construction autorisée par le règlement du plan local d'urbanisme. Or en l'espèce, l'acrotère de la toiture-terrasse est haut de 15,44 mètres et dépasse donc les possibilités de dérogation ouvertes par l'article précité du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen doit être accueilli.

9. En troisième lieu, la caractérisation de la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme. Une information erronée ne peut, à elle seule, faire regarder le pétitionnaire comme s'étant livré à l'occasion du dépôt de sa demande à des manœuvres destinées à tromper l'administration.

10. Les requérants soutiennent que la fraude est caractérisée dès lors que la société pétitionnaire a volontairement arrangé les cotes de hauteur du projet pour assurer sa conformité à la réglementation d'urbanisme. Toutefois, aucune manœuvre frauduleuse de ce type effectuée par la société pétitionnaire ne ressort des pièces du dossier. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

11. En quatrième lieu, aux termes des dispositions de l'article UA 3.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ozoir-la-Ferrière : " 1- Toutes les constructions doivent être implantées soit : / - à l'alignement des voies publiques et privées ou emprises publiques ; / - avec une marge de recul d'au moins 4 mètres des voies publiques et privées ou emprises publiques. / 2 - Les aménagements tels que perrons, marquises, auvents, pergolas, escaliers, sas d'entrée d'une emprise au sol de moins de 5 m2, sont autorisés à l'avant des constructions même si leur implantation ne respecte pas le point 1 du présent article, mais sans toutefois se situer dans la bande des 2 mètres par rapport à l'alignement. () 4 - Dans le cas d'une construction bordée par plusieurs voies, l'alignement pourra se faire que par rapport à une seule voie ".

12. Les requérants soutiennent que plusieurs points du projet présentent des retraits de moins de quatre mètres par rapport aux voies et emprises publiques. Il ressort des pièces du dossier que le projet est implanté à l'alignement sur la rue de Chevry et en retrait de quatre mètres sur la rue des Chantiers. Toutefois, là où le croisement des deux rues crée un arrondi, le projet présente un décroché important qui ne respecte pas les règles d'alignement prévues par les dispositions du plan local d'urbanisme précitées. A supposer que la commune d'Ozoir-la-Ferrière ait entendu faire usage de la règle de l'adaptation mineure sur ce point, il aurait fallu que cette décision soit motivée. Ce moyen doit être accueilli.

13. En cinquième lieu, aux termes des dispositions de l'article UA 3.6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ozoir-la-Ferrière : " 1- Les projets participeront par leur architecture à la mise en œuvre des objectifs de qualité environnementale : orientation des façades, dimensions et performance thermique des ouvertures et occultations, isolation par l'extérieur, capteurs solaires, () / 4- Toute nouvelle construction devra assurer une gestion optimisée de l'énergie, de l'eau et des déchets pour répondre à la loi relative à la transition énergétique ". Aux termes des dispositions de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme dans sa version applicable à la date du dépôt de la demande de permis de construire : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : () j) L'attestation de prise en compte des exigences de performance énergétique et environnementale, lorsqu'elle est exigée en application de l'article R. 122-24-1 du code de la construction et de l'habitation () ". Aux termes de l'article R. 122-24-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le maître d'ouvrage de toute construction de bâtiments ou parties de bâtiments mentionnés aux articles R. 172-1 et R. 172-3 établit, pour chaque bâtiment ou partie de bâtiment concerné, un document attestant qu'il a pris en compte ou fait prendre en compte par le maître d'œuvre lorsque ce dernier est chargé d'une mission de conception de l'opération, les exigences de performance énergétique et environnementale définies aux articles R. 172-4 et R. 172-5, en conformité avec l'article R. 172-6. () / Cette attestation est jointe à la demande de permis de construire dans les conditions prévues au j de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme ".

14. Si les requérants soutiennent que le dossier de demande de permis de construire méconnaît les dispositions de l'article UA 3.6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ozoir-la-Ferrière relatif aux obligations en matière de performance énergétique dès lors que qu'il ne contient aucun élément relatif aux performances énergétiques du projet, il ressort toutefois des pièces du dossier de demande de permis de construire qu'il contenait bien l'attestation RE2020 prévue par les dispositions de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme précité. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que les dispositions de l'article UA 3.6 du règlement du plan local d'urbanisme seraient méconnues. Dès lors, ce moyen ne peut qu'être écarté.

15. En sixième lieu, aux termes des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Aux termes des dispositions de l'article UA 4.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ozoir-la-Ferrière : " 1- L'architecture est une expression de la culture. La création architecturale, la qualité des constructions, leur insertion harmonieuse dans le milieu environnant, le respect des paysages naturels ou urbains ainsi que du patrimoine sont d'intérêt public. Les autorités habilitées à délivrer le permis de construire ainsi que les autorisations de lotir s'assurent, au cours de l'instruction des demandes, du respect de cet intérêt (article 1 de la loi du 3 janvier 1977 sur l'architecture). / 2- Les constructions doivent présentera une simplicité de volume et une unité d'aspect et de matériaux permettant une bonne intégration dans le paysage. Des adaptations aux règles suivantes peuvent être tolérées pour permettre une harmonisation avec les constructions édifiées sur les parcelles attenantes. / () 4- Les constructions nouvelles devront valoriser le potentiel constructif du terrain en prenant en compte l'environnement. Elles devront chercher à assurer un confort optimal des occupants et utilisateurs par l'ensoleillement, l'intimité et l'isolation phonique des logements ". Aux termes des dispositions de l'article UA 4.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ozoir-la-Ferrière : " () Les volumes doivent être simples, s'accorder avec les volumes environnants et s'insérer dans l'ensemble existant. () ". Ces dernières dispositions du plan local d'urbanisme ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.

16. Les requérants soutiennent que le projet ne s'insère pas correctement dans son environnement et que les clôtures en barreaudages transparents dénotent dans le secteur. Il ressort, d'une part, des pièces du dossier, en particulier des documents graphiques et photographiques joints au dossier de demande de permis de construire, que l'environnement urbain du terrain d'assiette du projet est constitué d'un tissu mixte d'immeubles collectifs, de maisons de ville et de pavillons. D'autre part, le projet litigieux consiste en l'édification d'un bâtiment d'habitat collectif en R+3+combles. Dans ces conditions, si les requérants soutiennent que, par son caractère imposant et son volume, le projet ne s'insère pas correctement dans son environnement, cela ne ressort pas des pièces du dossier, la construction projetée s'intégrant dans son environnement hétérogène immédiat et n'étant pas, par sa situation, ses dimensions et ses caractéristiques, de nature à porter significativement atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants ainsi qu'aux paysages urbains et naturels. De plus, contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ressort des mentions de la notice architecturale que le projet prévoit bien des clôtures pleines ou avec un soubassement et une partie occultante. Par suite, ces moyens ne peuvent qu'être écartés.

17. En septième lieu, aux termes des dispositions de l'article UA 4.4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ozoir-la-Ferrière : " () 4 - Seuls les chien-assis et les lucarnes rampantes sont interdits pour permettre l'éclairement éventuel des combles (se référer à la définition des lucarnes). / 5. Les toitures terrasses sont autorisées à condition qu'elles soient végétalisées, ou qu'elles présentent un dispositif de rétention des eaux pluviales ou encore qu'elles disposent d'éléments permettant la production d'énergie renouvelable. / () 7 - Les toitures à pentes seront recouvertes de matériaux ayant l'aspect et la couleur de la tuile vieillie ou de l'ardoise. Les tuiles canal sont interdites. / () ".

18. D'abord, il résulte de ce qui a été dit au point 8 du présent jugement que le projet comporte à la fois une toiture avec des pentes à la Mansart et à son sommet une toiture terrasse " technique ". Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que la toiture terrasse n'est pas végétalisée, ne contient aucun dispositif de rétention des eaux pluviales ou aucun élément permettant la production d'énergie renouvelable. Ce moyen doit être accueilli.

19. Ensuite, les requérants soutiennent que le projet méconnaît les dispositions de l'article UA 4.4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ozoir-la-Ferrière dès lors qu'il comporte des lucarnes rampantes qui sont interdites par ces dispositions. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit une construction en R+3+combles et que les ouvertures du dernier étage sont en saillies dans la pente de la toiture. Dès lors, et contrairement à ce que fait valoir la société pétitionnaire en défense qui soutient que les ouvertures du dernier niveau de la construction sont des portes fenêtres éclairant des pièces principales et donnant accès à des balcons, ces ouvertures sont des lucarnes au sens des dispositions du plan local d'urbanisme. Par suite, ce moyen doit être accueilli.

20. Enfin, il ressort de la notice architecturale jointe au dossier de demande de permis de construire que la toiture à la Mansart sera en zinc prépatiné couleur anthra-zinc. Or, ce matériau n'a pas l'aspect de la tuile vieillie ou de l'ardoise. Par suite, ce moyen doit être accueilli.

21. En huitième lieu, aux termes des dispositions de l'article UA 8.4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ozoir-la-Ferrière : " L'infiltration sur l'unité foncière doit permettre l'évacuation des eaux pluviales recueillies sur celle-ci. Pour toute construction nouvelle, la gestion des eaux pluviales sur l'emprise de l'unité foncière est étudiée en priorité : / - par infiltration (puisard, bac récupérateur, ou autre technique d'infiltration), lorsque la qualité du sol le permet et sous réserve de ne pas accroitre le risque d'inondation par ruissellement ; / - et/ou par l'intermédiaire de dispositifs de stockage. / Dans le cas d'une impossibilité technique liée à la nature du sol, une analyse, réalisée par un bureau d'études spécialisé et agréé, devra vérifier la nature, la géométrie et les caractéristiques géotechniques des formations géologiques présentes dans le proche sous-sol afin de justifier cette impossibilité technique. / En cas d'absence d'infiltration possible sur l'unité foncière, le règlement du SyAGE doit être respecté ".

22. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit, d'une part, l'infiltration des eaux pluviales au sein des jardins et des espaces végétalisés du projet et, d'autre part, le stockage des eaux pluviales dans un bassin de rétention au sous-sol permettant la collecte des eaux pluviales et la régulation de leur rejet dans le réseau public. Il résulte de ce qui précède qu'il ne méconnaît pas les dispositions précitées du plan local d'urbanisme. Par suite, ce moyen doit être écarté.

23. En neuvième et dernier lieu, les orientations n°1 et n°2 de l'orientation d'aménagement et de programmation " Trame verte et bleue " prévoient de " préserver et valoriser les composantes de la trame verte et bleue afin de permettre la cohérence du réseau et sa pérennité " et de " renforcer le réseau trame verte et bleue en favorisant la création de nouveaux espaces végétalisés en lien avec le réseau existant ". Il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet serait incompatible avec les orientations précitées. Ce dernier moyen doit être écarté.

Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

24. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".

25. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont seulement fondés à soutenir que le projet autorisé méconnaît les dispositions des articles UA 3.2, UA 3.3 et UA 4.4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ozoir-la-Ferrière pour les motifs énoncés aux points 8, 12, 18, 19 et 20. Les parties ayant été informées de ce que le tribunal était susceptible de surseoir à statuer en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, il y a lieu de surseoir à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, dans l'attente de la notification au tribunal d'un permis de construire modificatif délivré à la SCCV Le Domaine de Julia par le maire d'Ozoir-la-Ferrière régularisant les vices précités. Il y a lieu de réserver tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'a pas été expressément statué par ce jugement jusqu'en fin d'instance.

D E C I D E :

Article 1er : Avant de statuer sur les conclusions des requérants tendant à l'annulation du permis de construire délivré à la SCCV Le Domaine de Julia, il est sursis à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, dans l'attente de la notification au tribunal d'un permis de construire modificatif délivré à la SCCV Le Domaine de Julia par le maire d'Ozoir-la-Ferrière régularisant les vices tenant à la méconnaissance des dispositions des articles UA 3.2, UA 3.3 et UA 4.4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ozoir-la-Ferrière.

Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C et Mme A D, à la SCCV Le Domaine de Julia et à la commune d'Ozoir-la-Ferrière.

Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Mullié, présidente,

Mme Dutour, conseillère,

M. Collen-Renaux, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.

La rapporteure,

L. DUTOURLa présidente,

N. MULLIE

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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