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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2301816

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2301816

mardi 14 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2301816
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantCABINET SEBAN & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés respectivement les

22 février, 3 mars et 5 mars 2023, la société Essonne TP et la société régionale de travaux, représentées par Mes Christophe Lapp et Cécile Ferouelle, de la Selarl Altana, demandent au juge des référés statuant en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :

1°) dès l'enregistrement de la requête :

- d'ordonner à l'établissement public territorial Grand-Orly Seine Bièvre de ne pas signer le marché et de suspendre l'exécution de toutes décisions se rapportant à la procédure de passation en cause ;

- d'enjoindre, avant dire droit, au pouvoir adjudicateur de communiquer aux sociétés Essonne TP et SRT les caractéristiques et avantages de l'offre retenue, les méthodes d'évaluation et le rapport d'analyse des offres ;

2°) indépendamment et,

- à titre principal :

o d'annuler la décision de l'établissement public territorial Grand-Orly Seine Bièvre de rejet de leur offre en date du 13 février 2023 ;

o d'annuler la décision d'attribution du marché à la société GAIA TP ;

o d'ordonner à l'établissement public territorial Grand-Orly Seine Bièvre d'examiner à nouveau les différentes offres remises au regard des motifs de la décision qui sera rendue et dans des conditions qui assurent une égalité effective entre l'ensemble des candidats ainsi que le respect des obligations de publicité et de mise en concurrence ;

- à titre subsidiaire,

o d'ordonner à l'établissement public territorial Grand-Orly Seine Bièvre de reprendre, dans un délai restreint, la procédure de passation en se conformant à ses obligations de publicité et de mise en concurrence en reprenant la procédure de consultation purgée des différents manquements aux principes de la commande publique identifiés.

3°) en tout état de cause de mettre à la charge de l'établissement public territorial Grand-Orly Seine Bièvre la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Les sociétés soutiennent que :

- elles ont intérêt à agir dès lors que le groupement qu'elles formaient a déposé une offre et a été classée en deuxième position pour le lot n° 2 ;

- sur le critère prix,

o la mise en œuvre du critère prix n'a pas pu être vérifiée

* faute de savoir le prix reconnu comme le plus faible et prix de la société attributaire;

* alors que le pouvoir adjudicateur a pris comme base de référence pour l'évaluation du " critère prix " de leur offre le prix de 10.107094,39 euros alors que le groupement avait remis une offre dont le prix total était de 9.883.497,42 euros HT, le pouvoir adjudicateur a dénaturé l'offre remise par le Groupement requérant, dénaturant ainsi son offre ;

o la méthode de notation consistant à mettre une quantité arbitraire de " 1 " dans les cases des DQE pour lesquelles la quantité n'était pas déterminée, est irrégulière ;

- le sous-critère méthodologie de la valeur technique notée sur 20 points a été évalué sur la base d'éléments non annoncés dans le dossier de consultation des entreprises s'agissant des enrobés de sorte que la note de 18,5/20 est injustifiée ;

- le critère lié aux performances en matière de mesures sociales fait l'objet d'une insuffisante définition du besoin laissant au pouvoir adjudicateur une marge discrétionnaire dans l'appréciation de ce critère dès lors que :

o le règlement de la consultation n'apporte que peu de précision sur l'appréciation des sous-critères par le pouvoir adjudicateur dans le domaine de l'insertion, mais se contente de lister une série d'exemples de mesures pouvant être proposées ;

o l'annexe du CCAP n'apporte pas plus de précisions sur les besoins du pouvoir adjudicateur en matière sociale ;

o ce critère comporte un sous-critère relatif aux " mesures d'accompagnement proposées aux salariés en insertion "

* qui est irrégulier dès lors qu'il n'est pas lié à l'objet du marché ou à ses conditions d'exécution ;

* qui a donné lieu à une erreur manifeste d'appréciation des offres dès lors que la société Gaia a obtenu 4/4 pour un mémoire de 5 pages uniquement en incohérence avec les appréciations portées ;

- le sous-critère 4.3 lié à l'environnement a fait l'objet d'une appréciation générale très satisfaisante alors que cette évaluation est totalement décorrélée du reste de l'offre de l'attributaire dès lors que :

o le groupement attributaire serait actionnaire d'une centrale de production d'enrobés annoncée à 49 minutes du lot considéré ;

o le groupement attributaire posséderait un atelier de concassage et de recyclable des matériaux situé à Auvernaux, commune de l'Essonne non comprise dans le territoire de Grand-Orly Seine Bièvre.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mars 2023, l'Établissement public territorial Grand-Orly Seine Bièvre, représenté par Me Gauch du cabinet Seban, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de chacune des sociétés une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la commande publique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Gracia, vice-président, pour statuer sur les litiges relevant de l'article L. 551-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Starzynski, greffière d'audience, M. A a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Ferrouelle, représentant la société Essonne TP et la société régionale de travaux,

- et de Me Millard, représentant l'Etablissement public territorial Grand Orly Seine Bièvre.

La clôture de l'instruction a été prononcée au mercredi 8 mars à 18h.

Par un mémoire, enregistré le 7 mars 2023, la société Essonne TP et la société régionale de travaux persistent dans leurs conclusions et soutiennent que :

- il n'est pas possible de savoir le nombre de tirets qui ont été remplacés par le chiffre 1 dans les DQE de leur offre et de l'offre du groupement attributaire dans la mesure où les sociétés ont remplacé par des tirets certaines cases vides du DQE et qu'elles supposent qu'il en a été de même pour le Groupement Gaia TP attributaire ;

- en conséquence, la méthode du pouvoir adjudicateur a dû conduire à la modification d'un plus grand nombre de cases du DQE.

Par un mémoire, enregistré le 8 mars 2023, l'Établissement public territorial Grand-Orly Seine Bièvre, représenté par Me Gauch du cabinet Seban, maintient ses conclusions en rejet de la requête et soutient :

- que 564 lignes de prix ont été délibérément laissées sans indication de quantité estimative de commande, dans la mesure où il anticipe, pour ces postes, des commandes très limitées voire inexistantes ;

- que les 564 tirets ont été remplacés par des " 1 ", de sorte que les prix unitaires correspondant à ces lignes soient tous pris en compte dans l'analyse des offres.

Considérant ce qui suit :

1. Par un avis d'appel public à la concurrence publié le 18 octobre 2022, l'Etablissement public territorial Grand-Orly Seine Bièvre (" EP GOSB ") a lancé une consultation pour la passation d'un accord cadre mono-attributaire portant sur les travaux d'entretien sur ses infrastructures d'assainissement et de voirie. Ce marché était composé de

deux lots géographiques, le lot n° 1 et le lot n° 2, couvrant respectivement la partie nord et la partie sud du périmètre de l'EP GOSB. Chaque lot devait faire l'objet d'un accord-cadre donnant lieu à l'émission de bons de commande, les candidats ne pouvant être attributaires que d'un seul lot. La durée de l'accord-cadre était prévue pour un an renouvelable trois fois. Le groupement Essonne TP composé de la société Essonne TP, mandataire, et de la société SRT, a remis une offre pour le lot n° 2 le 30 novembre 2022. Toutefois, par une lettre du 13 février 2023, le pouvoir adjudicateur a informé la société Essonne TP, mandataire du groupement, du rejet de son offre et de son classement en seconde position et de l'attribution du marché à un groupement dont la société Gaia TP est le mandataire.

Sur les conclusions de la requête à fin de suspension de la procédure :

2. Aux termes de l'article L. 551-4 du code de justice administrative : " Le contrat ne peut être signé à compter de la saisine du tribunal administratif et jusqu'à la notification au pouvoir adjudicateur de la décision juridictionnelle ". Il en résulte que les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit enjoint à l'EP PGOSB de suspendre la signature du contrat litigieux sont dépourvues d'objet.

Sur les conclusions de la requête tendant à ce que soit communiqué le rapport d'analyse des offres :

3. Il n'entre pas dans l'office du juge des référés précontractuels tel que défini par l'article L. 551-1 du code de justice administrative d'ordonner la communication du rapport d'analyse des offres. Dès lors ces conclusions doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la procédure litigieuse :

4. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. () / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat ".

5. En vertu des dispositions précitées de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, les personnes habilitées à agir pour mettre fin aux manquements du pouvoir adjudicateur à ses obligations de publicité et de mise en concurrence sont celles susceptibles d'être lésées par de tels manquements. Il appartient dès lors au juge des référés précontractuels de rechercher si l'entreprise qui le saisit se prévaut de manquements qui, eu égard à leur portée et au stade de la procédure auquel ils se rapportent, sont susceptibles de l'avoir lésée ou risquent de la léser, fût-ce de façon indirecte en avantageant une entreprise concurrente.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles R. 2181-3 et R. 2181-4 du code de la commande publique :

6. Aux termes de l'article R. 2181-1 du code de la commande publique : " L'acheteur notifie sans délai à chaque candidat ou soumissionnaire concerné sa décision de rejeter sa candidature ou son offre " et aux termes de l'article R. 2181-3 du même code : " La notification prévue à l'article R. 2181-1 mentionne les motifs du rejet de la candidature ou de l'offre. / Lorsque la notification de rejet intervient après l'attribution du marché, l'acheteur communique en outre : / 1° Le nom de l'attributaire ainsi que les motifs qui ont conduit au choix de son offre ; / 2° La date à compter de laquelle il est susceptible de signer le marché dans le respect des dispositions de l'article R. 2182-1 ". L'article R. 2181-4 du même code dispose que : " A la demande de tout soumissionnaire ayant fait une offre qui n'a pas été rejetée au motif qu'elle était irrégulière, inacceptable ou inappropriée, l'acheteur communique dans les meilleurs délais et au plus tard quinze jours à compter de la réception de cette demande : () / 2° Lorsque le marché a été attribué, les caractéristiques et les avantages de l'offre retenue ". L'information sur les motifs du rejet de son offre dont est destinataire l'entreprise en application des dispositions précitées a, notamment, pour objet de permettre à la société non retenue de contester utilement le rejet qui lui est opposé devant le juge du référé précontractuel saisi en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative. Par suite, l'absence de respect de ces dispositions constitue un manquement aux obligations de transparence et de mise en concurrence. Cependant, un tel manquement n'est plus constitué si l'ensemble des informations mentionnées aux articles R. 2181-1 et R. 2181-3 précités a été communiqué au candidat évincé à la date à laquelle le juge des référés statue sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, et si le délai qui s'est écoulé entre cette communication et la date à laquelle le juge des référés statue a été suffisant pour permettre à ce candidat de contester utilement son éviction.

7. Il résulte de l'instruction que la personne publique a, par lettre du 13 février 2023, informé le groupement formé par les sociétés Essonne TP et SRT, sur le fondement de l'article R. 2181-1, du rejet de l'offre du groupement, du nom de l'attributaire ainsi que de son classement final et de ses notes par critère et sous-critère et de la date à compter de laquelle il était susceptible de signer le marché. Par un courrier en date du 28 février 2023, la personne publique a, conformément à la demande du groupement requérant présentée le 16 février 2023 sur le fondement de l'article R. 2181-4, informé ce dernier des caractéristiques et avantages de l'offre retenue en communiquant les notes de cette offre par critère et sous-critère, assorties des commentaires justificatifs. Dans ces conditions, la personne publique est réputée avoir transmis aux sociétés requérantes les informations répondant aux prescriptions des articles R. 2181-1,

R. 2181-3 et R. 2181-4 du code de la commande publique, qui ont permis aux deux sociétés de contester utilement leur éviction devant le juge du référé précontractuel. Dès lors, aucun manquement ne peut être reproché à la personne publique à ce titre.

En ce qui concerne les moyens relatifs aux différents critères :

8. Aux termes de l'article L. 2152-7 du code de la commande publique : " Le marché est attribué au soumissionnaire ou, le cas échéant, aux soumissionnaires qui ont présenté l'offre économiquement la plus avantageuse sur la base d'un ou plusieurs critères objectifs, précis et liés à l'objet du marché ou à ses conditions d'exécution. () ". Aux termes de l'article L. 2152-8 de ce code : " Les critères d'attribution n'ont pas pour effet de conférer une liberté de choix illimitée à l'acheteur et garantissent la possibilité d'une véritable concurrence. Ils sont rendus publics dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article R. 2152-7 du même code : " Pour attribuer le marché au soumissionnaire ou, le cas échéant, aux soumissionnaires qui ont présenté l'offre économiquement la plus avantageuse, l'acheteur se fonde : () / 2° Soit sur une pluralité de critères non-discriminatoires et liés à l'objet du marché ou à ses conditions d'exécution, parmi lesquels figure le critère du prix ou du coût et un ou plusieurs autres critères comprenant des aspects qualitatifs, environnementaux ou sociaux. Il peut s'agir des critères suivants : a) La qualité, y compris la valeur technique et les caractéristiques esthétiques ou fonctionnelles () ; c) L'organisation, les qualifications et l'expérience du personnel assigné à l'exécution du marché lorsque la qualité du personnel assigné peut avoir une influence significative sur le niveau d'exécution du marché. D'autres critères peuvent être pris en compte s'ils sont justifiés par l'objet du marché ou ses conditions d'exécution. () ". En vertu des articles R. 2152-11 et R. 2152-12 de ce même code, les critères d'attribution ainsi que les modalités de leur mise en œuvre sont indiqués dans les documents de la consultation et font l'objet d'une pondération ou, lorsque la pondération n'est pas possible pour des raisons objectives, sont indiqués par ordre décroissant d'importance.

9. D'une part, pour assurer le respect des principes de liberté d'accès à la commande publique, d'égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures, l'information appropriée des candidats sur les critères d'attribution d'un marché public est nécessaire, dès l'engagement de la procédure d'attribution du marché, dans l'avis d'appel public à concurrence ou le cahier des charges tenu à la disposition des candidats. Dans le cas où le pouvoir adjudicateur souhaite retenir d'autres critères que celui du prix, il doit porter à la connaissance des candidats la pondération ou la hiérarchisation de ces critères ainsi qu'une information appropriée sur les conditions de mise en œuvre de ces critères. Il doit également porter à la connaissance des candidats la pondération ou la hiérarchisation des sous-critères dès lors que, eu égard à leur nature et à l'importance de cette pondération ou hiérarchisation, ils sont susceptibles d'exercer une influence sur la présentation des offres par les candidats ainsi que sur leur sélection et doivent, en conséquence, être eux-mêmes regardés comme des critères de sélection.

10. D'autre part, le pouvoir adjudicateur définit librement la méthode de notation pour la mise en œuvre de chacun des critères de sélection des offres qu'il a définis et rendus publics. Il peut ainsi déterminer tant les éléments d'appréciation pris en compte pour l'élaboration de la note des critères que les modalités de détermination de cette note par combinaison de ces éléments d'appréciation. Une méthode de notation est toutefois entachée d'irrégularité si, en méconnaissance des principes fondamentaux d'égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures, les éléments d'appréciation pris en compte pour noter les critères de sélection des offres sont dépourvus de tout lien avec les critères dont ils permettent l'évaluation ou si les modalités de détermination de la note des critères de sélection par combinaison de ces éléments sont, par elles-mêmes, de nature à priver de leur portée ces critères ou à neutraliser leur pondération et sont, de ce fait, susceptibles de conduire, pour la mise en œuvre de chaque critère, à ce que la meilleure note ne soit pas attribuée à la meilleure offre, ou, au regard de l'ensemble des critères pondérés, à ce que l'offre économiquement la plus avantageuse ne soit pas choisie. Il en va ainsi alors même que le pouvoir adjudicateur, qui n'y est pas tenu, aurait rendu publique, dans l'avis d'appel à concurrence ou les documents de la consultation, une telle méthode de notation.

11. Enfin, le pouvoir adjudicateur ne manque pas à ses obligations de mise en concurrence en évaluant critère prix en comparant des devis quantitatifs estimatifs (DQE), à la triple condition que les DQE correspondent tous à l'objet du marché, que le choix du contenu du DQE n'ait pas pour effet d'en privilégier un aspect particulier de telle sorte que le critère du prix s'en trouverait dénaturé et que le montant des offres proposées par chaque candidat soit reconstitué en recourant à la même simulation.

12. Il résulte de l'instruction que, pour l'analyse et l'identification de l'offre économiquement la plus avantageuse, l'EP GOSB a mis en place les critères repris dans le tableau suivant :

Critères Pondération1. Prix des prestations402. Valeur technique402.1. Méthodologie concernant la réalisation des travaux 202.2. Moyens humains et matériels affectés aux prestations 102.3. Mesures proposées pour assurer la sécurité du personnel des riverains et des usages de la voie publique 3. Performances en matière de mesures sociales 103.1. Mesures d'accompagnement proposées aux salariés en insertion (mesures de tutorat à détailler, encadrement collectif ou individuel, durée de l'encadrement individuel) 43.2. Nombre d'heures d'insertion proposées23.3. Mesures de formation proposées 23.4. Mesures de mise en œuvre en lien avec le facilitateur et les structures de l'emploi et de l'insertion pour le suivi administratif et de l'accompagnement de l'insertion 24. Performances en matière de mesures environnementales 104.1. Préserver les ressources naturelles et alluvionnaires et ainsi favoriser le recyclage des matériaux 64.2. Réduire la gêne et les nuisances pour favoriser l'intégration du chantier dans l'environnement 24.3. Limiter les émission des gaz à effet de serre générées par les travx d'entretien sur les infrastructures d'assainissement et de voirie 13. Il résulte de l'instruction que le groupement Gaia TP a obtenu la meilleure note globale avec un total de 89,51/100 alors que le groupement formé par les sociétés attributaires a obtenu la note de 87,50/100, se classant ainsi en deuxième position.

S'agissant du critère financier :

14. Aux termes de l'article 8.2 du règlement de la consultation, relatif à l'attribution des accords-cadres : " Le prix des prestations sera noté, pour chacun des lots, sur la base du Détail Quantitatif Estimatif (DQE), non contractuel, fourni aux candidats, de la manière suivante : / Note du candidat sur 40 = montant de l'offre la moins disante X 40 / montant de l'offre du candidat ". Les candidats disposaient ainsi d'un DQE vierge sous forme d'un tableau Excel qu'il leur appartenait de remplir pour la colonne " prix unitaires ", étant précisé que, dans la majeure partie des cas, la colonne " unité ", désignant les quantités était figée car pré-remplie par le pouvoir adjudicateur. Il résulte de l'instruction que 564 lignes avaient été laissées sans quantité estimative :

- 550 d'entre elles ont été remplies par l'EP GOSB par un simple tiret " - ", l'EP GOSB considérant que les prestations correspondantes seraient résiduelles;

- 14 autres lignes sont restées vides par omission.

15. Pour évaluer le critère prix, le pouvoir adjudicateur a, pour chacune des offres, multiplié les prix unitaires proposés par les quantités qu'il avait indiquées et pour les 564 lignes où les quantités étaient remplies par un simple tiret ou étaient absentes, il a multiplié les prix unitaires proposés par une quantité de 1, aboutissant aux prix globaux suivants :

- groupement Essonne TP / SRT : 10 107 094,39 euros HT ;

- groupement Gaïa : 12 065 074,68 euros HT

16. D'une part, si les sociétés requérantes soutiennent qu'elles n'ont pas réussi à reconstituer les chiffres du pouvoir adjudicateur, elles n'explicitent pas, dans leurs écritures, les calculs qu'elles ont effectués. D'autre part, si elles soutiennent que la méthode d'évaluation du critère prix est irrégulière, il résulte de l'instruction que cette méthode a, d'abord, pour effet de prendre en compte les performances de chacun des candidats sur les prix de la totalité des prestations de l'accord cadre et pas sur une partie seulement de celles-ci et, ensuite, que la quantité " 1 " retenue pour les prestations pour lesquelles la quantité n'était pas déterminée dans le DQE ne crée aucun biais, dès lors qu'il n'est pas sérieusement contesté que la quantité nécessaire des prestations en cause pour le marché serait faible de sorte le chiffre " 1 " retenu par le pouvoir adjudicateur en constitue une bonne approximation et, enfin, que cette quantité a été appliquée uniformément à tous les candidats. Une telle méthode aboutit donc à ce que la meilleure note soit attribuée à la meilleure offre. Enfin, et en tout état de cause, les sociétés requérantes ont obtenu la note de 40/40 sur ce critère, à savoir la meilleure note possible, de sorte qu'elles ne peuvent utilement contester la méthode d'évaluation sur ce critère conformément à ce qui a été dit au point 5.

17. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'irrégularité de la méthode d'évaluation du critère prix doit être écarté.

S'agissant des autres critères :

18. Il n'appartient pas au juge du référé précontractuel, qui doit seulement se prononcer sur le respect, par le pouvoir adjudicateur, des obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation d'un contrat, de se prononcer sur l'appréciation portée sur la valeur d'une offre ou les mérites respectifs des différentes offres. Il lui appartient, en revanche, lorsqu'il est saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que le pouvoir adjudicateur n'a pas dénaturé le contenu d'une offre en en méconnaissant ou en en altérant manifestement les termes et procédé ainsi à la sélection de l'attributaire du contrat en méconnaissance du principe fondamental d'égalité de traitement des candidats.

Quant à la valeur technique :

19. Les sociétés requérantes soutiennent que la note de 18,5/20 obtenue par le groupement attributaire est surévaluée par rapport à la note de 18/20 qu'elles ont obtenue. Toutefois, d'une part, un tel moyen conduirait le juge des référés précontractuels à excéder les limites de son office en appréciant la valeur de l'offre de l'attributaire, contrairement à ses pouvoirs en la matière rappelés au point 18 ; d'autre part, s'il est constant que le groupement attributaire avait décrit dans son offre le traitement des enrobés avec HPA, alors même qu'il n'y était pas tenu dès lors que le traitement des enrobés avec HPA n'est pas inclus dans l'objet du marché, il ne résulte pas de l'instruction que cet élément ait été pris en compte pour valoriser son offre sur ce sous-critère. Dès lors, le moyen doit être écarté.

Quant aux prestations sociales :

20. En premier lieu, les sociétés requérantes soutiennent d'abord que le critère relatif aux prestations sociales n'est pas suffisamment défini. Toutefois, il résulte de l'instruction, d'une part que l'annexe 1 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) détaille sur

cinq pages, les attentes de l'EP GOSB en matière de clauses sociales, sur les quatre aspects suivants : les publics ciblés ; les modalités de mise en œuvre ; le dispositif d'accompagnement pour la mise en œuvre des clauses sociales ; le contrôle de l'action d'insertion. La même

annexe 1 du CCAP indique le nombre d'heures d'insertion à réaliser par lot et par an, soit respectivement 2 000 heures et 1 500 heures. D'autre part, le CCAP contient une annexe 2 listant les pièces justificatives attestant de l'éligibilité des personnes en réinsertion en fonction de la catégorie à laquelle ils appartiennent. Dans ces conditions, la première branche du moyen doit être écartée. Ensuite, il résulte de ce qui vient d'être dit que les sociétés requérantes ne sont pas fondées à soutenir que le pouvoir adjudicateur a défini le critère relatif aux prestations sociales de manière trop générale et sans lien avec l'objet du marché. Dans ces conditions, la deuxième branche du moyen doit être écartée. Il résulte de ce qui précède que le moyen doit être écarté.

21. En deuxième lieu, et plus particulièrement, les sociétés requérantes soutiennent d'abord que le sous-critère relatif aux " mesures d'accompagnement proposées aux salariés en insertion " serait irrégulier, comme le prouve la mise en place par l'EP GOSB d'un référent facilitateur. Toutefois, compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, cette seule circonstance n'est pas de nature à justifier que ce sous-critère serait insuffisamment défini. Ensuite, si les sociétés soutiennent que la note de 4/4 obtenue par le groupement attributaire serait injustifiée au regard de son offre et de leur propre offre alors qu'elle a obtenu la note de 1/4, un tel moyen conduirait le juge des référés à apprécier le mérite de chaque offre contrairement à ses pouvoirs en la matière rappelés au point 18. Dès lors, le moyen tiré de l'irrégularité du sous-critère lié aux mesures d'accompagnement doit être écarté.

22. Il résulte de ce qui précède que les moyens dirigés contre le critère relatif aux prestations sociales doivent être écartés.

S'agissant du critère environnemental :

23. Si les sociétés requérantes soutiennent que l'appréciation portée par le pouvoir adjudicateur sur le critère environnemental serait " décorrélée du reste de l'offre de l'attributaire ", au motif qu'il n'aurait pas pris en compte la double circonstance que le groupement Gaia soit actionnaire d'une centrale de production d'enrobés annoncée à 49 minutes du lot considéré et qu'il posséderait un atelier de concassage et de recyclable des matériaux situé à Auvernaux, commune de l'Essonne non comprise dans le territoire de Grand-Orly Seine Bièvre, un tel moyen conduirait le juge des référés à apprécier le mérite de chaque offre contrairement à ses pouvoirs en la matière rappelés au point 18. Dès lors, le moyen doit être écarté.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'EP GOSB, qui n'est pas la partie perdante, la somme de

2 000 euros que demande, à ce titre, les sociétés requérantes. Dès lors, leurs conclusions doivent être rejetées.

25. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge des sociétés requérantes les sommes que demande l'EP GOSB à ce même titre.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société Essonne TP et de la société régionale de travaux (SRT) est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de l'établissement public Grand-Orly Seine Bièvre tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Essonne TP, à la société régionale de travaux (SRT) et à l'Établissement public territorial Grand-Orly Seine Bièvre (GOSB).

Le juge des référés,

J-Ch. A

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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