jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2301797 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | JASLET |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 22 février 2023, sous le n° 2301797, M. C, représenté par Me Jaslet, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision implicite née le 20 février 2023 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rejeté le recours préalable qu'il a formé le 20 décembre 2022 contre la décision de la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Créteil du 10 novembre 2022 lui refusant les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile ;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile à compter de l'enregistrement de sa demande d'asile le 10 novembre 2022, dans le délai de sept jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il doit être regardé comme soutenant que la décision attaquée :
- est privée de base légale dès lors que les dispositions de l'article L. 551-15, 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont contraires aux objectifs de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale ;
- a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas été informé de la possibilité de se voir refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et qu'il n'est pas établi qu'il ait fait l'objet d'un entretien d'évaluation de sa vulnérabilité ;
- est entachée d'une erreur de fait ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration, représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 13 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 juillet 2024 à midi.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 avril 2023.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 juin et 6 juillet 2023, sous le n° 2306068, M. B, représenté par Me Jaslet, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 16 mai 2023 par laquelle la directrice territoriale de Créteil de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile ;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder les conditions matérielles d'accueil à compter de l'enregistrement de sa demande d'asile, dans le délai de sept jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration, représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 13 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 juillet 2024 à midi.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 juillet 2023.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Massengo a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant afghan né en 2003, déclare être entré en France le 20 octobre 2022. Il a déposé une demande d'asile, enregistrée le 10 novembre 2022 en procédure accélérée. Le même jour, la directrice territoriale de Créteil de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. M. B a formé contre cette décision un recours préalable obligatoire le 20 décembre 2022. Une décision implicite de rejet de ce recours est née le 20 février 2023 du silence gardé par le directeur général de l'OFII, dont l'exécution a toutefois été suspendue par le juge des référés du tribunal par une ordonnance du 14 mars 2023, enjoignant par ailleurs à l'autorité administrative de réexaminer la situation de M. B. Par une décision du 16 mai 2023 prise en exécution de cette injonction, la directrice territoriale de Créteil de l'OFII a refusé d'admettre l'intéressé au bénéfice des conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile. Ce dernier a formé un recours préalable obligatoire le 12 juin 2023. Une décision implicite de rejet de cette demande est née le 12 août 2023 du silence gardé par le directeur général de l'OFII. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la décision implicite de rejet née le 20 février 2023 du silence gardé par le directeur de l'OFII sur son recours préalable obligatoire formé contre la décision du 10 novembre 2022 de refus des conditions matérielles d'accueil, et de la décision du 16 mai 2023 par laquelle la directrice territoriale de Créteil a réitéré son refus de lui accorder les conditions matérielles d'accueil.
2. Les requêtes n°s 2301797 et 2306068 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu, dès lors, de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
3. Aux termes, d'une part, de l'article 18 de la loi n° 91-647 relative à l'aide juridique : " L'aide juridictionnelle peut être demandée avant ou pendant l'instance. ". Aux termes de l'article 20 de la même loi : " Dans les cas d'urgence, (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. / () ".
4. Par deux décisions du bureau d'aide juridictionnelle des 19 avril 2023 et 19 juillet 2023, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale dans les présentes instances. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur ses demandes au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, qui sont devenues sans objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'étendue du litige de la requête n° 2306068 :
5. S'il est saisi de conclusions tendant à l'annulation d'une décision qui ne peut donner lieu à un recours devant le juge de l'excès de pouvoir qu'après l'exercice d'un recours administratif préalable et si le requérant indique, de sa propre initiative ou le cas échéant à la demande du juge, avoir exercé ce recours et, le cas échéant après que le juge l'y a invité, produit la preuve de l'exercice de ce recours ainsi que, s'il en a été pris une, la décision à laquelle il a donné lieu, le juge de l'excès de pouvoir doit regarder les conclusions dirigées formellement contre la décision initiale comme tendant à l'annulation de la décision, née de l'exercice du recours, qui s'y est substituée.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B a exercé le 12 juin 2023 un recours préalable obligatoire contre la décision du 16 mai 2023 refusant de lui accorder les conditions matérielles d'accueil, en application des dispositions de l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La décision implicite de rejet ce recours, née le 12 août 2023, s'étant substituée à la décision initiale, la requête n° 2306068 doit être regardée comme tendant à l'annulation de la décision implicite née le 12 août 2023 du silence gardé par le directeur général de l'OFII sur le recours administratif formé par M. B.
En ce qui concerne le bien-fondé des moyens soulevés au soutien des deux requêtes :
7. En premier lieu, l'article 20 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, prévoit que : " () 2. Les États membres peuvent aussi limiter les conditions matérielles d'accueil lorsqu'ils peuvent attester que le demandeur, sans raison valable, n'a pas introduit de demande de protection internationale dès qu'il pouvait raisonnablement le faire après son arrivée dans l'État membre / 5. Les décisions portant limitation ou retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou les sanctions visées aux paragraphes 1, 2, 3 et 4 du présent article sont prises au cas par cas, objectivement et impartialement et sont motivées. Elles sont fondées sur la situation particulière de la personne concernée, en particulier dans le cas des personnes visées à l'article 21, compte tenu du principe de proportionnalité. Les États membres assurent en toutes circonstances l'accès aux soins médicaux conformément à l'article 19 et garantissent un niveau de vie digne à tous les demandeurs. / () ". Et aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : /()/ 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. "
8. Contrairement à ce que soutient le requérant, en prévoyant, à son article 20, différentes hypothèses de limitation des conditions matérielles d'accueil, la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 a autorisé les États membres à édicter une législation prévoyant dans ces hypothèses de refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au demandeur d'asile. À cet égard, compte tenu du cas de limitation des conditions matérielles d'accueil visé au paragraphe 2 de l'article 20 de la directive, le législateur national pouvait prévoir de refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au demandeur d'asile qui, sans motif légitime, n'a pas présenté sa demande d'asile dans un délai raisonnable, estimé à plus de 90 jours à compter de son entrée en France. Par suite, le moyen tiré de ce que les dispositions du 4° de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur le fondement duquel ont été prises les décisions attaquées, serait contraire aux objectifs de la directive précitée, ne peut qu'être écarté.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article aux termes de l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur est informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut lui être refusé ou qu'il peut y être mis fin dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 551-15 et L. 551-16 ". Et aux termes de l'article D. 551-16 du même code: " L'offre de prise en charge faite au demandeur d'asile en application de l'article L. 551-9 fait mention de la possibilité pour le demandeur d'asile de se voir refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou qu'il y soit mis fin dans les conditions prévues par les articles L. 551-15, L. 551-16 et D. 551-17 à R. 551-23 ". Et enfin aux termes de l'article R. 551-23 du même code : " Les modalités de refus ou de réouverture des conditions matérielles d'accueil sont précisées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration lors de l'offre de prise en charge dans une langue que le demandeur d'asile comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend ".
10. L'institution d'un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue nécessairement à la décision initiale. Elle est seule susceptible d'être déférée au juge de la légalité. Si l'exercice d'un tel recours a pour but de permettre à l'autorité administrative, dans la limite de ses compétences, de remédier aux illégalités dont pourrait être entachée la décision initiale, sans attendre l'intervention du juge, la décision prise sur le recours n'en demeure pas moins soumise elle-même au principe de légalité. Il en résulte que lorsque la décision initiale a été prise selon une procédure entachée d'une irrégularité à laquelle l'autorité compétente pour statuer sur le recours administratif, saisie d'un tel recours, ne peut remédier, il incombe à cette autorité de rapporter la décision initiale et d'ordonner qu'une nouvelle procédure, exempte du vice qui l'avait antérieurement entachée, soit suivie. Toutefois, un vice affectant le déroulement de la procédure administrative préalable à son intervention n'est de nature à entacher d'illégalité cette décision que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé l'intéressé d'une garantie.
11. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. B ne s'est pas vu proposer d'offre de prise en charge par l'OFII et qu'il n'a pas été informé des motifs pouvant fonder un refus des conditions matérielles d'accueil dans une langue qu'il comprend. Ainsi, la décision initiale de refus des conditions matérielles d'accueil du 10 novembre 2022 est entachée d'un vice de procédure. Toutefois, le motif de cette décision, tiré du caractère tardif de sa demande d'asile sans motif légitime, était précisé dans la décision de sorte que M. B en a eu connaissance à l'occasion de sa notification et qu'il a pu présenter utilement des observations quant à sa date d'entrée sur le territoire, à l'occasion du recours préalable formé le 20 décembre 2022 contre la décision du 10 novembre 2022. Ainsi, dans les circonstances de l'espère, le vice de procédure n'a privé le requérant d'aucune garantie et n'a pu exercer d'influence sur le sens des décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 551-10 et D. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
12. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. () ". Et aux termes de l'article L. 551-15 du même code : " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants : /()/ 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur ".
13. Il ressort des pièces des dossiers et notamment des fiches d'évaluation de vulnérabilité produites par l'OFII que M. B a bénéficié d'un entretien d'évaluation de vulnérabilité le 10 novembre 2022, puis le 27 mars 2023, réalisés en langue pachtou avec l'aide d'un interprète. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne peut qu'être écarté.
14. En quatrième lieu, M. B soutient que les décisions sont entachées d'une erreur de fait, dès lors qu'il entré sur le territoire le 20 octobre 2022 et non le 20 janvier 2022 comme avancé par l'auteur des décisions attaquées, soit moins de quatre-vingt-dix jours avant le dépôt de sa demande d'asile. Il fait valoir qu'il a indiqué par erreur la date du 20 janvier 2022 lors de sa première présentation au guichet unique du demandeur d'asile, et qu'il a informé l'OFII de cette erreur dès le 20 décembre 2022. Toutefois, la date d'entrée en France au 20 janvier 2022 a été inscrite sur la fiche d'évaluation de vulnérabilité, remplie lors de l'entretien d'évaluation de M. B le 10 novembre 222, réalisé en langue pachtou avec l'aide d'un interprète. La circonstance alléguée par ce dernier, selon laquelle son absence de maîtrise de la langue française et du calendrier grégorien explique l'erreur de date, ne peut donc être tenue pour établie. En outre, l'OFII produit également une fiche d'information de l'organisme d'accompagnement social " Coallia " remplie le 7 novembre 2022 sur la base des informations transmises par M. B, mentionnant également une date d'entrée au 20 janvier 2022. Dans ces conditions, la décision implicite née le 20 février 2023 rejetant son recours administratif n'est entachée d'aucune erreur de fait. Par ailleurs, la même date d'entrée a été notée le 27 mars 2023, sur la fiche d'évaluation de vulnérabilité renseignée à l'occasion de l'entretien d'évaluation de vulnérabilité du même jour, alors même que M. B était informé depuis le 10 novembre 2022 de ce que l'OFII lui opposait la tardiveté de sa demande d'asile. Ainsi, le moyen tiré de l'erreur de fait n'est pas davantage fondé en ce qui concerne la décision implicite en date du 12 août 2023 rejetant le recours formé par le requérant contre la décision de refus des conditions matérielles d'accueil du 16 mai 2023.
15. En cinquième lieu, il résulte des constatations opérées au point précédent que M. B n'établit pas être entré en France moins de quatre-vingt-dix jours avant l'enregistrement de sa demande d'asile le 10 novembre 2022. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point 7 doit être écarté.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des requêtes n° 2301797 et n° 2306068 doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
17. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse au conseil de M. B, sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, la somme globale de 2 700 euros au titre des frais qu'il aurait exposés s'il n'avait pas bénéficié de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les demandes d'aide juridictionnelle provisoire présentées par M. B.
Article 2 : Les requêtes de M. B sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Jaslet et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
Mme Massengo, conseillère,
Mme Bourrel Jalon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
La rapporteure,
C. MASSENGO
La présidente,
I. BILLANDONLa greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°s 2301797
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026