vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2301366 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | JACQUES BARTHELEMY & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 février 2023, Mme A B, représentée par Me Montagner, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 octobre 2023 par laquelle l'inspectrice du travail a autorisé la société GSF Airport à la licencier pour inaptitude médicale ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise en méconnaissance du caractère contradictoire de la procédure ;
- c'est à tort que l'inspectrice du travail a estimé que la consultation du comité social et économique (CSE) était régulière ;
- c'est à tort que l'inspectrice du travail a estimé que son employeur avait respecté son obligation de reclassement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2023, la société GSF Airport représentée par Barthélémy Avocats, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de Mme B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2023, le directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Félicie Bouchet, première conseillère ;
- les conclusions de M. Cyril Dayon, rapporteur public ;
- et les observations de Me Barbat, avocat de la société GFS Airport.
Considérant ce qui suit :
1. Le 17 novembre 2022, la société GSF Airport a sollicité auprès de l'administration l'autorisation de licencier pour inaptitude Mme B, salariée protégée. Par une décision du 9 janvier 2023 dont Mme B demande l'annulation, l'inspectrice du travail a autorisé le licenciement de cette dernière.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En vertu du code du travail, les salariés protégés bénéficient, dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent, d'une protection exceptionnelle. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par l'inaptitude du salarié, il appartient à l'administration de rechercher si cette inaptitude est telle qu'elle justifie le licenciement envisagé, compte tenu des caractéristiques de l'emploi exercé à la date à laquelle elle est constatée, de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé, des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi et de la possibilité d'assurer son reclassement dans l'entreprise, et non de rechercher la cause de cette inaptitude.
3. En premier lieu, la décision attaquée, qui vise les dispositions du code du travail dont elle fait application et notamment les articles L. 2411-1 et L. 1226-2 de ce code, se réfère à l'avis du médecin du travail du 21 mai 2021 qui a considéré que Mme B était apte sous réserve de l'aménagement de son poste, fait mention de la contestation de cet avis par la société GSF Airport devant le conseil de prud'hommes de Créteil sur le fondement de l'article R. 6424-45 du code du travail et de l'ordonnance de référé du conseil des prud'hommes du 13 juin 2022 qui a déclaré Mme B inapte à son poste, sans possibilité de reclassement. La décision mentionne également que le reclassement de la salariée est impossible et que la demande d'autorisation de licenciement ne présente pas de lien avec le mandat détenu par la salariée. Ces considérations de droit et de fait, qui portent sur l'ensemble des éléments soumis à l'appréciation de l'inspectrice du travail, sont suffisamment développées pour permettre à Mme B de comprendre les motifs dont il a été tenu compte. Par suite, la décision est suffisamment motivée au sens des dispositions de l'article R. 2421-5 du code du travail.
4. En deuxième lieu, le caractère contradictoire de l'enquête préalable à la délivrance d'une autorisation administrative de licenciement menée conformément aux dispositions de l'article R. 2421-11 du code du travail, implique que le salarié protégé soit mis à même de prendre connaissance de l'ensemble des pièces produites par l'employeur à l'appui de sa demande, sans que la circonstance que le salarié est susceptible de connaître le contenu de certaines de ces pièces puisse exonérer l'inspecteur du travail de cette obligation. La communication de l'ensemble de ces pièces doit intervenir avant que l'inspecteur du travail ne statue sur la demande d'autorisation de licenciement présentée par l'employeur, dans des conditions et des délais permettant au salarié de présenter utilement sa défense.
5. Si la requérante soutient qu'elle n'a pas été mise à même de prendre connaissance des pièces transmises par son employeur et de présenter des observations, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'une enquête contradictoire a été menée par l'inspectrice du travail les 6 et 7 décembre 2022 à laquelle Mme B a été convoquée et s'est présentée, que la veille, le 5 décembre 2022, cette dernière a attesté par écrit avoir été destinataire de la demande d'autorisation de licenciement présentée par son employeur ainsi que des quatorze pièces produites par son employeur et enfin avoir été informée de la possibilité de présenter toute observation au cours de l'enquête contradictoire et que, enfin, l'inspectrice du travail n'a pris sa décision que plus d'un mois après la remise des documents à la requérante. Il s'ensuit que la requérante n'est pas fondée à soutenir que le caractère contradictoire de l'enquête menée par l'inspectrice du travail a été méconnu.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 2421-3 du code du travail : " Le licenciement envisagé par l'employeur d'un membre élu à la délégation du personnel au comité social et économique titulaire ou suppléant ou d'un représentant syndical au comité social et économique ou d'un représentant de proximité est soumis au comité social et économique, qui donne un avis sur le projet de licenciement (). ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à l'administration, saisie par l'employeur d'une demande d'autorisation de licenciement d'un salarié protégé de s'assurer que la procédure de consultation du comité économique et social (CSE) a été régulière et qu'elle ne peut légalement accorder l'autorisation demandée que si le comité économique et sociale a été mis à même d'émettre son avis en toute connaissance de cause, dans des conditions qui ne sont pas susceptibles d'avoir faussé sa consultation.
7. Il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté que Mme B a été convoquée le 27 octobre 2022 à la réunion du CSE du 3 novembre 2022 pour avis sur le projet de licenciement pour inaptitude. Contrairement à ce que soutient la requérante, il ne résulte pas des dispositions précitées, ni d'aucune disposition législative ou règlementaire, qu'il appartenait à la société GFS Airport de lui notifier l'avis et le procès-verbal de la réunion du CSE du 3 novembre 2022. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que l'employeur a transmis le procès-verbal de la réunion du CSE du 3 novembre 2022 à l'inspectrice du travail en annexe de sa demande d'autorisation de licenciement de Mme B et que la requérante a attesté, le 5 décembre 2022, s'être fait remettre ledit document par l'inspectrice du travail.
8. En quatrième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 1226-2-1 du code du travail : " L'employeur ne peut rompre le contrat de travail que s'il justifie soit de son impossibilité de proposer un emploi dans les conditions prévues à l'article L. 1226-2, soit du refus par le salarié de l'emploi proposé dans ces conditions, soit de la mention expresse dans l'avis du médecin du travail que tout maintien du salarié dans un emploi serait gravement préjudiciable à sa santé ou que l'état de santé du salarié fait obstacle à tout reclassement dans un emploi. " D'autre part, aux termes de l'article L. 4624-7 du code du travail : " I. Le salarié ou l'employeur peut saisir le conseil de prud'hommes selon la procédure accélérée au fond d'une contestation portant sur les avis, propositions, conclusions écrites ou indications émis par le médecin du travail reposant sur des éléments de nature médicale en application des articles L. 4624-2, L. 4624-3 et L. 4624-4. Le médecin du travail, informé de la contestation par l'employeur, n'est pas partie au litige. / () / III. La décision du conseil de prud'hommes se substitue aux avis, propositions, conclusions écrites ou indications contestés ".
9. Il ressort des pièces du dossier que, saisi d'une contestation contre l'avis du médecin du travail du 21 mai 2021 qui avait considéré que Mme B était apte à son poste sous condition, le conseil de prud'hommes de Créteil a, par une ordonnance de référé du 13 juin 2021 exécutoire à titre provisoire nonobstant l'appel formé par la requérante, déclaré Mme B inapte à son poste sans possibilité de reclassement au sein de la société GFS Airport. Cette décision, qui au demeurant a été confirmée en appel par la cour d'appel de Paris le 20 avril 2023, s'est substituée à l'avis du médecin du travail. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que son reclassement était possible et que la société GFS Airport a méconnu son obligation de reclassement à son égard alors même que son employeur se trouvait dispensé de cette obligation.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B une somme de 250 euros au titre des frais exposés par la société GFS Airport et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Mme B versera à la société GFS Airport une somme de 250 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et à la société GSF Airport.
Copie pour information en sera transmise au directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Félicie Bouchet, première conseillère,
M. Dominique Binet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
La rapporteure,
F. BouchetLe président,
T. GallaudLa greffière,
L. Potin
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026