mardi 20 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2302178 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre, JU |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 1er mars 2023, enregistrée le 4 mars 2023, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Melun le dossier de la requête de M. B.
Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 26 février 2023, M. C B, représenté par Me Aprile, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler les décisions du 12 février 202, par lesquelles le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de lui délivrer un titre de séjour permettant l'exercice d'une activité professionnelle, dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros, à verser à son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'État versée au titre de l'aide juridictionnelle ou, à titre subsidiaire, de lui verser cette somme en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- de nationalité malienne, il est arrivé en 2018 en France où sa demande de protection internationale a été rejetée par l'office français de protection des réfugiés et apatrides par une décision du 31 octobre 2018, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 31 mai 2019 ;
- il est, depuis le 15 décembre 2021, ouvrier salarié d'une société, dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée, le préfet faisant usage de formules stéréotypées et ne procédant pas à une analyse personnalisée de sa situation ;
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 janvier 2024, le préfet de police de Paris, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête en faisant valoir :
- que le signataire de la décision attaquée bénéficiait d'une délégation de signature régulièrement publiée ;
- que l'arrêté litigieux est parfaitement motivé, tant en ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français, qu'en ce qui concerne la décision fixant le pays de destination ;
- s'agissant du moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, que les arguments mis en avant par le requérant ne permettent pas d'attester de l'intensité et de la stabilité de ses liens familiaux, sociaux ou amicaux en France et, dès lors, de l'atteinte disproportionnée que porterait la décision contestée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, alors notamment, qu'il est célibataire, sans enfant à charge et qu'il n'établit pas être démuni d'attaches familiales à l'étranger.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 octobre 2023
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. Declercq, président honoraire, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Declercq a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique à 10h38.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant malien, est entré en France en 2018, selon ses déclarations. Par arrêté du 12 février 2023, le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en application du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office. M. B demande au tribunal de prononcer l'annulation de cet arrêté.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". M. B ayant été admis à l'aide juridictionnelle totale par la décision susvisée du bureau d'aide juridictionnelle du Tribunal, il n'y a plus lieu de prononcer l'admission provisoire de l'intéressé à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, M. A a été régulièrement délégué, pour signer l'arrêté attaqué, par un arrêté n° 2023-01598, publié le 28 décembre au recueil administratif spécial n° 75-2023-736 de la préfecture de police de Paris. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée sera écarté.
4. En deuxième lieu, l'arrêté contesté, qui vise notamment le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qui précise que la qualité de réfugié a été définitivement refusée à M. B, par une décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 31 octobre 2018 et que cette décision a été confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 31 mai 2019, est ainsi suffisamment motivé.
5. Enfin, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales aux termes desquelles : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. M. B soutient que l'arrêté litigieux porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale aux motifs qu'il réside habituellement sur le territoire français depuis plus 2018, qu'il travaille en contrat à durée indéterminée depuis 2021 et qu'il est dépourvu de toute attache familiale dans son pays d'origine. Toutefois, le requérant, en produit aucune pièce quant à ses attaches familiales ou personnelles sur le territoire français. En outre, les pièces qu'il produit ne suffisent pas à établir la stabilité de sa situation professionnelle à la date de la décision attaquée. Ce dernier moyen ne peut donc qu'être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que ses conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de M. B tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au préfet de police de Paris et à Me Aprile.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 août 2024.
Le magistrat désigné,
M. DECLERCQLa greffière,
V. GUILLEMARD
La République mande et ordonne au le préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026