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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2300572

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2300572

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2300572
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation9ème chambre
Avocat requérantSAS ITRA CONSULTING

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 janvier et 2 mars 2023,

M. B A, représenté par la Sas Itra consulting, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 décembre 2022 en tant que la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en raison de son statut de conjoint d'une ressortissante française, ou, à titre subsidiaire, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " au regard de la réunion de circonstances exceptionnelles, ou, à titre encore subsidiaire, de lui délivrer un récépissé valant autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail renouvelable une fois ou, à titre très subsidiaire, de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée en fait ;

- elle est intervenue au terme d'une procédure irrégulière en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;

- la préfète du Val-de-Marne a inexactement apprécié sa situation au regard de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; la condition d'entrée régulière ne lui est pas opposable ; s'il est entré irrégulièrement en France en 2011 et a demandé l'asile, il peut, en application de l'article 5 du règlement (CE) n° 562/2006 du Parlement européen et du conseil du 15 mars 2006 être regardé comme ayant été autorisé à entrer en France au vu de motifs humanitaires ; la demande de délivrance d'un titre de séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française correspond effectivement à une demande de visa de long séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; la préfète du Val-de-Marne a implicitement considéré que la mesure d'éloignement prononcée à son encontre ne méconnaissait pas cet article ; elle a commis une erreur manifeste d'appréciation ;

- à titre subsidiaire, elle méconnaît l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; une durée de présence significative en France est considérée comme une circonstance exceptionnelle selon l'esprit de la circulaire du 28 novembre 2012 ; il justifie d'une ancienneté de séjour de plus de dix années consécutives et ininterrompues et d'un lien financier avec la France.

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- il ne peut faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dès lors qu'il remplit les conditions de délivrance d'un titre de séjour en application de l'article

L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour sur laquelle elle se fonde ;

- elle est dépourvue de fondement.

La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par une ordonnance du 30 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 29 février 2024 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Luneau a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant turc né en 1986 à Gercus (Turquie), qui déclare être entré irrégulièrement sur le territoire français en décembre 2011, a déposé, le 6 décembre 2021, une demande de titre de séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française sur le fondement de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 18 décembre 2022, la préfète du Val-de-Marne a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté en tant qu'il porte refus de titre de séjour et lui fait obligation de quitter le territoire français.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

Sur la légalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

3. La décision attaquée, qui comporte les considérations de droit sur lesquelles elle se fonde, relève que M. A ne remplit pas les conditions de délivrance d'un titre de séjour en application de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne justifie pas d'une entrée régulière en France malgré un courriel de relance transmis le 5 juillet 2022 et qu'il n'a pas été porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garantie par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que l'intéressé n'est pas dépourvu de toutes attaches personnelles et familiales dans son pays d'origine, qu'il ne témoigne d'aucune insertion professionnelle et qu'il n'invoque aucune attache en France lui permettant de justifier de liens privés et familiaux en France inscrits dans la durée et la stabilité. Il suit de là que la décision litigieuse, qui comporte avec de suffisantes précisions l'énoncé des considérations de fait sur lesquelles elle se fonde, permet ainsi à M. A de comprendre les motifs de fait justifiant la décision contestée. A cet égard, la préfète du Val-de-Marne n'était pas tenue de faire mention de tous les éléments de sa situation personnelle et familiale. Le moyen tiré du défaut de motivation, qui ne se confond pas avec le bien-fondé des motifs, ne peut donc qu'être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ". Aux termes de l'article L. 423-1 de ce code : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : / 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; / 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ". Aux termes de l'article L. 423-2 du même code : " L'étranger, entré régulièrement et marié en France avec un ressortissant français avec lequel il justifie d'une vie commune et effective de six mois en France, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".

5. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que la délivrance de la carte de séjour temporaire " vie privée et familiale " au conjoint d'un ressortissant français est subordonnée à certaines conditions, parmi lesquelles celle d'être en possession d'un visa de long séjour qui ne peut être refusé que dans les cas prévus à l'article L. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si les dispositions de cet article n'impliquent pas que ce visa de long séjour fasse l'objet d'une demande expresse distincte de celle du titre de séjour sollicité auprès de l'autorité préfectorale, compétente pour procéder à cette double instruction, il n'en demeure pas moins que l'autorité préfectorale n'est tenue d'accorder sur place le visa à un conjoint d'une ressortissante française, vivant en France avec cette dernière depuis plus de six mois, qu'à l'étranger entré régulièrement en France.

6. Pour refuser la délivrance d'un titre de séjour à M. A en qualité de conjoint d'une ressortissante française sur le fondement de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète du Val-de-Marne lui a opposé l'absence d'entrée régulière sur le territoire français. Toutefois, et contrairement à ce que semble soutenir M. A, il ne peut utilement invoquer l'article 5 du règlement (CE) 562/2006 du Parlement européen et du Conseil du 15 mars 2006, au demeurant abrogé mais dont les dispositions ont été reprises à l'article 6 du règlement (UE) 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016, à défaut d'établir qu'il aurait été autorisé à entrer en France pour des motifs humanitaires. Il ne peut davantage faire valoir que " la demande de délivrance d'un titre de séjour sur la base de son statut de conjoint de français correspond effectivement à une demande de long visa " dès lors qu'il ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français. Dans ces conditions, il ne peut soutenir que la préfète du Val-de-Marne aurait inexactement apprécié sa situation au regard des dispositions de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen ainsi invoqué doit être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; / () ". Il résulte de ces dispositions que le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour du seul cas des étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues à l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité et non celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions.

8. Compte tenu des considérations qui viennent d'être énoncées au point 6. du présent jugement, M. A ne remplit pas les conditions de délivrance du titre de séjour prévues par l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ne peut donc utilement soutenir que la préfète du Val-de-Marne aurait dû préalablement saisir la commission du titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 432-13 de ce code doit être écarté.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. M. A se prévaut de la durée de son séjour en France depuis 2011 ainsi que de son mariage, le 17 août 2019, avec une ressortissante française et d'une communauté de vie depuis plus de quatre ans. Toutefois, l'intéressé, dont la demande d'asile a, au demeurant, été rejetée par une décision du 31 juillet 2012 du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par une décision du 6 mars 2013 de la Cour nationale du droit d'asile, est entré et s'est maintenu de façon irrégulière sur le territoire français, à l'exception des périodes au cours desquelles il a bénéficié du droit de s'y maintenir en qualité de demandeur d'asile. En outre, il a fait l'objet d'un arrêté du 20 mars 2013 par lequel le préfet de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office, dont la légalité a été confirmée par un jugement du 31 octobre 2013 du tribunal administratif d'Amiens, puis d'un arrêté du

3 septembre 2013 portant assignation à résidence et enfin, d'un arrêté du 14 octobre 2015 par lequel le préfet de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Par ailleurs, les quelques pièces qu'il produit, notamment une attestation du 24 septembre 2020 d'une personne qui indique connaître M. et Mme A et qui confirme leur communauté de vie, rédigée en des termes peu circonstanciés, une attestation du 28 août 2019 d'EDF et l'avenant du 17 août 2019 au contrat de bail indiquant que le logement est au nom du couple, une convention pour la souscription d'un compte joint à la société générale datée du 22 février 2020, un relevé bancaire partiel pour la période du 22 août au 22 septembre 2021 et du 23 septembre au 22 octobre 2021, un courrier de la caisse d'allocations familiales du 18 juin 2020 et du 28 octobre 2020 concernant le versement de l'allocation de logement, une attestation d'assurance du 18 juin 2020 souscrite par Mme A au profit de M. A, un avis d'impôt établi en juillet 2021, des factures d'électricité au nom du couple datées des 25 février 2020,

26 avril 2020, 25 août 2020, des quittances de loyer pour les mois de septembre 2019, avril, août et octobre 2020 et une unique quittance pour le mois de novembre 2022, qui attestent tout au plus d'une adresse commune, ne sauraient suffire à démontrer l'ancienneté et la continuité, ni même la stabilité ou l'effectivité de la vie commune dont il se prévaut avec son épouse depuis plus de quatre ans. De plus, si le requérant soutient qu'il réside en France depuis 2011, il ne produit aucune pièce justificative au titre de l'année 2018 et seulement des pièces éparses au titre des années 2014 à 2017. Par ailleurs, M. A, qui n'apporte, au demeurant, aucun élément précis sur les autres liens qu'il aurait noués en France, ne justifie pas, par la production de bulletins de paie établis pour les mois de décembre 2021 à décembre 2022 en qualité de monteur et d'une attestation d'employeur destinée à France Travail consécutif à son licenciement le 31 décembre 2022, d'une insertion professionnelle significative à la date de la décision attaquée. Enfin, M. A n'établit, ni n'allègue sérieusement qu'il serait dépourvu de toute attache privée et familiale dans son pays d'origine où il a vécu au moins jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans. Ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, la décision attaquée portant refus de titre de séjour ne peut être regardée comme ayant porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels cette mesure a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

11. En cinquième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre de la décision portant refus de séjour, et, en tout état de cause, à l'encontre de la mesure d'éloignement, qui n'implique pas par elle-même le retour de M. A dans son pays d'origine.

12. En sixième et dernier lieu, si M. A soutient, à titre subsidiaire, qu'il justifie de circonstances exceptionnelles tirées, d'une part, d'une durée de présence significative en France et, d'autre part, de sa situation professionnelle, il ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni, en tout état de cause, les dispositions de la circulaire du 28 novembre 2012 dite " Valls ", qui ne constituent que des orientations générales que le ministre de l'intérieur a pu, dans le cadre de cette circulaire, adresser aux préfets, sans les priver de leur pouvoir d'appréciation de chaque cas particulier, dès lors qu'il n'a pas sollicité son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 et que la préfète du Val-de-Marne n'était pas tenue d'examiner d'office sa demande sur ce fondement.

Sur les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () ; / 6° L'étranger marié depuis au moins trois ans avec un conjoint de nationalité française, à condition que la communauté de vie n'ait pas cessé depuis le mariage et que le conjoint ait conservé la nationalité française ; / () ".

14. Compte tenu des considérations énoncées au point 6. du présent jugement, M. A ne peut utilement soutenir que remplissant les conditions prévues à l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ne pouvait, en application des dispositions précitées ci-dessus, faire l'objet d'une décision l'obligeant à quitter le territoire français. En tout état de cause, compte tenu de ce qui a été dit au point 10. du présent jugement, il ne démontre pas qu'il entrait dans le champ d'application des dispositions du 6° de l'article L. 611-3. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.

15. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2. à 12. du présent jugement que la décision portant refus de séjour n'étant pas entachée d'illégalité, la décision en litige, qui n'est pas dépourvu de fondement, n'est pas elle-même illégale.

16. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 18 décembre 2022 en tant que la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles qu'il a présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Val-de-Marne.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Bonneau-Mathelot, présidente,

Mme Luneau, première conseillère,

M. Demas, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.

La rapporteure,

F. LUNEAU

La présidente,

S. BONNEAU-MATHELOTLa greffière,

S. SCHILDER

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°230057

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