mardi 20 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2302176 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre, JU |
| Avocat requérant | ESTEVENY |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 21 février 2023, enregistrée 4 mars 2023 au Tribunal Administratif de Melun, le président du tribunal administratif de Cergy- Pontoise a transmis au tribunal le dossier de la requête de M. C A.
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 février et 15 mars 2023, M. C A, représenté par Me B, demande au tribunal :
1°) de communiquer le dossier contenant les pièces sur la base desquelles les décisions contestées ont été prises ;
2°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
3°) d'annuler les décisions, contenues dans un arrêté, en date du 16 février 2023, par lesquelles le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
4°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de mettre fin à son signalement dans le système d'information Schengen ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, qui sera, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, à lui verser directement.
Il soutient que :
En ce qui concerne la mesure d'éloignement :
- Il est entré, le 7 mars 2019, en France, où il réside depuis de manière continue et où il travaille de manière déclarée dans le bâtiment depuis cette même année, vivant avec son frère, en situation régulière, sa femme et ses enfants en situation régulière et sa mère et n'ayant plus d'attaches au Sénégal ;
- Il a entrepris des démarches de régularisation et a pris un rendez-vous pour le lundi 27 mars à 9h45 mais, à la suite d'un contrôle qu'il a subi alors qu'il se rendait à son travail, il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai ;
- la décision contestée, qui a été signée par une autorité incompétente pour ce faire est insuffisamment motivée et a été prise en violation de son droit d'être entendu et en l'absence d'un examen préalable et sérieux de sa situation, dès lors que ni sa situation familiale, ni son intégration n'ont été pris en compte ;
- elle est entachée d'erreur de fait, dès lors qu'elle mentionne que ses démarches de régularisation avaient échoué, alors qu'il avait justement pris un rendez-vous en vue de la régularisation de sa situation ;
- elle a été prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que toutes ses attaches sont en France, l'administration commettant ainsi une erreur de droit ;
- elle est également entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;
- elle est entachée d'un vice d'incompétence, est insuffisamment motivée, n'a pas été précédée d'un examen sérieux et particulier de sa situation et en violation du droit d'être entendu ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la mesure sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- il est illégal du fait de l'illégalité de la mesure d'éloignement et en l'absence d'un examen préalable et sérieux de sa situation ;
- il est entaché d'un vice d'incompétence, d'une violation du droit d'être entendu, d'une insuffisance de motivation, d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale pour les motifs précédemment invoqués et notamment en raison de l'erreur manifeste d'appréciation commise par l'administration quant à la durée de l'interdiction, de la méconnaissance de de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que toutes ses attaches familiales sont en France.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2023, le préfet du Val-d'Oise, conclut au rejet de la requête en faisant valoir que :
- contrairement à ce qu'il soutient M. A a pu présenter ses observations, au cours de son audition du 16 février 2023, après qu'il ait été informé de l'éventualité d'un éloignement ;
- selon ses déclarations faites au cours de son audition M. A est célibataire et sans enfant et la seule présence en France de son frère et de sa mère, dont il ne justifie pas du caractère régulier de leur présence, est insuffisante pour lui permettre de se prévaloir de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le requérant, qui n'a pas fait part, au cours de son audition, d'une démarche récemment entreprise en vue d'obtenir la régularisation de sa situation et qui ne justifie pas de l'ancienneté et de la stabilité d'une situation professionnelle ni d'une intégration particulière en France, n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
La demande d'aide juridictionnelle, présentée par M. A, a été rejetée par une décision du bureau d'aide juridictionnelle, en date du 20 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. Declercq, président honoraire, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Declercq a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique à 10h38.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant malien, qui est entré en France le 7 mars 2019, selon ses dires, a vu sa demande d'asile rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 29 juillet 2020. Par arrêté du 16 février 2023, le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours en application du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office. M. A demande au tribunal de prononcer l'annulation de cet arrêté.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Le bureau d'aide juridictionnelle du Tribunal, ayant rejeté la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. A, sa demande tendant à ce que le tribunal prononce son admission provisoire à cette aide est devenue sans objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
4. Il ressort des pièces du dossier et il n'est pas contesté, d'une part, que M. A réside depuis le mois de mars 2019, en France, où il est entré régulièrement, muni d'un visa de type C. D'autre part, il vit avec sa mère chez son frère, lequel est en situation régulière comme son épouse et ses enfants, alors même que le préfet indique dans ses écritures que ce point n'est pas établi. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le requérant travaille depuis 2019 et qu'il justifie que cette activité a été déclarée par son employeur et par lui-même auprès de l'administration fiscale, en produisant des bulletins de paye mensuels dont le premier concerne le mois de janvier 2020, de sort qu'il avait entamé une procédure de régularisation de sa situation, son employeur ayant présenté une demande d'autorisation de travail le concernant le 25 juin 2022. Par ailleurs, M. A soutient sans être contredit être dépourvu de toute attache familiale dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être accueilli.
5. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, la décision portant obligation de quitter le territoire français 16 février 2023 doit être annulée. Par voie de conséquence, les autres décisions contenues dans l'arrêté litigieux en date du 16 février 2023 doivent également être annulées.
Sur les conclusions relatives à l'exécution de la présente décision :
6. Eu égard à ce qui précède, il est enjoint au préfet du Val-d'Oise de mettre fin au signalement de M. A dans le système d'information Schengen dans un délai de 15 jours suivant la notification du présent jugement.
Sur les conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
7. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de M. A tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'arrêté litigieux, en date du 16 février 2023 est annulé dans toutes ses dispositions.
Article 3 : Il est enjoint au préfet du Val-d'Oise de mettre fin au signalement de M. A dans le système d'information Schengen dans un délai de 15 jours suivant la notification du présent jugement.
Article 4 : L'État versera à M. A une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à M. B et au préfet du Val-d'Oise.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 août 2024.
Le magistrat désigné,
M. DECLERCQLa greffière,
V. GUILLEMARD
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026