jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2301733 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | GOZLAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 21 février 2023, M. A B, représenté par Me Gozlan, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 janvier 2023 par lequel la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours à compter de la notification de la décision et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné en cas d'inexécution ;
2°) de faire droit à sa demande de délivrance d'un titre de séjour ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour ou, à défaut de réexaminer sa demande dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que la préfète du Val-de-Marne aurait dû saisir pour avis la commission du titre de séjour ;
- elle est insuffisamment motivée ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'il justifie d'une présence continue sur le territoire français depuis plus de dix ans ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 mars 2023, la préfète du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 21 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 18 juin 2024 à midi.
Par courrier du 29 août 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à ce que le tribunal fasse droit à la demande de délivrance d'un titre de séjour présentée par M. B, dès lors qu'il n'appartient pas au juge administratif de faire œuvre d'administrateur.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Massengo a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant indien né en 1965, déclare être entré en France le 11 novembre 1985. Il a formé une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 25 janvier 2023, la préfète du Val-de-Marne a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours à compter de la notification de la décision et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné en cas d'inexécution. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la recevabilité des conclusions tendant à la délivrance du titre de séjour sollicité :
2. Il n'entre pas au juge administratif de faire œuvre d'administrateur. Par suite, les conclusions de la requête tendant à ce que le tribunal délivre à M. B le titre de séjour sollicité, sont irrecevables à raison de leur objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. /()/ ".
4. M. B soutient que l'arrêté attaqué a été pris au terme d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il justifie d'une ancienneté de plus de dix ans, obligeant l'autorité préfectorale à soumettre sa demande d'admission exceptionnelle au séjour pour avis à la commission du titre de séjour. Toutefois, en ce qui concerne l'année 2014, M. B se borne à produire l'attestation d'une personne déclarant l'héberger depuis 2011, dont le caractère probant est insuffisant. En outre, en ce qui concerne les années 2016, 2017 et 2018, les pièces produites sont également insuffisantes pour justifier de sa résidence habituelle en France durant cette période. Dans ces conditions, la préfète du Val-de-Marne n'était pas tenue de saisir la commission du titre de séjour avant de se prononcer sur la demande d'admission exceptionnelle au séjour présentée par M. B et le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure doit, dès lors, être écarté.
5. En second lieu, la décision attaquée énonce les dispositions légales applicables ainsi que les faits qui en constitue le fondement. Par suite, et dès lors que la motivation d'une décision administrative ne se confond pas avec le bien-fondé de ses motifs, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour.
En ce qui concerne la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / 3° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de dix ans, sauf s'il a été, pendant toute cette période, titulaire d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " étudiant " ; /()/ ".
8. M. B ne conteste pas avoir fait l'objet d'un premier refus de délivrance d'un titre de séjour et d'une obligation de quitter le territoire français par un arrêté de la préfète du Val-de-Marne du 13 septembre 2016. Ainsi, à supposer même qu'il ait effectivement eu sa résidence habituelle sur le territoire depuis plus de dix ans, il n'y résidait en tout état de cause pas de manière régulière. Par suite, M. B ne peut utilement se prévaloir des dispositions précitées du 3° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, concernant les étrangers résidant régulièrement depuis plus de dix ans sur le territoire.
9. En second lieu, M. B soutient que la préfète du Val-de-Marne a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de l'obligation de quitter le territoire sur sa situation personnelle, dès lors qu'il a l'ensemble de ses intérêts en France. S'il produit l'attestation de la personne qui l'héberge, indiquant qu'il lui apporte une aide quotidienne, il ne produit aucun autre élément relatif aux autres liens personnels, familiaux ou professionnels qu'il aurait pu établir sur le territoire français depuis le 11 novembre 1985, date à laquelle il déclare y être entré. En outre, il ressort des pièces du dossier que M. B est divorcé et sans enfant. Enfin, l'intéressé ne conteste pas qu'il dispose d'attaches familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision d'obligation de quitter le territoire français serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de renvoi :
11. M. B ne soulève aucun moyen au soutien de sa demande d'annulation de la décision susvisée et n'est, dès lors, pas fondé à en demander l'annulation.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 25 janvier 2023 doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
13. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Val-de-Marne.
Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
Mme Massengo, conseillère,
Mme Bourrel Jalon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
La rapporteure,
C. MASSENGO
La présidente,
I. BILLANDONLa greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026