mardi 7 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2301997 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | ACCENT LEGAL AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 février 2023, M. J G, M. F A, M. K I, Mme C D, M. L et M. H E, représentés par Me Guillon, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 octobre 2022 par lequel le maire de Vincennes a délivré à la société " Logih " un permis de construire un immeuble à usage d'habitation comprenant quatorze logements sur un terrain situé 52, rue de la Prévoyance ainsi que les décisions du maire de Vincennes rejetant leurs recours gracieux ;
2°) d'annuler l'arrêté du 9 janvier 2023 par lequel le maire de Vincennes a transféré le permis de construire mentionné ci-dessus à la SCCV " Vincennes Prévoyance " ;
3°) de mettre à la charge solidaire de la commune de Vincennes, de la société " Logih " et la SCCV " Vincennes Prévoyance " une somme globale de 1 000 euros chacun au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable dès lors qu'ils disposent notamment de la qualité et d'un intérêt à agir en tant que propriétaires de la parcelle contiguë au terrain d'assiette du projet contesté et dès lors que celui-ci est susceptible d'affecter les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leurs biens ;
En ce qui concerne l'arrêté de permis de construire du 19 octobre 2022 :
- il est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il n'est pas établi que le signataire de la demande de permis de construire disposait de la qualité pour agir au nom de la société " Logih " ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UV 10.1.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'il est prévu une oblique de toiture de 60° au lieu des 45° prescrits et que ce pan de toiture n'est pas relié à la hauteur de plafond en plan horizontal ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UV 10.1.2 de ce même règlement dès lors que, d'une part, la hauteur libre sous plafond du rez-de-chaussée n'est que de 2,70 mètres au lieu des 3,50 mètres prescrits et que, d'autre part, le projet prévoit un niveau en attique ; :
- il méconnaît les dispositions de l'article UV 13.2.1 du même règlement dès lors que les espaces libres ne représenteront que 42.85 % de la superficie du terrain ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UV 13.3.1 de ce règlement dès lors que le projet prévoit, d'une part, la suppression de plus de 40 m² d'espaces vert à protéger identifiés par le règlement du PLU et, d'autre part, ne compense pas cette suppression par la création d'espaces verts d'une surface équivalente.
En ce qui concerne l'arrêté de transfert du permis de construire du 9 janvier 2023 :
- il est illégal dès lors que le dossier de demande de transfert du permis de construire ne comporte pas l'accord du bénéficiaire du permis initial, la qualité du signataire de la demande pour représenter le pétitionnaire n'étant pas établie.
Par un mémoire enregistré le 9 janvier 2024, M. K I et Mme C D déclarent se désister purement et simplement de la requête.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 avril 2023 et 22 novembre 2023, la société " Logih " et la SCCV " Vincennes Prévoyance ", représentées par Me Chalavon, demandent le rejet de la requête. Elles demandent en outre qu'une somme de 10 000 euros, dans le dernier état de leurs écritures, soit mise à la charge de M. G et autres requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la requête est irrecevable dès lors que M. G et autres requérants ne disposent pas d'un intérêt pour agir, alors même qu'ils sont voisins immédiats du terrain d'assiette, car ils n'apportent pas la preuve que les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leurs biens seront affectées par le projet en litige;
- les moyens invoqués par M. G et autres requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 janvier 2024, la commune de Vincennes, représentée par Me Chaussade, demande le rejet de la requête. Elle demande en outre qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. G et autres requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable M. G et autres requérants ne disposant pas d'un intérêt pour agir pour contester l'arrêté du 19 octobre 2022, alors même qu'ils sont voisins immédiats du terrain d'assiette car ils n'apportent pas la preuve que les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leurs biens seront affectées par le projet en litige;
- les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté de transfert du permis de construire du 9 janvier 2023 sont irrecevables dès lors que le transfert ne consiste qu'en un simple changement de titulaire de l'autorisation ;
- les moyens invoqués par M. G et autres requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Duhamel,
- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,
- et les observations de Me Chalavon, représentant les sociétés " Logih " et " SCCV Vincennes Prévoyance ".
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, par un arrêté du 19 octobre 2022, le maire de Vincennes a délivré à la société " Logih " un permis de construire un immeuble à usage d'habitation comprenant quatorze logements sur un terrain situé 52 rue de la Prévoyance. Par des courriers des 1er décembre et 21 décembre 2022, M. G et autres requérants ont sollicité du maire de Vincennes le retrait de cet arrêté. Par des décisions expresses des 18 janvier 2023 et 14 février 2023, le maire de Vincennes a rejeté ces recours gracieux. D'autre part, par un arrêté du 9 janvier 2023, le maire de Vincennes a accordé le transfert du permis de construire susvisé de la société " Logih " à la SCCV " Vincennes Prévoyance ". Cet arrêté a finalement été retiré par le maire de Vincennes à la demande du bénéficiaire par un arrêté du 17 avril 2023. Un nouvel arrêté accordant le transfert du permis de construire susvisé de la société " Logih " à la SCCV " Vincennes Prévoyance " a été pris le 26 mai 2023 par le maire de Vincennes. Enfin, par un arrêté du 5 octobre 2023, le maire de Vincennes a délivré à la SCCV " Vincennes Prévoyance " un permis de construire modificatif. M. G et autres requérants demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du maire de Vincennes du 19 octobre 2022 ainsi que les décisions de rejet de leurs recours gracieux, et l'arrêté de transfert du permis de construire du 9 janvier 2023.
Sur les désistements :
2. Par un mémoire enregistré le 9 janvier 2024, M. K I et Mme C D déclarent se désister de l'instance. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne l'arrêté du 19 octobre 2022 par lequel le maire de Vincennes a délivré à la société " Logih " un permis de construire :
3. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.
4. Ainsi qu'il a été dit au point 1, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 5 octobre 2023, soit postérieurement à l'introduction de la requête, la maire de Vincennes a accordé à la SCCV " Vincennes prévoyance " un permis de construire modificatif.
5. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire () sont adressées () : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux () ". Selon l'article R. 431-5 du même code la demande de permis de construire comporte " l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis ".
6. Il résulte de ces dispositions que les demandes de permis de construire doivent seulement comporter l'attestation du pétitionnaire qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 cité ci-dessus. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Ainsi, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 423-1 du code doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande. Il résulte de ce qui précède que les tiers ne sauraient utilement invoquer, pour contester une décision accordant une telle autorisation au vu de l'attestation requise, la circonstance que l'administration n'en aurait pas vérifié l'exactitude. Toutefois, lorsque l'autorité saisie d'une telle demande de permis de construire, vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une mesure d'instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne dispose, contrairement à ce qu'implique l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, d'aucun droit à la déposer, il lui revient de refuser la demande de permis pour ce motif.
7. Il ressort des pièces du dossier que le représentant légal de la société " Logih " a attesté avoir qualité pour demander le permis de construire en litige dans le formulaire de demande signé le 1er mars 2022. Par suite, alors même qu'ils ne soutiennent ni même n'allèguent que le permis de construire en litige aurait été obtenu par fraude, il résulte du point précédent que les requérants ne sauraient utilement invoquer, pour contester une décision accordant une telle autorisation au vu de l'attestation requise, la circonstance que l'administration n'en aurait pas vérifié l'exactitude.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article UV 10.1.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) dans sa version applicable : " Dans le secteur UVa, l'oblique correspond à un pan incliné à 45° dont les points d'attache se situent au sommet du plan vertical de la hauteur de la façade sur voie et un plan horizontal correspondant à la hauteur plafond ".
9. Si M. G et autres requérants soutiennent que le projet méconnaît les dispositions précitées dès lors qu'il est prévu une oblique de toiture de 60° au lieu des 45° prescrits et que ce pan de toiture n'est pas relié à la hauteur de plafond en plan horizontal, il ressort des pièces du dossier et en particulier du dossier de demande de permis de construire modificatif que le projet prévoit dorénavant une oblique correspondant à un pan incliné de 45°. Ainsi qu'il a été dit aux points 3 et 4 les requérants ne peuvent donc utilement invoquer le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article UV 10.1.1.2 du règlement du PLU.
10. Par ailleurs, si les requérants soutiennent que le " pan incliné est relié à une pente à 10 % conduisant vers la hauteur plafond, et non directement à la hauteur plafond matérialisée par un plan horizontal ", il ressort toutefois du plan intitulé " plan de coupe AA PCM3 " que les points d'attache du pan incliné à 45°se situent bien au sommet du plan vertical de la hauteur de la façade sur voie et du plan horizontal correspondant à la hauteur plafond, alors même que ce plan horizontal n'est pas matérialisé sur ce plan. Par suite, ainsi qu'il a été dit aux points 3 et 4 du présent jugement, le moyen ne pourra qu'être écarté.
11. En troisième lieu, aux termes de l'article UV 10.1.2 du règlement du PLU alors applicable : " () Le niveau du rez-de-chaussée doit avoir une hauteur libre sous plafond de 3,50 mètres minimum, compté à partir du niveau du trottoir. Toutefois, à l'exception du secteur UVp et des terrains concernés par un linéaire commercial, cette hauteur peut être adaptée afin qu'elle soit en harmonie avec celles des rez-de-chaussée des constructions contiguës. Les deux derniers niveaux peuvent être autorisés en attique. Toutefois, dans le secteur Uva les niveaux en attique ne sont pas autorisés. ". Aux termes de l'article UV 11.3.2 de ce règlement : " Les niveaux en attique, lorsqu'ils sont autorisés, doivent être en retrait d'au moins 3 mètres par rapport au plan vertical de la façade sur voie ".
12. D'une part, les requérants soutiennent que la hauteur sous plafond du rez-de-chaussée de l'immeuble projeté n'étant que de 2,70 mètres le projet ne serait pas conforme aux dispositions précitées. Or, ainsi que le font valoir la société " Logih ", la SCCV " Vincennes Prévoyance " et la commune de Vincennes, il ressort des pièces du dossier, notamment des documents d'insertion figurant au dossier de demande du permis de construire, que cette hauteur doit être regardée comme en harmonie avec celle des rez-de-chaussée des constructions voisines qui présentent des hauteurs sous-plafond très proches. Par suite, la hauteur sous plafond du rez-de-chaussée ne méconnaît pas les dispositions précitées.
13. D'autre part, si les requérants soutiennent que le dernier niveau de l'immeuble à construire est constitué en attique, ils ne l'établissent pas dès lors qu'il résulte des dispositions précitées que pour être qualifié d'attique, le retrait doit être d'au moins trois mètres et qu'il ressort des pièces du dossier que ce retrait de la façade arrière de l'immeuble n'est que de 0.75 mètres. Par suite, le moyen doit être écarté en toutes ses branches.
14. En quatrième lieu, aux termes de l'article UV 13.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme alors applicable : " Les espaces libres représentent au minimum 50 % de la superficie du terrain, sauf dans les cas prévus à l'article 9, paragraphe 9-2. () ". Selon ce même règlement, " Les espaces libres correspondent à la superficie du terrain non occupée par l'emprise au sol des constructions telle qu'elle est définie ci-dessus. () ".
15. S'il est constant que le projet prévoit une emprise au sol de 160,25 m² sur une parcelle de 280.37 m², les espaces libres représentant dès lors 42.85 % du terrain d'assiette, il ressort toutefois des pièces du dossier et en particulier du dossier de demande de permis de construire modificatif, et il n'est pas contesté par les requérants, que le projet a bénéficié d'une dérogation en application de l'article L. 151-28 du code de l'urbanisme, applicable en zone Uv conformément aux dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme, l'autorisant à bénéficier d'une majoration du coefficient de l'emprise au sol à 57,15 % dès lors que le projet comporte des logements locatifs sociaux, cette dérogation réduisant ainsi nécessairement les espaces libres correspondants à 42,85 %. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article Uv 13.2.1 doit par suite être écarté, comme inopérant, ainsi qu'il a été dit aux points 3 et 4.
16. En cinquième lieu, aux termes de l'article UV 13.3.1 du règlement du PLU alors applicable : " Les espaces verts à protéger délimités au plan de zonage, au titre de l'article L.151-23 doivent être préservés et mis en valeur. Tout aménagement doit préserver sa dominante végétale et les plantations existantes de qualité doivent être conservées ou remplacées par des espèces de qualité équivalente. Seules des constructions légères, telles que des abris de jardin, peuvent y être implantées. La suppression ponctuelle de ces espaces est admise dès lors qu'elle est compensée par la création d'un espace végétalisé de même contenance sur le terrain. () ".
17. Il est constant qu'une partie du terrain d'assiette comprend des espaces verts à protéger délimités au plan de zonage du PLU. Il ressort par ailleurs du plan de masse existant intitulé " A01 " figurant au dossier de demande de permis de construire que le pétitionnaire a entendu reproduire le zonage des espaces verts protégés à conserver sans que les requérants ne contestent ces mentions. En se bornant à soutenir que le zonage des espaces vert protégés n'est qu'indicatif et que dès lors qu'une parcelle est identifiée pour partie comme comprenant ces espaces, l'ensembles des espaces verts devraient être considérés comme à protéger, les requérants ne contestent pas sérieusement que la seule suppression d'espaces verts envisagée par le projet en litige concerne des espaces verts non protégés. Par suite, M. G et autres requérants ne peuvent utilement invoquer la méconnaissance des dispositions précitées en l'absence de suppression de ces espaces verts protégés.
18. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que M. G et autres requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 19 octobre 2022.
En ce qui concerne l'arrêté du 9 janvier 2023 portant transfert du permis de construire de la société " Logih " à la SCCV " Vincennes Prévoyance " :
19. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.
20. Il ressort des pièces du dossier que, d'une part, l'arrêté du 9 janvier 2023 a été retiré par un arrêté du maire de Vincennes du 17 avril 2023 et que, d'autre part, un nouvel arrêté du maire de Vincennes du 26 mai 2023 a accordé le transfert du permis de construire de la société " Logih " à la SCCV " Vincennes Prévoyance ". Il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 9 janvier 2023 qui doivent donc être regardées comme dirigées contre l'arrêté du 26 mai 2023.
21. Si M. G et autres requérants soutiennent que l'arrêté de transfert est illégal dès lors que le dossier de demande de transfert du permis de construire ne comporte pas l'accord du bénéficiaire du permis initial, la qualité du signataire de la demande pour représenter le pétitionnaire n'étant pas établie, il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté par les requérants que le dossier de demande du transfert et notamment le formulaire cerfa joint à la demande comporte l'accord de la société " Logih " en sa qualité de bénéficiaire du permis de construire initial et non plus de son seul représentant. Par suite, le moyen manquant en fait, il ne pourra qu'être écarté.
22. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que M. G et autres requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'ensemble des arrêtés attaqués.
Sur les frais liés au litige :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Vincennes, de la société " Logih " et de la SCCV " Vincennes Prévoyance ", qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, les sommes que M. G et autres requérants demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. G et autres requérants les sommes demandées par les sociétés " Logih " et SCCV " Vincennes Prévoyance " et, en tout état de cause par la commune de Vincennes, au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E:
Article 1er : Il est donné acte du désistement d'instance de M. K I et de Mme C D.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. G et autres requérants dirigées contre l'arrêté de transfert de permis de construire du 9 janvier 2023.
Article 3 : Le surplus de la requête de M. G et autres requérants est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Vincennes sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Les conclusions présentées par la société " Logih " et la SCCV " Vincennes Prévoyance " sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. J G, à M. F A, à M. K I, à Mme C D, à M. L, à M. H E, à la commune de Vincennes, à la société " Logih " et à la SCCV " Vincennes Prévoyance ".
Délibéré après l'audience du 17 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gougot, présidente,
M. Duhamel, premier conseiller,
M. Combier, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 janvier 2025.
Le rapporteur,
B. DUHAMEL
La présidente,
I. GOUGOTLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026