lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2300622 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre, JU |
| Avocat requérant | CISSE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 17 janvier 2023, enregistrée le 18 janvier 2023, le président du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal le dossier de la requête de M. B A.
Par une requête enregistrée le 13 janvier 2023, M. A, représenté par Me Cisse, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions, contenues dans un arrêté, en date du 12 janvier 2023, par lesquelles le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 12 mois ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la mesure d'éloignement repose sur des erreurs de fait et de droit, dès lors qu'il justifie d'une présence en France depuis plus de cinq ans, qu'il y est pleinement intégré, notamment du fait de sa bonne connaissance de la langue et qu'il n'a jamais constitué un trouble à l'ordre public, de sorte qu'il est, en réalité, fondé à se prévaloir de motifs exceptionnels d'admission au séjour ;
- l'interdiction de retour est, quant à elle, entachée d'erreur manifeste d'appréciation, cette décision du préfet étant disproportionnée au regard de sa durée de présence sur le territoire et de l'intensité de ses liens en France ;
- ces deux décisions ont, par ailleurs, été prises en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'autorité administrative commettant, en outre, ce faisant, une erreur manifeste dans l'appréciation de leurs conséquences.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 février 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête en faisant valoir :
- que M. A, qui est entré irrégulièrement en France, s'est ensuite maintenu sur le territoire sans effectuer les démarches nécessaires afin de régulariser sa situation administrative ;
- que la décision litigieuse est suffisamment motivée, dès lors qu'elle reprend les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée, aucune formule stéréotypée n'étant utilisée ;
- que si M. A soutient que la décision contestée méconnaît les articles L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et se trouve entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, en mettant en avant une insertion par le travail, il ne verse au débat aucun élément en lien avec son activité professionnelle ni en lien avec sa présence sur le territoire français et n'apporte aucune précision sur ses attaches sur le territoire, ce qu'il n'avait déjà pas fait au cours de son audition et dans le cadre de la procédure qui a précédé l'intervention de la décision contestée ;
- que la circonstance qu'il justifierait d'une présence en France de cinq ans et travaillerait en France, alors qu'il n'est titulaire d'aucune autorisation de travail, n'est pas de nature à faire obstacle, à elle seule, à son éloignement ;
- qu'il est célibataire et sans charge de famille et ne démontre pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 25 ans ;
- que l'obligation de quitter le territoire français sans délai est justifiée par le fait que le requérant ne présente aucune garantie de représentation et qu'il n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ;
- que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant 12 mois est justifiée, dès lors que M. A a délibérément choisi de s'y maintenir en situation irrégulière, d'y exercer illégalement un emploi et, ainsi, de ne pas respecter la législation relative à l'accueil et au séjour des étrangers en France.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. Declercq, président honoraire, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Declercq,
- et les observations de Me Pilotin, substituant Me Cisse, représentant M. A, qui conclut à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour, en faisant valoir que M. A est en France depuis cinq ans, qu'il a été interpellé alors qu'il avait entamé des démarches en vue de la régularisation de sa situation, qu'il n'a plus d'attaches au Mali, ses parents étant décédés mais qu'il en a en revanche en France et que la décision contestée est disproportionnée et entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique à 11h53.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant malien, serait entré régulièrement en France le 18 septembre 2018, selon ses déclarations. Par arrêté du 12 janvier 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, en application du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé, à son encontre, une interdiction de retour d'une durée de 12 mois. M. A demande au tribunal de prononcer l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. Aux termes, d'une part, de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ".
3. Aux termes, d'autre part, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
4. A l'appui de sa requête, M. A soutient, en premier lieu, qu'il est entré régulièrement en France et qu'il y réside ainsi depuis cinq ans, de sorte qu'il est fondé à se prévaloir des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatives à l'admission exceptionnelle au séjour. Toutefois, le requérant ne justifie ni de la régularité de son entrée en France ni de la date de cette entrée ni de son activé professionnelle ni, enfin, de ce qu'il disposerait, sur le territoire national, d'un logement permanent, dès lors qu'il se borne à produire, à cet égard, non pas les nombreux documents annoncés, mais une unique attestation manuscrite émanant d'une logeuse qui ne justifie pas de son identité et ne produit qu'un seul avis d'échéance, daté de septembre 2022, pour justifier de son propre loyer. Ce moyen ne pourra ainsi qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, si M. A, qui invoque à cet égard la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, se prévaut de l'intensité de ses liens en France, où il aurait de " solides attaches ", il ne justifie pas de la réalité de ses liens ni de ce qu'il serait dépourvu de liens dans son pays d'origine.
En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de destination :
6. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
7. A l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays à destination duquel il doit être éloigné, M. A se borne à se prévaloir de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre et de la circonstance qu'il n'a jamais troublé l'ordre public. Toutefois, d'une part, il résulte de ce qui précède que les moyens dirigés contre la décision d'éloignement contestée doivent être écartés et, d'autre part, que le moyen qui est tiré de ce qu'il n'aurait jamais troublé l'ordre public est inopérant.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulations présentées par M. A doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
M. DECLERCQLa greffière,
V. GUILLEMARD
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026