jeudi 1 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2300665 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET KOSZCZANSKI & BERDUGO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 janvier 2023, M. B A, représenté par Me Berdugo, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une date de rendez-vous afin de recevoir un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour avec autorisation de travail dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État (préfète du Val-de-Marne) le versement de la somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que, ressortissant ivoirien, il est entré en France en 2015 sous couvert d'un visa comme étudiant, qu'il a bénéficié depuis de plusieurs titres de séjour étudiant dont le dernier, une carte de séjour pluriannuelle, est arrivé à expiration le 1er novembre 2022, qu'il a déposé une demande de renouvellement de ce titre de séjour le 30 septembre 2022 sur le téléservice de l'administration numérique pour les étrangers en France (ANEF), qu'ayant travaillé en alternance au sein d'une entreprise française, il a été embauché par cette dernière en contrat à durée indéterminée, que son employeur a déposé une demande d'autorisation de travail le 20 septembre 2022, qui a été délivrée le 19 novembre 2022, qu'il a alors déposé une demande de rendez-vous afin de solliciter un changement de statut vers un titre de séjour " salarié " le 3 novembre 2022 sur la plateforme " démarches simplifiées ", qu'il a déposé une nouvelle demande de rendez-vous aux mêmes fins le 13 décembre 2022, qu'il a mis en demeure la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé, qu'il a également formé une demande de regroupement familial pour son épouse et son fils, que la condition d'urgence est remplie du fait de la suspension de son contrat de travail et que la mesure sollicitée est utile et ne s'oppose à l'exécution d'aucune décision administrative.
La requête a été communiquée le 24 janvier 2023 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1 M. B A, ressortissant ivoirien né le 18 aout 1991 à Port-Bouët (Abidjan), entré en France selon ses dires en 2015 sous couvert d'un visa d'étudiant, a bénéficié de plusieurs titres de séjours en cette qualité dont le dernier, pluriannuel, est arrivé à expiration le 1er novembre 2022. Il a déposé successivement, en préfecture du Val-de-Marne le 4 novembre 2021, une demande de regroupement familial au profit de son épouse qui a été enregistrée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 14 février 2022, puis, le 30 septembre 2022, une demande de renouvellement de son titre de séjour comme étudiant, et, le 3 novembre 2022, une demande de rendez-vous en vue de bénéficier d'un changement de statut vers celui de " salarié ", demande réitérée le 13 décembre 2022, sans recevoir aucune réponse de l'administration pour l'ensemble de ces demandes. Il avait en effet signé un contrat de travail avec la Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur (COFACE) le 21 septembre 2022, laquelle a obtenu du ministre de l'intérieur et des outre-mer une autorisation de travail le 19 novembre 2022. Par sa requête enregistrée le 24 janvier 2023, il demande donc au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui donner rendez-vous afin de lui délivrer un récépissé de sa demande de renouvellement de son titre de séjour. Il doit être entendu comme demandant la délivrance d'un récépissé de sa demande de renouvellement de son titre de séjour ou d'une demande de changement de statut.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2 Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3 Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour.
4 Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande. () ". Aux termes de l'article R. 431-14 du même code : " Est autorisé à exercer une activité professionnelle le titulaire du récépissé de demande de première délivrance des titres de séjour suivants : 1° La carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " prévue à l'article L. 421-1 et la carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " prévue à l'article L. 421-3, dès lors que son titulaire satisfait aux conditions mentionnées à l'article L. 5221-1 du code du travail. () ".
5 En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. A a déposé, le 3 novembre puis le 13 décembre 2022 une demande de changement de statut en vue de se voir délivrer une titre de séjour portant la mention " salarié " et que cette demande fait suite à son engagement, par la Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur (COFACE) en contrat à durée indéterminée, intervenu le 21 septembre 2022, société qui a demandé et obtenu une autorisation de travail à son profit par le ministre de l'intérieur et des outre-mer et auprès de laquelle l'intéressé avait travaillé en alternance dans le cadre de ses études. Son contrat de travail a été suspendu en raison du silence de l'administration.
6 La condition d'urgence étant ainsi satisfaite, il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de délivrer une date de rendez-vous à M. A aux fins qu'il puisse déposer sa demande de changement de statut, lequel rendez-vous devra intervenir dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Sur les frais du litige :
7 Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1500 euros qui sera versée à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne de délivrer une date de rendez-vous à M. A aux fins qu'il puisse déposer sa demande de changement de statut, lequel rendez-vous devra intervenir dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 1500 euros à M. A sur le fondement de l'article L. 721-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026