jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2301263 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | HERVET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 février 2023, Madame A B, représentée par Me Hervet, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui donner un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de carte de séjour en qualité de conjointe d'un ressortissant étranger titulaire d'un passeport talent " salarié qualifié " dans un délai de 3 jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État (préfète du Val-de-Marne) le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que, de nationalité marocaine, elle est entrée en France avec son fils munie d'un visa en qualité de membre de famille d'un titulaire de carte de séjour portant la mention " passeport - talent - salarié qualifié ", qu'elle a déposé une demande de carte de séjour en cette qualité, mais qu'elle n'a pas été en mesure de créer son compte sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, qu'elle a tenté de prendre contact avec la préfecture du Val-de-Marne pour faire enregistrer sa demande de titre de séjour, que la condition d'urgence est ainsi satisfaite car elle ne peut régulariser sa situation et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2023, la préfète du Val-de-Marne représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête, l'intéressée ayant été convoquée le 9 mars 2023 aux fins de déposer sa demande de titre de séjour.
Par un mémoire en réplique enregistré le 5 mai 2023, Madame A B maintient les conclusions de sa requête initiale conclut aux mêmes fins, la convocation du 9 mars 2023 ne lui ayant jamais été communiquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Madame A B, ressortissante marocaine née le 8 janvier 1999 à Oued Essafa (Région de Souss-Massa-Drâa), entrée en France avec son fils, tous les deux munis d'un visa en qualité de membre de famille d'un titulaire de carte de séjour " passeport - talent " délivré le 22 juin 2022 par les autorités consulaires françaises à Casablanca, n'a pas été en mesure de créer un compte sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France en raison d'un dysfonctionnement informatique. Elle a alors saisi la préfecture du Val-de-Marne, par ailleurs également saisie d'une demande de document de circulation pour étranger mineur depuis le 22 septembre 2022, d'une demande de rendez-vous en vue de pouvoir déposer sa demande de titre de séjour portant la mention " passeport - talent / famille ". Sans réponse de l'administration, par sa requête enregistrée le 9 février 2023, elle demande donc au juge des référés d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une date de rendez-vous pour qu'elle puisse déposer sa demande de titre de séjour.
Sur les conclusions aux fins de non-lieu à statuer présentées par la préfet du Val-de-Marne :
2. Si dans son mémoire en défense enregistré le 5 mai 2023, la préfète du
Val-de-Marne conclut au non-lieu à statuer au motif qu'elle aurait convoqué l'intéressée le
9 mars 2023, soit deux mois auparavant, aux fins qu'elle puisse déposer sa demande de titre de séjour, l'existence de cette convocation, qui n'est d'ailleurs pas démontrée par la préfète du
Val-de-Marne, a été contestée par la requérante le jour même sans que soit délivrée une autre convocation. Par suite, les conclusions aux fins de non-lieu à statuer ne pourront qu'être écartées.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
4. Aux termes de l'article L. 421-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " S'il est âgé d'au moins dix-huit ans, le conjoint de l'étranger mentionné aux articles L. 421-9 à L. 421-11 et L. 421-13 à L. 421-21 se voit délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent (famille) " d'une durée égale à la période de validité restant à courir de la carte de séjour de son conjoint. Cette carte est délivrée, dans les mêmes conditions, aux enfants du couple entrés mineurs en France, dans l'année qui suit leur dix-huitième anniversaire ou lorsqu'ils entrent dans les prévisions de l'article L. 421-35, pour une durée égale à la période de validité restant à courir de la carte de séjour de leur parent. Elle est renouvelée de plein droit pour une durée de quatre ans lorsque son titulaire réside en France depuis au moins cinq ans ".
5. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () ". Aux termes de l'article R. 431-14 du même code : " Est autorisé à exercer une activité professionnelle le titulaire du récépissé de demande de première délivrance des titres de séjour suivants : () 6° La carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent (famille) " prévue à l'article L. 421-22, L. 421-23 ou L. 422-12 ; () ".
6. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
7. En l'espèce, Madame B est entrée en France munie d'un visa en qualité de membre de famille d'un titulaire d'une carte de séjour portant la mention " passeport-talent ". Son mari s'est vu en effet délivrer, le 18 novembre 2022, par la préfète du Val-de-Marne un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 421-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle fait valoir qu'elle a tenté de déposer une demande de carte de séjour portant la mention " passeport-talent/famille " sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France mais que cela lui a été impossible en raison d'un dysfonctionnement de cette plateforme. Elle soutient par ailleurs, sans être contredite, qu'elle a tenté de contacter la préfecture à de multiples reprises, en vain et qu'elle se trouve dans l'incapacité de faire enregistrer sa demande de titre de séjour.
8. Il résulte de ce qui précède que Madame B peut se prévaloir de circonstances particulières justifiant que sa demande de titre de séjour soit enregistrée dans un délai raisonnable. Dès lors, il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne de la convoquer dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance, afin qu'elle puisse déposer sa demande de titre de séjour, lequel rendez-vous ne pourra donner lieu qu'à la délivrance d'un récépissé de sa demande valable, portant autorisation de travail, jusqu'à la remise en mains propres de la carte de séjour pluriannuelle à laquelle elle a droit, sous astreinte de 50 euros par jour de retard passé ce délai de sept jours.
Sur les frais du litige
9. Dans les circonstances de l'espèce il y a lieu de mettre à la charge de l'État (préfète du Val-de-Marne) le versement d'une somme de 2 000 euros à Madame B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens, sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne de convoquer Madame B, dans le délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance, afin qu'elle puisse déposer sa demande de titre de séjour, sous astreinte de 50 euros par jour de retard passé ce délai de sept jours.
Article 2 : L'État (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 2 000 euros à Madame B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026