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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2300955

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2300955

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2300955
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantDMOTENG KOUAM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 31 janvier 2023 et le 27 mars 2023, M. C D doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 décembre 2022 par lequel la préfète du Val-de-Marne a rejeté sa demande de titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français ;

2°) d'enjoindre au préfet compétent de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans un délai de trente jours suivant la notification de la décision à intervenir ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de procéder à un réexamen de sa situation personnelle.

Il soutient que :

S'agissant de la décision de refus de séjour :

- la décision est entachée d'incompétence de son signataire ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est, par voie d'exception, illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 février 2023, la préfète du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Fanjaud,

- et les observations de Me Dmoteng, représentant M. D.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant congolais né le 4 novembre 1972 à Kinshasa (Congo) est entré sur le territoire français le 5 janvier 2003 sous couvert d'un visa touristique et indique y être demeuré depuis lors. Le 11 mars 2022, M. D a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour portant la mention " salarié, travailleur temporaire ou vie privée et familiale ". Par un arrêté préfectoral en date du 19 décembre 2022, la préfète du Val-de-Marne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi. Il demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision de refus de séjour :

2. En premier lieu, par un arrêté n°2021/659 du 1er mars 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs publié le même jour, la préfète du Val-de-Marne a donné délégation de signature à M. A B, sous-préfet de Nogent-sur-Marne et signataire de l'arrêté du

19 décembre 2022, à fin de signer tous actes, arrêtés et décisions relevant des attributions de l'État sur l'arrondissement de Nogent-sur-Marne, à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions portant sur la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 19 décembre 2022 doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 () ".

4. M. D soutient que la préfète du Val-de-Marne a méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ne soumettant pas sa demande pour avis à la commission du titre de séjour. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. D n'a pas justifié résider en France depuis plus de dix ans à la date de la décision attaquée. Dès lors, le moyen doit être écarté.

5. En troisième lieu, si M. D soutient qu'il réside en France depuis plusieurs années, et s'il établit y avoir des liens familiaux, à savoir sa concubine et leurs deux enfants nés en 2012 et 2016, le requérant ne conteste pas que sa compagne soit de la même nationalité que lui et qu'elle se maintient en situation irrégulière en France. Par ailleurs, il ressort également des pièces du dossier que M. D a trois autres enfants qui ne résident pas en France, de sorte qu'il ne peut être regardé comme ayant transféré le centre de ses intérêts familiaux exclusivement en France. En outre, l'arrêté attaqué n'a pas davantage pour objet ou pour effet de le séparer de ses enfants, qui sont en bas âge et dont rien ne vient établir qu'ils ne peuvent reprendre ou poursuivre leur scolarité en République démocratique du Congo. Enfin, le requérant ne justifie pas d'une insertion professionnelle stable et durable et il ne conteste pas avoir déjà fait l'objet d'une décision de refus de séjour en date du 28 décembre 2015 par le préfet du Val-d'Oise. Dès lors, en refusant de lui délivrer un titre de séjour et en l'obligeant à quitter le territoire français, la préfète du Val-de-Marne n'a ni entaché son arrêté d'erreur manifeste d'appréciation ni méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision d'obligation de quitter le territoire français :

6. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que doit être écarté le moyen invoqué par

M. D tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision de refus de titre de séjour.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction doivent être rejetées.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et à la préfète du Val-de-Marne.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Lalande, président,

M. Pradalié, premier conseiller,

M. Fanjaud, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.

Le rapporteur,

C. FANJAUDLe président,

D. LALANDE

La greffière,

C. BOURGAULT

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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