jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2300954 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MORIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 janvier 2023, M. C D, représenté par
Me Morin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 novembre 2022 par laquelle la préfète du Val-de-Marne a rejeté la demande de regroupement familial qu'il a formulée pour son épouse Mme B A épouse D ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de délivrer une autorisation de regroupement familial au bénéfice de son épouse dans un délai de 10 jours ;
3°) subsidiairement, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa demande dans un délai de dix jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été signée par un auteur incompétent ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur de droit ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation de ses ressources ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 4 de l'accord franco-algérien du
27 décembre 1968 modifié et les dispositions de l'article R. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pradalié,
- les observations de Me Morin, représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. C D, ressortissant algérien né le 3 septembre 1973 à
Aïn-El-Hamman (Algérie), titulaire d'un certificat de résidence de dix ans, a présenté le
29 juin 2020 une demande de regroupement familial au profit de son épouse, à la suite de son mariage en Algérie le 28 janvier 2020. Par une décision du 7 novembre 2022, la préfète du Val-de-Marne a refusé de faire droit à sa demande en retenant le caractère insuffisant des ressources du demandeur pour subvenir aux besoins de son épouse. Par la présente requête il demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes du troisième alinéa de l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " Le regroupement familial ne peut être refusé que pour l'un des motifs suivants : 1 - le demandeur ne justifie pas de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille. Sont pris en compte toutes les ressources du demandeur et de son conjoint indépendamment des prestations familiales. L'insuffisance des ressources ne peut motiver un refus si celles-ci sont égales ou supérieures au salaire minimum interprofessionnel de croissance ; / 2 - le demandeur ne dispose ou ne disposera pas à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant en France. / Peut être exclu de regroupement familial :1 - un membre de la famille atteint d'une maladie inscrite au règlement sanitaire international ; 2 - un membre de la famille séjournant à un autre titre ou irrégulièrement sur le territoire français ".
3. Il résulte de ces dispositions que le caractère suffisant du niveau de ressources du demandeur est apprécié sur la période de douze mois précédant le dépôt de la demande de regroupement familial, par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) au cours de cette même période, même s'il est toujours possible, pour le préfet, lorsque ce seuil n'est pas atteint au cours de la période considérée, de prendre une décision favorable en tenant compte de l'évolution des ressources du demandeur, y compris après le dépôt de la demande.
4. La préfète du Val-de-Marne a rejeté la demande de M. D au motif qu'il ne justifiait pas de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa conjointe, conformément aux dispositions de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En effet, M. D indique avoir été sans emploi plus de 6 mois en 2020. Toutefois il ressort des pièces du dossier que M. D est employé dans le cadre d'un contrat de travail à durée indéterminée depuis le 30 novembre 2021, et qu'il justifie depuis cette date de revenus mensuels moyens supérieurs à 2 000 euros nets. Il ressort de l'avis d'imposition établi en 2022 au titre des revenus de l'année 2021 que M. D justifie avoir bénéficié de revenus d'un montant de 26 081 euros au titre de cette année. Dans ces conditions, M. D justifie du caractère suffisant et stable des ressources de son foyer au cours de la période de 12 mois précédant la décision contestée. Par ailleurs, M. D établit être locataire d'un logement de 62 mètres carrés. Par suite, la préfète du Val-de-Marne doit être regardée comme ayant commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant à son épouse le bénéfice du regroupement familial en application de l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 au motif qu'il ne justifiait pas de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa conjointe.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. D est fondé à demander l'annulation de la décision de la préfète du Val-de-Marne refusant le bénéfice du regroupement familial à son épouse.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
6. Compte tenu du motif d'annulation retenu, l'exécution de la présente décision implique nécessairement qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne, dans un délai de trois mois à compter de la notification de la présente décision, d'admettre Mme B A, épouse de M. D, au bénéfice du regroupement familial. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à M. D au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de la préfète du Val-de-Marne du 7 novembre 2022 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne d'admettre Mme B A, épouse de M. D, au bénéfice du regroupement familial dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. D la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et à la préfète du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Lalande, président,
M. Pradalié, premier conseiller,
Mme Tiennot, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 10 octobre 2024.
Le rapporteur,
G. PRADALIELe président,
D. LALANDE
La greffière,
C. KIFFER
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026