jeudi 10 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2300624 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | WANTOU |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 17 janvier 2023, enregistrée au greffe du tribunal le 19 janvier 2023, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal le dossier de la requête présentée par M. D E.
Par cette requête, enregistrée le 12 janvier 2023 au greffe du tribunal administratif de Paris, M. E demande au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 10 janvier 2023 par lequel le préfet de Seine-et-Marne l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office de cette obligation et a assorti cette même obligation d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Il soutient que :
-les décisions attaquées ont été signées par une autorité incompétente ;
-elles sont intervenues au terme d'une procédure irrégulière, dès lors que le principe du respect des droits de la défense a été méconnu ;
-elles sont insuffisamment motivées ;
-elles sont entachées d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
-elles sont entachées d'une erreur de droit et d'une erreur dans la qualification juridique des faits, dès lors que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public au sens du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-elles portent une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale ;
-elles méconnaissent l'intérêt supérieur de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2023, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
-la requête de M. E est tardive et, par suite, irrecevable ;
-les moyens soulevés par M. E ou susceptibles de l'être à l'audience ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-le code des relations entre le public et l'administration ;
-le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer seul, sans conclusions du rapporteur public, en matière de contentieux des obligations de quitter le territoire français.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. Zanella ;
-et les observations de Me Wantou, avocat désigné représentant M. E, absent, qui a conclu aux mêmes fins que la requête en ajoutant au moyen tiré de l'erreur de droit et de l'erreur dans la qualification juridique des faits l'argument selon lequel, à défaut de jugement de condamnation, le requérant est encore présumé innocent des faits de vol en réunion du 9 janvier 2023 à raison desquels il a été interpellé puis placé en garde à vue le même jour.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant algérien né le 30 avril 1995, a fait l'objet, le 10 janvier 2023, d'un arrêté par lequel le préfet de Seine-et-Marne l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office de cette obligation et a assorti cette même obligation d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Sa requête tend à l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, par un arrêté pris le 22 mars 2022 et publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture de Seine-et-Marne, le préfet de ce département a donné délégation à Mme F A, signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer, notamment, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme C B, cheffe du bureau de l'éloignement, dont elle est l'adjointe, les décisions portant obligation de quitter sans délai le territoire français, les décisions fixant le pays de renvoi et les décisions d'interdiction de retour sur le territoire français. Il n'est pas établi, ni même allégué, que Mme B n'était pas absente ou empêchée lorsque l'arrêté attaqué a été pris. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de cet arrêté manque en fait.
3. En deuxième lieu, il résulte des dispositions des chapitres III et IV du titre I du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer, par ces dispositions, l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse applicables aux décisions portant obligation de quitter le territoire français ainsi qu'aux décisions relatives au délai de départ volontaire, aux décisions d'interdiction de retour sur le territoire français et aux décisions fixant le pays de renvoi dont elles peuvent être assorties. Il s'ensuit qu'alors même qu'elles constituent des mesures de police devant être motivées au titre du 1° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, de telles décisions ne sont notamment pas soumises au respect de la procédure contradictoire préalable prévue à l'article L. 121-1 du même code. Le moyen tiré de la méconnaissance du principe du respect des droits de la défense, lequel n'impose à l'autorité administrative de mettre à même l'intéressé de formuler des observations avant de prendre une décision présentant le caractère d'une mesure de police que lorsque des dispositions législatives ou réglementaire le prescrivent expressément et n'a, quoi qu'il en soit, ni pour objet, ni pour effet, de déroger aux dispositions législatives du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mentionnées ci-dessus ne peut dès lors qu'être écarté.
4. En troisième lieu, l'arrêté attaqué, qui, notamment, vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont son auteur a entendu faire application, mentionne les raisons pour lesquelles son auteur a estimé que M. E se trouvait, en fait, dans chacun des deux cas prévus au 1° et au 5° de l'articles L. 611-1 de ce code et indique en outre les éléments pris en compte par son auteur pour, d'une part, fixer la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français édictée à l'encontre du requérant, d'autre part, conclure qu'il ne contrevient ni aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni à celles de l'article 3 de la même convention, comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de chacune des décisions qu'il contient. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation manque en fait.
5. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, eu égard notamment à ce qui vient d'être dit du caractère suffisant de la motivation de l'arrêté attaqué, que le préfet de Seine-et-Marne n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de M. E avant de prendre cet arrêté.
6. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité [] ; / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public []. ".
7. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que l'obligation de quitter le territoire français en litige est fondée à la fois sur le 1° et sur le 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. E soutient que le préfet de Seine-et-Marne a commis une erreur de droit et une erreur dans la qualification juridique des faits en estimant que le vol en réunion à raison duquel il a été interpellé puis placé en garde à vue le 9 janvier 2023 caractérisait un comportement constitutif d'une menace pour l'ordre public. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal de son audition du 10 janvier 2023 par les services de police, et n'est au demeurant pas contesté par lui, que le requérant est entré irrégulièrement en France, via l'Espagne, quatre mois plus tôt selon ses déclarations et qu'il s'y est ensuite maintenu sans titre l'autorisant à y séjourner. Il se trouvait ainsi, à la date de l'arrêté attaqué, dans le cas prévu au 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Or il résulte de l'instruction que le préfet de Seine-et-Marne aurait pris à son égard la même décision s'il s'était seulement fondé sur cette circonstance. Dans ces conditions, à les supposer fondés, les moyens mentionnés ci-dessus doivent être écartés.
8. En sixième lieu, M. E, qui est entré en France, de manière irrégulière, quatre mois avant l'intervention de l'arrêté attaqué et s'est déclaré célibataire sans enfant lors de l'audition mentionnée au point précédent, ne fait état d'aucune attache familiale ou personnelle en France. Le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué porterait une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale ne peut qu'être écarté.
9. En dernier lieu, le moyen tiré de l'atteinte portée à l'intérêt supérieur de l'enfant n'est assorti d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.
10. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de Seine-et-Marne en date du 10 janvier 2023.
D É C I D E :
Article 1er :La requête de M. E est rejetée.
Article 2 :Le présent jugement sera notifié à M. D E et au préfet de Seine-et-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 août 2023.
Le magistrat désigné,
Signé : P. ZANELLA
La greffière,
Signé : S. AÏT MOUSSALa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
S. AÏT MOUSSA
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026