mardi 11 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2302232 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET ANDOTTE |
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 1321/2014 de la commission du 26 novembre 2014 relatif au maintien de la navigabilité des aéronefs et des produits, pièces et équipements aéronautiques, et relatif à l'agrément des organismes et des personnels participant à ces tâches ;
- le code de l'aviation civile ;
- l'arrêté du 26 juillet 2016 relatif à l'habilitation de la société " Organisme pour la sécurité de l'aviation civile " (OSAC) pour l'exercice de missions de contrôle dans le domaine de la sécurité aérienne ;
- le code de justice administrative.
Par une requête enregistrée sous le numéro 2302237, enregistrée le 6 mars 2023, M. D a demandé l'annulation des décisions contestées.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 24 mars 2023, présenté son rapport en présence de Mme Aubret, greffière d'audience, et entendu :
- les observations de Me Ogier, représentant M. D, requérant, présent, qui rappelle que la formation qu'il a suivi doit être complétée dans les trois ans, qu'elle est constituée par une certification théorique, une certification pratique et une formation en cours d'emploi au cours de laquelle il doit effectuer 140 tâches, que cette formation nécessite un important investissement en travail et en temps, qu'il a obtenu les certifications théorique et pratique, qu'il avait donc presque terminé la formation, qu'il indique aussi que l'organisme " AGT " lui a indiqué qu'un audit avait montré qu'il n'avait pas réalisé les dix jours de formation, qu'il en a en effet effectué huit pour raisons de santé, qu'il lui avait été précisé que seule la moitié de ces jours devaient être faits, que, le 25 janvier 2023, l'Organisme pour la sécurité de l'aviation civile l'a informé que l'audit était terminé et qu'il lui fallait retourner la certification pratique, qu'il maintient que la condition d'urgence est satisfaite car il a perdu le bénéfice de la totalité de sa formation du jour au lendemain et a été rétrogradé sur des fonctions d'assistant sans aucune responsabilité et avec une réduction de salaire, qu'il doit tout recommencer car il ne peut terminer la formation au cours des quinze mois qui viennent et que recommencer la formation pratique est difficile car l'offre de formation est réduite, que ce sont ainsi 3 ans d'études qui sont réduites à néant, et, sur le doute sérieux, que la décision méconnait la jurisprudence " Ternon ", qu'une décision créatrice de droit ne peut être retirée au-delà du délai de quatre mois, que la demande de retrait de la certification pratique était ainsi tardive car il s'agit d'une décision créatrice de droits, qu'il a été autorisé à effectuer les tâches car il avait été autorisé à concourir, qu'une fraude ne peut lui être imputée, que la durée de dix jours de formation n'est pas une durée impérative te ne résulte d'aucun texte, que la société " AGT " lui avait indiqué que la présence sur la moitié du temps était suffisante, que le motif de retrait ne repose sur aucun texte et qu'il a été en mesure de rattraper certains des modules qu'il n'avait pas fait lorsqu'il était hospitalisé ;
- les observations de Me Lilti, représentant l'Organisme pour la sécurité de l'aviation civile, qui rappelle le contexte réglementaire de la navigabilité aérienne, qu'elle est une société de droit privé qui a une mission de service public, qu'elle contrôle les organismes de formation pendant deux ans, qu'elle a notifié à l'organisme "AGT " un constat de non-respect de la formation, que cette société a alors pris la décision de retirer la licence du requérant et de suspendre le formateur pendant un an, qui maintient que la formation doit être complète en application du règlement n° 1321/2014, qui précise que la formation doit être sur au moins deux semaines, que l'intéressé n'a fait que huit jours de formation et que la société " AGT " aurait dû lui dire qu'il devait repasser son examen, et non de compléter sa formation dans une chambre d'hôtel, qu'il a été demandé à la société de prendre les mesures pour retirer la licence du requérant pour respecter la sécurité, qui soutient enfin que la condition d'urgence n'est pas satisfaire car l'intéressé ne remplissait pas les conditions pour obtenir sa licence et qu'il n'y a eu aucun préjudice, notamment financier car il n'avait pas terminé sa formation et que la perte de revenus alléguée n'est pas établie ;
- les observations complémentaires de Me Ogier, représentant M. D, qui maintient que la décision contestée émane bien de l'Organisme pour la sécurité de l'aviation civile car c'est à sa demande que sa certification a été invalidée et que c'est donc bien une décision administrative, et que tous les tests pratiques ont été réussis.
Considérant ce qui suit :
1 Par un courrier électronique en date du 19 décembre 2022, la société " Aéro-Ground-Training " (AGT) a informé M. C D que l'Organisme pour la sécurité de l'aviation civile lui avait demandé de récupérer le certificat de formation pratique sur B737NG qui lui avait été délivré par elle le 16 mai 2022. Ce courrier précisait qu'à la suite d'un audit de cet organisme, la société avait un " écart de niveau 1 " et lui avait délivré un certificat alors qu'il avait assisté à moins de 10 jours de formation pratique, " suite à une absence non justifiée ". Cette information a été confirmée par un autre courrier électronique reçu par M. D le 25 janvier 2023, émanant du chef du pôle " mécaniciens et enseignement " de l'Organisme pour la sécurité de l'aviation civile lui indiquant que " le dysfonctionnement dans le processus de votre formation a été confirmé, par conséquent l'invalidation de votre formation pratique est confirmée ". Par une requête enregistrée le 26 février 2023 au greffe du tribunal administratif de Versailles et le 6 mars 2023 au greffe du présent tribunal, M. D a demandé l'annulation de la décision de l'Organisme de sécurité de l'aviation civile révélée par le courrier du 19 décembre 2022, et confirmée par celui du 25 janvier 2023. Il sollicite du juge des référés, par une requête du même jour, la suspension de son exécution.
Sur la demande présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2 Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : "Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision".
3 Il résulte des dispositions précitées que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4 En l'espèce, pour justifier de la condition d'urgence, le requérant soutient que la décision en litige a eu pour conséquence une réduction de ses responsabilités et de sa rémunération résultant de sa rétrogradation au rang d'assistant alors qu'il exerçait en qualité de mécanicien et avait bénéficié d'un avenant à son contrat de travail auprès de la société " IGO Solutions " depuis le 1er décembre 2022 comportant une réévaluation décrite comme substantielle de sa rémunération, pour tenir compte de la détention de l'ensemble des " modules B1.1 et B2 de la licence Part. 66 ", et que l'invalidation de sa formation pratique compromet ses chances d'obtenir sa qualification de type " Boeing B 737 600/700/800/900 " car celle-ci doit être complétée en trois ans, et comporte 140 tâches à faire dans ce délai dont la moitié au moins après la certification pratique et que les organismes de formation délivrant cette certification sont rares et ne disposent pas de places disponibles dans un avenir proche.
5 Toutefois, il est constant d'une part que l'avenant du 1er décembre 2022 au contrat de travail de l'intéressé n'a pu avoir de conséquences significatives sur la rémunération de M. D dès lors que celui-ci précise lui-même qu'il a été mis fin, " du jour au lendemain ", soit donc au plus tard en janvier 2023, à ses nouvelles fonctions de mécanicien et à la rémunération afférente, laquelle n'a pu lui être versée qu'au plus pendant deux mois, et d'autre part, et en tout état de cause, que cette revalorisation de ses fonctions ne peuvent être la conséquence du retrait de sa qualification de type " Boeing B 737 600/700/800/900 " puisqu'il précise qu'il n'avait pas encore réalisé la totalité des tâches nécessaire à son obtention.
6 Par suite, la condition d'urgence n'est pas satisfaite et la requête de M. D ne pourra qu'être rejetée, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par l'Organisme pour la sécurité de l'aviation civile, ni sur le doute sérieux dont serait entachée la légalité des décisions contestées.
Sur les frais du litige :
7 Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
8 L'Organisme pour la sécurité de l'aviation civile n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les demandes de M. D tendant à ce qu'une somme soit mise à sa charge en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne pourront qu'être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, les demandes présentées par l'Organisme pour la sécurité de l'aviation civile sur le même fondement seront aussi rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : La demande présentée par l'Organisme pour la sécurité de l'aviation civile sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C D, à l'Organisme pour la sécurité de l'aviation civile, à la société " Aéro-Ground-Training " (AGT) et au ministre de la transition écologique (direction générale de l'aviation civile).
Le juge des référés, La greffière,
A : M. B A : S. Aubret
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologie, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°230223
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026