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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2302092

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2302092

vendredi 17 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2302092
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre
Avocat requérantPOITOUT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 mars 2023 et le 28 juin 2024, la SCCV Sainte-Colombe, représentée par Me Lefort, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 janvier 2023 par lequel le maire de la commune de Sainte-Colombe a sursis à statuer sur sa demande de permis de construire 16 maisons d'habitation situées impasse des Iles sur les parcelles cadastrées section YA n° 0282 et YA n° 0283 ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune de Sainte-Colombe, à titre principal, de lui délivrer un permis de construire modificatif et ce, sous astreinte de 5 000 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir et, à titre subsidiaire, de réexaminer le dossier de permis de construire dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et ce, sous astreinte de 5 000 euros par jour de retard dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la commune la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La SCCV soutient que :

- elle est recevable à former un recours à l'encontre d'un arrêté de sursis à statuer lui faisant grief ;

- l'arrêté est insuffisamment motivé en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il n'établit pas dans quelles mesures le projet serait de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'opération d'aménagement citée dans la délibération du 1er mars 2022 ; la délibération du 15 décembre 2020 qui autorise le maire à signer une convention de projet urbain partenarial n'est pas opposable ; le projet n'est qu'en phase préparatoire dès lors qu'aucune convention n'a été signée ; la commune ne justifie pas d'un projet d'aménagement et de financement d'équipements publics concret ; aucun élément ne permet de démontrer que l'obtention du permis de construire conduirait à l'impossibilité de financier les réseaux et induirait un surcoût ou une extension des réseaux ;

- le projet s'inscrit dans la volonté de la commune de construire 6 ou 7 maisons individuelles ; le projet est conforme au parti d'aménagement retenu dans la modification du règlement du plan local d'urbanisme ;

- le caractère pavillonnaire de la zone ne peut pas fonder le sursis à statuer dès lors que la zone UB est par nature pavillonnaire ; en tout état de cause, le projet s'inscrit dans la trame architecturale pavillonnaire.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 mai 2024, la commune de Sainte-Colombe, représentée par Me Poitout, conclut à l'irrecevabilité de la requête, à son rejet au fond et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la SCCV requérante au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors l'arrêté portant sursis à statuer sur la demande de permis de construire ne fait pas grief à la société requérante ;

- l'arrêté est suffisamment motivé ;

- elle sollicite une substitution de motifs tirée de ce que le projet est de nature à compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme eu égard notamment aux projections urbanistiques fixées par le schéma de cohérence territoriale et aux axes du projet d'aménagement et de développement durables ;

- elle sollicite une substitution de motifs tirée de ce que le projet de la société est de nature à rendre plus onéreuse l'exécution de travaux publics en application du 2° de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme ; à ce jour les réseaux sont insuffisants pour accueillir de nouvelles constructions ; ce sursis est justifié dans l'attente de la signature de la convention avec les opérateurs dans le cadre du projet urbain partenarial ; l'extension du réseau public a été calibré pour 6 à 7 habitations ; le fait que le projet porte sur 16 logements rendra plus onéreuses l'exécution de travaux publics et la nécessaire extension de réseaux ; aucun accord sur la prise en charge des réseaux n'a été finalisé ;

- ce projet compromet les orientations de la commune dès lors qu'il prévoit la construction d'habitations individuelles jumelées ce qui entre en contradiction avec les usages souhaités et la délibération du 1er mars 2022 qui promeut des maisons individuelles ; les maisons jumelées ne correspondent pas au règlement du plan local d'urbanisme et ne sont pas caractéristiques de Sainte-Colombe.

Par une lettre du 5 avril 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 1er juin 2024 sans information préalable.

Une ordonnance portant clôture immédiate de l'instruction est intervenue le 7 novembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Senichault de Izaguirre, conseillère,

- les conclusions de Mme Blanc, rapporteure publique,

- et les observations de Me Poitout, représentant la commune de Sainte-Colombe.

Considérant ce qui suit :

1. La SCCV Sainte-Colombe a déposé, le 1er aout 2022, une demande de permis de construire valant permis de démolir auprès de la mairie de Sainte-Colombe pour la réalisation d'un ensemble de 16 maisons individuelles, ainsi que la démolition d'un hangar sur les parcelles cadastrées section YA n° 282 et 283 situées impasse des Iles. Par un arrêté du 5 janvier 2023, le maire de la commune a opposé un sursis à statuer de deux ans à cette demande de permis de construire. Par la présente instance, la SCCV demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Si la commune de Sainte-Colombe oppose une fin de non-recevoir tirée de ce que l'acte qui fait grief à la société requérante est la délibération du 1er mars 2022 en tant qu'elle institue un " périmètre de sursis à statuer " impasse des Iles et que la demande d'annulation du sursis à statuer est mal dirigée, il ressort toutefois des écritures de la société requérante qu'elle demande l'annulation de l'arrêté du 5 janvier 2023 par lequel le maire de la commune a sursis à statuer sur sa demande de permis de construire et qui constitue un acte susceptible de recours. Par suite, cette fin de non-recevoir sera écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations dans les cas prévus au 6° de l'article L. 102-13 et aux articles L. 121-22-3, L. 121-22-7, L. 153-11 et L. 311-2 du présent code et par l'article L. 331-6 du code de l'environnement. / Il peut également être sursis à statuer : () / 2° Lorsque des travaux, des constructions ou des installations sont susceptibles de compromettre ou de rendre plus onéreuse l'exécution de travaux publics, dès lors que la mise à l'étude d'un projet de travaux publics a été prise en considération par l'autorité compétente et que les terrains affectés par ce projet ont été délimités ; 3° Lorsque des travaux, constructions ou installations sont susceptibles de compromettre ou de rendre plus onéreuse la réalisation d'une opération d'aménagement, dès lors que le projet d'aménagement a été pris en considération par la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale compétent et que les terrains affectés par ce projet ont été délimités, sauf pour les zones d'aménagement concerté pour lesquelles l'article L. 311-2 du présent code prévoit qu'il peut être sursis à statuer à compter de la publication de l'acte créant la zone d'aménagement concerté () Le sursis à statuer ne peut être prononcé que si la décision de prise en considération prévue aux 2° et 3° du présent article et à l'article L. 102-13 a été publiée avant le dépôt de la demande d'autorisation. La décision de prise en considération cesse de produire effet si, dans un délai de dix ans à compter de son entrée en vigueur, l'exécution des travaux publics ou la réalisation de l'opération d'aménagement n'a pas été engagée ". Aux termes de l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme : " Les actions ou opérations d'aménagement ont pour objets de mettre en œuvre un projet urbain, une politique locale de l'habitat, d'organiser la mutation, le maintien, l'extension ou l'accueil des activités économiques, de favoriser le développement des loisirs et du tourisme, de réaliser des équipements collectifs ou des locaux de recherche ou d'enseignement supérieur, de lutter contre l'insalubrité et l'habitat indigne ou dangereux, de permettre le renouvellement urbain, de sauvegarder ou de mettre en valeur le patrimoine bâti ou non bâti et les espaces naturels, notamment en recherchant l'optimisation de l'utilisation des espaces urbanisés et à urbaniser. L'aménagement, au sens du présent livre, désigne l'ensemble des actes des collectivités locales ou des établissements publics de coopération intercommunale qui visent, dans le cadre de leurs compétences, d'une part, à conduire ou à autoriser des actions ou des opérations définies dans l'alinéa précédent et, d'autre part, à assurer l'harmonisation de ces actions ou de ces opérations ". Aux termes de l'article L. 332-11-3 du code de l'urbanisme : " I.- Dans les zones urbaines et les zones à urbaniser délimitées par les plans locaux d'urbanisme ou les documents d'urbanisme en tenant lieu, lorsqu'une ou plusieurs opérations d'aménagement ou de construction nécessitent la réalisation d'équipements autres que les équipements propres mentionnés à l'article L. 332-15, une convention de projet urbain partenarial prévoyant la prise en charge financière de tout ou partie de ces équipements peut être conclue entre les propriétaires des terrains, les aménageurs, les constructeurs ".

4. La SCCV requérante soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées dès lors que son projet n'est pas susceptible de compromettre ou de rendre plus onéreuse l'opération d'aménagement envisagée par la commune. Il ressort des pièces du dossier que, par une délibération du 15 décembre 2020, le conseil municipal de la commune de Sainte-Colombe a donné au maire de la commune l'autorisation de signer une convention de projet urbain partenarial entre la commune et les propriétaires des terrains situés impasse des Iles et rue de l'Avenir, propriétaires au nombre desquels figure la société requérante, aux motifs que ces secteurs sont insuffisamment équipés en voirie et réseaux pour y permettre la construction de nouveaux bâtiments, une étude de faisabilité ayant chiffré les travaux d'aménagement en termes d'équipements et de voiries pour la construction de 6 ou 7 maisons individuelles. Par une délibération du 1er mars 2022, le conseil municipal a pris en considération l'opération d'aménagement sur les parcelles situées impasse des Iles correspondant au terrain de la SCCV requérante afin de réaliser un lotissement d'habitations individuelles conformément aux objectifs que la commune s'est fixée, à savoir la rationalisation de l'utilisation du foncier dans une optique de densification maîtrisée, la limitation des flux de circulation, la gestion des besoins en termes de stationnement et la mise en œuvre, en tant que de besoin, des dispositions du projet urbain partenarial. D'une part, ainsi que le soutient la société requérante, son projet qui consiste en la création de 16 maisons individuelles accolées deux à deux situées de part et d'autre d'une voie créée, avec une aire de retournement au bout, ainsi que de la création de 32 places de stationnement, n'est pas susceptible de compromettre ou de rendre l'opération d'aménagement prise en considération le 1er mars 2022 dès lors que cette délibération prévoit la réalisation d'un lotissement de maisons individuelles dont le nombre n'est d'ailleurs pas chiffré. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, une convention de projet urbain partenarial aurait été conclue. Il en résulte que la société requérante est fondée à soutenir que son projet ne peut être regardé comme étant de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'opération d'aménagement envisagées dans ce secteur. Il en résulte que la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation. Par suite, ce moyen doit être accueilli.

5. Toutefois, l'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.

6. En premier lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme : " () / L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable ". Il résulte de ces dispositions que le maire d'une commune dont le plan local d'urbanisme est en cours de révision peut opposer à une demande d'autorisation d'urbanisme une décision de sursis à statuer dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durables et que celles-ci traduisent un état suffisamment avancé du futur plan local d'urbanisme pour apprécier si une construction serait de nature à compromettre ou rendre plus onéreuse l'exécution de ce plan. La décision de surseoir à statuer n'est qu'une faculté et non une obligation.

7. La commune de Sainte-Colombe fait valoir que le projet de la société serait de nature à compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme au regard des dispositions de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme. Toutefois, le débat sur les orientations du projet d'aménagement et de développement durables a eu lieu le 7 mars 2023, soit postérieurement à la décision attaquée. Ainsi, il ne résulte pas de l'instruction que ce motif est de nature à pouvoir légalement fonder l'arrêté attaqué et que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Par suite, il n'y a pas lieu de procéder à la première substitution de motifs demandée.

8. En deuxième lieu, la commune de Sainte-Colombe soutient que le projet serait de nature à rendre plus onéreuse l'exécution de travaux publics au regard des dispositions du 2° de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que l'autorité compétente ait mis à l'étude un projet de travaux publics conformément aux dispositions du 2° de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme. Ainsi, il ne résulte pas de l'instruction que ce motif est de nature à pouvoir légalement fonder l'arrêté attaqué et que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Par suite, il n'y a pas non plus lieu de procéder à cette deuxième demande de substitution de motifs.

9. En troisième et dernier lieu, la commune de Sainte-Colombe fait valoir le projet serait de nature à compromettre les orientations de la commune dès lors qu'il prévoit la construction d'habitations individuelles jumelées, ce qui entrerait en contradiction avec les usages souhaités. Toutefois, cette demande de substitution de motifs se rattache au sursis fondé sur les dispositions de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme, et ne peut être accueillie comme il a été dit au point 7 du présent jugement. Cette demande de substitution de motifs sera également écartée.

10. Aux termes de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'elle annule pour excès de pouvoir un acte intervenu en matière d'urbanisme (), la juridiction administrative se prononce sur l'ensemble des moyens de la requête qu'elle estime susceptibles de fonder l'annulation (), en l'état du dossier ". Pour l'application de ces dispositions, aucun des autres moyens invoqués n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation de l'arrêté du 5 janvier 2023 par lequel le maire de la commune de Sainte-Colombe a sursis à statuer sur la demande de la SCCV Sainte Colombe à fin de construction de 16 maisons d'habitation sur un terrain situé impasse des Iles sur les parcelles cadastrées section YA n° 0282 et YA n° 0283.

11. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du maire de la commune de Sainte-Colombe en date du 5 janvier 2023 doit être annulé.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

12. Lorsque le juge annule un sursis à statuer, il doit s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, sauf s'il résulte de l'instruction que les dispositions en vigueur interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que par suite d'un changement de circonstance, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle.

13. Il résulte de l'instruction qu'à la date de la décision attaquée, les dispositions applicables du règlement du plan local d'urbanisme s'opposent à la délivrance de l'autorisation sollicitée. Dès lors, l'exécution du présent jugement implique seulement que le maire de la commune de Sainte-Colombe réexamine la demande de permis de construire déposée le 1er août 2022 par la SCCV Sainte-Colombe. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

14. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Sainte-Colombe le versement à la SCCV Sainte-Colombe de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les dispositions du même article font par ailleurs obstacle à ce que la somme demandée à ce titre par la commune de Sainte-Colombe soit mise à la charge de la SCCV Sainte-Colombe, qui n'est pas la partie perdante.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du maire de la commune de Sainte-Colombe du 5 janvier 2023 est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Sainte-Colombe de procéder à un nouvel examen de la demande de permis de construire de la SCCV Sainte-Colombe déposée le 1er août 2022, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : La commune de Sainte-Colombe versera à la SCCV Sainte-Colombe une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions de la commune de Sainte-Colombe présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le surplus de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la SCCV Sainte-Colombe et à la commune de Sainte-Colombe.

Délibéré après l'audience du 20 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Mullié, présidente,

Mme Senichault de Izaguirre, conseillère,

M. Collen-Renaux, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 janvier 2025.

La rapporteure,

J. SENICHAULT DE IZAGUIRRELa présidente,

N. MULLIE

La greffière,

C. ROUILLARD

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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