mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2300574 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | MOREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 janvier et 26 octobre 2023,
Mme B C, représentée par Me Morel, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 août 2022 par lequel la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduire d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de cent euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à Me Morel, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve qu'elle renonce au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la décision portant refus de séjour est insuffisamment motivée ; la préfète du
Val-de-Marne n'a pas procédé à un examen personnalisé de sa demande ;
- cette décision est entachée d'irrégularités de procédure : en premier lieu, la préfète du Val-de-Marne ne justifie pas avoir recueilli préalablement à son édiction l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et l'a ainsi privé d'une garantie essentielle ; l'arrêté attaqué est entaché d'erreur de droit ; en deuxième lieu, en l'absence de production de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, le juge de l'excès de pouvoir n'est pas en mesure de vérifier la désignation des médecins composant ce collège ; en troisième lieu, la préfète du Val-de-Marne n'établit pas qu'un rapport médical a été rendu en conformité avec les articles R. 425-13 et R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne produit aucun élément de nature à établir l'identité du médecin rapporteur ainsi que sa compétence et de vérifier que le médecin rapporteur n'a pas siégé au sein du collège auteur de l'avis ; en quatrième lieu, la préfète du Val-de-Marne n'établit pas que le rapport a été établi par un médecin compétent, selon le modèle figurant à l'annexe B de l'arrêté du 27 décembre 2016 et qu'il a été effectivement transmis au collège des médecins appelés à rendre un avis ; levant le secret médical, elle sollicite la communication du rapport médical ; en cinquième lieu, la préfète du Val-de-Marne ne démontre pas que le procédé d'apposition des signatures des médecins signataires de l'avis du collège de
l'Office français de l'immigration et de l'intégration permet d'identifier les auteurs de l'avis et de garantir l'authenticité du document ;
- cette décision n'a pas été précédée d'un examen personnalisé et attentif de sa situation et la préfète du Val-de-Marne s'est crue, à tort, en situation de compétence liée ; elle est donc entachée d'erreur de droit ;
- la décision portant refus de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est, à tout le moins, entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi méconnaissent respectivement les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 et celles de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est à tout le moins entachée d'erreur manifeste d'appréciation des faits de la cause.
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui a produit des pièces enregistrées le 30 janvier 2023.
Par une ordonnance du 28 novembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 13 décembre 2023 à 12 heures.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur une moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité de la requête de Mme C en raison de sa tardiveté.
Des observations au moyen relevé d'office présentées pour Mme C par Me Morel ont été enregistrées et communiquées le 28 mars 2024.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 décembre 2022 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal administratif de Melun.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-marocain en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Réchard a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante marocaine née en 1964 à Aoulouz (Maroc), a sollicité le 14 octobre 2021 un titre de séjour en qualité d'étranger malade sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 31 août 2022, dont la requérante demande l'annulation, la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite d'office.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. La décision portant refus de séjour en litige vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment son article 8, et les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle mentionne également les éléments principaux de la situation administrative, personnelle et familiale de Mme C, cette dernière étant célibataire, sans enfant et n'étant pas dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine, ainsi que la teneur de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) que la préfète du Val-de-Marne s'est appropriée pour considérer que si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle peut effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine et qu'au vu des éléments de son dossier, elle peut voyager sans risque vers le Maroc. Il suit de là que la décision contestée, qui comporte les considérations de fait sur lesquelles elle est fondée, est suffisamment motivée. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni d'aucune autre pièce du dossier, que la préfète du Val-de-Marne, qui retient qu'aucune circonstance particulière ne justifie de s'écarter de l'avis des médecins de l'OFII, n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de Mme C et se serait, par suite, crue à tort en situation de compétence liée au regard de cet avis. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de sa situation doit être écarté.
5. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. () ". Aux termes de l'article R. 425-11 de ce code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. / () ". Aux termes de l'article R. 425-12 de ce code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. () / Sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le service médical de l'office informe le préfet qu'il a transmis au collège de médecins le rapport médical. () ". Aux termes de l'article R. 425-13 de ce code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () ".
6. Par ailleurs, aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui dépose une demande de délivrance ou de renouvellement d'un document de séjour pour raison de santé est tenu, pour l'application des articles R. 313-22 et R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de faire établir un certificat médical relatif à son état de santé par le médecin qui le suit habituellement ou par un médecin praticien hospitalier. () ". L'article 6 de cet arrêté dispose que : " Au vu du certificat médical et des pièces qui l'accompagnent ainsi que des éléments qu'il a recueillis au cours de son examen éventuel, le médecin de l'office établit un rapport médical, conformément au modèle figurant à l'annexe B du présent arrêté ". L'article 5 de cet arrêté dispose que : " Le collège de médecins à compétence nationale de l'office comprend trois médecins instructeurs des demandes des étrangers malades, à l'exclusion de celui qui a établi le rapport ".
7. D'une part, il ressort des pièces du dossier et, notamment de l'avis émis le
19 mai 2021 par le collège des médecins de l'OFII que produit la préfète du Val-de-Marne dans la présente instance, que cet avis a été émis sur la base du rapport médical établi le 6 mai 2021 par le docteur A D, médecin du service médical de l'OFII qui n'a pas siégé au sein du collège des médecins, et a été communiqué, suivant le bordereau de transmission versé au dossier par la préfète du Val-de-Marne, le 7 mai suivant, à un collège de médecins composé des docteurs Philippe Truze, Laurent Ruggieri et Djamal Khodjamohamed. Le médecin du service médical de l'OFII qui a établi le rapport médical relatif à l'état de santé de Mme C a été désigné aux termes de la décision du directeur général de l'OFII du 1er mai 2021 modifiant la décision du 17 janvier 2017 portant désignation au collège de médecins à compétence nationale de l'OFII, régulièrement publiée. En outre, et à supposer même que ce rapport médical n'ait pas été établi conformément au modèle figurant à l'annexe B de l'arrêté du 27 décembre 2016, cette seule circonstance est sans incidence sur la régularité de la procédure prévue à l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. D'autre part, il résulte de ce qui vient d'être dit que l'avis émis le 19 mai 2021 par le collège des médecins de l'OFII comporte la mention des noms et prénoms des trois médecins instructeurs qui ont rendu cet avis ainsi que leurs signatures respectives. Ces trois médecins ont été désignés aux termes d'une décision du directeur général de l'OFII du 1er mai 2021 modifiant la décision du 17 janvier 2017 portant désignation au collège de médecins à compétence nationale de l'OFII, régulièrement publiée. D'autre part, si Mme C conteste l'authenticité des signatures électroniques apposées sur cet avis, il ressort cependant des pièces du dossier que les signatures figurant sur cet avis sont des fac-similés qui ne constituent pas des signatures électroniques au sens de l'article L. 212-3 du code des relations entre le public et l'administration et qui, par conséquent, ne nécessitent aucun processus d'authentification, les avis du collège de médecins de l'OFII n'étant pas, au demeurant, au nombre des actes relevant du champ d'application de l'article L. 212-3 du code des relations entre le public et l'administration dont le respect ne s'impose qu'aux décisions administratives. Par ailleurs, aucun élément ne permet de douter que les signatures apposées au bas de cet avis du 19 mai 2021 ne seraient pas celles des trois médecins composant le collège de médecins de l'OFII, dont l'identité est précisée pour chacun d'eux.
9. Enfin, la partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'OFII venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis du collège médical de l'OFII, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l'ensemble des éléments pertinents, notamment l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège des médecins de l'OFII, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
10. Mme C, qui conteste le sens de l'avis du collège des médecins de l'OFII du 19 mai 2021 en produisant plusieurs certificats médicaux dont celui de son médecin traitant du 7 janvier 2021, doit être regardée comme ayant ainsi levé le secret relatif aux informations médicales la concernant. Il en résulte que cette dernière est suivie pour une pathologie cardiaque avec un antécédent d'accident vasculaire cérébral sylvien cardio-embolique, avec foramen ovale perméable, fermé en 2010, et bénéficie d'un traitement médicamenteux au long cours depuis cette date et doit avoir un suivi cardiologique. Toutefois, Mme C ne peut utilement soutenir que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut entrainerait des conséquences d'une exceptionnelle gravité dès lors que la préfète du Val-de-Marne, qui s'est appropriée la teneur de l'avis du collège des médecins de l'OFII ne conteste pas les conséquences sur son état de santé de l'absence de toute prise en charge médicale. Par ailleurs, si
Mme C soutient que le traitement approprié à sa pathologie n'est pas effectivement disponible dans son pays d'origine eu égard à l'insuffisance notoire de structures médicales au Maroc, elle n'apporte, à l'appui de son allégation, aucun élément pertinent. Ainsi, le rapport de l'organisation suisse d'aide aux réfugiés qu'elle verse aux débats, portant sur les années 2013 à 2015, qui se borne à mettre en évidence le manque de personnels médicaux et certaines difficultés d'approvisionnement en médicaments ou de corruption dans le secteur de la santé au Maroc, et qui ne comporte ainsi que des éléments généraux et anciens, est insuffisant à contredire non seulement l'avis du collège des médecins de l'OFII mais également l'appréciation de la préfète du Val-de-Marne. Par suite, eu égard à l'ensemble de ces éléments, et sans qu'il y ait lieu en l'espèce et au vu des pièces produites d'ordonner la communication du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège des médecins de l'OFII, Mme C n'est pas fondée à soutenir que la préfète du Val-de-Marne, en lui opposant un refus de séjour, aurait méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précitées au point 5. du présent jugement ou commis une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
11. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () ; / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. / () ".
12. Eu égard à ce qui a été dit au point 10. du présent jugement, Mme C n'est pas fondée à soutenir que la décision par laquelle la préfète du Val-de-Marne l'a obligée à quitter le territoire français méconnaitrait les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précitées au point précédent ni qu'elle serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation des faits de la cause.
13. En second lieu, aux termes de l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi. () ". Aux termes de l'article 3 de cette convention : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
14. Mme C soutient que la décision fixant le pays de destination méconnaît les stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, eu égard à ce qui a été dit aux points 10. et 12. du présent jugement, Mme C n'établit pas que sa vie serait menacée en cas de retour au Maroc du fait de l'impossibilité de bénéficier de soins appropriés à son état de santé. Les moyens invoqués ne peuvent donc qu'être écartés.
15. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 31 août 2022 par lequel la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite d'office. Il y a donc lieu de rejeter ses conclusions aux fins d'annulation, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles qu'elle a présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la préfète du Val-de-Marne.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
Mme Réchard, première conseillère,
Mme Luneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
La rapporteure,
J. RECHARD
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOT La greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026