jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2302079 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | PIERROT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 1er, 15 et 21 mars 2023, M. B C A, représenté par Me Pierrot, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision du 1er février 2023 par laquelle la préfète du Val-de-Marne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois suivant la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'annuler la décision du 1er février 2023 par laquelle la préfète du Val-de-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire national dans un délai de trente jours ;
4°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois suivant la décision à intervenir et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
La décision de refus de titre de séjour :
- est insuffisamment motivée ;
- est illégale faute pour la préfète d'avoir saisi la commission du titre de séjour ;
- est entachée d'une erreur de fait s'agissant de l'authenticité des actes de naissance produits ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les article L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
La procédure a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par ordonnance du 7 décembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 21 décembre 2023 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bourdin,
- et les observations de Me Lejeune substituant Me Pierrot, représentant M. A, présent.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C A, ressortissant ivoirien né le 3 mars 2004 à Abobo-Domé ( Côte d'Ivoire), déclarant être entré sur le territoire national irrégulièrement le 27 avril 2018, a sollicité le 30 mai 2022 la délivrance d'un titre de séjour. Par arrêté du 1er février 2023, la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, M. A fait valoir que la décision de refus de titre de séjour est insuffisamment motivée dès lors qu'elle ne mentionne pas qu'il a obtenu son baccalauréat en juin 2022, que l'avis défavorable des services de la police aux frontières de l'Essonne sur l'authenticité de ses actes de naissance produits à l'appui de sa demande de titre de séjour émis n'est pas joint à la décision et que la décision ne précise pas suffisamment les raisons pour lesquelles ses actes de naissance seraient faux. Toutefois, la décision en litige vise les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment l'article L. 435-1 de ce code. De plus, elle rappelle les dates et conditions d'entrée du requérant sur le territoire national et précise les raisons pour lesquelles son parcours scolaire, sa durée de résidence et sa situation personnelle ne répondent aux critères de l'admission exceptionnelle au séjour ainsi que les raisons pour lesquelles l'autorité préfectorale considère les actes de naissance produits litigieux. En outre, la préfète n'avait pas à faire référence à l'ensemble des éléments sur lesquels elle n'entendait pas fonder sa décision, ni à produire l'avis de la police aux frontières. Par suite la décision de refus de titre de séjour comporte les considérations de fait et de droit qui en constitue le fondement, de sorte que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, si le requérant soutient que la préfète du Val-de-Marne aurait méconnu les dispositions de l'article L.423-23 et L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il en remplirait les conditions, il ne ressort d'aucune des pièces produites par le requérant qu'il aurait formulé sa demande de titre sur un autre fondement que celui de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, examiné par la préfète dans la décision attaquée. Par suite, M. A ne saurait utilement se prévaloir du vice de procédure tiré du défaut de consultation de la commission du titre de séjour alors qu'il remplissait les conditions d'admission au séjour prévues à l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. De même, il ne saurait utilement se prévaloir de la méconnaissance de ces dispositions alors que la préfète n'était pas tenue d'examiner sa demande de titre de séjour sur un fondement dont elle n'était pas saisie.
4. En troisième lieu, M. A soutient que la décision de refus de titre de séjour est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il justifie de la véracité de son identité par la production d'un nouvel acte de naissance et de la véracité d'un des actes de naissance produits pour lequel les autorités ivoiriennes produisent une attestation authentifiant l'acte n°2658 du 10 mai 2004 enregistré dans les registres d'état civil ivoirien. Toutefois, il ressort des termes de la décision attaquée que la préfète ne s'est pas fondée sur la seule incertitude quant à l'identité du requérant pour prendre la décision en litige, qui ne constitue pas au demeurant un critère posé par l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mais qu'elle a apprécié la situation globale du requérant, s'agissant notamment de sa durée de présence en France, de son parcours scolaire et ses liens familiaux, de sorte que cette erreur à la supposée avérée est sans influence sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ". Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. M. A invoque résider en France depuis qu'il a l'âge de 14 ans où il a suivi sa scolarité et a obtenu son baccalauréat, être uniquement âgé de 18 ans, ne plus avoir d'attache dans son pays d'origine au contraire de la France où réside sa mère, titulaire d'une carte de résident valable jusqu'en juin 2030 et qui le prend en charge et où résident ses trois demi-frères et sœurs. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et il n'est pas contesté que le requérant a vécu six années dans son pays d'origine de l'âge de six à quatorze ans alors que sa mère n'était pas présente et qu'il n'établit ainsi pas être dépourvu d'attache dans son pays d'origine. En outre, s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été scolarisé à compter de la rentrée scolaire 2018/2019 jusqu'en juillet 2022 et a suivi sa scolarité de la troisième jusqu'à l'obtention d'un baccalauréat en sciences et technologies du management et de la gestion, le relevé de notes de son baccalauréat ainsi que les notes et appréciations figurant sur les bulletins trimestriels produits sont conformes à l'appréciation faite par la préfète dans sa décision et témoignent d'un parcours irrégulier avec un manque d'investissement plus particulièrement relevé en terminale. Ainsi, l'erreur d'appréciation alléguée quant à son parcours scolaire n'est pas établie. De même, si le requérant fait état de la nécessité de régulariser sa situation pour obtenir un titre de séjour pour poursuivre ses études, il n'apporte aucun élément pour établir le sérieux de ses recherches pour suivre une formation dans l'enseignement supérieur alors qu'il avait obtenu son baccalauréat depuis plus de six mois à la date de la décision attaquée. De même, il ne justifie d'aucune recherche d'emploi. Par ailleurs, il n'apporte aucun élément établissant que sa présence constitue un soutien nécessaire pour sa mère dans l'éducation de ses frères et sœurs. Le requérant ne justifie d'aucun motif exceptionnel ou humanitaire à son admission au séjour, ni qu'il aurait établi le centre de ses intérêts personnels et moraux en France. Par suite, la violation des articles L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les erreurs manifestes d'appréciation invoquées ne sont pas établies.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
7. La décision portant refus de titre de séjour n'étant pas annulée, M. A n'est pas fondé à invoquer l'annulation de la décision de refus de titre de séjour par voie de conséquence de l'annulation de la première décision.
8. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus concernant le refus de titre de séjour que les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle doivent, pour les motifs précédemment exposés, être écartés.
9. Il de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C A et à la Préfecture du Val-de-Marne.
Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 6 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Ghaleh-Marzban, présidente,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Rehman-Fawcett , conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.
La rapporteure,
S. BOURDIN
La présidente,
S. GHALEH-MARZBANLa greffière,
Y. SADLI
La République mande et ordonne au à la préfète du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026