vendredi 17 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2300816 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre, JU |
| Avocat requérant | BOUJNAH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 janvier 2023, M. B D alias C A, représenté par Me Boujnah, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 janvier 2023 par lequel le préfet de Seine-et-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. D soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen sérieux et approfondi ;
- il est illégal dès lors qu'il est entré en France depuis 2019 muni un visa et qu'il justifie d'une vie stable et d'une activité professionnelle ;
- c'est à tort que le préfet de Seine-et-Marne a considéré qu'il constituait une menace à l'ordre public pour édicter l'obligation de quitter le territoire français sans délai ;
- c'est à tort que le préfet de Seine-et-Marne ne lui a pas accordé un délai de départ volontaire alors qu'il a un casier judiciaire vierge, qu'il vit en France depuis quatre ans, qu'il est entré en France muni de son passeport et d'un visa, et qu'il a toujours travaillé.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 mars 2023, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la substitution de base légale du 1° au 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du 1° au 3° de l'article L. 612-2 du même code.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné Mme Blanc, conseillère, pour statuer sur les requêtes relatives à l'éloignement des étrangers mentionnés aux chapitres 6, 7, 7 bis, 7 ter et 7 quater des titres VII des livres VII du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Blanc a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D alias M. A, ressortissant marocain, a été interpellé le 22 janvier 2023 par les services de police pour acquisition, détention, offre, cession, emploi et transports de produits stupéfiants. Par un arrêté du 23 janvier 2023, le préfet de Seine-et-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par la présente requête, M. D alias M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; () / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () ". Aux termes du premier alinéa de l'article L.611-3 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée vise les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables et rappelle les principaux éléments de la situation administrative, familiale et personnelle du requérant. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de Seine-et-Marne n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation du requérant.
5. En troisième lieu, si le requérant soutient qu'il est entré régulièrement sur le territoire français, il n'apporte aucune pièce au soutien de cette allégation. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le préfet de Seine-et-Marne a fondé la décision attaquée sur le 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
6. En quatrième lieu, le requérant soutient que son casier judiciaire est vierge et qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public. Il ressort des pièces du dossier qu'il a été interpellé le 22 janvier 2023 pour acquisition, transport, offre ou cession et détention illicite de produits stupéfiants et que le préfet de Seine-et-Marne a considéré que ces faits sont constitutifs d'un comportement représentant une menace pour l'ordre public. Cependant, ces faits, dont la gravité n'est pas remise en cause, sont isolés et n'ont donné lieu à aucune poursuite judiciaire. Ainsi, cette seule mise en cause ne permet pas d'établir que le comportement de l'intéressé constitue une menace à l'ordre public. Toutefois, le préfet de Seine-et-Marne s'est également fondé sur le motif tiré de ce que l'intéressé ne pouvait justifier être entré régulièrement sur le territoire français et s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité, ainsi qu'il a été dit précédemment. Il résulte de l'instruction que le préfet de Seine-et-Marne aurait pris la même décision en se fondant sur ce seul motif.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions du requérant tendant à l'annulation de la décision du 23 janvier 2023 du préfet de Seine-et-Marne l'obligeant à quitter le territoire français doivent être rejetées.
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
8. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".
9. Ainsi qu'il a été dit précédemment, la menace à l'ordre public n'est pas caractérisée. Le préfet de Seine-et-Marne ne pouvait dès lors fonder la décision portant refus de délai de départ volontaire sur les dispositions du 1° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, l'intéressé ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Il entrait ainsi dans le champ d'application du 1° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ainsi dans celles du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui peuvent être substituées à celle du 1° de cet article, dès lors, d'une part, que cette substitution de base légale, sur laquelle les parties ont été invitées à présenter leurs observations, n'a pas pour effet de priver l'intéressé des garanties de procédure qui lui sont offertes par la loi, et d'autre part, que l'administration dispose du même pouvoir d'apprécier pour appliquer l'une ou l'autre de ces dispositions.
10. Le requérant soutient que c'est à tort que le préfet de Seine-et-Marne ne lui a pas accordé un délai de départ volontaire alors qu'il a un casier judiciaire vierge, qu'il vit en France depuis quatre ans, qu'il est entré en France muni de son passeport et d'un visa, et qu'il a toujours travaillé. Toutefois, d'une part, il résulte de ce qui a été dit au point 5 du présent jugement qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant est entré régulièrement sur le territoire français et d'autre part, les circonstances relatives à la durée de son séjour en France et à sa situation professionnelle, à les supposer établies, ne sont pas de nature à remettre en cause le fait qu'en ne justifiant pas être entré régulièrement sur le territoire français et en n'ayant pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, c'est à bon droit que le préfet de Seine-et-Marne a considéré qu'il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet. Par suite, le moyen soulevé en ce sens par le requérant doit être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 23 janvier 2023 du préfet de Seine-et-Marne portant refus de délai de départ volontaire doivent être rejetées.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête du requérant doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D alias M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B E D alias M. C A, au préfet de Seine-et-Marne et à Me Boujnah.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2024.
La magistrate désignée,
T. BLANCLa greffière,
H. KELI
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026